‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 51 sur 112 · LES MINISTRES ORLIGÉS DE SOUSCRIRE · texte numérisé non relu

LES MINISTRES ORLIGÉS DE SOUSCRIRE

traités, puisque l'évêque de Bâle, Seigaeur du pays, ne?

s' ki: élait point opposé, mais au contraire y avait consenti,

ct par ses lettres, ot par la bouche de ses députés; Li qu'on voulait qu'il les observät mieux à l'avenir.

29. D'exhorter les papistes quels qu'ils fussent à s'abstenir de ces menaces et paroles ipjuricuses. è

3°, De sommer le prévôt do laisser tirer aux ministres Les dîmes dont on a parlé.

40. De l’exhorter à se corriger de sa vie scandaleuse et à faire punir les vices suivant les lois de la réforma- Lion.

5°, Enfo d'exhorter les communautés à ne point se laisser cffrayer par des menaces, mais à demeuror fvemes dans la réformation de la doctrine et des mœurs qu'ils avaient oembrasséo, los assurant que LL, EE: étaient résolus do los y prolôger porpélucllement avéc l'aide de Dieu.

Ou a pu romarquer que les théologiens de Zurieli avaient écrit au Landgrave de Hesse, qu'ils étaientiotis parfaitement d'accord sur l'article de la Sainte Ce et que jamais aucun ministre n'avait été cassé pour tre dé différent sentiment sur ce sujet. Il n’en Pan pas ainsi à Berne, Il y arrivait assez souvent des contestations sur celte matière, et il en coûlait ordinairement à quelqu’? c'est «e qu'on vit cncore celle aanéc et dans quelques=

unes des suivantes. Thomas Grynœus, neveu du eé- |

Tèbre théologien Simon Grynœus, de Bâle, et fils de

Jaques, était principal du collége de Berne, depuis quel ques années, où même l'an 1540 il lui naquit un fils, nommé Jean-Jaques, qui fat dans la saite un grand ot

1e Amp. p.185.

A LA DISPUTÉ DE HERNE. “us fameux théologien et antistes * de Bâle, * Ce Thomas Grynœus était dans les idées des luthériens ubiquitaires, el les enscignait à ses disciples. Les Seigneurs de Berne las et ennuyés de ces disputes, qui, sem blables aux têtes de l'hydre de Lerne, renaissaient perpétuellement, résolurent en conscil souverain que tous les ministres de leur canton souscriraïent à la dispute de Berne, dans un livre fait exprès pour cela, et préteraient serment de se soumettre à leurs lois ecclésiastiques. Cest la l'origine du livre qu'on tient à la chancellerie, appelé Prédicanten-Rodel, Ils soulurent même que les professeurs, les diacres et les maîtres d'école qui étaient ministres prélassent ce serment, ot souscrivissent, Pour cet effet ils ordonnèrent à tous leurs ministres de compa= raltre à Berne an d'éviter des disputes pour l'avenir. En même temps voyant qu'il n’y avoit plus d'union à attendre avée les luthériens, ils rappolèrent tous les étudians qu'ils avaient et entretenaient à leurs dépens à Bâle, à Marpourg, à Strasbourg et à Wittenberg, et les envoyèrent étudier à Zurich; et au mois de janvier de l'année suivante, ils congédieront Thomas Grynœus qui se retira à Bâle. Le ministre Simon Suker et les Seigueurs dépulés, le 28 mai, au pays Romand pour ÿ 1emir les Chapitres et réformer le collége de Lausaone, eurent ordre de nolifier ce nouveau règlement aux minisires; el au cas que Les ministres s'en fissent de la peine, ne sachant ce que c'était que celte dispute de Berne, ils devaient leur dire qu'elle était en tout con forme pour la substance de la doctrine à celle do Lau-

4 C'est ainsi qu'on nomme à Zurich el à Bâle le premier pas- Leur qui ost président perpétuel du clergé. < % Melch. d. À. Vite Théolog. p. 868. ête.

50 LES MONISTRES HOPSONIVENT.

sanno dont Virot avait uno copio. * Cependant jo crois qu'on ne les contraignit de signer dans ce livre qu'en l'an 1549. J'y ai trouvé signés enir'auires Augustin Marlorat, établi ministre de Cressi, près de Lausanne, en mars, et Théodore de Bère, établi professeur en grec à Lausanne, es novembre, ele. HI y eut quelques ministres da pays Allemand qui, croyant leur conscience blessée par ce nouveau serment, refusèrent dé le préter. Les Seigneurs de Berne les congédièrent pour mottre fin une bonne fois pour toutes aux dispules et aux troubles, et pour maintenir comme ils Je disaient, l'union et la tranquillité dons leurs Eglises. On 50 1rouvait alors dans des conjonctures, où il ne convenait pas à la Suisse réformée d'être agitée de querelles de religion et des schismes. *

