ITS RÈGLEMENS A CE SUJET
posait point. Gelle contestation fut portée devant le sou verain, Ritter donna sa déclaration par écrit. Les autres y répondirent de même. Ensuite ayant été appelés les pi et les autres devant les magistrats, À dirent leurs raisons de vive voix. LL. EE. après les avoir entendus les mirent d'accord, le 5 mai, de cette manière : 10 Ils arrétèrent, que le serment dont il s'agissait serait aboli; que cependant comme l’on remarquait que l'usage de certains mois étranges et peu usités scandalisait plutôt | que d'édifier , et causait des disputes, ces ministres s'en abstiendraient, où du moiné ne s'en serviraient pas sans les expliquer. 2° Qu'on leur laissait la liberté de prêcher conformément au premier édit, pourvu qu'ils n’apportassent aucune doctrine contraire à la dispute de Berne, à la confession de Bâle, à son éclaircissement, au catéchisme euh la liturgie. 3° Enfin, qu'ils vivraient ensembleen paix sansse quereller, ni en chaire, niailleurs; que s'ils avaient quelque difficulté, ils devaient la porter dans leurs colloques pour y être terminée amiublement ; etque si quelqu'un contrevenait à ce règlement il serait | déposé. *
EL. EE. de Berne continuant à donner leurs soins pour l'aermissement de la réformation et du bon ordre dans le Pays-de-Vaud, convoquérent k Vevey un éhapire, ? (c'est ainsi qu'on appelait cette assemblée), pour. le 19 juillet, et ordonnèrent aux conseils de Lausanne d'y envoyer léur Bourgmaître comme ils l'avaient déja fait l'année précédente. * On y dressa quelques articles
* tnstr, C. 876.
* C'était une espèce de synode provincial convoqué pour la ré- 1ormation des mœurs, plutôt que pour un autre aujot.
3 Melsch. Miss, 104: b.
DEnSE EF 44 Paéveté. 45 pour la réformation des mœurs, que le baillif Nægueli et les ministres de Lausanne portèrent aux conseils en part de cette assemblée. On avait déjà fait un peut acte de discipline, le mardi gras (10 février) en défendant les mascrades et autres scandales de celte nature, sous peine de trois jours de prison au pain et à l'eau. !
Les Bernois envoyèrent deux députés, le 1 juio, à la prévôté; pour renouvoler lear traité de combourgeoisie avec les babitans do ce poys-lh. Ces députés eurent ordre, de dire à ceux de l'évêque de Bâle qui devaient se rencontrer à cette cérémonie, que LL. EE. ne cherchaient point à dominer dans ce pays-là, mais uniquement à y faire ce qui pourrait servir à la gloire de Dieu, étant tonjours disposés à exhorter leurs combourgoois à s'acquitter de leurs devoirs envers leur prince ; 2 de faire en sorte que le prévôt des chanoines de Moutier fit payer la pension duc au ministre du » de Cour, qu'on lui retenail. $ Enfin d'exhorter ces gens-là à faire tous les efforts possibles pour éteindre au milieu d'eux la secte des Anabaptistes ; et à ne pas leur porte de pates pren en RE
assez dispalé sur co sujet. À
REA «+ tronble à Besançon pour cause de religion; et quel- “ques-uns des principaux de la ville furent mis en prisou, parce qu'ils étaient réformés. Les Scigneurs de Beroe l'ayant su, écrivirent le 10 août , aux magistrats de ‘coute ville-H, pour les prier de faire cessor cette porsécaion et de ralächer les prisonniers.
2 Man. de Laus. 65.b.
# Anstr. 900.
2 alsch. Miss, 105
146 AUDIENCE RHVLÉÉE AU MONCR.
La Comtesse de Valengin ne voulait pas permettre aux réformés l'entrée d'aucun des deux temples du bourg de ce aoe. Les Seigneurs de Berne lui écrivireat le 15 juillet, pour la prier d'ouvrir où l’ua où l'au— Are à ces geas, pour y faire l'exercice de leur religion. Ils la prièrent en même 1emps d'engager los prêtres de ce bourg faire le deroir de hous réformés, au lieu que nov seulement ils n'assislaient pas aux sermons, mais même disaient toujours la mosse chez eux et au château. He lui disaient, que Je comte son fl; leur avait promis de mettre ordre à cela, :
L'été de celle année fut excessivement ehaud, de sonde que la serre ÿ rapporta abondamment du blé et. du vin excellens; aussi les Français l'appelèrent l'année des vins rbts. * Comme je me srousai à Zorieh l'an 1710, l'on y fit usage du blé qu'on avoit conserré das un grenier depuis cette année-là; mais si cet été fut chaud, il ut aussi dangereux pour les bâtimens. Le feu s0 mit Provence village du bailliage de Grandson, et y coosuma 64 maisons saus los granges. *
La méme année, comme J'empereur Charles V et François e', roïdo France, étaient toujours brouilléselen inimilié déclarée, le pape se trouva daneus grand embarras. Ilcrut avoir besoin dy secours dos Suisses; et dans le desseia qu'il avait de leur en demander, il soubaita que son nopce pôs avoir audience des cantons qui devaient s'assembler à Bade après la St, Jean, selon la contume. Ury ,Underwald, Zoug et Fribourg, comme bons et dévots catholiques, y donnèrent incessamment les mains.
