CONFESSION DE OI SUR LA CÈNE
tolérance, et plus encore indignes d'être appelés leurs | frères.
Pour metre celle remarque dans un fils grand jour, | ilest bon de remarquer que celte même année 1588, Farel, Calvin et Virets’étanttrouvésensemble à Bâ] casion d'une querelle, que Carlostad suscilait à Siméon Grynœus, et Capiton et Bucer ÿ étant aussi venus, cestrois théologiens français présontèrent aux deux docteurs de Strasbourg, une confession de foi sur la Sainte Cène, au nom des Eglises françaises, laquelle ils approuvèrent, ct y souscrivirent avec de grands éloges pour ceux aa la leur prés. Lt
« Nous confessons que la vie spirituelle que Jésus | Christ nous accorde, ne consiste pas seulement en ce qu'il mous vivifie par son Esprit, mais aussi en ce que,
par la vertu de son Esprit, il nous rend encore parli- PR de sa chair viviliante, et par cote participation nous sommes nourris en vie éternelle. Quand donc nous parlons de la communion que les fidèles ont avec Jésus | Christ, nous entendons qu'ils n’ont pas moins part à sa <hairet à son sang, qu'à son Esprit ; onsorle qu'ils possèdent Jésus-Christ tout entier; puisque, l'Ecriture témoignant clairement que la chair de Jésus-Christ est péritablement viande pour nous, el son sang véritablement | breuvage, il est clair qu'il faut que nous en soyons véri= tablement nourris, si nous cherchons notre vie en Jésus= Christ. D'ailleurs l'Apôtre ne nous enscigne pas quelque | chose de peu d'importance ou de vulgaire, quandil as | sure que nous sommes chair de la chair de Jésus-Christ, | is il désigne de cette manière le ay | 1ère admirable de notre communion avec son corps qu'on ne peut expliquer assez dignement par aucunes paroles. Et co n'est point un obstacle à cela que noire Scigneur
PRÉSERTÉE AUX DOCTEURS DE STRASROURG. 109 ayant été élevé au ciel, a retiré d'avec nous la substance keale de son corps, qui n'est point ici nécessaire : car quoique nous, qui sommes voyageurs dans ce séjour mortel, ne soyons pas enfermés, ni contenus dans un même lieu avec lui, cependant l’eflicace de son Esprit n'est liwitée par aucunes bornes, pour qu'il ne puisse véritablement unir et ramasser ca un corps lout ce qui est séparé par la distance des lieux. Nous reconnais sons donc que l'Esprit de Jésus-Christ est le lien de notre communion avec lui, mais de telle manière que cet Esprit nous nourrit véritablement de la substance de la chair et du sang du Seigneur, pour limmortalité, et nous vivilie par leur participation, Or Jésus-Christ nous offre dans la Sainte Cène cette communion de sa chair et de son sang, sous les symboles du pain et du vin, til la doune effectivement à lous ceux qui la célèbrent comme il faut, suivaat sa légitime institution, »
Voici dans quels termes les docteurs de Strasbourg, Capiton et Bacer souscrivirent à celteconfession : « Nous recevons comme orthodoxe ce sentiment de nus très bons frères el compognons de service, G. Farel, 3, Calvin et P. Viret. Je n'ai jamais cru que le Scigneur Jésus- Cbrist soit présent localement dans la Sainte Cène, où qu'il soit répanda partout. Il a un véritable corps fini, il demeure dans la gloire céleste. Cependant ilest dans la Cène par la Parole et par les symboles. 11 s'y présente à mous étant élevés avec lui par la foi dans les lieux célestes, en telle sorte que le pain que nous rompons, et le calice par lequel nous annonçons Jésus-Christ, est véritablement pour nous la communion de son corps et de son sang. D'ailleurs nous regardons comme une çrreur, qu'on ne doit pas tolérer dans. l'Eglise, de dire, que Jésus-Christ n'a établi dans la Sainte Cène que des
so , RETTRE DE HUCER SUR LA CünEs signes vides et nus, et do ne pas croire qu'on y recoik le corps même et lo sang de Jésus-Christ, c'est-à-dire, le Seigaeur lui-même, vrai Dieu et vrai homme, Signé, Martin Bucer. Wolfgang Capiton.