On fit un grand livre où tous les ministres devaient \ meltre leurs noms et souscrire aux dix 1hèses de In dis | pute de Berne, de l'an 1528, ct aux canons dupremice, synode de Berne, Len l'an 1632. — On voit\dabs ce, livre là les noms des ministres de Berne qui sousctivirent cette année là 1546, savoir : Jost Kilchmeyer et) Hésl Gheruug, ministres, ct Jean Weber et Conrad Schmid, diacres; et vingt-an ministres de la classe de Bernez treize de celle de Nidau auxquels furent joints les mis nistres de la prévèté, avec Jaques Meœschler, ministre, de Bienne, Jean Bosset de ln Bonneville où Neuville, et Claude Rogemont, de Ligresse où es était alors une Eglise entièrement française > ministres de la classe de Baren, et dix et pr: celle de Thoun. Je n'ai pas compilé ceux des quatre

1 Ms. Amp. p. 18h = *Instr, b, 405.

MENNE HT GENÈVE, 50% autres classes, Bourgdorff, Thouñslélien, Aarnu et Brouck.

Y. Les Goncvgis étant en alarmos aussi bion que les cantons, à l'occasion de la guorre de roligion qui s'élovait en Allemagne, recoururent à leurs alliée de Berne, pour implorer leur secours, vers la fin de l'an 1545. Ceux-ci envoyéront à Genève au mois de décembre de coUe année-là quelques députés, pour examiner l'état des affaires avee ceux de Genève, ot les mesures qu'il y avait à prendre pour la défense decette ville. Ces dépuiés

“des deux villes convinrent enyr'aux ( le 10 décombre } de quelques articles, qui ayant 616 rapportés aux conseils de Berne, ces Seigneurs formèrent là dessus leur résolu tion el dépulérent huit personnes à Genève, le 4 janvier 1546, (savoir deux conseillers, les quatre buillifa de Gex, de Thonon, de Ternier et de Nyon, avec deux autres Seigoeurs des Deux-Cenis) pour faire rapport de cou résolution ; 1° qu'on visiterait les endroits faibles de Genève pour la fortifier le mieux qu'il serait possible, pour soutenir nn siége on cas de besoin ; 2° que quoique Ja sentence de Bâle n'obligeât point les sujets de St. Victor et de Chapitre à des corvées en faveur de Ge sève, cependam LL, EE, voulaient bien consentir sans préjudice de leur souverainelé, que ces gens-là servissent la Seigneurie de Genève eo travaillant aux fortifications, pourvu qu'on les nourrit ; 3° qu'ils étaient con- 1ens d'envoyer deux canons à Genève avec Lout l'aulirail etles munilions nécessaires ; que da reste les Genevois avaient assez d'anillerio, mais qu'ils n'avaient pas assez de poudre, et qu'ils leur permeunient d'acheter du bois et du charbon sur leurs terres.

A y avait encore divers aupres articles, mais los plus considérables étaient le X et le XI. Que comme la

506 Gunève N'ACCHPTE POINT

ville de Gonève était fort étendue, et cependant-n'avait pas plus de 1500 hommes portans armes, les Bernoïs voulaient ÿ envoyer 2,000 hommes de garnison, qui, avec le capitaine général de Genève, seraient commaudés par le chef de li garnison Bernoïso, n'étant pas à propos qu'il y eût plus d'un chef dans la garnison, qui, avoc ses conseillers douneraient avis de leurs affaires au magistrat de Genève, ou au capitaine général; que cependant le conseil de Genève aurait toujours son autorité tout entière pour les affaires civiles et criminelles, et quecela ne nuirait nullement à leurs droits, et ne pou: vaît point étre tiré à conséquence. Et comme les Geue= vois avaient offert de soudoyer 500 hommes de ces 2,000, les Bernoïs ne l'approuvèrent point, de peur qua cotte différence ne causât du trouble parmi les soldat: mais voulurent que le paiement fût réglé sélon lo traîlé de leur combourgeoïsie; que quand leurs gens vérraiont. que les Genevois voudraient payer le tiers ou ln moitié. do la paye, et qu'ils n'auraient pas de l'argent: re faire, (comme il y avait beaucoup d'apparence ‘qu'ils

n'en avaient pas de reste après les grandes dépenses qu'ils avaient soutenues et qu'ils soutenaient encore pour la défense de leur ville, } quand les soldats demande raient leur paiement, et que les gens de la ville etdu pays ne voudraient pas ÿ contribuer, cola causerait du tumolte et du désordre. Et afin que les Genevois ne so fissent point de peine de cela, comme s'ils craignañent | que les Bernoïs voulussent leur jeter tout le fardéausue N les épaules, les députés leur devaient dire, que linten- | tion de LE. BE. n'était pas telle; qu'ils pouvaient bien penser qu'ils n'étaient pas moins intéressés qu'eux à cette guërre; qu'ils devaient donc pleinement se confier en eux; puisqu'ils voulaient exposer leurs biens et leur |