+ Ibid. 48.
3 Stoitler 119. ».
5 Mas. Amp. 470.
TAREL ET CAVLIN RAGSRTIÉS À CENÈVE, [1°
Lucerne et Schwyl le refusèrent d'abord ; mais après des négociations réitérées , ils accordèreut enfin un sauf conduit à ce nonce. Mais cuux de Soleure aussi bien que les quatre cantons réformés parsés érèrent dags la résplution qui avait été prise auparavast ; da refner andience au none, et déclaréreat qu'ils ne le souffeirajent point duos leurs seigneuries communes , ni dans leurs jerres propres. À celte oreasion Zarieh ot Berge renouvelé» rent les édits qu'ils avaient déjà faits aupararant contre les carolemens et les services étrangers. !
XX. Au milieu dos troublos ot des divisions qui agitaont la ville de Genève, les bonnes ames &t los porsonves sensées regrettaient lours bons et anciens par teurs, Farel ot Calvin. E4 comme los ministres qui se trouvaient alors à Genbre, étaieus dos génies médionres et d'aa mérite fort au-dessous de vos deux grands hommes, la comparaison qu'on en faissit pe leur était pas favorable ; do sorte qu'ile remarquèrent ares chagrin qu'on no faisait pas grand es de lours personnes, mi de leur mioistère. Ils no puront dissimuler la peine que co mépris lour faisait. Le s’en plaigniroot Lo 28 avril, au conspil, diéant, que si on ne les Lroursis pas suffisus, 00 pouvaif lour donner leur cougé. Lo 15 juillet, ils se présontèrent de aouroau derant Je conseil, et lui fireat des remontranees au sujet des désordroe et des
scandales qui se commettaient par la ville de jour et de muñt. Lé conseil, pour toute réponse, les exhora à s'acquitter de leur devoir. * Quinge jours après, l'on d'eux, savoir lé docteur Morand, sou alla sans prendre congé de personne, On ceut généralement à Genève qu'il était
# Stottler J1, 119, ete. Hoiting. 743. — Savion 236. 7 Roset, IV, 57.
178 DIVISIONS ENTRE diqué du changément qu'il voyait arriver dans l'Eglise} au préjudice de sa gloire. Déjà le magistrat, changé em partie, avait regret à la perte qu'on avait foite de Farel et de Calvin. * Antoine Marcourt, son collègue, qui avait blâmé lui-mêre sa désertion, ne laissa pas de l'imiter au bout de deux mois, vers la fin de septembre, ? et ft appélé au ministère de l'Eglise de Nyon, où il était déjà dans le mois d'octobre suivant, commeon l'a va ailleurs. * Ainsi il ne resta à Genève que deux ministres qui étaient citoyens, Jaques Bérnard et Henri-de-la- “More. — Cependant la division était toujours grande entre Berñe et Genève, et se poussait vivement, Et même l’animosité devenait toujours plus grande.
Les baïllifs Bernois du voisinage, savoir, de Thonon et de Gex, s'emparèrent des Seigneuries que les Gene. vois prétendaieut leur appartenir. Les Genevois de leur côté les prirent à partie, et les citèrent aux journées de marche qui se Linrent dans les mois d'octobre et de novembre. Mais on ne conclut rien dans ces assemblées, Parce que chaque juge donnait gain de cause à ses compatrioles, D'un autre côté les fugitifs de Genève qui s'6taïent reirés à cause de la sédition de J. Philippe, au lieu d'y comparatire sur la sommation qui leur en avait été faite à plusieurs reprises à son de trompe, se portant pour sujets de Borne, et avoués pour Lels par l'état, 4iraient aussi en cause la ville de Genève, soit le public, soit les particuliers, et dans les procès ils injuriaïent Îes députés de Genève et les menaçaient; ce quiaugmentait encore l'animosité de part et d'autro. Les Genevois re-
2 Roset. ibid. 9.
% Roset. Ibid. 48. Savion 259.