Eofin pour appuyer celle remarque, j'ajouterai que. Luther ayant écrit aux Suisses par deux fois, qu'il re mettait à Capiton et à Bacer le soin d'expliquer neuement 508 senlimons, et cela dans le temps quo Bucor avait publié son éclaircissement sur les articles de la concorde de Wittemberg, on peut juger du sens de ces articles par cé que Bucer en & écrit lui-même. Voici co qu'il en disait dons une lettre à l'évêque de Hereford: « Nous n’établissons point une union physique de Jésus Christ avec le pain, ni qu'il y soit onfermé localement, ni qu'il y demeure hors de l'usage du sicroments mais nous laissons Jésus-Christ dans sa gloire céleste, nous ne le faisons pas revenir dans la condition de celte vie; ainsi nous confossons qu'il y est présent par la foi ; qu'estce done, je vous prie, que nous établissons ici qui dérogo ou à la vérité de la nature bumaino en Jésus-Christ, ou à la glorification, ou enfin à une confiance vive et solide en Jésus-Christ? Si des gens grossiers ou charnels no peuvent $e rapporter à l'esprit d'autre présence qu'à celle qui fait descendre Jésus-Christ du Ciel, ot qui l'enformer dans le pain localement, ou le rabaisie de nouvreansde sa gloire céleste à la condition de la vie présente, qu'ests ce que cola fait à l'Eglise de Jésus-Christ ? » Un peuiplas bas il dit : a Jésas-Christ a quitié lo monde, il s'en estallé à son Pre dans Los Cieux, c'est-h-dire, dans coute gloire, par laquelle il est présent à nous, Dieu et homme. Of,5l il y est présent d'une manière céleste, sans aucune con»
2 oil. 299. Cale: Epist. 289, 200.
CONCONSE ENTRE LES ÉGLUIES. tu
jonction physique avec les choses présentes, d'ane ma nière, (dis-je } que ln foi seule reçoit, non les schs, ni In raison, » Cette explication de Bucer ayant été ep prouvée publiquement, il en résulte qu'on doit entendre en ce sens-là les articles de la concorde de Witemberg, et d'autre côté que la confession d'Augsbourg a été ex: piqué par les articles de cette concorde, !
Les Suisses de leur côté admettaiant sur ce pied-là le sentiment de Lother; car comme il eut envoyé cette Rarrals ET ENS AR EL dus Q avait sur le’ corps et le du dans Ja
Cène, los ministres dé UN M IRAEQU OS dés magistrats, répportèrent, qu'il ne s'éloignait pas de la confession de Berne, mais qu'il était rempli d'express sions figurées qui on obecurcissiient le sens : et Li dessus il fut résolu que si le sentiment de Luther était tel que Bucer l'avait publié ea Suisse, tant dé bouche, que pat écrit, il fallait s'unir avec lu, sinon il ne fallait pas s'en. gager plus avant dans des négociations inutiles. —Enfo, dans co tompe-à Lx bonne intelligence étnit si bion établio entre nos Eglises et cellés de Saxe, que les théologieus de Zarieh avaient encore des amis une virent point dé mauvais œil, qu'unde leur prop
allft continuer ses étades. # Mais cotte bonne inpr de ve durs pas longtemps.
"XIV. L'année 1589 fut pour la ville et l'Eglise de Genbve une année de troubles, de désordres et d'embarrse, Ant'au dedans qu'ai dehors. Les Genevois eurent un
qui avaient autrefbis appartenu sait au Chapitre de la co
% Mospin. 287, b. 288, », 2 Hottimg, 734.
"a TROUBLES À GENÈVE.
thédrale de Genève, soit au prieuré de St, Victor. C'est. ce qu'on y appelle communément : les terres de St, Victor et Chapitre. D'un autre côté les désordres et les im piétés continuaient dans l'Eglise, et on les commeait impunément. Enfin on eraignit encore des coups fourrés du côté de la France, et les Genevois se vire:
sans aucune forme de procès, par François 1, de la terre de Thies, qu'ils prétendaient leur appartenir, comme ayant appartenu à leur Eglise. Les anciens évêques de Genève et de Lausannese trouvèrent à Lyon avec le cardinal de Tournon, ministre de France; et l'ancien syndie Jean-Philippe, ayant été à Lyon dans le même temps, fut soupçonné d'être entré en quelque conspiration ayec ces prélats, parce qu'on le vit parler à ce cardinal dans l'Eglise et dans sa chambre. * Dans le mois de février, les ministres ( qui étaient alors quatre, savoir, deux citoyens de Genève, Heari-de-la-Mare, et Jaques-Bernard, et deux étrangers, Antoine Marcourt et le docteur Morand, } se plaignirent au conseil des dissolotions, mascarades, chansons déshonnétes, bals, danses, blasphèmes, et de ce qu'on allait nu par la ville au son des tambours et des fifres, On en pritinformationet on | se contenta d'en faire des remontrances ? aux coupables. D'un autre côté les Genevois étaient divisés entr’eux au sujet de leurs ministres. Les uns étaient encore demi papistes dans le cœur, et ne voulaient pas écoutor Les ministres, ni recevoir leurs corrections et leurs remontrances. Les autres qui étaient véritablement et de cœur de la religion réformée, animés d'un zèle indiscret, ne voulaient pas reconnaflrales nouveaux venus, pour vrais
* Roset, 1V, 29, Savion #18, # Roset. IV, 27.