UNE GANNIÉON HERNOTAR. 507 vie pour eux ; et que quand la guerre serait heurcusement finie, on traiterait de telle manière avec eux pour la solde, qu'ils en seraient parfaitement contens. Enfin, où devait leur dire, que s'il arrivait que Genève fit us= siégée, LL. BE. lèveraient une telle armée pour aller la secourir, qu’ils espéraïent avec l'aide de Dicu de faire lever le siége, et de la délivrer, *

Les Genovois furent piqués des propositions des Bernois, et particulièrement de ce qu'ils voulaient que leur capitaine-général et les officiers de leur ville prétassent serment à l'officier Bernois, commandant en chef de la garnison , el regardèrent cela comme un dessein formé de les mettre sous lc joug, sous Île prétexte de les secourir, ainsi ils le rejetèrent hautement, et firent une réponse fort vire aux Bernoïs, qui en furent fort choqués. Do nouveaux députés de Berne furent à Genève le 14 mars, etreprésentèrent aux Genevois «que ce que les Seigneurs de Berne leur avaient fait proposer, ç'avait été à bonne intention pour leur défense commune, pour laquelle même ils avaient demandé parsavance le secours des cantons en cas de guerre; qu'ils n'auraient pas attendu que les Genevois dussent les sonpçonner de vouloir agir envers eux ei traitreusement et perfidement, et leur proposer des choses qui fussent contre l'honheur et la liborté de leur république; que cola ne leur était Jamais venu en pensée; que jamais eux, ni leurs pères n'avaient tenu une pareille conduite, ot qu'ils n'avaient jamais fait la guerre à personne, qu'après la lui avoir dé claréo dans les formes, ot mis par là leur honneur à couvert; qu'ils n'avaient jamais agi perfidement et à la turque, beaucoup moïns le foraient-ile envers leurs com-

4 Ms. Amp. 180.

Lo] UN AXABAPTISTE

bourgeois de Genève; mais plutôt qu'ils étaient toujours dans le dessein d'observer religieusement leur alliance; que ce qu'ils en avaient fait, c'était à la requête des Genevois même, Que d'aillours la ville de Genève devait leur tre ouverto en Lemps de guerre, comme en Lomps de'paix, suivant lour traité mutuel ; qu'ils les priaieus donc de se dépouiller d’un soupçon si injurieux, et de réprimer tous les discours insolens que cortains Gengroïs tenaient contr'eax, afin que cela ne causit pas de nou volles aigreurs de part et d'autre, ete. * x

La chose en resia là, et il ne fut plus parté de garni son Bornoïse dans Genèvo,

C'est une merveille que cette république naisssnle ait pu se soutenir comme elle a fait avec la réformation de sa religion, vu les agitations violentes qu'elle essaye non seulement au dehors, mais aussi au dedans, Si lé 1at était souvent en danger, l'Eglise no l'était pas miss,” soit du côté de faux docteurs, soit du côté des libertins Au commencement de l'année il y viat un qui mit en vente dos livres de sa socle; il fot d'abord saisi à la sollicitation de Calvin, Cet homme étaitits parfait favatique ; an en peut juger par le récit que Cab vin lui-même en fait à Farel dans un lettre datée dis 24 janvior 1546. « Jo n'avais, dit-il, j mais encore en en Le que ce’soit vu une telle Lust: tee je lui parl#is honnétement, selon ma coutume, illie doïgua jamais me parler d'une autre manière: que il eût eu à parler à un ehion. Lorsqu'on le fit éntrer dan la chambre du conseil, il voulut s'asseoir à côté di premier syndic ; ayant été repoussé de là, tournant de tous côtés la tête et les yeux, ot affectant ln gravité d'én

2 Roset V, 3, Ms. Amp. 181.

à GENEVE. 509 prophôte, ilrépondait en trois mois aux questions qu'on lui faisait, #51 lui plaisait; sinon il gardait le silence le plus souvent, Nous viomes ensuite à disputer sur le serment. Comme je lai demandais si la loi du Seigneur nous enséignait le chemin de la vie, il proféra cotte exécrable maxime « que lo Vioux Tostament était aboli. 0 Alors je lui citai cette parole de St, Paul (IE Tim, EEE, 16. ) que l'Ecritüre était utile pour rendre l'homme do Dieu parfait en toute bonne œuvre; je le pressai de me répondre à cela; mais jo n'en pus pas lier une seule parole. J'expliquai toute cette affaire de telle manière, que chacun put reconvaître l'entétemont et l'ignorance de cet homme, joïnle à une impudéneé proportionnée, Se voyant ainsi pressé, il en vint à l'invective ordinaire de cette secte, qu'il n’y à point de gens qui vivent plus commodéwent que les ministres. Je lui répondis en peu de mots, non pas tant pour défendre notre cause, que pour relancer l'insolence de co coquin. Ensuite il m'appela avare. Tous les askistans se mirent à rire, eur ils savaïent combien j'avais refusé de recevoir d'eux celte, année, et cela si sérieusement, que je leur fis serment que jamais je ne précherais s'ils m'en parlaient davantage.

