‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 50 sur 112 · TOURSENTE MONTÉE DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

TOURSENTE MONTÉE DE L'EMPEREUR

aueun juste sujet à l'empereur de les attaquer ; ayant toujours cherché la paix, comme ausssi on le leur avait promise, et que dans plusieurs diètes il avait été conclu qu'on ne les inquièterait point pour leur roligion ; que la division survenue pour cause de religion ne pouvait ‘être heureusement (erminée que par le moyen d'une conférence libre et amiable dans un concile libre, as semblé on Allemagne, oudansune diète; que se reposant lh-dessus ile avaient donné de grands secoars contre Le Turc, ne s'attendant à rien moins qu'à dire allaqués, ete. ; que le pape avait à la vérité convoqué un eoncile à ‘Trente, mais que ce n'était pas là le concile Q avaient demandé, et que l'empereur leur avait promis, etc. Ms rapportaiont fort au lang Les raisons pour lesquel: les ils ne pouvaient pas reconnaîire ce concile , nise saw: mettre à ses décisions, etc. ; ils concluaïent par requétit | les cantons comme ue memes coute SLR germanique, de ne pis entrer avec l’empereur dans celle. alliance du pape, qui n'avait pour but que"de diviser l'Allemagne, d'en animer les membres lesuns contreles autres, ec de les ruiner tous. ! d Dans une diète suivante, qui fut convoquée vers le milieu du mois d'août, les députés des protestant d'Alle-

rapportèrent aux cantons une lâche étinsigne |

fourberie dont l'empereur s'était servi dans la dible de

Ratisbonne pour brouiller les prisces et les villes impé |

riales de la confédération de Smalcalde. H disait aux dépatés des villes « qu'il voulait seulement châtice quelques princes rebelles , parce que s'il ne Le faisait pas, cc villes ne pourraient point subsister devant ces princes. m Et d'un autre côté il disait aux princes : « qu'il'avec des-

1 Siculer 448.

LES CANTONS LOL REYUSENT DE SECOURS. 295 in de châier ces gros marauts des villes, afia que les princes n'eussent rien à craindre de leur part. » Se pentil rien de plus lâche et de plus indigac d'un grand monorqueP C'était pourtant Îùce prince à qui Fon attribuait ce beau mot, digne d'étre gravé partout en lettres d'or : « que si la bonne foi était perdue, elle devrait se trouver dans la bouche d’un roi. » — Les députés dont je viens de parler représemiaient Li-dessus aux cantons, que si l'empereur réussissait dans son dessein de réduire les villos impériales à son obéissance, les cantons pourraient bien ensuite se trouver dans un très-grand danger, ete. Les quatre cantons réformés s'en tinrent à la réponse qu'ils avaient faite aux envoyés de l'empereur, et les autres cantons répondirent aussi : « qu'ils voyaient avec trop de douleur cette guerre qui s'était élerée entre l'empereur et les étais de l'empire; que rien ne leur forait plus de plaisir que de voir la paix et l'union rétablie entre eux ; que pour celie cause ils ne voulaient point entrer dans celle guerre; qu'ils me laisseraient passer

aucune troape étrangère par leur pays, et qu'ils retiendraicat leurs sujets à la maison autant qu'il leur serait ‘

Les étais protestans auraient souhaité que les réformes de Suisse leur envoyassent du secours, et le landgrave de Hesse en écrivit quelquefois à Ballinger. Mais les cantons réformés le refusèrent pour de bounes raisons. Jls leur Grent réponse qu'il valait mieux pour eux qu'ils ne se mélassent point de celle guerre; parce que s'ils le fxissient, les cantons catholiques ne manqueraient pas d'envoyer leurs troupes au secours de l'empereur, aulien qu'à l'exemple des nôtres, ils l'avaient refusé malgré Les

1 Stouller 188.

MÉFIARCE EBTRE LES CANTONS.

tions de l’empereur et du pape. Cepehdant il y eut quelques milliers de nos gens qui allèrent porterles armes au service des villes de l'empire. Mais ce fut sans l'aveu des magistrats. Les ministres faisaient cé qui dé pendait d'eux, pris Dieu solennellement pour la Fais de l'Allemagne. *

Parmi ces troubles et ces agitations de l'empire d'Al lemagne les cantons n'étaient pointsans alarmes; la dif férence de religion et d'intérét jelait pari eux la dé= fianice, surtout à cause de ces négociations opposées des parties qui étaïent en guerre, Pour cctte cause ; et pour. se Lirer d'inquiétude , les trois cantons ; Zurich, Berne eu Bâle, demandèrent aux dix autres ce qu'ils pouvaient attendre d'eux en cas de besoin , supposé qu'on les atté= quât pour leur religion ou pour quelque autre sujet. Les Bäloïs donnèrent d’abord'une déclaration, qu'ils étaient résolus de faire en fidèles confédérés tout ce que esals liances exigoaient d'eux en faveur de tout le corps, chaque état confédéré en particulier , soit qu'ils!

