‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 58 sur 112 · LES CANTONS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

LES CANTONS CATHOLIQUES

Maute-Allemagne. Nelchior Valentin, viesire de lé

vêque, avant qu'il y eût des sutels dans la grande Eglise, ne voulut point consaérer l'hostio sur la table de pierre dont on s'était servi pour faire la Sainte Cène (cette tablo aurait peut-être profané lu sainte hostie;} il aima mieux faire venir une table d'un cabaret; qui avait servi à boire et à jouer, eue. ! Maïs il mourut bicstôt après subitement, avant qu'il pôt consacrer ua nouvel autel. Des cinq ministres de Constance, Blaarerse retira d'abord à Winterthour. Il servit ensuite suecesté vement les Eglises de Bienne et de Leuthmerken dans Ja Thurgovie. Ouon Henri, comte palatin du Rhin, le demanda; Berne, Bâle, Mermingue lui offeirent aussi des postes honorables:; mais il les refuse: L'an 1659) retourna à Winterthour, pour y finir doucementises jours, Barthélemi Metzger et Henri Held so retirèrent à Mulhouse ; Jacob Funkleïn à Bienne; Jean Joung,on le Jeune, natif de Bischoffzell, qui s'appelait en latin Jucenalis se retira dans la ville d'Arau, où il s'arrêta jusqu'à ce qu'il fut appelé à Bâle, pour y étre ministre de la paroisse de St. Pierre. Blaarer, qui

avait été son | collègue, le louait beaucoup et disait qu'ilse distingumit

avantageusement parmi les ministres, tant à l'ézardidé la piété qu'à l'égard de l'érudition. * <=

X. Les cantons catholiques voyant le téur quelles af: faires prenaient à Conslance, ne tardèrent pas sentis Ja faute qu'un faux zèle leur avait fait commottre-La puissance de l’empereur qui faisait alors trembler l'Alle-

mogne, etqui désormais avait un pied dans ln Suisse, |

leur était formidable aussi bien qu'aux autres. Uls ju

4 Stettior ibid. Houting, 781. F 3 Hoting. 783.

SENTENT LEUR FAUTE, 555 goaient bien que si l'emporeur s'avisait de faire la guerre aux'cantons réformés, sous prétexte de religion, et qu'il viat à bout de les subjuguer, le tour viendrait bientôt à eux,

D'ailleurs on parlait d'eux dans le monde, à celle oceasion d'une manière fort désobligeante, Le bruit se r6pandit, que les cinq cantons, Hucerne, Uri, Schuvyts, Underwald et Zoug avaient reçu de l'argent du roi Ferdinand, pour le laisser , et que c'élait eux qui avaient miiré l'empereur en Suisse. C'est pourquoi ils envoyérent, au mois d'octobre, des députés auprès des quatre cantons réformés, pour se plaindre de ces sortes de discours. Mais em même temps pour leur proposer, de faire à l’empereur (au cas, qu’il les invilät à assister à son comeile ) une réponse qu'ils avaient méditée, et qui devait lui plaire; ils disaient : « Que si les cantons se divisaient sur la réponse qu'ils auraient à faire à l'empereur dans cette rencontre, il en prendrait occasion de faire la guerre aux cantons réformés ; et par là détruire l'union du corps helvétique : ils souhaitaient donc, qu'il plût aux cantons réformés, au cas que l'on convoquât un concile, de répondre qu’ils élaicnt disposés à se soumettre aux décisions qu'on y ferait suivant les lumières du Saint-Esprit ; que si l'empereur se contentait de cette réponse, ces cantons réformés demeureraicot tranquillement dans leur religion ; que si au cantraire il demandait davantage, alors tous les cantons.ensemble auraient une raison suffisante de joindre toutes leurs forces pour s'opposer à l'empereur, Les ministres des quatre villes réformées s’olfrirent de comparaïtre dans un concile libre, où tout se déciderait par la Parole de Dieu, et d'y rendre raison de leur doctrine, Mais il

© s'agissait d'assister au concile projeté de Trente, du-

quel la diète de l'empire disait ai sou décret, que cû serait un concile chrétien, nniversel et libre, quoiqu'ellé n’en donnât aucune assurance, et qu'il n'y eût aueun lieu de s'y attendre. *

Les quatre cantons réformés s'assemblèrent pour répondre à la plainte des catholiques. Ils eurent deux conférences ensemble, la première en octobre à Zurich, et la seconde à Bâle en décembre, pour y convenir d'uné réponse unanime et catégorique. Dans celte

leur réponse particulière ; les troïs nt ni pu, ni voulu s'en accom- | moder, demandèrent une troisième conférence àZot. FES au mois de janvier de l'année suivante 1 549, Lk on convint d'une réponse qui portait en substance à | « Qu'on avait souvent parlé de l'argent de l'empereur, distribué parmi les cantons catholiques, el qu'on er avait avek | même fait mention dans les Recbs des dites; n'y avait pas ajouté foi, et qu'on voulait eroiré que | de ces cantons étaient trop honnêtes ÿ préférer l'argent des princes étrangers x leur leurs femmes et à leurs enfans. Li plaints que les ministres les rjuriaient en réformés leur répondirent; « qu’ils n'en sävaie qu'il pouvait bien arriver que les ministres € fortement les vices et les égoremens des hommes, exhortaient leurs auditeurs à s’en garantir; mais. le faisaient sans nommer ou iasulier personne; taient au contraire Les prêtres qui déclamafent px lement, et avec des paroles outrageantes contre la formation et les réformés ; maïs que ni les uns, ni les

1 Ms. Avep 188.

Page 1