Is savaient que non seulement j'avais refusé de recevoir une gratification extraordinaire, mois de plus, que j'avais rolâché quelque chose de mes justes appointemens, pas moins de 20 écus. Aussi fut-il relancé de tous les assistans comme il le méritait, Je lai répondis modostement, que s'il était à ma place, il serait riche, et que co m'était pas une marque d’avarice d'être pauvre commo j'étais ; ayant les moyens de m'enrichir ; mais que moi, do mon côté, je l'accusais de vol ; et s'il le nait, j'offirais de le prouver, sous peine de perdre la vie. Car on savait qu'il avait vendu pour deux sous ct demi quatre fouilles

310 GRNÈVE. RIGUEUR *

quine lai avaient coûlé que quatre deniers, et qu' pas Lenu à lui en surfaisant sa marchandise de encore plus cher, Je le pressai de soutenir son innocence, s'il se sentait la conscience nelte. Comme il demeurait dans le silence, je me mis à parler de leur perfection. — Comme il eut assez fait voir son obstination, Et deux jours après ayant été trouré dans la et foueuté, et ses livres brûlés devant ses yeux, et la sentence de bannissement réitérée de plus fort, sous peine d'être pendu s’il rentrait dansla ville. ‘* Malgré la réformation de la doctrine et du culte, malgré l'établissement d'une discipline sévère, etily avait encore bauconp de corruption dans Genève, soit parmi les grands et les riches, soit parmi le peuple; il | ne fallait pas moins que la roideur inflexible de Calvin (car ce serait trop peu que de dire sa fermeté } pourté M sister au lorrent de la corruption, et pour soutenir les lois de la discipline éontre les efforis des libertins de tous otdres, qui voulaient les renverser vivréau | ré de leur désir ; mais il faut ane 400 CAT le bonheur d'être secondé dans son zèle.

collègues, et soutenu par les conseils qui beaucoup à son autorité. On en vit une preuve, faire d'un conseiller, nommé Pierre Ameaux, qui,

de dire dans le mois de février, que Calvin depuis it préché une fausse docirine, avec dures de ux. Calvin ne se donna aucun mouvement | pour avoir justice de cel homme; mais les magistrals sans attendre d'en être sollicités, le mirent en prisons et comme il avait d'ailleurs des ennemis daus les conseils, ces gens-là poursuivirent chaudement sa condainnations

* Calv. Epep. 62

DR LA HICIPLINE. EL de sorie que dans l'assemblée du grand conseil qui se tiotle 5 et le 6 de mars, malgré les contestations vives et tumultueuses qui s’élevèrent à ce sujet, il fut ordonné que justice en serait faite. Le consisloire 3 parut en

corps, (à la féserve de deux ministres, De La Mare et Maigret qui étaient accusés d'être complices du conseiller,) et rendit témoignage à la pureté de la doctrine et de la vie de Calvin, Le conseiller fut condamné à faire amende honorable, la torche allumée au poing par toute la ville, On éleva aussi une. potence à la place de St: Gervais pour effrayer les méchans. Peu de jours après, Aimé Moigret et Heori De La Mare, comme indignes du ministère, furent déposés, le premier le 25 mars, et le second Le 15 avril. On défendit aussi la fréquentation des tavernes ct des cabarets, et le consistoire exerçait ri- Soureusement la discipline, et le conseil l'appuyait fortement. ! Un misérable qui, en recevant dans le temple la bénédiction nuptiale, avait refusé de promettre selon la liturgie, et s'était moqué de l'aclion et du ministre, fot condamné per le conseil à huit jours de prison, au pain et à l'eau, et à demander pardon publiuement, le 11 d'août devant l'Eglise. * Les libertins souffraient arec impatience la sévérité des lois ecclésiastiques. Ils avaient à leur éte Amé Perrin, capitaine général de la ville, dont la maison était ouverte à tous les jeunes débauchés, Sa femme avait l'audace de se moquer publiquement des exhortations et des censures qu'on faisait aux pér cheurs, Voyant qu'il était regardé de mauvais œil, à cause de sa mauvaise conduite, il eut le front de s’en plaindre au conseil, le 16 de mai, ajoutant qu'il élait :

! Moset.V. n.

3 Calv. Ep. 65.

si VIGUEUR DE COSSATOIRE,

sarpris qu'on voulût lui ôter son emploi qui lui avait été donné par le grand conseil et par le peuple.

