LL CHARLES V DÉPOUILLE L'AELEMAGNE
Zurich le 29 mors 1549. H y Fab fort biem reçu, ek fait évêque de Winchester, et ensuite de Glocesier, Sa mémoire est en bénédiction en Angleterre, à cause de son zèle pour la réformation el du martyre qu'il souffrit pour la bonne eause, sous la reine Marie, !
Co fot un grand mal pour la nation Allemande, que le guvrre quo l'empereur fit aux protestans; car outre qu'ils soufrirent de sanglans cutrages de la fierté des Espagnols, peuple superbe et eruel, on prétend que Charles p gagna jusqu'à 1600 millé éeus, et 500 pièces del grosse artillorio : mais la plus grosse perte que lAllemagnéés soufrit, fat qu'on s'y vitsur le point de pordre le bien le plus précieux du monde, je veux dire la liberté de conscience; et qu'après que l'empereur se fat omparé des bions dos Allemands, après qu'il les eut privés de leurs privilèges ee de leur liberté temporelle, il fie 2es derniers efforts pour les priver aussi de la spitituelle. 2 I travailla aussi à diviser les Suissos emr'oux. On peut juger à quel dessein. Il proposa à cortains cantons de
* s'unir plos étroitement avec lui, et il exclüt e cetteals liance Zurich, Bâle et Schaffouse -sous prétexte) qu'elles étaient villes impériales. ? Pour co dessein le roi Ferdinand prolongen pendant cinq ans La trèvol aveés les Tures; et l'empereur enflé de ses victoires, convoqualls diète de l'empire à lim : mais comme la peste ÿ réguait il la teansféra à Augsbourg, où ilea fit septembre, dans l'espérance d'exécuter enfin cieux dessein. On rapporte que l'abbé de Weingarten étant un pen dans le vin, dit que l'empereur n'entre
* Motting: 773. 2" * Houing 775.
# Slcidan.
Dière CÉLÈNRE À AUOSBOURO, LI prendrait rien dans la diète, ni à l'égard des rebelles, ni au sujet du concile, jusqu'à ce qu'il eût exécuté un s6cret dessein qu'il avait formé touchant son fils ; il voulait engager les électeurs à Le faire roi des Romains, c'est-à-dire, à le désigner son successeur à l'empire ) ek qu'alors un puissant monarque dirait . « Hic es filius meus dilectus, in quo complacui, bune audite; » c'ost-àdire : « Celui-ci est mou fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection, écontez-le. » Mais la Providence fit échouer ce dessein, en donnant la préférence au frère de l'empereur. Ceue diète fat la plas magnifique assemblée qu'on eût vue de longtemps. L'empereur et For dinand son frère, roi de Bohême et de Hongrie, y assislèrent en personne; Lous les électeurs s'y trouvèrent aussi et plusieurs autres princes, et c'était comme une armée, car les monarques étaient armés. — Dans la ville d'Augsbourg, et tout à l'entour étaient des troupes
italiennes @t d'autres troupes impériales.
Charles représenta d'abord à la diète; « que comme toutes les dificoltés qui s'étaient élevées dans l'empire venaient dela religion; il n'y avait point de tranquillité à yespérer, jusqu'à ce qu'on s’y fut accordé sur ce sujets que c'était dans ce dessein que le concile s'était assemblé à Trente, etc. — À celte occasion quelques évéques allemands représentèrent la nécessité d'an concile; mais ils remarquèront en méme temps que la ville de Trente, étant plutôt en ltaliequ'en Allemagne, ello n'était point telle qu'il la fallait, selon qu'on en avait convenu, ni propre pour le dessein qu'on s'était proposé. Mais comme d'autres prélots pressaient ln continuation du concile commencée à Tremte, et que les princes méme eb les états prolestans, (partie par crainte, partie dans l’espérance d'oblenir certaines grâces de l'empereur ) ne sol-
256 LR PAPE SUSPEND LE CONCIER.
lichèrent pas aussi virement le changement de place, que d'avoir dans le concile la liberté convenable, Charles publia le 18 d'octobre, un édit par lequel il ordoanait à tous les princes et états allemands de se soumettre au concile ; ce que les premiers firent sur les assurances qu'il leur Apres mais les autres fr 2 de certaines conditions. *
Mais les soins de l’empereur sur ce pr perflus; il rencontra un obstacle, et un obstacleinvio cible de l'endroit même, d’où il semblait naturellement qu'ilen devait le moins attendre, ce fut du pape même qui suspendit le concile pour quelques années, .
Paul HE était jaloux de la puissance de Charles. Elle lui était suspecte. IL craignait (et Mes tail pas sans raison } qu'après avoir mis l' le joug ; Charles n'y mit aussi Vie ot 06 CSS | souvenir de ce que ce monarque avait is pape Clément VIL, il y avait 20 ans, était récent dass la mémoire des Romains. Ainsi commencement de mars de celte année 1547, après huit sessions tenues à Trente, le pape prit prétexte dela | peste qui y régnait, et malgré toutes les remontage | de l'empereur, il transféra le concile à Bologne, dans | ses terres, et ses légals et toutes ses créatures sy re | tirèrent le 11 de mars. Charles fit ses gager ces gens-là à retourner à Trente.
son côté travailla vivement à engager les restaient à Trente, à venir à Bologne, IL était par Henri I, nouveau roi de France, quil à s'opposer à l'empereur. Ainsi Landis que cos deux prié santes têtes de la chrétienté jooniente GS ER
€ Slcid. Moting. 774.