guerre de religion ou de quelque autre sujet de querelle” Mais les autres cantons parurent un peu plus froids. La plopert voulaient, avant que de répondre, savoie ee qu'ils avaient à espérer de la part de Zurich erdeBernes et ceux-ci, qui sont les premiers en ordre et en demandaient aux autres, avant de sc déclarer, :

nantsur Le qui vive, ils ne conclurent ricn.

vint cependant d'envoyer un ambassadeur à er de la part de tous les cantons olliés avec la France, à Y'exception de Délo, pour solliciter ce prince à sem

# Htospin, 3U8 b * Suetiler, L49 b. 150.

PUBLICATION DE MEME. 29% ployer à la pacilication de la: guerre d'Allemagne. Et l'on chargea de cette ambassade des conseillers de Lu cerne et de Fribourg. > Los Bernoïs en particulier pour n'étre point surpris, envoyèrent des députés de leur conseil, le 12 septembre, dans tous les bailliages de leur canton pour y renouveler la publication dos édits qui défondaient les enrollemens, les services et les pensions des puissances étrangères, pour représenter à leurs sujets le péril où l’on était alors à l'occasion de la guerre civile qui s'était élevée en Allemagve, et pour les exhorter à se tenir prêts avoc lours armos pour défendre la patrio en cas de besoin. Ces députés étaient chargés de rapporter aux sujets: Que des envoyés de l'empereur et du pape s'étaient présentés om deux diètes consécutives devant les cantons ; le premier disant que son maitre ne voulait faire autre chose que pumir quelques princes rebelles etles ranger à leur devoir, et qu'il nesouhaitait rien plus que de procurer la paix à toute é que ces déclarations étaient fausses, puisqu'il n’y avait qu'à considérer d'un côté les cruelles hostilités qui se commettaient actuellement, eu d'an ñutre cdté doux brefs du papo adressés l'un aux évéquesde Coire et de Sion et aux abbés dé Suisse, et l'autre: au Lroëze cantons, el remisle 13juillet, oùlesréformés étaient comparés aux Turcs, traités d'hérétiques et d'infidèles ; ajoutez à cela l'alliance du pape avec l'empereur, (do laquelle le nonce du pape avait montré une copie aux cantons dans la dernière diète, ) par où le pape s'étaie engagé de soudoyer au service de l'empereur douze mille hommes d'infanterie et quinze cents chevaux qu'il Jui avait envoyés en Allemagne; qu'on pouvait encor@

1 Sietiler 180 2. +

296 MOUVEMENS AU PAYR-PE-FAUD faire attention à l'édit que l'empereur avait publié contre les protestans d'Allemagne, par où il les metait tous, eux, ms droits de régale, leurs ficfs et leurs biens au ban de édit que l'envoyé de l'empereur avait remis der- En Lib. BE. en plein conseil ; par où il paraissait assez que le dessein de l'empereur et du pape était d'exteétminer la religion protestante en Allemagne et d'opprimer tous les princes de la notion de quelque religion qu'ils fussent, pour les asservir 1ous sans distinetiou de ÉRREREe ES EE. voyant cela, etqu'ones voulait particulièrement à leur religion se disposaient à se défendre vigoureusemons au cas qu'ils fussent attaqués par d'ompereur ou par le pape, ou à défendre les cantons qui leur étaient alliés en cas d'attaque et pour ln même cause, et qu'en conséquence ils exhortaient leurs sujels à se mu mir d'armes et de courage pour la défense de la pa: dois Dans ce temps-là le comté de

à l'empereur, comme ane province qui pra.

patrimoine de la maison d'Autriche. On eut avis à Berne qu'il s'assemblait dans ce pays-là quelques troupes espagnoles et italiennes, ce qui fit craindre pour le Payss de-Vaud. Pierre de Graflenriedt, baillif d'Yverdon, par ordre de ses Seigneurs, se mit en devoir avec un petit corps de bonnes troupes d'infanterie el de cavalerie, de, leur fermer le passage dur côté de la montagne. Le ré» sorier Mouchet s'en plaignit à Berne, le 20 août, di sant, que le comté de Bourgogne avait toujours observé de règles d'un bon voisinage envers les Bernois, ei que

l'empereur n’en roulait qu'à l'électeur de Saxe où au Landgrave de Hesse, et il leur eu disait quelques raisons.

