CAROL
ministres eur ce qu'il ÿ avait à faire. El alla à ln Bonne- Ville accompagné de deux députés de Neuchâtel, ex il y œut une conférence avec Caroli, én présence du maire de la ville et de quelques bourgeois, voulant ne rien négliger pour Le ramener par la douceur, à reconvaître ses fautes. Ï1 parut un péu humilié, quoiqu'il dissimulät bien dés choses, et Lémoigna qu'il était résolu do se conduire d'ane telle manière, que personne n'aurait plus lieu de se plüindre de lui. Farol ot les autres lui répondirent, qu'ils ne pouveient rien faire que par l'avis de leurs frères, mais qu'ils ne négligeraient rien pour lui faire connaître qu'il était vonu parmi dos amis, — Dans le Même temps les Seigneurs de Berne ayant appris l'arrivéc decethomme, écrivirent au baillif de la Bonne-Ville, de l’arréter prisonnier, voulant y envoyer des députés pout intenter action d'injures contre lui,
choses outrageantes contre leur honneuret celui de leur réformalion, contenues dans sa requête aë pape, et pour lui faire rendre raison de ce qu'il avait déserté son Eglise, et quitté lo pays clandestinement, au lieu de comparaître devant eux. Farol en fut affligé, El aurait souhaité qu'on eût pris Caroli par la voic de la discipline cccléristique, pour l'admettre à la repentance el le recovoir dans l'Eglise, après lui avoir fait subir les censures qu'il avait méritéos. An lion qu'il craïgnait qu'en le prenant par la voie des tribunaux civils, on me lai domnêt lieu de so plaindre, qu'on n'avait pas voulu le recevoir, et qu'on le traïtait plus durement que n'avait fait le pape mé: Lcommuniqua sa pensée à quolques auires ministres. Il ongagen Chaponncau, doyen dé la classe de Neuchâtel, à écrire à Borne pour ce sujet, et Barbarin, autre ministre, porta sa lettre à Berne et sollicita® vivement, mais sans succès. Copendant la élasse de Neu-
canoue, 2 ss châtol s'étant assemblée, on y traita de colle affeire, Fr. rel ÿ rendit compte de la conféranee qu'il avait eue avec Caroli à la Bonno-Ville, Les sentimons dos ministres fureal partagés. Les uns ne voulaient pas qu'on l'écoulàt, maïs qu'on le renvoyät comme un hérélique fpricux ot un méchant homme, Cepondant le plus grand nombre l'emporia pour qu'on le trailût avec douceur, ot qu'on âchât de le ramener ! sans préjudice des autres Eglises qu'il avait offansées, Mais les Seigneurs de Berne n'ayant point jugd à propos de suivre lo sentiment de la classe de Neuchâtel, envoyèrent lours députés à la Bonne- Ville, le 21 juillet, chargés d'instructions très-vives contre Caroli. Hs devaient demander qu'il leur ft réparation d'honneur ; el que s'il refusait de la faire, il füt mis à l'amende @1 banni; que s'il niait d'avoir demandé l'absolution au pape, et de l'avoir reçue, on devait le confondre par témoins. On devait faire lire le bref du pape devant la justice. Enfin on devait lui demander si lorsqu'il était en La maison da cardinal de Tournon, il n'avait point découvert qui était l'auteur de la conspirasion qui srait été faite, de livrer Genève auvroi de France, comme Mostchenu y avait 1ravaillé. * Les dépatés de Berne exéculèrent leur commission, et parreat le 25 juillet à la Bonne-Ville, devant Pierre de Liéresse, écuyer, ehâtelain de Schlossberg, «4 maire de da wille pour l'évêque de Bâle, ot devant le conseil de la ville. Caroli leur demanda pardow, mais les Bernois oulurent qu'on jugedt de ceue affaire à rigueur de droit; sur quoi des juges ordonnèrent, qu'il demanderait pardon à Dieu, à Messieurs de Berne el à tous les mi-
1 Farel Epiat, ined, 44.
% Enatr, C. 510,
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nistres qui élaionl là présens ; qu'il reconnaîtrait qu'ils n'enseigonicnt que la pure Parole de Dicu, et qu'il Lenait Messieurs de Borne pour gons de bien et orthodoxes, et de plus ils le condamnèront à tous les frais du procès, età 60 sons d'amende. *
Farel ayant appris tout cela par les minisires qui avaient été présous à l'action, éourat à ln Bonne-Ville, pour conjurer les dépulés de Borne d'engager LL, EE. à pardonner à Carol; leur roprésentant que puisque les catholiques recoivent ceux qui reconnaissent leur faute, il faut auësi admettre à la repentanco les pécheurs dons les lieux où l'Evangile est préché purement. Cependant lai’et quelques autres conseillèrent à Caroli d'aller à Bâle, et de s'y conduire de telle manière qu'il pût-re- &ugnor l'eslime et la confiance de ceux qu'il avait offensés. Mais Caroli aima mioux allor à Montbéliard, se flattant d'obtenir quelque chose du Comte George. Toussain, pasteur do Montbéliard, le vit, le sonda, et découvrit qu'il était toujours le même, entélé de se sentimens, et plein de bonne opinion de lui-même. C'est pourquoi il le renvoya. Caroli reprit le chemin do Suisse, et arrivé au comté de Valengin, il écrivit à la classe de Nouchätel de le recevoir. Farel prit la peine de grimper los montagnes avec un autre ministre, nommé Falon, pour l'aller trouver et l'exhorter à se donnor palience, et à no rien précipiter; mais cet esprit allier ne voulut rien écouter. Il se plaignait des mauvais traitemens qu'on lui avait faits, et parlait avec mépris du ministère qu'on exerçait en Suisse, disant, qu'on le lui faisait 1rop mondre, « Quoi, disait-il, si les Bornoïs me reçoivent ; ils me mettront dans quelque petite Eglise de village, ils
% Miss amp 167.