LES CANTONS #E POMETTENT SECOURS. 37 trancher le mat, se jousient de la religion, pour exéeuter lours projets ambitieux ; l'Eglise protestante et l'ALlemagne eurent le temps de respirer et le moyen dese rétablir. Ce qu'il y eut de divertissant, à mon gré, dans cette affaire, ce fut que l'année suivante 1548, le pape devenu désormais bon ami des Suisses, sans distinction de religion, travailla par ses agens, ( dans une diète as semblée à Bade, le lundi après la St. Jaques), à démonter la batterie de Charles, et les ft exhorter par une grave remontrance, qui fut même imprimée, à vivre en bonne union, ct à ne pas se laisser diviser par les inwigues de l’empereur,
D'un autre cbté les cantons reçurent avis de divers endroits, que l'empereur voulait leur faire la guerre, pour ravoir les terres détachées de l'ancien patrimoine de la maison d'Autriche et du duché de Milan, et les mettre eux-mêmes sous le joug ; qu'il allait leur redemaader ces terres, et qu'il avait fait faire quelques drapeaux neufs, avec cette devise : « Nous voulons un seul Dieu, une seule religion, un soul baptéme, un sal empereur. » Ces avis engagèrent les cantons catholiques à préter l'oreille aux remontrances de celui de Borne, qui lesexhortait, pour prévenir lès malheurs dont on était menacé, à s'unir étroitement. Ils en prirent la résolution dans une diète assembléo à Bade, treize jours avant Pâques, ets promirent réciproquement d'observer los uns àl'éçard des autres toutde contenu de leurs alliances, etde se tenir préts à courir, chaque canton avec sestronpes, au secours de celui où ceux qui seraiépL at taqués, Cependant l'empereur envoya quelques semaines après le trésorier Mouchet aux Bernoïs, pour les assurer
# Hotting. 77h. 775. Stouler. 153.
558 MABAI 11 PREND LES CANTONS de sa bonne volonté, et leur dire qu'il avait rouvert le commerce du comlé de Bourgogne avec eux. #
Heori IL, roi de France, qui venait de succéder à François I", son père, voyant les rapides victoires de Charles V, ne ft pas sans inquiétude pour son royaume, 1 jugeu qu'il lui était nécessaire de so lior étroitement avec les Suisses, et de les amener s’il lui était possible à se liguer avee lui contre l'empereur. Pour les un honneur qui ne lui coûtait pas"beaucoup, il les invila à étre les parrains d’une fille qui venait des nältre. Les cantons aceeptèrent avee remerciement l'honneur que lo roi leur faisait, et envoyèrention France vers la fin de l'an 1547, quatre ambassadeurs tirés des quatre cantons, Zurich, Scbwyiz, Underwald et Soleure, chargés d’une magnifique médaillo dela was leur de 300 écus d'or, pour l'étrenve de la jeune prit cesse, ot de deux autres chacune de la valeur detéine quante éeus d'or pour les deux morraines. À Ces ame bassadours furent de retour do leur ambassades au commencement de mars de l'an 1548, et rapportérentà la diète les honneurs extraordinaires ot los caresses qu'on leur avait faits, tant à la cour, que par touslea|lioux du royaume où ils avaiontpass rich avait eu l'honneur de porter à l'Eglise la joune prime cesso, qui fut nommée Claude, et pe de Sehwytz la rapporta hors de l'Eglise. Ils avañont été leur départ le roi leur avait fait donner à chneus ue.
choîne d'or, de la valeur do 500 écus, et la reine une, chaîne d'or de la valeur de 200 écus. Ils avaient ou deux. fois audience du roi et unc fois de la reine. Et asla der
1 Steuler 183. a.
2 Steuler Ab. b. 162. a.
vovn 528 ComrÈnES. 550
nière fois qui fut l'audience du congé, le roi leur Londit la main, les romercia fort poliment de la peine qu'ils avaiont-prises les assurant, que s'il avait eu un fils au lieu d'une fille, il aurait également invité leurs Sei: gneurs pour ses compères. Il leur £émoigna aussi qu'il souhaitait ardemment de renouveler l'alliance de sa couronne avec les cantons, protestant saintement, en meutant là main sur sa poitrine, que si la Suisse était jamais attaquée, non seulement il lui donnérait lo se cours stipulé par lestraité, mais qu'il y meurait Loutos ses forces, et qu'il exposerait même sa propre personne ; qu'ainsi il espérait que les cantons useraient de retour envers lui. 11 finit son discours en leur disant, quo lours Seigneurs devaient accommoder à l'amiable toules les contestations qu'il y avait entr'eux, renouveler leurs alliances, ot ne se pas ess grands maux par leurs divisions. ‘
Le même monarque témoigna aussi beaucoup de bienveillance à la ville de Genève. IN fit avertir les con scils par ses envoyés, que l'empereur machinait perpétellement contr'oux, les exhortant à s'unir étroitement : avee les cantons, à se bien Lonir sur leurs gardes, parce que Le tempsle demandait plus que jama sur son amitié, [ls répondirent, qu'ils bien déféndre si on les attaquait, ce qui fit plaisir aux envoyés de France. E y avait pourtant à Genève des gens qu'on regardait comme partisans de l'empereur. Henri LE avait déjà accordé quelque temps auparavant aux Genevois l'exemplion de la traite foraine sur los marchandises qu'ils tiraient de son ver
1 Steuler #55.
2 Rose, V; 12617,