PROJET DE £A CLASSE DE LAUSANNE
de tout âge, jeunes et vieux, pour y étudier pour le St. ministère, et pour dtre mix à la place des ministres qui mouraient, cependant les classes leur envoyaient souvent
© des étrangers, au préjudice des gens du pays. Les Seigneurs le trouvèrent mauvais, en censurèrent le 29 décembre les classes, eu leur défendirent de plus receroir aucun étranger, qu'au cas qu'il ne se trouvit personne entre les écoliers de LL. BE. , qui füt capable de servie une Eglise. *
Da classe de Lausanne encouragée par l'exemple des Eglises de Genève et de Neuchâtel, s'étant assemblée le 1* de novembre, dressa un projet de divers règlemens pour pousser plus loin la réformation, et l'envoya aux Seigneurs de Berne. Ceux-ci ne gotièrent point ce pro= jet. Ts ordonnèrent le ? janvier à François .
à Piorre Viret, Jean De Tornay, Jean Le Grue et Jean Rebit, jurés de cette classe, de se rendre h Berne pour le 14 janvier, afin d'y apprendre leur intention. Dans ce projet les ministres de la classe de Lausanne improuaient en termes fort vifs, la vente que leurs Seigneurs faisaient des biens ecclésiastiques, traîtant de sacrilègeset de Judas les détenteurs de ces sortes de biens! ls de= mandaient encore l'établissement de la discipline ecélé siastique, voulant remettre l'Eglise sur le pied du pre mior siècle, l'excommunication, l'autorité de l'Eglise, l'imposition des mains, l'emploi des diaeres, ete. ? Hes Seigueurs de Berne furent fort offensés de cos actes, ot croyant que cola réjaillissait contre leur honneurethlent, autorité, y firent la réponse suivante que j'ai copiée fidè=
# Ibid, p.13.
2 Wals, Miss, 513.
5 Inste. 90.
RÉPONSE DES SEIGNEURS DE HEUNE. sa lement sur l'original, Christophe Fabri, ministre de Thonon, ayant aussi présenté requête pour les biens d'Eglise, à peu près en même temps que la classe de Lausaone, il reçut la même réponse. !
Fiéponse des Seigneurs de Berne aux propositions des ministres deda classe de Lausanne, faite le A2 féerier 1543, ?
« Premièrement : Quant à la Diseipline Ecclésiastique, autromentnomméExeommunication, que plusieurs pour parlomens ot journées en ont été tenues par Messieurs et leurs adhérans, qui tiennent le parti de l'Evangile, sans avoir jamaie trouvé commodité de dresser Lelle discipline, à la forme requise par les Ministres de Lausanne, pour plusieurs raisons , dont craignans ordonner chose que l’on n'ait pu maintenir ni entretenir en perpétuelle exécution, leu mblé convenable le mode d'exercer les consistoires, plutôtque d'entreprendre plus rigoureuse punition des vices, sans icelle pouvair pousser avant, ni mettre en eîet, car 1rop mieux vaut soÿ toujours avancer, que des choses une fois présumées reculer. Et ne semble à Messieurs, que les prédicans ayent occasion s0 plaindre être exclus de telle administration, vu qu'ils assistont eux-mêmes aux consistoires , avec pouvoir de dire leur opinion en équité de conscience et remontrer à Messieurs les fautes, si aucune par négligence, où nutrement se ferait aux dits consistoires, lesquelles Messieurs se paroffrent de corriger et y mettre si bon ordre, qu'il sora possible, sans toutefois innover l'ordre jusques ici bientenu etobservé, afin que les yvrogneries, blasphèmes
Lnstr. 00.
