COURAUT BANNE DE GENÈVE
ses ministres ot, protestant conir'eux, arrêt dose con= former aux scigneurs de Berne à l'égard de ces cérémonies,
Ce fut li commeun nouveau flambeau qui angmenta la feu de la division. Les débauchés se promenaient de nûit par la ville en grandes troupes, faisant desinsultes devant Tes maisons des ministres et les menaçant de les j Rhône, s'ils ne voulaient se conformer aux cérémonies de Berne, et toutes ces insolences se faisaient impunément, D'un autre côté les Genevois étaient encore divisés entr'eux pour des intérêts particuliers,
Les principales familles étaient brouillées depuis Ja guerre de Savoie; et la déposition des sept conseillers avait encore enflammé plus que jamais l'animosité des partis. #1 y avait alors à Genève ua troisième ministre, nommé Couraut, aveugle, mais doué d'excellentes lumières de l'Esprit, qui avait beaucoup travaillé à Paris, pour y établir la doctrine réforméo, Calvin qui l'y avait connu, l'avait altiré à Genève, où il secondait couragousoment les deux réformateurs. Mais s'il m'est permis de dire mon sentiment ; il me paraît que son, zèle m'était pas assez accompagné de prudence. Préchunt un jou mit à parler de l'état où se trouvait la ville do Genève, d'une manière qui parut injuriouse, des termes grossiers et éhoquans. On lui pra ee Mais méprisant cette défense, il monta en chaire deux | ou trois jours avant Pâques. Il fut incessamment misen | prison, et six jours après banni de la ville?
Le londemain de son emprisonnement, Farelet Calsin, accompagnés de quelques citoyens qui leur étaient atta-
# Roset. IV, 17, Bèce vie de Calvin * 3 Roset et Bèze. 1. c.
VARBE ET CALVIN MEYOSENT LA CÈNE. 65 chés, se présentèrent en consoil et se plaignirent avec beaucoup de véhémence de cet acte de sévérité, demandant que Couraut fut reliché. Le conseil le refusa, etsollicita en mére temps les ministres à se conformer aux usages de Berne, et à faire la Ste. Cène avec du pain sans levain.
Farel et Calvin prièrent le conseil de suspendre cette affaire jusqu’après la Pentecôte, après qu'ils auraient été entendus à Zurich, dans le synode qui devait s’y convoquer ef où celui de Lausanne leur avait promis qu'ils seraient entendus. Mais le conseil ne jugea point à propos de déférer à leurs prières, et leur ft dire de nouveau de se conformer à l'usage de Berne. Ils refusèrent de leur côté de le faire. Is déclarèrent même qu'ils ne feraient point la Ste Cène le jour de Pâques, ( qui était le 21 avril) ne pouvant point en conscience célébrer cet auguste sacrement dans une ville, où tant d'ex d'insolences et de débauches se commettaient impané= ment.
Là-dessus le conseil leur fit défense de précher le jour de Pâques. * Mais se mottantau-dessus de celte défense, ils préchèrent tous deux, 61 méme deux fois chacun, Farel au temple de St, Gervais, et Calvin à celui de Si. Pierre, sans célébrer la Ste. Cène, et ils en dirent la raison faisant rouler sur ce sujot une bonne partie de leurs sermons, représentant arcc quel soin on doit se garder de souiller le sacrement. Cette conduite extraordinaire irritasourerainement leurs ennemis. Il £’éleva de grandes Free ee 10 On cn vint presqu'à des voies
de fait contre ces deux ministres et il ÿ out des épées
! Rosé IV. 18 Spon. not. p. 96. 277. :
66 FARBL ET CALVIN CHASSÉS DE GENÈVE, D tirées. Cependant tout ce fracas se termina sans effusion desang.
Le lendemain le conseil irrité résolut de congédier ces trois ministres Lous à la fois, el cet arrêt de bannissomeni fut confirmé le surlendemain das le grand conseil, eu ensuite dans le conseil général. Et dans tous ces conseils il fut résolu de se conformer aux usages de Berne sans en plus disputer.
Farel et Calvin reçurent l’ordre, qui leur fut porté, de vuider la ville dans trois jours, avec une fermeté héroïque.— Calvin on particulier qui jusqu'alors dvait toujours servi ceue Eglise sans en rien tirer, répondit: « A la bonne heure, si j'eusse servi les hommes, j'en seraïs bien mal récompensé, mais bien m'en prend d'avoir servi un maître qui ne manque jamais de donner à ses serviteurs la récompense qu'il leur a promise, !
Le pauvre Courant qui était aveugle se trouva dans un grand embartas ; il se retira d'abord à Thonon, auprès de Christophe Fabri, qui lui procura une vocation à Orbo, où il alla, Mais il n’y demeura pas long-temps. El y mourut le 4 d'octobre suivant.
