LENS MONT BR CANOLI
D'ailleurs, avec quelle conscience pourrions-hous vous en prométire une avant que de savoir, si vous êtes d'accord avec nous sur la doctrine ? Vous ne dissimolez pas que ous étés éncoré dans des idées différentes des nôtres, ct cependant vous voulez qu'on vous déstine un lieu pour en scigner. Jugez vous-même si cela sé peut avec bienséance! Vous aüriez raison de nous regarder comme dés bêtes, si nous avions ude telle complaisance pour vous: * s — Catoli ne trouvant pas son compte à Mets, ni en France, retourna à Rome, où il mourut de misère et de maux honteux dans un hôpital. J'ai voulu mettre icitout de suite l'histdire de cet homme, pour n'y plus revenir, et je m'y suis un peu tendu, aÜn de faire connaitre à mes lecteurs qu'il he Lint pas aux soins ot h la charité de nos rélormateurs, qu'il né rentrt dans le bon chemin. *
11 ÿ avait dans ce temps-là une correspondance amiable et fraternelle entre les Eglises réformécs de Suisse. Ea particulier celles de la Suisse française, savoir, celles du Pays-de-Vaud, celles de Genève, et celles du comté de Neuchâtel semblaient ne faire qu'un corps. Dans le synode de Lausonno, assemblé l'an 1538, Christophe Libértet, où Fabri porta plainte contre un maürais ministre, nommé Alexandre, qui avait déserlé son Eglise, Cet homme nouvellement arrivé de France, l'an 1687, trouva une place dans le montagnes de la prévôté. Ne #y trouvant pas à son gré, il quitta son Eglise, el en alla demander une aotre à Borne. LL, KE. l'énvoyérent à Thonon. Après y avoir été quelque temps, il cut pour des troupes françaises qui étaient dans le voisinage, ét <hercha un bénélice qui lui convint mieux, L'Eglise de
2 Galv. Epist. p, 40. 61.
2 Vie de Calv.
ALRXAXDNE, 135
St. Aubin, dans le comté de Neuchâtel, étant vacante,
la femme d'Alexandre alla trouver la Dame du lieu, qui gouvemait lout à son gré, parce que le Seigneur étais aveugle. Elle en obtint une lettre de vocation pour son mari, qui s'y trausporla incessamment, Fabri sc plaignit donc au synode et d'Alexandre qui avait quitlé son Eglise sans dire mot à personne, et des ministres Neuchâtelois qui avaient aëiré cet homme cher eux ; représentant les conséquences d'une tolle conduite. Les Neuchôtelois répondirent, qu'ils n’y avaient aucune park, qu'il s'était intrus dans co poste sans les consulter, et sans avoir élé éprouvé. P, Karen qui présidait au sy= node, dit là-dessus, que puisqu'il y élait cntré par de meuvaises voies, äl fallait l'en faire sortir par force. Mais les ministres souhailèrent que cela se fit sans tumulte. On sollicia Alexandre à se retirer de bonne grâce, comme il avait élé résolu dans le synode. Il n'on roulutrien faire, et se mil à déclamer violemment eontre les ministres. Il fallat done recourir à l'autorité civile, Le tribusalsouserainayantentendules ministres, commanda à ce misérable de sortir, et donna ordre à la classe de chercher un autre pasteur pour meltre à sa placo, Comme il refusa d'obéir, et que même il voulut soulever le peuple de St, Aubin contre le magistratebcontre les ministres qui amèneraient son successeur, la classe « l'exeommunia et le livra à Satan; » cesont lestermes de Farel, Mais il s'en moque, Il recourut à Berne plusiours fois pour y être soulenu, ebilen rapporla une leltre de recommandation pour y étre laissé pour quelque temps, Enfin il soubaita d'entrer dans la classe d'Yvordon ; mais Zébédéo qui le connaissait, s'y opposa vigoureusement. *
2 are Fpist. inod 69,
156 nENNE RANONTE GENÈVE À RELUVER SON COLLÈGE.