# Inst, 95.
2 MÉPONSE DES SMNNEUNS DR HERNE orgueil, pompe des vétemens, paillardise, danses ot au. tres vices, non mérilans punition de mort, soient telle. ment châtiés, que bons et mauvais y prennent exemple, » 2. Touchant la vocation des Ministres, sont Mossieurs délibérés, de n'accepter Ministre nouveau quelconique, qu'il no soit premièrement exgminé par les Minisires da liou et Classe, en laquelle il doit exercer son office, ainsi que par le passé avec le conseil et délibération des Ministres de par deçà et du Pays Conquis, en telcas a été bosongné, sans autres Cérémonies, ni Imposition des mains, qui n'est chose fort nécessaire, In reste bien constituée et gardée; car telle vocation ne peu, ni doit être estimée contraire à l'ordre et vocation observée en la première Eglise, vu que les Ministres sont Louours les premiers qui en disent leurs avis et bon sem blant. < » 8. Concernant los venditions des biens appelés ec clésinstiques, s'ébahissent Mos Soigneurs, qu'en cela l'on les veut calomnier, vu les efforts qu'ils ont faits, d'adresser los états des Ministres et Ecoles, Hôpitaux ot laut cela, en quoi les dits biens se doivent employer, compis los aumènes extraordinaires, les goges des officiors et autres choses, desquelles se rend annuellement compte d'on grand déboursement, outre lesquelles Le Pays eonquis est tellement hypothéqué et chargé de censes, que possible ne seroit à Mes Seignours d'icolui Lonir, réginet protôger, sinon par le moyen des venditions, quise font; sinon qu'ils voulussent, pour le Pays conquis, dissiper et aliéner les revenus de leur pays ancien et siège paterne, ce qu'ils ne sont délibérés de faire, pour chose du monde, encor moins de tailler leurs anciens sujets, qui se sont aidés à conquêter Le dit pays on leurs propres dépens et deniers ; ot s'il est question de faïre taille et
AA GÉAISE BE LAUSANNE, #5 impôts aux sujets du pays conquis, Mes Soigneurs vous laissent juger, si là misère et pauvreté du peuplo ne requiert plutôt d'être soulagée, que telloment taillée eu pressée, vu, que Lelles tailles me Lombent que sur les pauvres, si l'on veutobserver la Noblessc les ancicnnos frorfchises, par lesquelles de tout temps icelle a été exempte, et outre co parlicipanto aux exactions et tribus imposés aux pauvres: et si l’on vout dire, que ne l'un ne l'autre se doit faire, répondent Mes Seigneurs, que plutôt quo d'acquiescer à celle, ils rendroïent le pays, en prenant les frais et missions pour icolui soutenus, que de le tenir en telle orme etchargé importable, que présentement il es constitué; vous laissent penser, si cela sorviroit plus à l'honneur de Dieu et profit du pauvre pouple, et mémement aussi des Prédicants, que de vendre les possessions et terres maliraitéos par les admodieurs ; et pour les raions susdites disent Mes Seigneurs et entendent, que les Prédicans du dit Chapitre de Lausanne, aulours du Traité composé contre La distraction des Biens Ecclésiastiques, ne se devroient tellement échauffer, ni faire si soudain jugement, sans mieux peser les circonstances de la matière et les raisons mouvantes Mes Seigneurs à suivre co consoil; ce qui les eut gardés, de composer tel Araité ; de quoi pour l'avenir Mes Seigneurs veulent étre déportés ot non souffrir Lels reproches et calomnios im mérilées; car si cela plus avenoit, ils y pourvairont en telle sorte, que les détracteurs n’en rapporteront ni hon-
que le Dersbalt por lequel les Prédicans s’obligent de tenir secret les Actes de lours Congrégations ne doigo aueunément déroger, ni être préféré nu Serment et devoir qu'ils ont à Mos dits Seigoeurs en choses concer-
a RÉPONSE DES SAIGNEUNS DE BERKE.
nantes leur bien et honneur. Hiem, que les Baïllifs no soient exclus des Congrégations et Colloques, afia qu'ils oyent et connoissent, si en aucuns lieux l'on cesse où défaut d'exécuterles mandemens eLordonnances de Mes Seigneurs, si les vices demeurent impun: autres fautes, qui requièrent émandement, pour selon leur charge y obvier tant mieux faire leur devoir; se châtiant aussi eux-mêmes, quand par les Prédicans du Colloque en seront au besoin fraternellement admonestés.
» Par tel commun accord pourra croître l'honneur de Dieu et l'édification do l'Eglise, à quoi Mes Seigaours de tout leur pouvoir Lendent, no désirans chose en ce monde plus fort, que l'avancement du Royaume de Notre Seigneur; ne pensant avoir jamais entrepris ni pensé le contraire, ou fait acte pour lequel l'on les puisse tirer en suspicion sinistre, ni agrédir par exemples de sacris lègo, Judas et autres, hors de propos, au teailé susmen* tionné induits, desquels à l'avenir chacun se gardera, faisant deuement son office, sans insolences, qui sera chose agréable au Scigneur Dieu et à Mes Scignours, »
Après une réponse de cette nature, les ministres do= mourèrent dans le silence pendant quelques années:
VUIL. Les ministres de Berne eurent encore de non veau des disputes entre oux au sujet de la S. Cène. Pierre: Cuntzen, BéatGherung, SimonSulzer et Conrad Schmidt étaient opposés à Erasme Ritter qui les nocusait d'intro= duire de nouvellesdoctrines sur co sacrement. Ils furent: appelés devant le conseilsonverain, le 22 d'aoûl ; etaprès. lesavoir ouïs, on fit faire ane confession dé foi à Conizen et à sos collègues, dans laquelle après avoir déclaré qu'ils regardent l'Ecriture Sainte comme la parole de Dieu, ct qu'ilsrecoiventlaconfession de Bile; « pourvu, ajontentkils, qu'on ne gêne point nos consciences par des tér-
ASTAIRES DE SEMON SYLXER. as mes ot des cxprossions singulières sils disent, qu'ils ne parer re oem ere À que dans le ciel, qu'on ne peut point lo manger corpo= rellement; mais que l'ame lo mango ayant la vie de lui ct en lui. EL. BE. furent conteus de celte déclaration, accommodèrent Les parties, et publièrent cel accommodement à tous los ministres du pays pour être suivi. !
