DÉVOTION DU PEUPLE
leure do Calvin où il lui écrivait : «que les Genevois voulaient régner sans Dieu, et qu'il avait beaucoup à résister à l'hypocrisie, » C'est de celle affaire dont parle Calvin dans la suite de sa leuro à Farol; « maintenant, dit-il, ils portent de cabaret en crbaretuneleUre, que le valet de Pierre (Vire) lai a dérobée, On dit qu'iliy ateinq ans qu'elle est écrite. Et moi,pour re que nous n'a: gissons qu'avec candeur, bientôt jo la mottrai aujour, » Un peu plus bas Calvin parle d'une manière avanta gouse de la dévotion des Genevais: « Nous avons au moins ceci de bon, dit-il, que malgré les efforts de ces gens-là, si jamais les saintes assemblées ont été fré | quentées, elles le sont aujourd'hni tres-assidüment.t» — Le conseil trouva mauvais que Calvin eût écrit des choses si choquantes sur le sujet des Genevois, etlaps | pela pour lui en demander raison. Calvin se soutint hardiment, et prouva par la condaite qu'on avaitiemie à Genève dans le temps qu'il écrivait cela, qu'il n'avait écrit que la vérité. L Jo viens de dire que la faction des Croisés, clesi. ainsi qu'on los appelait, avait intenté on forme à tous les ministres; quoique ec fût Calvi seul qui les eût attaqués. Mais cos facticux n'eurent pas dit bon dans colte affaire. Les ministres se soulinrent vis goureusement, et déclarèrent qu'ils voulaienthauivre leur vocation constamment, el que si on n6 voulait pat leur laisser la liberté de précher telle qu'ils la devaient avoir, ils demandaient leur congé. Lls fürent appuyés par le lieutenant * de la justice, contre qui les
% Calv. Ep. 308. 569.
? On appelle ainsi à Genéve un des anciens syndics, qui st pré sident du tribunal de la justice. :
INSOLENCES DÉS LIBERTINI. 565 s'étaient aussi soulevés. Ainsi les leur cause, et il fut dit qu'ils n'avaient fait que leur devoir. Cependant le conseil ordonna aux ministres de parler avec plus de modération du magistrat dans leurs, sermons, et do se contenter de fajro à la Seigneurie en, particulier les remantrances qu'ils auraient à faire. Mais Galvin leur répondit : « Il ést ainsi écrit: Va e4 annonce ma parole à mon peuple! Va-1-en dans la maison du roi, ‘» n Cependant les désordres continuaient, Les libertins devenaient toujours plus insolens, et ne cessaicnt do donner à Calsin des marques de leur mépris et de leur haine. Les uns l'appelaient Caïo, les autres donnaient le nom de Calvin à leurs chiens; il y en avait qui s'abetenaient de la Sainte Cène à cause de lai, Calvin se plaifuit amèrement de ces désordres, et eela donna lieu à de nouveaux troubles qu'il décrivait à Farel dans une lettre, datée du 12 décembre, en ces lermes - « Je sais à peine ce que je dois vous écrire touchant nos affaires, parce qu'elles sont si obscures pour moi que je suis fort à peine de l'issuo. Goux qui se vantaient d'être quelque chose sont découragés. Es croient avoir beaucoup gagné si eot homme? n'est pas Lout puissant, lui qui ne pourrait rien s'ils n'étaient pes tous lâches. Il se présente tous les jours de nouvelles occasions do le dompter. Is les négligèrent tellement toutes, que vous diriez qu'ils se mettent volontairement sous le joug. Cai comme ilsse défent les uns des antros, chacun se met en poine de conserver son poste ; el parmi loul cela personne n'ose par= ler. Nous, pourrions étre tranquilles, si nous ne faisions
4 Savion, Boset, V. 49. 20.7 2 Le capitaine Perrine
568 ALLIANCE AVEC LA FRANCÉ RENOUVREÉE.
aucune remontrance. Mais tandis qu'il nous faut voir
des choses qui, quand nous entendrions dire qu'elles sa font à Rome; nous forccraiont par leur indignité à les consurer, comment pourrions-nous nous taire? Cepondant comme je m'applique à conserver l'Eglise ainsi que vous m'y exhortez, jo mo ections moi-même pour ne pas aller plus loin qu'il ne faut. A peine se
hait jours sans que nous ayons quelque conflit. J'espère que le Seigneur m'assistera. »
Calvin ne se trompa pas dans son cspérance, Dans une assemblée qui se tint au sujet de ces troubles, il fut ürdonné de nouveau que l'on vivrait en paix, que Won mettrait sous les pieds toutes los injures passées ; onfit promettre à mains lerées et par serment de se lier sincèrement. Et même pour mieux cinontet lard | nion, on fit un repas public à la maison dewille, 1e 18 | décembre. ! ur
XIE. Pendant ces troubles les Genevois sollicitèreat leursalliés de Berne à prolonger de cingans leuralliance | mutuelle qui n'avait été faite que pour vingt-cinq ans. Les Bernois leur accordèrent cette prolongation, et elle | fut confirmée à Genèvo en conseil général, le dimanche | 8 février 1549. ?
Dans ce temps-là le roi de France, Henri HN, fitsollis citer de nouveau les cantons à renouveler leur alionce | avec lui, Ses deux envoyés, De Mesnaige et | court, se donnèrent tant de mouvement er | qu'enfin dans üne diète assemblée à Vinrent de tous les cantons, à la réserve de Zurich et de Berne. Les one cantons qui avaient accepté ee renou-
1 Savion. Hosot. V, 4, À Sav. Roset, V, 22
OENÈYE DÉSIRR S'AULIER AUX CANTONS. 565.
vellement do l'alliance, onvoyèrent leurs ambassadeurs en France pour la jurer. Henri IL les reçut fort gracieusement, et les régala chacun d'une chaîne d'or. *
Les Genevois soubaîtèrent d'entrer dans l'alliance et la confédération des cantons, espérant par ce moyen d'être aussi compris dans celle de France. Les envoyés de France et plosieurs des principaux magistrats des cantons les appuynient. Maïs il leur fallait le consentement des Bernoïs, sans lequel ils ne pouvaient contracter aucune alliance suivant leur traité, D'abord les Bernoïs refusbront d'y donner les mains, prétendant que Gonève devait se contenter de leur alliance; mais dans la suite ils se ravisèrent, Îls comprirent que le concours des autres cantons ne pouvait que leur être d'un grand usage pour la conservation de Genève, et ainsi (le 3 juin } non seulement ils donnèrent leur consentement, mais méme ils promirent aux Genevois de les aider de tout leur crédit, pour les faire recevoir dans l'alliance des cantons, et ensuite dans celle de France, ?
Les Seigneurs de Berne étriont toujours attentifs à la conservation de Genève. Ts furent avertis d'un com lot pour surprendre cette ville. Hs en donnèrent avis au conseil, le 11 mars. ?
Ferdinand, roi des Romains, de Bobême et de Hongrio, s'étant rendu maître de Constance, avait désormais un pied dans la Suisse et pouvait ÿ entrer san obstacle 1ontes les fois qu'il le voudrait, Un tel voisinage ne pouait que faire une peine extrême aux cantons qui étaient le plus à portéo d'être attaqués. Cependant ce prince
1 Stettler 102. .
? Savion. Roset. V. 25.
# VVel, Miss, 209.