‘Le conseil so contents pour lors de lui faire de graves. remontranees, mais avec douceur. Au moîis de juin suivan, le beau-frère de Pertin, jeune homme accusé d'a voir joué pendant qu'on célébrait la Sainie Cène, et de quelques autres fautes, fut appelé derant le consistotre, où il eut V’effronterie de dire en blasphémant, qu'ijour A serait syndic et qu'il rétablirait le bordel aux quatre coins de la ville. * Peu après, le beau-père dé vieux marchand, fut trouvé coupable d'adulière, et Cale vin écrivait, * qu'il avait de fortes présomptions contre eet homme qu'il était encore coupable d'un second crime, de ln méme nature, et que le bruit était grand d'un troisième, Dans ce temps-là on ne punissait encore. guères les fautes de celte sorte, On fit done ment le 2 d'août, qui portait peiné de six jours son au pain et à Mani et de 60 sous d'amende @ los simples fornicateurs, et de neuf jours de Gen à Len à proportionnée à leurs biens gontre

Le consistôire avait fait appeler une troupe qui avaient fait un bal contre les défenses. Am Corne, l'un des syndics de l'année, était de ce mo avec le capitaine Perrin et sa femme, Perrin pou 6 pardte, prit pour pris "48 NO Lyon. Les personnes citées nièrent d’abord avec teric ; maïs ensuite ayant été sommés, à la de Cal

comÉos PIRUEL. LE après quo Corne leur ee dit qu'il ne permettrait pas qu'ils fisscot un faux serment. On les envoya tous en prison. Corne donna en celle occasion un grand exemple de modération, car il reconaut sa faute et parla si bien sur ce sujet, et de lui-même el de toute la troupe, qu'on n'eut pas besoia de lui adresser un long discours. Il fut pourtant déposé jusqu'à ce qu'il ent donné des preuves de repentance, Ge fut dans cétte occasion que Henri De La Mare fut déposé, comme on vient de le dire, parce qu'il avait assisté au bal et pris le parti de défendre la danse et les danseurs. El n'en fot pas même quitte pour la seule flétrissure de la déposition : il fut encore con« damné i rentrer en prison, d'où il fut élargi au bout de Aroïs jours. Perrin de retour dans peu de jours de son voyage, fut mis en prison avec sa femme aussi bien que les autres.

Au mois de juin quelques comédiens demandèreut permission de jouer une comédie pieuse, intitulée : Les Actes dés Apôtres. Le conseil consulta Calvin, qui dit, qu'il ne voulait pas répondre sans en conférer avec ses* collègues, Après les avoir ouis, il répondit, qu'il ne paraissait pas convenable de laisser jouer cette comédie pour plusieurs raisons qu'il allégusit; que cependant, si le conseil voulait le permettre, les ministres ne voulaient pas contester pour cela, Comme le jour approchait, Abel Pepin où Poupio, l'un des ministres parla virement en chaire contre celte comédie, représentant la grande dépense qui s'y faisait, et qui serait mieux employée dans ces lemps calemiteux, à assister tant de pausres frères perséeulés pour cause de religion, qoi venaient tous Les jours chercher un asile parmi eux; il blämait surtout

! Calvin, Ep. 6: 68.

As INCENIMAIRES ET EMPOLSONMEURS.

qu'on vit paraître des femmes sur le théâtre pour joues quelque rolle. Les comédiens et leurs fauteurs furent ex trémement indignés, et à l'issue du sermon ils s'évaporèrent en plaintes et en menaces contre Pepin, et l'auraient maltraité, si Calvin ne les edtretenus. L'après midi Calvin préchant à son lour, tâcha d'adoucir les esprits irrités, on parlans du sujet avee toute la modération qu'ikcrut nécessaire, El jugeait que Pepin en avait trop dit, et Pepin soutenait n'avoir rien dit qui ne fht bien fondé. Le soir ayant appris qu'une centaine de personnes voulaient aller le lendemain porter leurs plaintes au conseil, il alla avec-Pepin et les autres ministres. On entendait parlout des gens qui crisient, qu'ils auraient tué eo ministre, s'ils n'avaient pas eu du respect pour Calvin, Pour calmer le tumulte, on le relint dans la maison de ville, mais honorablement, Le jour suivant out ce 1umule fat calmé, parce que Calvin était fort considéré, et que Pepin était aimé, El fut dit qu'il avait fait le deroit d'un fidèle pasteur. Gependant il fut permis de jouer la. comédie; ainsi tous les intéressés furent contons , el Viret qui se trouva alors à Genève, ne se fit point seris pule d'y assister. *

Parmi ces agitations intestines, l’on eut des alarmes au dehors. Dans le milieu de septembre on eraigai d’être attaqué par un ennemi qui ne se découvrait pas, et de plus, le conseil fit publier à son de trompe que la

it envoyé des boutefeux et des scélérats pous empoisonner les eaux, les, puits et les fontaines des ré formés, et Panel pour faire périr les Gene= vois. Les Seigneurs de Berne en donnèrent aussi aÿis

à leurs sujets, et même on saisit à Borne un de ces mals

1 Roset, . 7, Calr, Ep. 73,

En

DERNE RENOUVELLE SON ÉDIF DE RÉFORME, sis houroux qui avait commission d'un cardinal d'y empoisonner les eaux. *

