MODÉRATION DES PASTEURS DE ZURICH
Lothor après sa mort, au contraire ils en parlèrent très-honorablement. Bullinger écrivant à Mélanchton cette année-là donnait de grands éloges à Luther et louait son courage, sa fermeté, son zèle el sa «quoique, disai selon la condition de la chairede l'homme il eût ses défauts. ; et dans une autre lettre adressée à Ambroise Blaarer ministre de Constance, il dit qu'il a vu une épitaphe faite à l'honneur de Luther, de bienheureuse mémoire, et il témoigne étre faché que cette pièce ne soit pas écrite d'une manière convenable à Luther « qui, quoiqu'il eût ses défauts, dit-il, a néanmoins été, grand et fidèle, diligent et cor rR Rs la maison da Seigneur.» Bibliander, autre | de Zurich, quoiqu'il ne semblAt pas h-d'autres | ph avoir trop de goût pour l'union qui avait été projetée, » écrivant à Jean Alasco premier pasteur de l'Eglise dela Frise Orientale, lui parla de Luther en ces Len mort de Me, Buther m'a causé avec justice ai douleur qu'elle a causé de joie aux suppôts del christ. — Les choses qu'aueun homme sensé approuvées en Luther, je les lui ai facilement | nées à cause de sos excellonsdons, par lesquels de très grands services à l'Eglise, ete. !» |
Nonobstant ces sentimens de modération, les théolo= giens de Zurich apprirent que leurs . ae saient suprès du Landgrave de Hesse
es princes amateurs de
près sa mort, et de les déchirer dans leurs s leurs conversations, et de se vanter qu'il mort
de chagrin, de ne pouvoir pas répondre à lour apologies enfin de ne vouloir pas soufrir coux qui receyaient
! Hottng. p.760. 770.
ALS DOIVENT ENCORE JE DÉTENDRE, 289 confession de Bâle, dressée l'an 1586, et présentée à Luther au nom des Eglises de Suisso. Co fat le Landgrave lui-même qui eut la bonté d'on donner avis à Ballingor. Celui-ci ayant communiqué la chose à ses collègues, récrivit à ce prince pour se justifier lui et oux, Après les témoigoages de respoct et de reconnaissance pour sa bonté, il lui dit : « Je suis bien fâché d'apprendre quo des esprits brouillons cherchent par de fausses aceusations à nousmetire mal dans l'esprit de Voire Altesse. Ce n'est pas ma coutume de déchirer personne, ni dans les sormons ni dans nos leçons de théologie, moins enscore Luther qui a rendu de très bans services à l'Eglise ; et quoique Lother davs la controverse sscramontaire nous ait traité fort injurieusement, néanmoins nous n'aons jamais parlé de lui qu'en termes honorables. Nous savons aussi qu'encore aujourd'hui il y a plusieurs ministres en Saxe qui ne parlent jamais de nous qu'avec des épithètes isjuriouses, nous appelant fanatiques , iconomasques, sacramentaires et blasphémateurs ; el méme à Marbourg, dansl'académie de V. A., Théobald Thamer nous charge de plusieurs injures dans ses leçons, C'est pourquoi nous-supplions V. A. d'avoir égard à notre in mocence et d'imposer silence à ces calomniateurs. On mous fait encore grand Lort de dire que nous chsgsons ceux qui embrassont la confession do Béle, car jamais personne n'a été chassé pour celte controvorse par n04 magistrats; eu l'on n'a point besoin lei des magistrats
faitement d'accord sur ce point de doctrine. Nous reccvous la confession de Bâle, pourvu qu'on n’en prenne pas certaines expressions dans un autre sens que celui
# Gens qui lent là guerre ous images, .
200 APOLOGIR DES MINISTRES DR AURICI.
pour lequel nous"les avons employées. Si Buthorset les siens} satisfaits de cette confession qu'ils avaient æpprous vée, ne nous avaient jamais provoqué publiquement. par leurs injures, on aurait pu conserver la paix. Si dans la cour impériale on a reproché à V. A. celte controverse sacrmmentaire, nous n sommes fâchés, mais nous ne sommes pas les auteurs de la querelle; mais ayant été provoqués nous ne pouvions pas abandonner une bonne cause et négliger la réputation des ministres desnos | Eglises soit des vivauts soit des morts: Nous sommes disposés à persévérer dans colle simplicité el iniégrilé | de foi, dout nous avons fait profession dans Ja confession de Bâle. Mais on demande de nous davantage, que | nous ne parlions point de « manducatiou spirituelles.ot que nous confessionsune «présence corporelle». Nous ne.
le pouvons pas faire en bonne conscience, :
Car ce sontdà les expressions de Luther mên leurs Buther etles siens ont écrit, qu'à la
ment approuver, EL ajoute qu'ils sont conserver la paix et finit en priant ce prince de : en bonne part cette apologie, de les justifier des autres princes et de ne pas ajouter foi à :
aient les accuser, mais d'écouter leur tion puisqu'ils étaient toujours préts à de leur doerine, etc. Cette réponse ne d au Landgrave qui eut 1 me de ARTE pour nos Eglises et de la bienveillance pour Bullinger en partieulier, si bien même que la guerre de Smal-
LUS CANTONS YEULENT RESTER NEUTRES, EU calde étant survenue, il lui écrivit quelquefois de son camp. #
IX. Les mouvemens de guerre qui agilaïent l'Allemagoe se faisaient sentir par contre-coup davs la Suisse par les négociations opposées des parties qui étaient en gucrre. On a va ci-dessus la représentation que Charles V fit faire aux cantons au sujot de la guerre qu'il méditait contre los protestans de l'empire. Il faut ici ajouter qu'on leur demanda encore un cortain nombre de troupes en verlu de l'union héréditaire qu'ils ont avec la maison d'Autriche. Los quatre cantons réformés lui répoodirent : « qu'ils avaiont toujours été résolus d'observer religieusement le traité do l'union héréditaire; cependant qu'ils ne voulaient passe méler de celte guerre, mais demeurer neutres, De plus, que voyant à présent par un bref du pape et par son alliance avoe l'empereur, que le nonce lour avait coïinmuniqué quel était leur des- &cin, savoir, d'exterminer leur religion en Allemagne par l'épée, ils voulaient examiner la chose un peu plus müûremont, el répondre ensuito dans un temps convenablo. » Les neuf autres cantons refusèrent aussi de donner des troupes à l'empereur, disant : « qu'ils obsor-
. veraient fidèlement l'union héréditaire, mais qu'ils voulaient être neutres, ot ne point se méêlee de la guerre d'Allemagne. * *
L'éleeteur de Saxe et los autres princes et états prolestans d'Allemagne envoyèrent aussi une dépulation aux cantons pour détraîire les malignesinsinuations des minis- 1ros del'emperour. Es lour roprésentèront : « que cos princes chétals n'avaient point commencé la guerre , ni donné
* Mospin. 593, L 354, ? Stettler. 195.