‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 41 sur 112 · LE PAPE INVITÉ LES CANTONS · texte numérisé non relu

LE PAPE INVITÉ LES CANTONS

à Lous, comme elle agréait au pape. — les princes ca tholiques d'Allemagne agréèront colle proposition, mais les Evangéliques la rejetèrent aussi bien que la manière dont le pape se proposait d'y 1enir le concile, puisque de ces façon il devait absolument y étre le mare des délibérations, que par conséquent ce n’était poinu là le concile quo l'empereur leur avait promis l'an 1524 dans la diète de Nuremberg. Ainsi le concile n'eut point lieu pour ces raisons celle année-là. Le pape ne laissa pas pourtant d'écrire aux cantons sssemblés à Bade, (le lundi après le dimanche Jubilate, 8de mai), pour les inviter à yenvoyer leurs prélats. U leur disait queceux de Zurich, deBerne, de Bâle e1 de Schatfouse devaient aussi ÿ cam, paraître puisque, disait-il, lorsqu'ils avaicol mis bas Jes armes (l'an 1531) ils avaiont renvoyé à ua concile la décision de lours difléronts, qu'aujourd'hui ile devaicut. recevoir le remède à leurs maux ; ilajoutaitqe'ils auraicnt \ un Jibre accès auprès do s0s gas + d'anso PRONAREES qui seraient établies pour cela. *

La guerre qui s'élora entre l'emporour et lo roi de France fil suspendre la convocation du concile. Lorsqu'elle eut été 1ormiaéo par La paix de l'an 1544, Albert. Rosin, natif de Zurich, agent du pape et ducollge des: { cardinaux, vint on Suisse et se présenta dovaglla des camtons assemblée à Bade, le 14 décombre dé las méme aanée 1544. Il leur Gt entendre SE ferit : que par la médiation de son maître la paix faite enire les monarques qui élaiont ca guerre; que la cour de Rome était dans le dessein de procurer une paix. etune tranquillité universelle, last pour dc spiritael que pour le temporel, et que le meilleur moyen pou

! Houing. 705. 766, Stettles 151.2.

A EAVOTER LEUNS PRÉLATS AU CONCIUE, EU en vonir à bout était un concile. Mais que comme les turcs menñçsient de faire une descente dans l'Etat de l'Eglise, le pape leur demandait pour lui un certain mombre de troupes helvéliques, pour couvrir ce payslà. Eanius, devenu cardinal, écrivit aussi dans le méme Lemps à l'état de Zurich une lettre fort flalteuse , en date du 28 décembre 1544, dans le dessein de le gaguer. ! Mais s'imaginait-il que ce que tant de frands et de savans bommos n'avaient pu obtenir par leur éloquence el par leurs raisonnemens , une simple lettre de sa main en viendrait à bout ?

Dès l'entrée de l’année suivante, 1545, Rosin écrivit denonveau aux cantons, pour leur donner avis que l'ouverlure du concile se forait le quatrième dimanche du carême, les priaot en même temps + 1° de donner uu suf-conduit aux étrangers qui passeraiont par leurs ter. res pour y aller, et de plus, 2° d'yparaître eux-mêmes. Quant au sccond article nous verrons on son lieu la r6ponse:qu'on y fit. Pour.ce qui est du premier ; on le.lni accorda sans peine, Quelques évêques Portugais et le cardinal de Lorraine, qui avaient pris la routo do Suisse, passèrent par Zurich, ce qui leur donna, occasion de voir Bullinger et Pellican, et de s'entretenir avec eux sur la doctrine de la Sainte Cène, sur l'invocation des Saints, etc. Cependant l'ouverture du, concile ne se fit pas si tôt, La première séssion fut différée jusqu'au 13 décembre 1545. La deuxième ne se tint que le 7 janvier de l'année suivante 1546 et la troisième fut renvoyée au dimanche de Létare, sur la fin de mars, et trois semaines avant Pâques, Rosin, le nonce du pape, en donna avis aux cantons le lundi sprès Judica, quatorze jours avant