D'un autre cèté un Oberrûter de Fribourg, passant à Berne, montra à quelques personnes un procès d'un in condiairo, qui avait confessé qu'un certain Seigneur papiste avait donné de l'argent à des boutefoux, pour metre le fou en divers lieux de la Suisse ; de quoi les Seigneurs donnèrent avis aux autres cantons ; mais cependant il n’y eut point de mal, *

Les Bernois renouvelèrent le 13 octobre leurs édits de réformation : ce qui leur en donna occasion celle fois là, ce furent les discours de quelques personnes du Paysde-Vaud, qui avaient soutenu que leurs Scigneurs avaient révoqué ces édits-Tà. *

Ces Seigneurs envoyèrent le 7 dé mai, aussi deux dépuiés au pays pour tenir les grands jours par toutes les classes. Hs avaient ordre de faire on premier lieu, l'examen des ministres, de leur doctrine, de leur couduite et de celle de leur famille, et surtout s'ils se conformaient au serment qu'ils avaient prété; en second lieu, l'examen des Baillifs; enfin colui des Seigneurs vassaux, et des gens de cour et de justice. #

François de Luxembourg, vicomte de Martigues, avait épousé Louise, fillo de Janus de Savoie, frère da duc Philippe; el ce duc avait donné à sa nièce pour dot les séignouries et châteaux de Montreuil, Vevey et Evian, sous certaines réserves, l'an 1497, Le due Philibert, Gls de Philippe, leur avait confirmé cette donation l'an 1503

4 Savion.

3 Inst. B. p. 368.

3 Vel. Miss. B. p. (48.

A toute B, p.554

sé MERNE ET LE VICOMTE WE MARTIQUES.

par acte fait à Gonève, le 19 juin. Lorsque les Bernoïs firent la guerre au duc de Savoie, l'an 1538, eblni prirent le Pays-de-Vaud ut le Chablais, ils de cos seigneuries, comme tant de bonne prise, et les onze ans. Le vicomte les avait redemandées à divorses fois; ayaut fait même un voyage à Berne pour cela, l'an 1544, mais toujours inutilement. Enfin à la recommandation du roi de France, ils les lui rendirent sous diverses conditions, entr'autres qu'il leur on ferait hommage, * comme à ser Seigueurs souverains, co qu'il fit. 11 donva ces 1orres à forme à diverses personnes du pays ; doux gentilshommes, savoir François Moyard de Lutry et Jaques Cerjat de Moudon, eurent la ferme de Vevey et de Belmont, où ils gagnèrent considérable ment. *

On ne sait si les incendiairés exécutérent en quelque endroit leur dessein pernicioux, du moins üh ne vil, cette année aucun incendie considérable dans la Suisse, si co n'est colui du village de Britinau, dans le d'Arbourg. Le feu s’y alluma si subitement, le 5 juillet, et avec tant de violence, que sans qu'on en ni découvrir l'origine, ni en arréier l'impétnésité, ibréduisit en cendres trente-quatre maisous avec l'Eglise, le clocher et quelques granges et greniers. Ï n'y eue quatre maisons de sauvées, *

VE. Si l'année 1546 fut tumuliueuse à Genève, ln suivante le fut encore d'avantage par les violens wque firent les libertins, pour secouer le joug dela disci pline ecclésiastique. Le consistoire usant d'excommupis

* Bern. Arch, Latin.

3 Ms. Thom. 406. b.

# Stettler 485. a

GENÈVE BT LES LIBERTINS, m7 cation contre les rebelles, irrita de plus fort le capitaine général Perrin, el ses parons, qui faisaient une partie du consoil. Son beau-père, cité pour cause d'adaltère, refusait de comparaître. Toute cette faction se récriait baulement contre l'établissement du consistoire, disant, que c'élit romolire sur pied la jurisdiction ecclésias. tique de l'Eglise romaine, retomber dans les inconvéniens du papisme, qui ôlait aux magisirals une partie de leur autorité pour la donuer au clergé. Ces discours firent impression sur l'esprit de quelques conscillers, ‘’jusques là, que le plus grand nombre des suffrages allait à retenir la connaissance suprême sur celle discipline. Mais Calvin s'y opposa vigoureusement, appuyé par les autres ministres, ot fit tan de remontrances au consoil à ce sujet, s'appuyant sur les lois qni avaiont été reçues, qu'il obtint enfin qu'elles serniont observées à la lero, Coci arriva à la fin du mois do mars. *— Mais la roi deur de Calvin et des autres ministres itrilant de plus on plus les libertins, on les vit se porter aux dorniers excès de l'insolence et da l'impiété, Le bruit #0 répandit par la ville qu'il y avait des gens qui menaçaient de jeter Calvin dans le Rhône, La femmo du capitaine général étant appolée dovant le consislaire pour avoir dansé contre les lois, dit, que cette chambre n’avait point de droit de compaître des fantes qu'elle pourrait faire, ot se plaigait de l’affront sanglant qu'on lui faisait de ln faire venir dans un lieu où l'on ne devait appeler que los coquins et les scélérats. Elle osa méme charger de vilaines injures lo ministre Pepin ; enfin elle s'emporta d'une telle manière qu'on fut obligé de la mettre dchors. Le conseil la condamna à être ren-