#nstr. D. 185

Du COTh BE LA ROUREDENE, 297 Les Scignears de Berne lui répondirent : « Qu'on avait reçu avis qu'il y avait en Bourgogac des 1roupes étrangères, assemblées pour se jeler sur les terres de Berne; que c'était là la raison pourquoi ils avaient ordonné à tous leurs baïllifs d'empécher ou par la douceur, ou par la force que ces troupes n'entrassont dans leur pays, et qu'ainsi on ne pouvait point blimer In conduite du baillif d’Yverdon; que du reste on observersit loujours à l'égard du comté de Bourgogne, l'ancienne amitié et liaison de bons voisins. » En même temps ils levèrent un corps de dix mille hommes pour être prêts à lout événement. *

Peu de jours après, le trésorier Mouchet revint encore à Derne en qualité d'envoyé de l'empereur, disant, que $, M. I. avait été informée que les Bernoïs voulaient se jeter sur le comté de Bourgogne et s'emparer des salines de Salins, leur demandant de persévérer dans leur union avec la maison d'Autriche. On lui répondit, qu'on était résolu de laisser en paix le comté de Bourgogne, et de s'en lenir à la réponse qui avait été déjx faite à Bade de la part des quatre cantons réformés, au sujet de la confédération de Smalcalde. ?

IV. Ceue année Béat Comte, ministre de Lausanne, rénonçaau ministère pour se lournor du côté de la médocine ; on lui donna pour successeur-Jaques Valior, minis- 1re d’Aubonne, dont j'ai déjà parlé ailleurs. ? Il fut ins- 1allé le mardi 26 de janvier. # Dans ee temps-là la peste régaait à Lousanse, et Béot Comie y rendit de si bans

4 Inatr. 149,

% Id. Ibid,

# for. IV. pag. 409.

M Wels, Miss 85. Mn, de Lans 469 b

218 ACADÉMIE DE LAGSANNE,

services en qualité de médecin, que le conseil de Lau saone crut devoir luien lémoigner sa-reconnaissance l'année suivante par une gralification. À

On tint uo chapitre ou synodé provincial dans Lau= saane même, et l'on y proposa divers règlémens pour la réformation des mœurs. À l'issue du chapitre, ensuite des délibérations qui y avaïent été prises, le baillif Ne gueli, et les ministres, Pierre Virel et Jaques Walier, proposèrent aux conseils de Lausanne ces réglemens de réformation, qui ne furent pas fort goûtés de ls plupart: Les mêmes ministres firent souvent des remontränces sur ce sujet aux lrois conseils de celte ville *

Jusques à ce temps-là il n’y avait eu à Lausanne qu'un professeur en théologie; mais l'an 1546 les Seigneurs de Berne lrouvèrent à propos qu'il y en eut deux: qui était pasteur de l'Eglise, élait aussi professeur de théologie, ainsi il fallait lui donner un collègue. Dansie même temps Cœlius Secundus Curio, italien, qhilla llems ploi de principal du collége pour se retirer à Bâle, IL%% gissuit donc de remplir ces deux places vacantes.Ln. classe de Lausanne pour remplir la première, nomma Guillaume Farel, et pour la seconde, Zébédée,

ée l'emploi pour lequel il avait 616 nommé.

Mais ils rejetèrent la nomination de Farel, et écrivirent le #5 décembre à Viret : que pour certaines raisonsils no le pouvaient pos accepter. Îls no lui disent-pas quelles étaient ces raisons, mais ils lui ordonnèrent de

1 Ibid. 186.

3 D Arch, Laus.

PROVENCE DEMANDE UX PLUS, 299 leur en proposer quelque autre, * Il y a boaucoup d'apparonce que ces raisons qu'ils ne disaient pas, élaiont : qu'ils ne s'accommodaiont pas du zèle ardent ot impétueux de Farol à presser la réformation de l'Eglise, ni de ses idées sur l'établissement d’une bonne discipline et de l'excommunication, ayant résolu de ne rien changor . à leurs roglemens de réforme ; de sorte, que s'il eût été appelé à Lausanne, il n’y aurait pas été longtemps souffort; il aurait été congédié dans pou de temps, comme cela arriva douze ans après à P. Virel et à plusieurs autres.

