LE PRINCE DR RIÉMONT
autres ne devaient altérer la bonne union qui dogait être entre les cantons, ! 0
El est à remarquer que le prince de Piémont avait écrit aux treice cantons, en septembre, pour les solliciciter àrenouveler leur alliance avee la maison de Savoie. Les cantons de Berne et de Fribourg rejetèrent hautement celte proposilion, * Ce prince ne s'en tint pas là; il envoya le sieur De Vaudan chez tous les cantons, pour les prier de lui faire rendre les pays que los étate de Berne, de Fribourg et de Valais lui avaient pris; et sans doute il offrait aux catholiques de les faire juges du différend de sqn père avec ces rois états. * Là dessus les catholiques leur avaiont proposé si, au cas que quelque prince eût quelque prétention contr'eux, ils voudraient soumeltre à quelque juge la décision de la difficulté.
Les trois cantons réformés, Zurich, Borne et Schaffouse répondirent 1h dessus : « Qu'ils croyaient s'être conduits de telle manière que personne n'avait lieu de se plaindre qu'ils lui eussent fait quelque injustice ; qu'ainsi les cantons catholiques auraient bien pu laisser celle affaire à quartier ; qu'ils avaient des alliances avec divers princes qui réglaient la manière dont on devait s'y prendre, au cas qu'il s'élevât quelque difficulté ; mais, qu'ayant été exemptés par les empereurs et les rois, de paraître devant aucun juge étranger, ils s'en tenaient là ; et qu'ils étaient toujours disposés à faire jus= lice à ceux qui auraient quelque chose à leur demander. Ils couclusiéat par demander à ces cantons, de leur
* Steitler 108.
7 Jewtr. MAD.
? Ms, Amp. 189.
leur côté étaient disposés à faire la méme chose. !
Les Bernoïs comprirent saus peine, que c'était à eux et aux Fribourgeoï qu'on en voulait à cause du pays Komand qu'ils avaienL pris au due de Savoie. Ils firent direaux cantous catholiques; « qu'ils les croyaient assez sages pour ne pas vouloir se mêler RS princes étrangers; que chaque canton, semble, avaient acquis par l'épée des droi nas | qu'ils avaient possédés jusqu'alors ; que s'ils voulaientse soumettre à des juges étrangers, cela serait d'une [= cheuse conséquence pour eux aussi bien.que pour! auwes; qu'ils pouvaient encore se souvenir des #
© ponses et des assurances que les cantons aya nées aux Generois, dans la diète de Lucerne Bade, lorsqu'ils imploraient le droi Ja ju canlons, pour être protégés el soutenus contre juste violence. Ils ajoutaient, que le pays qu pris sur le duc de Savoie, leur rapportait si p dettes cffroyables pour lesquelles ilavaitété par les ducs, que s'ils n'étaient relenus par! ration de la réformation évangélique qu'ils y troduite, et pour la consolation d'age in N
ü taliens, fugitifs pour cause de religi servait d'asile, ils pourraient bien le laisser. ©
Quant à l'aflaire du concile, les trois formés, Zurich, Berne et Schaffouse, pour 4 nouveaux embarras, et des questions sur ce vèrent plus à propos de refuser tout sèchoment, |
À Steitler 439.
2 Ms. Amp. 155,
coup d'assister à ee concile, et chargèrent leurs députés qui devaient se trouver ensemble à Zoffingue, le 7 juin 1549, de porter cee réponse de bouche à chacan des sopt cantons catholiques, et d'y ajouter : « Qu'ils étaient résolus de persévérer avec la grâce de Dieu dans la doetrivo qu'il ient soutenue dans des disputes
de foi imprimée; offrant néanmoins, que si quelqu'un leur donnait de meilleures instructions, ils 50 soumet Lraïent toujours avec une humbleaction de grâces à Dieu et à sa Sainte Parole; que si jamais on convoquail un con» cile véritablement chrétien, impartial et libre avec le consentement de tous les princes et magistrats souverains de la chrétienté, comme l'avoyer Fleckenstein l'avait dit à Berne, pour.examiner sérieusement la vérité divine, et que le pape et les siens n’y, fussent pas juges, mais la seule écriture ete. , ils étaient disposés à recevoir tout ce qu'on y décidernit avec le secours de la grâce da Dieu par la Suinte Ecriture. ! »
Lés dépulés dos Lrois cantons réformés porlèrent ces réponses aux catholiques, de canton on canton : partout ils furent bien reçus et on leur donna de bonnes réponses, ? particulièrement à Fribourg et à Soloure, On no devait pas naturellemonts'attendre à autre chose de la part des Seigneurs do Fribourg, parce que pour peu qu'on ait d'opinion de leur prudence, on doit croire, qu'ils connaissaiont assez leurs intérêts pour sentir qu'il leur importait absolumont de 50 Lonir étroitement unis au canton de Berne; parce que si jamais le duc de Savoio dépouillait les Bernois de la portion du Pays-de+