1 Hoset V 40

518 RFFONTS DES LINERTINS.

formée dans une prison plus étroite que la première, maïs elle se sauva par le moyen d'une autre dame qui la fit évader. Le lendemain ce fut encore pis : c'était le 27 juin ; on trouva dans le temple de St. Pierre un billeLaffiché à la chaire du prédicateur ; où l'on disait aux mie nistres : « qu'on ne veut pas avoir tant de maîtres; qu'ils jusques alors assez censuré; que des prêtres re» niés, comme eux n'avaient que faire de désoler ainsile monde; que s'ils continuent, on les mettra en tel lieu qu'ils maudiroot l'heure qu'ils sont sortis de leur moinerie; et qu'ils prennent garde qu'on ne leur en fasse N. Vornly de Fribourg: » Le conseil irrité d'une pareille insolence, fi faire des perquisitions pour en découvrir l'auteur; le soupçon qu'on-eut contrenn nommé Gruët, qui avait menacé Calvin peu de jours auparsvant, on le saisit. Le billet n'était pas pourtant éerit de, sa main; mais comme on alla fouiller parmi ses papiors,. on en troava d'autres qui ne valaient pas mieux, eL\qui, lui attirèrent une sévère mais juste condamnation: His, de ces papiers était une requête qu'il avait préparée M pour présenter au conseil général, tendant à abolieilos les lois ecclésiastiques. I y disait : « qu'il ne fallait rien, | punir par les lois que ce qui intéressait l'état; que c'est ainsi qu'en usent les Vénitiens, gens très habiles dans l'art de gouverner, Qu'il y avait à craindre que | que Genève se laissait régenter par la cervelle d'un seul homme mélancolique, il ne se fasse quelque : sédiion, et qu'elle ne perde mille citoyens. » On trouva ques lettres eu d'autres écrits, où il médisait ét ment de Calvin; une entr'autres où il voulait ser Calvin pour an homme qui prétendait avoir des ins pirations divines, et lui consoillait, en renonçant à la religion chrétienne, (contre laquelle il lançais les trañté

SAOGT CONDAMNÉ 4 MORT. m9 les plus piquaus ), de se faire chef d'une nouvelle reli= gion. Enfin l’on cn troura un do deux pages, écrit en latin, où ilse moquait de toute l'Ecriture; il déchiroit Jésus-Christ ; appelait l'immortalité de l'âme un songe et one fable, soutenant qu'il n'y à ni paradis ni enfer ; que toutes les lois divines ct humaines, établies depuis Le commencement du monde , n'étaient fondées que sur le caprice des hommes. -— Calvin disait de co dernior écrit à Viret : « Je ne crois pas que Gruët en soit l'autour ; mais parce qu'il était écrit de sa main, il sera obligé d'en rendre raison : quoique (ajoute-t'il) il peut se faire qu'il ait rédigé par écrit, à sa manière, ce qu'il à oui dire à d'autres, »

Gruët interrogé confessa Loul ; et tant pour see écrils impiosetblasphématoires, que pour une lettre qu'il avait écrite à un particulier qui avait des habitudes à la cour d'un prince, (où il le sollicitait à l'engager à écrire des lettres menaçantes à laseïgneurie de Genève, sur ce que Calvin, à ce qu'il prétendait, parlait maldes puissances dans ses sermons ); le magistrat condamna ce scéléras à avoir la tête tranchée, ce qui fat exécuté le 25 juillet, Ce Gruët était manifestement athée. On en out une nouvelle preuve 30 mois après sa mort, ( au mois d'avril de l'an 1550), lorsqu’en nettoyantle galetas de sa maison, l'on y trouva un écrit desa façon , de 26 pages, qui n'était qu'un ssud'horribles impiétés et dérailleries abominables, non seulement contre la religion chrétienne | mais aussi en général. Calvin, à qui il fut communiqué pour en dire son sentiment, eu parla de cotte manière : « que cet écrit.contenait plusieurs blasphèmes si exéerables, qu'il n'y a crésture humaine, qui ne doive trembler à les ouir; |

! Cake. Ep, 578, Savion. Rosct. Y, 10. LE. Spon, Not. 288,

520 ROGYEL ÉCRIT DE ORURT.

comme en général de se moquer de toute Ia chrétien té , de Notre Seignour Jésus-Christ, Fils de Dieu, et le Roi de gloire ; et non seulement il se déborde ainsi vilai. Hementcontre notre sainte et sacrée religion chrétienne, mais aussi renonce et abolit toute religion et divinité, disant quo Dieu n'est rion ; faisant les hommes semblables aux bêtes brutes, niant la vie éternelle; et dégorgeant telles exécrations dont les cheveux doivent dressée à la tête h tous , et qui Mmpis ee ri | peuvent rendre Lout un pays maudit, eto. »