Bientôt après on fit des affaires à Simon Sulier. On l'accusa d’être allé en automne à Bicnne, et de là à Neuchâtel, où il avait conféré avcc les ministres ot dressé quelques articles , lesquels Londaïent au papisme; savoir : 1° l'examen de La foi; 20 le viatique de l'eucharistie; 3° le baptéme des sage-femmes ; 49 le son de la cloche à midi; 8° la son des cloches pour Los morts ; 62 qu'on devait donner la communion aux malfaiteurs condamnés à la mort; 7° l'excommunication ; 8° l'imposition des mains; 9° la-dignité des prêtres; 10° enfin, que comme les apôtres; par esprit de prophétie, avaient eu le privilège d'expliquer plus aa long ot plus clairoment ce que Jésus-Christ avait dit en peu de mots, dé même les chrétiens pouvaiont faire la mêmo chose, et expliquer plus clairement ce qui était dans l'Ecriture, « C'est donc, disait-il, une grande présomption de vouloir mettre ua froin à coux qui prophétisent selon Le sons de Jésus-Christ, et de ne vouloir rien entendre, outre ce qui a 6 reçu une fois, Qu'on avait bien disputé à Borne contre la messe et l'abus de la Sainte Scène ; mais qu'on n'avait pas dispulé et réglé comment et avec quel fruit le corps de Jésus-Christ est mangé dans la Sainte Cène, d’ane manière sacrementale ; qu'il faudrait fairo
‘Miss Gross.
226 *hÈSES DE SURZER SUR LA CÈNE, attontion à cela avec plus de soin. Enfin, disait-il, la charité devrait étre si vive entre nous , que nous ne nous emportassions pas d'abord les uns contre les autres pour quelque différence de sentimens sur les sacremens du Soignour, pourvu qu'il n'y eût pas ane impiété manifoste.» Au commencement de décembre , Pierre aninistre à Zoffingue, envoya à LL, EE, do Bérüeles thèses suivantes, dressées par Sulzer, les avortissant qu'elles conraient par la classe de Thounstetien; etique le doyen de Bachsi les avait signées ; « 1° On no reçoit pas à la Cène us corps spirituel et un sangspirituel ; (ear la condition de ces choses ast enlerée, mais non pas lour substance); mais le vrai corps essentiel et naturel, toutofois uni à la divinité ; car il no quittera jamais cô qu'il a pris uno fois. 2 Quoique j'exclue d'ici la porverse trans sobstantiation papistique. 8° Eci je ne me mets point en peine de la démonstration mathématique; mais je m'appuie on simplicité de foi sur La parole de Jésus Christot sur sa promesse, me mellant au dessus de Loule curiosité humaine. 4° C'est pourquoi toutes les Ecritures! qui parlent du départ de Jésus-Christ pour aller de ce monde au Père, et qui témoignent qu'il cs assis à sa dextre, je les entends d'une exemplion de la condis tion de ce monde, ét non pas qu'il nous ait été enlièrez ment Ôt6, entant qu'il est vrai hommo. Je serai , ditsil, avec vous, ele. Or celui qui parle ainsi cst Dieu ct ‘homme, ele. 5° La manière de manger la chair de Jésus- Christ et de boire son sang n'est pas visible ni charnelle, et il n'est pas même possiblo de la comprendre en aueune façon selon la condition de ce monde; mais ælls est céleste, spiriluelle et de foi, et telle qu'elle convient à notro âme, suivant cote parole de St, Augustin : « Non cet cibus dontis scd mentis, »
DISPUTE SACRANENTAIES LL:A
Le méme ministre Pierre Schnyder étoit divisé sur le sujet de la Cène avec Ulric Waledinger ; son collègue. LL. EE, les firent venir tous deux à Berne le 18 décembre 1543, et après les avoir ouïs , les mirent d'accord , leur commandant de ne point disputer pour des mots. Les disputes continaërent à Berne sur lo même sujet, entre les ministres. Erasme Ritter préchoit contre ses collègues, particulièremont contre Sulzer. LL. EE, les appelèrent encore lous par dovant eux, otaprès les avoir ouïs, le 5 décembre 1544, les accomodérent, leur ordonnant de se supporter motuellement en charité, étant las de lours disputes qui troublaient l'Eglise, et leur défondirent de disputer et de se réfater en chaire. ! Pierre Contzen mourut cette année-là en février,
IX, S'il y avait tant de peine à mettre d'accord entre eux les ministres d’une scale Eglise et sur on seul articlo de doctrine, il ne faut pas Lant s'étonner s'il ne fut pas possible de concilier les Eglises de Saxe avec celles de Suisse, sur la même matière. Los esprits des hommes étaient tellement prévenus de l'imagination d'une présence réelle du corps du Seigneur dans le sacrement de la Sainte Cène, que plus ce dogme était abstrus, selon l'idée qu'ils s'en formaient, ot plus ils se croyaient obli- , gés à le recevoir. Après ce qu'on a vu en l'an 1689, des efforts quo divers personnages de grande distiaction ot de mérite avaient faits pour moyenner une bonne réunion entre les Eglises de Saxe et do Suisse, il semblait qu'on aurait dû espérer que la concorde à laquelle on était enfin parvenu serait solide, et que même elle se serait fortifiée avec le temps. Mais la Providence du Soi. gacur, dont les voics sont profondes et los jugemeos im.
