‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 57 sur 112 · CONSTANCE ATTAQUÉE · texte numérisé non relu

CONSTANCE ATTAQUÉE

Bullinger à mottre au jour quelque instruction qui pôt | sergir d'antidote contre le poison de cel ouvrage insie | dieux, d'autant plas que certains Bâche flatteurs où temporaires avaient l’'effronterie de le faire trouver d'ac cord avec l'Ecriture Sainte. Ainsi et Bullinger et Calvin | écrivirent fortement sur ce sujet, pour montrér la aurpis tude de cet ouvrage de ténèbres, pour encourager les

forts, et pour solliciter les faibles : FA ou sp des gens de cœur, * qui firent la même chose en.

magneo. } Il y eut aussi des papistes qui écrivirenk contre l'interim, entr'autres Robert, évêque d'Avenches, età | Rome le général des dominicains. ?,

Ce fut dans celte triste occasion que Constance, aupas ravant ville libre et impériale et de plus réformée, por= dit tout à la fois sa liberté temporelle et spirituelle et devint ville catholique et sujelte de la maison d'u triche. Quoique l'histoire de ceue ville n'entre pas proprement dans mon plan; néanmoins, comme frontières de la Suisse, il est à propos d'en dire ici que chose, et d'en rapporter quelques sont dignes d'attention. Dans le temps que les s villes impériales de la Souabe firent leur paix avec l'em- | pereur, ceux de Constance négligèrent d'en faire @ Charles irrité contr'oux fit d'abord arrêter tous | de | biens, interdit tout commerce avec eux, el transféra | marché à Croutzlingue. La dessus le conseil et toule | bourgeoisie envoyèrent des dépués à l'4 ‘omporeur, lo 191 avril 1548, pour lui demander sa grâce e1 la paix, sous la réserve de la confession d'Augsbourg, et de leurs libertés. Ils furent longlemps traînés en longueur à la

© Hoting, 777.

# Sleidan.

+ PAR L'EMPEREER. EU cour de l'e , jusqu'au mois de juillet suivant, EL arriva dans cet intervalle, que Jean de Weza, que do Eonden, en Scanie et évêque de Constance, un fostin magnifique qu'il donna le 13 juin, dit : « Que s’il ÿ avait encore quelques coquins de luthérions, ou do Zsvingliens dans son diocèse, il était résolu de les punir, ou qu'il fallait que la main de Dieu les frappôt..» Al fur frappé sur lo champ de la, main de Dieu, et mourut la lendomain, sans étre fort regrellé, non pas mémo de son clergé. Il avait entr'autres rares qualités, celle d'être un buveur impitoyable, en sorte qu'il avalait un pot de vin tout d'un irait, sans on répandre une goutte. Après avoir longtemps 66 baloués à la cour de l'empereur, les députés de Constance eurent enfin audience, au commencement de juillet, non pas de l' r, mois de Granvello, son ministre, qui leur proposa des conditions fort rudes, La ville les rejela et présenta une requéte à l'empereur, pour en obtenir de plus douces, mais la requête ne produisit aucun autre effet, sinon que Charles forma secrètement le dessein d’avoir celte ville par force. Alphonse Vivès, napolitain, frère du sagant Louis Vives, ( mais frère qui lui ressemblait bion peu da côté de l'esprit et du cœur, ) s'approcha de Constanco avec trois mille hommes, complant de la prendre par le moyen des intelligences qu'il avait dans la ville, surtout dans le faubourg de Petershauson, Il forma le dessein de l'atlaquer le 6 d'août, par terre ot par eau, et fit promeltre par sormont à 505 troupes d'égorger dans la ville tous les mâles qui s'y Lrouveraient au-dessus de l'âge de sept ans, el de ne rien manger qu'ils n'eussent réduit la ville en cendres, Maïs Diou qui so plait à confondre les projets furioux des iyrans, confondit celai-ci, Un veut violent d'est qui souffla toute la matinée,

consrance

los bateaux de partir d'Ueberlinguen , ir l'assaut, et les bourgeois, avertis Pos leurs ennemis, sc défendirent si vaillamment qu'ils. les contraigairent de se retirer avec porte de 800 hommes, ! sans en avoir perdu que 105. Lui-méme, le eruel Vivès,

y périt d'un coup de feu, avec son neveu, fils, de son Fe, et son file y lat blessé. Les cnnomis en se relirant, mirent le feu au faubourg ; mais la ville ne souffrit au eun mal. Ces dévots catholiques pillèrent le couvent de Petershausen, et commirent dans ce lieu loule sorte d'excès abominables, violant los femmes et les jeunes filles, même jusqu'à les faire mourir,

Au premier bruit de ces mouvemens de guerre, divers soldats suisses du pays de Thurgovie, coururent au secours de Constance; mais le baillif le leur défendit, sous peine de trahison; et leur ordonna do retourner chez | eux. Cependant l'empereur mit cette ville am ban de l'empire, Les Suisses auraient pu la secourir, Da bonne politique voulait qu'ils le fissent, parce que coite placo était pour eux un rempart dé ce côté-là,

à l'autre bout de la Suisse. Zurich et Borne y étaient disposés : les Bernois même avaient déjà lavé 7,000 | hommes, et fait avancer leur artillerie ÿ} l'a Rœnige- | felden dans ce dessein, Mais un zèle pme tendu en détourna les catholiques ; ; comme

déjà les petits cantons qui, par une basse jélousie, n'a saient pas voulu qu'elle für reçue et incorporée au nome bre des cantons, lorsqu'elle l'avait demandé au commen cement de ce sièele-1h. Les catholiques donc.

leurs soldats de Constance; maïs les réformés y demeu=

* D'autres disent 500.

2 Stetler. 156.

CONSTANCE, 3 réronf, et étaient disposés à combine vigoureusement. Mais la ville ayant demandé du secours à la dièle des cantons, les catholiques ne voulurent lui €n donner qu'à des conditions lrèe-düres, entr'auires, qu'on y recevrait le clergé catholique et l'intérim. Dans la frayeur qui pressait ces pauvres gens, ils eurent la lächeté d'y cousontir, à la pluralité de 50 voix, Alors Ambroise Blaerer, citoyen et premier pasteur do la ville, se retira le 29 d'août, ei les huit autres ministres le suivirent le 13 d'octobre, Dès là la confusion se mit dans celte malheureuse ville, et tout y alla en désordre. Los cantons catholiques so contentèrent d'intereéder en faveur de cale ville auprès de l'empereur, qui rejeta leur intercession d’un ton moqueur, et ils s'en tin rent Là,

En mêmo temps l'empereur céda tous ses droits et ses prétentions sur la ville de Constance à son frère Fordinand, roi de Hongrie et de Bohôme, a6n d'ajouter ceue ville au patrimoine de la maison d'Autriche. La ville de Constance 50 voyant abandonnée, perdit courago; comme leur lächeté leur avait fait perdre leur liberté de religion, elle leur fit aussi perdre leur liberté temporelle. Au lieu de 50 défendre courageusement, les bourgeois inlimidés ou séduits par quelques traîtres, ce soumirent à fout ce que Ferdinand voulut, Ainsi, lo 11, de novembre, de ville libre et impériale Constance devint ville autrichienne, comme elle l'est encore à préseat, On y introduisit bientôt après le papisme, et 200 porsonnes des plus considérablos on sartirent et chorchèrent une autre patrie, les uns à Zurich, d'autres à Berne, d'autres on d’autres lieux de la Suisse et de la

*° Hoit. 788. ot Stetller 187.

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