XVII, De méme le synode de Lausanne assemblé Van 1589, avait donné avis aux Seigneurs de Berne qu'il n'y avait point de bon régent à Genève, que le
* collège y était tombé, que l'hôpital était presque ruiné, et qu'on y ensciguait les enfans dans un livre, qui con tenait le papisme. LL. EB. y envoyërent des députés , le 8 janvier 1640, avec ordre de s'informer de ces faits, et de représenter à Messicurs de Genève que l'état de Berne leur avait abandonné les biens d'Eglise, qui étaient dans sa dépendance, pour l'entretien d'un eolège et d'un hôpital, et qu'oinsi ils devaient les relever. Ils furent aussi chargés d’exhorter les Genevois à wivre selon la réformation de Berne, qu'ils avaient promis d'embrasser, et d'abolir les scandales qui se commettaient parmi eux ; pour ne pas donner occasion aux pa= pistes de blâmer la réformation. * Ces députés s'acquit= tèrent de leur commission , et après avoir conféré avec Jes ministres de Genève, ils parurent devant le conseil Je 13 janvier et l'exhortèrent à établir un consistoire. On lcur promit de le faire, Et quant au collège, ils répoudirent que s'ils a t chassé Saunier avec quelques autres Francais, c'avait été par l'avis de quelques Seigneurs même de Berne, et qu'on y pourvoirait. On y pourvut en elfet peu de Lemps après. *
Cependant les Seigneurs de Berne pressaïent Loujours leurs alliés de Genève de ratifier Le traité qui avait été. conclu entr'eux, par leurs députés; ét comme les Genevois eurent résolu de nouveau, le 7 janvier 1540, de ne le jamais accepter, les Bernoïs les assignèrent à une journée de marche à Lausanne pour le 25 janvier. —
2 Hnste C, 335 ? Boset LV. 53
DIFICULTÉS RATRE CES DEUX VILLES. 137 Ces embarras du publie causèrent des troubles et des divisions entre les particuliers, les uns rejelant la faute surlesautres. Quelques-uns même qui étaient mécontents de ceux qui gouvernsient, n'étaient pas fâchés de les voir dans les peines. Les Genevois demandèrent uoc conférence amiable , mais elle leur fut refusée. Il fallut donc nommer des dépulés pour envoyer à Lausanne. On les chargea de rejeter absolument les trois articles de ce traitées de déclarer aux Bernoïs « que les Genevois meutraient plutôt le feu à leur ville que de jamais Les accopter.» Le 26 janvier il fut proposé dans le grand-conseil de Genève, que les auteurs de ces trois articles devaient étre chargés des frais qu'ils causaient el non la ville. * Et le conscil général assemblé le lendemain, fit arrêter prisonniers les députés qui avaient signé ces artcles. Cette démarche violente augmenta les troubles plutôt que de les diminuer. C'est pourquai les Genevois comprenant sagement que leurs divisions les perdraicnt, résolurent on conseil général, assemblé le dimanche 1 février, de se réconcilier tous ensemble et de vivre on boanc union, En méme temps on établit | pour eapitainc général de Ja ville Jean Philippe, qui nvait été syndic l'an 1538, et l'on élargit les rois députés prisonwiers ; sous la condition qu'il réprésenteraient toutes les fois qu'ils en seraient requis. Celle paix fut soleunisée par une procession générale qui so fit au son du tambour par loute la ville. Les ministres en félicitèrent le conseil le mardi suivant, et le priérent de marquer un jour auquel tout le peuple viendrait à l'Eglise pour les entendre prêcher sur les avantages qui résultent de la paix. Maïs ni la résolution du peuple ni les sermons des mi-
4 Rosot. VI, 3%. Sovion.
158 Dumcerrés
nisires ne furent pas assez efficaces pour empêcher qu'il ne se fit encore des baleries ; il y eut même un citoyen qui fut tué par le fils du capitaine do la ville. !
D'un autre côté les Bornoïs irrités de la fière réponse des Genevois, leur envoyèrent quatre nouveaux députés le 4 février, avec ordre de parler au conseil général et de leur représenter : «que LL. EE, leur avaient Loujours fait du bien avec beaucoup de dépenses et de peines; que cependant ils apprensient avec douleur qu'ils leur étaient suspects, comme s'ils voulaient se rendre maîtres de leur ville, ce qu'ils auraient pu faire souvent, s'ils l'avaient voulu, toutes les fois qu'il y avait eu de fortes garnisons; qu'ils ne voyaient pas que dans ce traité qu'ils refusaient de ratifier, il y eût rien qui fût contre leur liberté et le droit de la bourgeoisie, et qui dût les porter à celle fureur, que de leur écrire comme ils avaient fait, qu'ils aimeraient mieux brûler leur ville que delesigner, ce qui était injurieux à LL. EE, qui leur offraient le droit pour cela, Qu'ils devaient considérer quelle conduite cst celle-là, de doaner plein pouvoir à des députés et de refuser ensuite de ratifier untraité qu'ilsavaient conclu, etc. » Eufin ils devaient offrir aux Gencvois une nouvelle négociation en cas de refus, pour leur faire voir la droiture des Bernoïs. — On nvait aussi donné avis aux Bernois qu'il y avait des Genc-* vois qui parlaient mal d'eux dans les assemblées et qui se plaignaient d'euxcomme s'ils leur faisaient tort ; qu'ilyen avait même qui avaient des intelligences secrelles avec Fribourg et les cinq petits cantons qui les animwaient contre Berne, Les députés eurent ordre de s'in-
# Hoset, 1V, 39, Savion 227. 228