Après le départ des trais ministres, les magistrats firent relever les fonds baptismaux dans les Eglises, et firent publior à son de trompe, que chacun eût à se conformer | aux décisions du synode de Lausanne, à célébrer les quatres fêtes, et à se servir du pain sans levnix pour la Ste. Cène. * -
Le ministre de Jussy, Henri de la Mare, avait aussi refusé de donner la communion le jour de Pâques. Hl fut saisi pour ce sujet, et conduit en prison. Mais après que
* Dése Vie de Calvin, Spon. not. p. 978. Hoset IV, 18. # #otting. p.75. Mic, Thormas. Spon not, p. #78, a.
VONT 88 PEAINDRE À Benxe. LA les trois dures furent sortis do Genève on le relâcha, et on Jui donna le ministère do l'Eglise en lui joignant
autrés ministres qu'ôn tira des villages. Le conseil les fit venir le 26 avril, et Jeur demanda si c'était mal fait de mettre los épouses en poil ; comme on parlait alors, c. à d. do souffrir, que les épouses vinssont rocovoie, la bénédiction nuptiale en tresses pendantes? Eux, pour ne point s'embarrassser, répondirent naïvementy& qu'ils ne trouvaient point dans l'Ecritrure Ste. que ca Fu mal fait. » Deux jours après, Le 28 avril, et non à Pâques suivant, comme l'a dit Spon, Dimanche de Quftimodo, où fit la Ste, Cène avec du pain sans levain, ! et cet usage a été continué à Genève jusqu'à l'an 1623, qu'on l'abolit, * 18 ans après qu'on l'avait aboli à Berne.
Pour revenir à Farel et à Calvin, ils dllérent à Berne rendre raison de leur conduite et porter leurs plaintes du traitement rigoureux qu'on leur avait fait. — Les dci= greurs de Berne furent fort surpris d'apprendre toutes ces choses. Ils écrivirent incessamment {le 27 avril) aux magistrats de Genère, pour leur en marquer leur éton-" nement et leur déplaisir. Leur lettre leur fait béaucoup d'honncur. Ils leur représentèrent quel scandale ils donnaient aux Eglises par une telle conduite, ils les exhortèrent à y mettre ordre et à relâcher le pauvre aveagle Couraut, afin que l'Eglise nc fût pas privée de pasieurs. (Ils ne savaient pas qu'il avait été élargi, mais,chassé de Genève. } Ils les exhortaïent en second Heu à modérer la rigueur dont ils avaient usé à l'égard de Farel ot de Calvin: si nous vous avons écrit, lour dissient-ils, pour vous solliciter à vous conformer à nous,
* Savion p. 215.
2 Spon mot. p. 278 b,
68 BEUNE INTERCEUR AUMÉS DU nOr.
à l'égard des cérémonies, nous l'avons fait par ami pour vous, eL par manière de réquisi <t non poui contraindre, si vous ni vos ministres à des choses. qui. sont il indifférentes, — Hs leur déclaraient, que la sa dont Messieurs de Genève usaient à l'égard de leurs ministres leur déplaisait souverainement, et au-delà de tout ce qu'ils pouvaient exprimer. Ils finissaient en leur demandant une réponse, *
La réponse fut telle qu’on la pouvait attendre de gens animés à la fureur contre ces deux hommes. Il semble cependant que les Genevois auraient pu avoir un peu plus d'égard pour l'intercession des Bernois, puisque ceux-ci leurrendirent cette année deux fois des offices de bons amis et de fidèles alliés, Le fils du syndic, Jean- Philippe, nommé André, élant à Paris, y avait été arrêlé prisonnier au commencement de l'année, sous prétexte de religion, à la sollicitation de l’ancien évêque de Genève et d’un banni de la même ville. Il courut même grand risque d'y être exéculé à mort pour sa religion,
Les scigneurs de Berne l'ayant ap; cavoyèrent un ambassadeur à Paris, pour sol élargissement.
Et en attendant qu'il y arrivät, ils écrivirent directement aa roi, (le 20 février) pour lui demander la liberté de ce jeune homme, et lui faire des remontrances sur colle conduite, * Ils le priaient de considérer « de quelle conséquence ce scrait, s'il trailait ainsi leurs al liés, » et d'ordonner qu'on mit André-Philippe en li= berté, où du moins de ne rien attenter sur lui jusqu'à l'arrivée du député qu'ils envoyaient exprès pour celle affaire. Les Genevois y envoyérent aussi un député
1 Velsch-Miss, pe 74.
* Welsch-Miss, p. 62.
POONSPMATION CONTRE GENÈVE. | 2
pour le même sujet. Le roi François 1*: les écouta favornblement et fit relâcher le prisonnier.