Il y eut aussi une vacanec à remplir dans l'Eglise de Neuchâtel. (‘haponneau, l'un des ministres, mourut, Les Neuchätelois souhaitérent d'avoir à sa place Christophe Fabri, ou Libertet leur bourgeois, ministre de Thonon. Hs lo demandèrent aox Scigneurs de Berne qui le leur aécordèrent, le 10 mars, de bonne grâce: ?,

Vers la fin de l’année, les paysans du village de Pro vence souhailètent de passer à la pluralité des suffrages l'affaire de la religion chezeux, pour y introduire pleinement la réformation, Pour ce dosscin ils envoyèrent à Berne pour en demander la permission, assurant LL. ÉE. qu'ils l'emporteraient sur lès catholiques de la pluralité d'one suffrages. Les Seigneurs de Berne pour ne pas doaner prétexte à coux de Fribourg de se plaîndre dune une sffñire de celle importance, ne voulurent pas la permellre de leur seule autorité, et renvoy rent les gens de Prosence au baïllif de Grandson, à qui ils écrivirent enmérme lemps : que quand ceux de Provence ou d'autres demanderaient à introduire chez eux la réformalion, à

LAW Miss p 425 be NVals, Miss, 88 b.

500 DIFYICOLTÉS ARTRE DEÈNE ET PRISOURG.

la pluralité de voix, selon le trañté conclu entre les deux états ct qu'ils lui ea demanderaient In permission, il devait ea donner avis aux Seigneurs des deux Glals, afin de ae rien foire contre ce Iraité. Le baïllif obéit, où Les députés de Provence ayant été auprès de lui poun cette affaire, illes chargea d’une lettre pour les Seigneurs de Fribourg, avec ordre de la porter aussi à ceux de Berne, avec la réponse qu'on leur donnerait à Fribourg. Les Fribourgeois indignés que lcurs sujels abandonnassent leur religion, citèrent par devant eux (pour le 8 de fé- +rier) les auteurs de celle députation, Une telle procédure était entièrement contraire au trailé susmentionné, Les Bernoïs l'ayant su, envoyèrent le 7 février des dépatés à Fribourg pour remontrer à ces magislrats l'irrégularité de leur procédure, qui blessait leur traité ænu= tuel, et privait leurs sujets communs de la liberté que ce traité leur donnait, de faire le plus chez cux pour: la reli: gion quand ils Le trouvaient à propos ; pourles exhorterà se désister de cette citalion, et en cas de refus leur offrir le droit, On fil là-dessus un accommodement entre les deux étais ; mais les Fribourgoois qui avaient promisde l'abserver, roulurent toujours punir les auteurs do la députation de Provence ; el comme la ville de Grandsonet le village de Si. Maurice demandèrent aussi Is méme chose, ct qu'à celte occasion les Fribourgeois citèrenkde: vant eux les ministres de Grandson et de St, Aubin, et les mirent en prison pour ce sujet; les Bernois euvoyèrent le 24 février, de nouveaux députés à Fribourg pour exhorter leurs alliés à observer l'accommodement qui avait &6 fait, el à envoyer avec eux des dépulés à Grandson, à St. Maurice’ et à Provence, pour assister à l'examen dos suffrages pour la religion daus ces lieux-là, et à Inisser en paix les personnes dont on vient de parler,

nérvambs BE La PRÉvOTÉ, LUI

“puisqu'ils n'avaient pas le droit de les punir pour le sujet dont il s'agissait; et on cas de refas leur offrir enéorele droit, eten attendant les sommer de ne pas passer plus outre. Peu de lemps après, les ministres qui avaiont été mis en prison furent reléchés. *

Colte mémeanvéeles Seigoeurs de Berne envoyèrent le 23 décembre à la prévôlé quelques règlemens de réformation; mais Le prévôt de Moutiers-Grand-Val ne voulutpas souffrir qu'on lesreçût, ni qu'on les observât; de sorte que la réformation quoique embrassée par le peuple du pays, y était assez mal obsersée. L'impureté et les autres vices y étaient en vogue, parliculièrement dans la maison du prévôt. On y méprisait les ministres, on les menaçait méme dé les chasser ; et les chanoines et leurs adhérens disaïent tout bout, qu'avant la fête de Pâques on rétablirait la messe à Moticrs, ajoutant à Icurs menhces beaucoup de paroles insolentes et injuricusés ; enfin, au lieu que Jean B:ssct, ministre du lieu, avait joui

ent depuis douze ans des dimes des Novalics, le prévôt les lui refusnit. Les réformés du pays né pouvaut plus supporter ceschoses, cnvoyèrent lear ministre, Jean Bosset, à Berne, avec un député d’entr'eux pour s'en plaindre à la Seigneurie, et ils exposërent leurs griefs le 7 septembre, priant HE. EE. de les protéger, faute de quoi tous les ministres seraient contraints de s'en aller. — Les Scigneurs de Berne les ayant ouïs, . envoyèrent le 10, des députés dans ce pays-h, avec 1°. De dire au prévôt qu'ils trouvaient fort étrange qu'il n’observät pas les traités faits au sujet de la réfor mation, et ce qu'ils lui en avaicut écrit, cnsuite de ces

+1 Ms Amp. p 183.184. ms, Gross

Page 1