Mass, Grooss.
228 AUTIER ÉCRIT CONTRE 2MINGEE,
pénétrables aux faibles mortels, ne permit pas que ce bien arrivôt aux Eglises Evangéliquos. Luther recommença la querelle peu do temps après la conclusion de la paix. Toujours rompli d'aigreur contre la mémoire de Zwingli, dont il voyait la gloire avec une scerète jalonsie, et contre Les Zuricois, qui soutenaiens la gloire
seurs qui lui soufflaient toujours anx orcilles le feu de la division, Luther dis-je, oublia biontôt les belles promesses qu'il avait faites aux Suisses, et déjà colle même année 1539 dans un livre qu'il publia, sur les conciles et écrire que Zwingli était nestoit nié que la nature divine de Jésus-Christ cdt souffert des douleurs. Les ministres de Zurich choqués de celle algarado, lui écrivirent ane leure fort honnête, en date du 30 août 1639, « pour s'en plaindre à lui-même, lui représentant que Zwingli n'avait nullement été nestorien, mais très-orlhodoxe sur la doctrine des deux natures unies en Jésus-Christ, en unité de personne; qu'il l'avait assez fait voir par ses écrits, et enlrautres par sa confession de foi, pré sentéc à l'empereur Charles V, à la diète d' V'an 1530. Lls le p & done de ne point rendre suspeste la foi de Zwingli, ni la leur, puisque lui-même avait approuré leur confession de foi faite à Bâle. Luther ne répondit rien à ceue lettre, Qa'y aurait-il répondu ? I n'avait rien de solide à répliquer. Et sa gloire ne lui permettait pas de se rétraeter. Dans le même temps Mélanchton revit la confession d'A bourg, qui était Le premier livre symbolique des tuthériens, et il y fit quelques changemens. Dans la premibre
Mospin, 500.
CONFESSION D'AUGSNOURÉ RETRANCHÉE. 229 édition de cotte confession qui fut faite fort à la hâte, et dans ua temps dangereux, on donna quelque chose à ln circonstance du Lemps, et l'on se sorvit d'expressions qui paraissaient s'approcher de la doctrine des papistes. Tel était l'article X, où l'on disait : « Quand à la Cène du Scigneur, ils enseignont que le corps et le sang de J6sus-Christ sont véritablement présons et distribués à ceux qui participent à la Cène du Soignour, et ils improuvent ceux qui enseignent autrement. » Los papistes avaïont approuvé cet article, parce que de la manière qu'ilest couché, ils y trouvaient leur transsubstantiation. C'est pourquoi Mélanchton le réforma de cotie manière : « Quant à la Cène du Seigneur, ils enseïigncnt que le corps et le sang de Jésus-Cbrist sont véritablement exhibés avec le pain et le vin à ceux qui participent à la Cène du Scigneur. » — Celle nouvelle édition de la confession d'Augsbourg, ainei rotouchéo, fut approuvée par les élals prolostans d'Allemagne, et par le traité dè la concorde de Wittenberg, faite entré les ministres de Saxe, Luther en tête, et coux de la Houte-Allemngne. On y réjeue la transsubstantiation et l'inclusion locale du corps du Scigneur dans le pain; on y onscigne, « qu'avec le pain et le vin sont véritablement présens ct exhibés et pris, le vrai corps ot le sang de Jésus-Christ, comme St. Irénée dit, que l'Eucharistie était composée d'une chose terrestre et d'une céleste, et comme le pain et lé vin sont per une union sacramentale, le corps et le sang de Jésus-Christ. Elle fut ainsi présentée dans la diète de Worms, l'an 1540 par les états protestans de V'émyire, au cardinal de Granvelle, envoyé de l'emperour. Malgré tout cela eette nouvelle édition cat aujourd'hui rejetée par plusieurs états luthéricus qui se tiennent à la première, et celle différence forme uno