Les scigocurs de Berne avaient fait l'annéo précé- 1537, unaele tout semblable de charité chrétienne de quelques réformés de ls Franche-Comté qui avaient fuila persécution, et dont on avait-saisi Los femmes et les enfans. LL, BE. écrivitent (le 24 avril } au parloment de Dolo, pour lo conjurer de laisser aller ces pauvres géns avoc le peu do bion qu'ils avaient. * Mais pour revenir à Genève, elle fut à la veille dose voir surprise fr dés entenis cachés. Quatre gontilhommes conspirèrent coitre sa liberté dans le Dauphiné. Ils ramassèrent 20 bêtes, tant jumens, que mulets, qu'ils voulaient charger de coffres et de ballotss ils devaient se trouver ensemble à Genève le 14 ou le 15 de mai, se loger dans diverses hôtelleries, éloïgaces los unes des autres: Les bêtes devaient être chargées do poudre à <anon, et chaque ballot devait avoir unc boîte de feu . Un capitaine d'infanterie et la gendarmerie du roi de France qui était en Dauphiné, devaient cn même tempé faire les approches la nuit. Et quand les portés de la ville auraient été ouvertes, ces gentil. hotimes devaient 1ous ensemble meltre le feu à leurs Hallots; et pendant que les Genevois se seraient occopés dcoërir de cô16 el d'autre pour éteindre le feu, les 2. 2er fee Ven la ville et massacrer tout.
Et en effet on vit rivtemps la gendarmerie de Eee soie de Men nier ot 1500 chevau-légers sorépandre dans le oïsinnge de Genève, dopuis Scissel jusqu'à la Bonneville en Foucigny. Et pour endormir
5 Savion. ILoset. LV. 15.
2 Welich-Mits.
7m LA CONSRIRATION EST DÉCOUVERTE.
les Genevois, les chefs de ces troupes leur firent dire qu'ils étaient leurs amis, et Les prièrent de laisser entrer quelques-uns d’entr'eux pour yacheter ce qui leur était nécossaîre. Ils demandèrent même aux Bernoïsle par le Fes-de-l'Ecluse, faisant semblant de vouloir aller à Lyon; mais ils s'en retournèrent dans leurs postes, C'est pourquoi les Genevdié se Linrent encore mieux sur leurs gardes qu'aupa . Et dans ce temps-là la cons? piration fut découverte aux Genevois, le 15 avril, par - uusuisse, nommé François Troliet, de Romont. de France était alors dans le Dauphiné, près de! 4 Cesuisse y était, et setrouvant dans un méme avec deux archers du roi, il entendit tout le de dessous du foin, où il s'était caché près d'une écurie où ces deux archers on raisonnaient. ! Les Gi donnèrent incesssmment avis de celte affaire à alliés de Berne, et ceux-ci leur répondirent, (le 22avril) qu'ils feraient bien d'examiner avec soin fous les mul et les ballots de marchandises qui passeraient par ville, * On avoit déjà eu quelques soupçons d'un complot dès l'entrée du printemps; et l'approche de ces 1roupes avaitparu suspecte ct aux Bernoïs et ax Genevois: } Bernois à celle occasion firent faire la revue de leurs troupes, el envoyèrent des députés à Genève pour les encourager à soutenir vigoureusement leur liberté, les assurant que s'il était nécessaire, ils les assistoraïent de toutes leurs forces, à leurs propres dépens. Les sÿndics à qui ils s'adressèrent d'abord pour exposer lour commission en particulier, les remercièrent de leurs offres. Et soit les magiswats, soit les bourgeois, ils
! Bern, Aveb, pap. inat. Savion 214, 215.
% Welach-Miss, 72.
CONFÉRENCE À EURE. n
€ trouvèrent tous très-bien disposés, soit à soutenir leur Viberté, soit à persévérer dans l'alliance de Berne. #
VII. Pour revenir à Farel et à Calvin, ils allèrent à Zurich, où les états +éformés de la Suisse étaient assemblés par leurs députés, ecclésiastiques ot séculiers, pour metre la dernière maïn à leur réunion avec Euther. Ces états avaient élé si contens de la modération et des dispositions pacifiques qu'il avait fait paraître, qu'on résolut d'un commun accord de lui répondre au plutôt, et de s'assemblér pour co dessein à Zurich.
L'assemblée fut formée et commença ses séancés le 29 aril, et finit le 3 maï. Les députés de Dile y amenèrent les deux théologiens de Strasbourg, Capiton et Bucer, invités par le magistrat de Bâle qui avait jugé leur présence nécessaire pour contribuer à la réunion, d'autant plus que Luther avait déclaré dans sa lettre, qu'il les chargeait d'expliquer ses sentimens aux Suisses, au cas qu'ils soubaïtassent quelque éclaircissement. ? Ceux de Zurich n'étaient pas dans les mêmes idées, Ts craignaient que la présence des théologiens ne fit plus de mal que de bien, et ne donnât lieu à des disputes de mois, parce que Bucer cherchait à envelopper la différence des sentimens sous des termes généraux, dont chaque parti pourrait s'accommoder. Pour eux, il leur semblait qu'il valait mieux parler net et clair, et voir jusqu’à quel point on pourrait se rapprocher les uns dés autres; et là-dessus se tolérer mutuellement et se donner
À Savion SD. Mis, gréts.