4 Houting. 766.

258 Les CANTONS NE RENOUVELLENT PAS LRUBE ALLIANCES, Pâques, et les iavita de nouveau ot très fortement à as sister à ceue assemblée, par leurs prélats, qui devaient représenter toute l'Eglise Helvétique. *

XVI. La guerre sanglante que se faisaient les doux plus puissans monarques de la ehrôlionté, je veux dire l'empereur et le roi do Franco, avait fait craindre à quelques personnes sensées dans la Suisse, que leur animosité ne se fit sentir par contre-coup parmi les can: tous, et qu'en prenant parti les uns pour l'empereur et les autres pour la France, ce partage de sentiment ne les brouillât entr'eux. Pour prévenir un 1el mal, on pro posa encore celte année, dans la diète de Bade, le 24

é ; de renouveler les alliances que les cantons ont entr'eux. Mais cette proposition échoua, tout comme auparavant parle méme endroit, savoir, parce que les cailio liques voulaient toujours réserver le siège de Rome dans leur alliance et demandaient qu'on jurât suivant lancion formulaire des traités, par le nom de Dieu ct des Saint: deux choses auxquelles les réformés ne pouvaient nine voulaient consentir, Gello proposition futsouvent remise eur le tapis depuis, mais elle échoua toujours pour les mêmes raisons. * — Cependant il aurait été fort à propos. que les cantons se fussent tenus bien unis dens|les canjonctures dangereuses où ils se rencontraïent, puisque leurs ennemis en voulaient à tous également, sans dis tinction de religion. Les Bâlois ayant envoyé des députés à la diète de l'empire assemblée à Worms, 5 pers sonnes dé la magistrature, qui furent chargés de leur faire les honneurs de la ville, les avertirent en les divisions des cantons leur faisaient beaucoup de tort;

! Stettlor 140, Hotting. L. «, * Sictiler AL Hotting, 766,

ns nurusenr DE ARCEVOIR LE Pars-pe-vaun, 189 que non seulement elles lüur faisaient beaucoup perdré de la considération qu'on avait pour oux, mais que dé plus elles los exposaïent à l'ambition dé cértainé potentats, qui pouvaient juger qu'étant si peu unis if serait aisé de Léa réduire. Les députés de Bâle à la diète des <antons leur représeblèrent tout celn, mai inbtilémant. ?

Dans cétte occasion les Bernois demandérént aux cantons de récevoir dans léur ällinnce commune le Pays dé Vaud, conformément à là fenténce dos canlônts , rendue à Payerne entre les états de Berne et de Fribourg. 14 leur montrèrent des copies fidéles de celle sentedce, mais île n'obtinront rion. * — Jo ne ponto pas pourtant que la différence de religion fut l'obstacle à cela ; car le canton de Fribourg et l'état de Valais ÿ étaient également in Aéressés, le preier pour la portion qu'il possede dans le Pays-dé-Vaud ; et qui est assez considérable , et Je second pour ce qu'il avait pris du Chablais ; maïs ec fut apparemment par la crainte de l'empereur, On ne doutait nullement que ce puissant monarque né travailift tôt où tard à faire rendre au due de Savoie, 46m beau frère, tous les pays qu'on lai avait pris. En effet le roi dé France lui rendit Loat; mis ces déux petits étais no renditent rien ebles Bérnoîs ne rendirent que la moindre pérlie, comme on le verra dans li suite, — Les Bernoïs étaient d'autent plus ef peinè pour la conservalion dé leurs cônquêtes que le bruit courat que trois mille éspagaols venaient da Piémont pour attsquer Genève, Is $envoyèrent donc deux députés avec ordre d'exhorter les Genoroïs à se défendre vigoureusement, de leür offrir une garnison de déux millé hommes et dé conférer

1 HA, 12, Ms, Amp, 178.

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