3 Tom. LV, p. 480.
HANNE EX GENÈVE, 4 ville; il leur semblait que les Bernois ne devaient pas les protéger, maïs plutôt les chassser de lours terres,
comme leur traité de bourgeoisie mutuelle le. portait, Les Bernois de leur côté trouvaient que les Genevois faisaient Lort à ces fugitifs, leurs citoyens , et la plupact anciens magistrats. Les juges, nommés par les deux villes, ne pouvant jamais s'accorder convinrent de prendre un surarbitre, liré de la magistrature de Bâle, à qui on remettrait tout le procès, * — Dans cel intérr alle de temps les Genevois furent loët réjouis d'une lettre qu'ils reçurent de l’empereur Charles V, datée du 8 d'août. « Il leur disait, qu'il avait ouï dire, que leg Bernois les sollicitaient à leur prêter serment de fidélité. I le leur défendait très-expressément, et sous peine de:son indignation, espérant que les Bernois à qui il en écrivait, abandonneraient ce dessein, et leur ordonnait de demeurer dans l'obéissance de l'empire, comme cité impériale.» Les Genevois communiquèrent celte lettre à leurs alliés de Berne par forme d'avis. *
Les magistrats voyant.avec douleur leur Eglise dé pourvue de pasteurs, ponsèront sérieusement à faire re venir ceux qu'ils avaïent perdus: Les quatre syndics de l'an’ 1538 qui les avaient fait chasser n'étaient plus, leur faction était dissipée; ainsi rien ne #'opposait plus à leur retour à Genère de la part des Genevois. ls prirent donc la résolution de les rappeler. Mais ils trou werent plus de difficullés à les ravoir, qu'ils n'en avaient eu à les chasser. L'Eglise de Neuchâtel lour rofusa absolument de leur rendre Farel. Ainsi n’ayaot plus d'espés
! Hoset. AV, 16, Savion 242.
F Rosel. L €. A8. Savion 458.
150 oENIVE APPELLE GauvIK,
Häcé de eo vôlé-fà, ile se réduisirent du moins à ravoir Calvia, et lo 20 octobro; le consoil général ayant é16 82 semblé résolus tinsnimemens, qu'il fallais l'avoir à quels que pHix qué éë fat. * 22 ls lui envoyèrent un député, Ubouts Dufüur) avés des loures adressées el aux ma- Siéthäts do Strdsbourg, ét à Colvis. Îe prièront an même témps Foret de 8e dübner la poire d'allér à Strasbourg sollicitér Clvin à ruvénir. Mais Farel de contenta dé doter à ée député on lettre pour Calvin, où il l'exhor. tail à déceptét coute vécition. Les ningistrats de Stras- Botrérépoñdirént, à qu'ils avaient alorsexirémement be soi de Calvin, el Calvin de son côté avait ube extrême répüghance à retourner à Géhève, et même il crsignait d'y aller, © # Voiéi éé qu'il répondit à Farel dans un létiré di 21 oélobre : « Toutes les foit que je né rap pelle ë qué j'ai sou@ért dans ce licu là, je ne puls m'ebécher d'Etré saisi d'horreur lorsqu'il s’ajrit de wy faire #btourhér. Jé Hé parlé pas de ces agitalions que hous dvons césuyécs perpétucllemont, dés que je vous fus ajoint pour collègué : cur jé sais qu'en quelque endroit. que j'aille, jo dois m'ettondre à une infinité de fâcheries ; que si je veux vivre pour Jésus-Christ, ce monde sera toujours plein de 1oubles pour moi, — Mais quand je perse de quels tonrmens j'ai eu la consciente bourrelée, et quelles oùt été mes inquiétudes, prdonnéz-moi si J'apprébende ce lica-là comme m'étant funeste. Vous m'étes lémoin, vous-même avec Dieu, que tien ne m'y tetenait, sinoû que je n'osais pas secouer le joug de la vocation que jo savais que le Seigneur m'y avait im posée. Mais maintenant que, par la grâce de Dieu,
! Rouet IV. 65, 2 Hoking, 743.
BIÈTE DE VON. CET J'on suis délivré, qui peut trouver mauvais que je ne ma roplonge pas volontiers dans un gouffre que j'ai éprouvé m'être 1rès-funeste, — D'ailleurs je doute fort que mon ministère y soit atile, Gür de quel esprit ne sont-ils pas animés, la plupart? Je ne pourrai pas les supporter, ni eux moi. — Je sens qu'il m'est difficile de bien conduireun petit troupeau assez soumis ; comment pourrais-je suffire pour tenir en règle une si grande multitude? » — Après divers autres raisonnemens, il conclut pourtant enfin, qu'il s'intéressait tellement pour l'Eglise de Genève, qu'il simerait mieux exposer sa vie, que de la trahir en l'abandounant; qu'il sûivra le conseil de gens sages, comme Capiton et Bucer, qu'il consulter; que cependant il ne fallait pas l'attendre avant la fin de la diète de Worms, où il était obligé d'aller, et qü'il se disposait h partir le landi, 25 d'octobre, suivant. *
En ce tempsla diète de l'empire d'Allemagne s'assembla avec l'approbation de l'empereur, d'abord à Haguena, ensuite à Worms, et de là l'année suivante 1541, elle fut transférée à Ratisbonne où elle alla finir les séances. — L'occasion de celle assemblée était de chercher les moyens de terminer les différends qüi s'étaient élevés au sujet de la religion. Mais la suite Gt bien voir que cé n'avait été là qu'un vain prétexté, et que ceux qui avaient procuré la convocation de la diète, avaient eu plutôt en vue d'éloigner l'examen des doctrines controvenées, que les | is demandéient avec ardeur, où au eaà qu'on ny pôt pas réussie, d'empêcher au moins la liberté.de conscionce en Allemagne, que les protestans espéraient, et à laquelle lo pape et le clergé catholiques opgosiient de toute leur force. Dans cetlo
#Cstv: pistp. 25.