4 Houting, 785. 784.
3 Stetiler #99. b.
560 GENRVE. LA Paix 257 RÉTAUE Vaud qu'ils possèdaiont, l'état de Fribourg ne conserve rait pos longtemps celle qu'il ÿ avait. Maïs il est temps de revenir à l'histoire de Genève, 0 XL Les ministres se présentèrent le 10 janvier, devant le conseil des Deux-Cents ; ils firent de graves re: moatrancés sur les haincs et los animosités qui régonient danseelte ville, eLexhortèrent ces magistrats à sb récons éilieret à vivre ensemble en paix. Ces représentations pro duisirent un si bou effot, que quelques-uns proposèrent même, pour micux ramener la paix entre les familles di: visées, do rétablir le capitaine Perrin dans 1ouLes ses dis guilés, ce qui lui fut accordé le 15 du même mois, après qu'on l'ent oui dans sos défenses et sés excusdé : ainsiil fat réconcilié avec les magistrats qui lui avaient ét6 op posés. Mais il abusa bientôt de cette grâce. Dès le mois de février il ebt l'audace de prendre à partie le proeus rour fiscal qui l'avait poursuivi suivant le devoir dé «a charge, et de se faire donner des lettres vestimoniales de son honneur, À
Cependant ce no fut là qu'une paix plûtréo; les cours | débauches
étaient toujours ulcérés, et d'un autre côté los
allaient toujours leur train. Les minisires érisient en chaire, et en cela ils faisaient bien ; mais co que je ne sauris approuver, ils s’en prenaient aux magistrats” On les appela à divers fois au conseil, et on les avertit de so dé porter de leurs déclamations contre les magistrats, el que, s'ils avaient quelques reproches à leur faire, ils des vaiont les avertir en particulier. Les libertins, commé on l'a déjà remarqué une fois, prenaiont pour
que les lois rigoureuses de la discipline eeel
étaient contraires aux libertés et aux privilèges do la
1 Savion, Roset, V. 18.
LES AIRERTINS PONT PARTI. sut
bourgeoisie. Ils s'avisérent cette année dese distinguer par des eroix découpées sur leurs pourpoints, prétendant que c'était la même marque dont s'étaient servis 15 ans auparavant les Eidgnots, éu les partisans de la liberté, pour se distinguer des Mammelus, les partisans de la servitude, où du dac de Savoie.
Calvin parle dé cette nouvelle faction, ou plutôt, nouvolle livrée de la faction, dans une lettre à Farel du 8 septembre : « On me fait la guerre, dit-il, d’une telle manière, que je ne voudrais pas vous donner inutilement la peine de venir ici, pour mesecourir, Car nos ennemis me combattent pas à découvert, parce que jusques iei cela ne leur & pas réussi. Mais ils tchent d’aigrir peu-i-peu contre moi les esprits de plusieurs personnes, en médisant de moi secrètement, Et en cela ils font quelques progrès. Ce Troillet, qui demandait le ministère, se venge tant qu'il peut du refus qu'il a eu. Son premier exploit a été d'entreprendre la défense des Croisés. Mais je lui ai répondu éormme il fallait, et il à été rem= barré à la honte de sa faction, à .
Calvin dans une conférence publique avec ces gens-là, leur avait demandé sans doute en adressant la parole à cet ermite défroqué : « Sils estimaient que la ville ne fût pas en liberté, ou que les autres qui ne portaient pas cette marque, fussent Mammelus? » — Calvin avait blâmé ce port de croix taillées, parce qu’il le regardait comme la livrée d'une faction libertine. Le capitaine Perrin et quelques autres conseillers de ses adhérens le prirent à parie, luïet les autres sinistres, ot leur front procès eu forme, ayant pris un avocat pour plaider leur cause. Ils profitèrent même, pour readre Calvin odieux aux magistrats, de la perfidie du valet de Viret, qui avait dérobé à son maître avec quelques autres choses, una