Après que lo magistrat eut fait constor par expert que cet écrit était de la main do Gruët, il li ft som pro M cès qui fut lu solennellement de dessus le tribunal, de même que la sentenco qui condamnaît coë Gorit, à être brûlé par la main du bourreau devant la maison dece malheureux. Gette semonce portait que l'écrit de Grüet contenait de plus, outre ce qu’on vient dedire, «do dé. tostables blasphèmes contre Dieu, Jésus-Christ son Fils notre Sauveur, et le Saint Esprit, les nine prophètes, les disciples, apôtres et évangélistes, riouse viorge Marie, contre toutes les Saintes ne 4 et la religion chrétionne. » Quelques savans, lustre auteur des notes sur l'histoire de Spon); onticon jocturé que cet éerit était le projet du prétendutraité: « de tribus impostoribus , » ou pout être le traitérmême, À |

Quoi qu'il en soit, l'impiété ne périt point à Gonère avec Grlet. On s'aperçut dans la suito qu'il avait gâlé l'esprit de plosiours personnes par s06 porniciouses ma ximes et qu'il les avait infectées de son alh&isme. Æ

Dans le 1omps qu'on instruisait le procès de Griot;

* Savion, Rosot. V. 11. Spon. Not, p. 288 b. 289. * Hoset Le. Savion.

LETTRE DE CALVIN: LS Calvin écrivait (le 24 juillet) x VireL: a J'exerce ma s6vérité à consurer et à réprimer les vices qui règnent ici, particulièrement les débauches des jeunes gens. Je fais semblant d'ignorer les dangers dont les bonnes gens viennent m'averir de plusieurs endroits, pour ne pas paraître inquiet pour moi-même. Le Seigneur y donnera telle issue qu'il lui plaira, ! Et dans une autro du méme jour, { écrite.à des français qui lui démandaient des nouvelles des troubles de Genève. } « Quant aux bruits qui ont été répandus de nos troubles, ce sont des Betions, dit-il; si vous étiéz ici, vous vérriez qu'il n'y en a pas la dixième partie. À la vérité, nous n'avons'que trop de gens de con roide qui font de temps en 1emps des efforts pour secouer le joug! — Lin jouesse en partieulier est ici extrémement dépravée. H n'y a pas longtemps qu'ils s'émurent étrangement pour un sujet très-mince, de ce qu'on leur avait interdit les cu loutes découpées, ce qui s'était déjà fait il y avait douze ans. Non pas que la chose nous fit de la peine par elle même; mais c'élait que nous voyions par ces fentes de, culottes une fenêtre ouverte à toute sorte de profusion et de luxe. — Parmi les débats que cela a causés, le diable a suscité d'autres choses qai ont produit de grands vacarmes, — E lorsqu'ils ourent éprouvé que nous étions plus sensés qu'ils n'auraient voulu, et plus encouragés à leur résister, enfin le vonin qu'ils cachaient dans leur cœur a éclaté. Mais tout cela n'était que famée. — 11 ne faut point que cela vous trouble, Moïse eu les Prophètes qui ont gouverné le peuple, ovt bien éprouvé d'autres mouvemens ; el ces sorles d'exercices nous sont nécessaires. Le Seigneur nous à fait une

+ Ep.

5 CNET PERMIS

grâce toute particulière de nous danner un. magistral Eng dé nr porté à remédier au désor- Lo

Porn rorediténtesfétaién Perrin et à sa famille, sa femme ct son bean-pèrs persévérèrent dans leur reébetlion contre le consisloire, #0 Matiant sans doate que, comme il était employé par la Seigneurie à la cour dé France, pour ÿ obtenir un contain privilège, il aurait assez de crédit pour bravér ce tribunal. Dans collé 66pérance ils s'étaient tenus hors de la vitlé jusqu'a sort retour. Mais ils se trouvèrent trompés. Calrin écrivait à Farel, le 21 août : « Tout est calme Nous avons un sénat qui soutient la honte case, Amé= déo ( Perrin } est encore en France, sa femme est chez son père, muis elle fait l'enragée. Copéndant nous avons demandé au conseil que si elle donne quelque lien d'és- | pérer sa repentance, on lui pardonne tout lé passé: On ne l'a pas obtenu : car elle on est id s'èter tout espoir de pardon, * 5 — fl fuy:

cette femme ct son père seraient mis of prisons: ie à so relour de France s'en plaignit au conselllarée menacos, déclarant qu'il sa vengerait d'an tol'afftotils A cause de cola il fut mis on prison avec euxs donna lieu à une sédition qui #’émut lo 16 de septembre ot où, sans le zèle ot la courage de Calvin, il y aurait éu vraisemblablement beaucoup de sang répandus voñet comme Calvin narre la chose dans une lettre à Wire datée du 16 septembre, * = it * « Nos ennemis sont tellement avouglés, qu'ils n'ont

* Kp. 76. eù 3 Ep. p. 584.

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