152 | GENEVE nu POUVANT AVOIR CALVIN
occasion le célèbre théologien Zuricois, Rodolf Gualter, eat l'houneur d'accompagner le Laodgrave Philippe , de Marpourg à Ratisbonne, et dans ce voyage il fitconnaissance et amitié avec Wolfgang Museulus, qui fut dans lu suite professeur en théologie à Berne, *
Mais pour revenie à Calvin, il consulta on effet les ministres de Strasbourg, qui récrivirent aux Gencvois, qu'il n’était pas possible qu'on leur renvoyät sitôt Calvin, parce qu'il était député avec quelques-uns d'enweux à la diète de Worms, pour y assilor à une conféreace de religion qui devait s’y tenir par ordre de Vemperour et du roi Ferdinand, et qu'il devait partir dans un jour où deux; qu'en attendant ils leur eonseillaiont, Calvin et eux, de demander Viret, pasteur de l'Eglise de Lausanne, bomme sago ot prudent, dont le ministère leur serait fort avantagoux, ot d'employer Farel pour l'obtenir. ?
Le député de Genève, n'ayant pas trouvé Calvin à Strasbourg, alla le chercher à Worms, où la diète de l'en pire ful assemblée dès le 25 novembre, Calvin protestait qu'iln”y avait point de lieu au montle où il craignft au tant d'aller; non qu'il buït Genève, mais parce qu'il ne se croyait pas capable de surmonter les difficultés qu'il y prévoyait. Hconjura les larmesaux yeux, les théologiens avec qui il était, d'examiner ce qui convenait à l'Eglise qui le demandait, sans avoir égard à lui-même, résolà qu'il était de faire ce qu'on trouverait à propos; mais Bucer et les autres Lémoignèrent, qu'ils ne lelaïsseraient aller qu'avec une extrême peine ? Les Genevois ne pou.
4 Hotting. 74%. 746.
2 Galv. Epist. 27.
2 Calv, Ep. p.25
ONTRNT VERET POUR SX MOIS. [
vant rien obtenirde ce côté là, pour lecoupsetournèrent, par le conseil des ministres de Strasbourg, du cèté de Pierre Viret, dont le ministère faisait l'ornement et ls gloire de l'Eglise de Lausanne. ! Ils lui écrivirent * une, lettre fort honnête, pour l'inviter à venir dans leur ville, Et comme£ilne pouvait pasquitter son poste, sansle congé de sonsouveraia, ils prièrent les Scigneurs de Berue, de le leur accorder, au moinspour quelque lems; leur disant qu’ils cspéraïent, que par son moyen ils pourraient rétablir la paix au milieu d'eux. Ces Seigneurs pour complaire aux Genevois, écrivirent le 31 décembre 1541 à Pierre Viret: «Qu'ils lui laissaiens le choix, ou d'aller préchefdemian à Genère, ou de le refuser.» à I fallait aussi le consentement des Lausannoïs, Le conseil de Genève envoya deux députés de son corps, le 7 janvier 1541, à celui de Lausanne, pour lai demander ce consentement. Le conseilde Lausanne le leur eccorda, mais pour demi-an seulement. Ainsi Pierre Viret alla à Genève, mais l'Eglise de Lausanne qui aimait cétexcellent . pasteur, ne pot pass'on voir privé longtems, On
serepenait de l'avoir cédé aux Genevois, et le écrivi Scigoeursde Berne, Rp pour les prier de le leur faire rendre. LL: EE, répondirent le 22 février ; que lation popsiteqnel on l'avait accordé aux Gencrois, n'était pas encore écoulé ; mais quequand le Lerme serait. eapiré, ile se | souviendraient de leur requête. ?
MH Ep. p. 27.
# les Pièces Justifieativés.
3 NVelsch. Miss. 298,
# Mas, de Lous, pe. 96.
F Welseh, Miss 955.