Les députés de Deone étsiont ; Ferre Komen et Erasme Filler, wimlttes , et Berahard Lilimann, <onvéiller.
3 Nospit. 79. »,
2 CONFÉRENCE DE ZURIEN la main-de fraternité. Cependant après qu'on eut ouï les députés de Bâle, on convint de les admettre à la confés rence, Et d'abord ils dirent qu'ils n'avaient point en re de la réunion de leur propremouvement, citation du Landgraye de Hesse, de leurs magistrals et d'autres persounes, qu'ils ue se proposaient autre chose que la gloire de Dieu et la paix des Eglises, et qu'ils n'avaient été envoyés que pour rendre raison de ce qu'ils avaient fait à ceux qui la leur demanderaïent, et pour dissiper les soupçons qui pourraient s'être élevés. Après ce discours, les députés trouvèrent à propos que l'on passät incessamment au sujet pour lequel on était particulièrement assemblé. Mois Bucer reprenant la parole dit, qu'ils avait appris que plusieurs personnes soupçonnaient Luther d'avoir un sentiment grossier e presque papistique sur le sacrement du corps et du sang du Seigneur ; qu’il demandait donc qu'il lui fût permis avant toutes choses de leur expliquer le sentiment de Luther pour ôter tout soupçon. Là-dessus les théologiens de Zurich firent un long discours, où ils montrèrent par divers écrits de Luther, qu'il établissait dans le sacrement une présence chamnelle du corps dé Christ; qu'il avait approuvé la confession que le pape Nicolas avait prescrite à Bérenger, où il est dit, quelle vrai et réel corps de Jésus-Christ est brisé etmenuisépar | les denis, et qu'il avait soutenu contre les canonistés; qu'il n'y a ni trope, ni figure dans ces paroles :'« Ceei est mon corps, elc, ; » que co sentiment était contraire à la doctrine que Bucer avait soutenue lui-même avec d'autres dans la dispute de Berne, et qui avait été approuvée dans la confession de Bâle; qu'enfin Eüther ayant dit, que le corps de Jésus-Christ est présent dans tous les lieux où est sa divinité, et ses écrits étant entre
POUR LA RÉENION AVEC LUTRER. : 75 les mains de tout le monde, etses expressions claires ét fortes, ils ne pouvaient point approuver sa doctrine, à moins qu'ils ne sussent que Luther eût changé de sentimenlét que sans cola ils no donneraient les mains à aucune réponse. * Bucer fat fort surpris de celle déelaration des Zuricais à laquelle il ne s’aitendait pus. Il leur répondit, que les écrits de Luther étant entre les mains de tout le monde, s'ils n'avaient point voulu se réunir avec lui, ils auraient dû le déclarer de bonne heure, et qu'ils auraient épargné bien des embarras et des frais aux puissances et aux Eglises. Il leur rappela le voyage qu'il avait fait à Zurich, l'an 1538; la conféréhce de huit Eglises de Souabe assemblées à Constance, l'an 1534, où ils avaient été invités par ses con seils, les eynodes convoqués à Bâle l'an 1556: enfin les lettres qu'il leur avait écrites de Strasbourg ; que dans ces diverses occasions ils auraient dû, comme il les en avait prié, dire neuement tout ce qu'ils avaient sur le cœur, au lieu que dans ces derniers temps chacun avait agréé ce qu'on disaitde Luther et en bénissait Dieu ; que c'était mal à propos qu'on renouvelait la dispute de Zwingli et de Luther sur les deux natures en Jésus-Christ, puisque il y avait long-temps qu'elle avait été terminée à Marpourg ; que Luther avait plusieurs partisans parmi les princes et les villes bros avec qui on 50 brouillerait infailliblement, si l'on refusait d'accepter cette réunion. Los Zuricois répondirent à Bucer, qu'ils souhaitaient ærdemment la réanion avec Luther autant que qui que ce soit, mais que e8 n'était pas eux qui avaient chargé les ihéologiens de Strasbourg du soin d'y travailler;
ep. 279. be Hotting, 2 Hospin 280. à.
7 CONFÉRENCE DR AURECES
que c'était eux-mêmes qui étaient venus à Bâle de leur Don gré et de leur propre mouvement à la fin de janvier, l'an 1586, lorsqu'on y était assemblé pour y dressor une confession de foi, et qui leur avaient offert leur médiation auprès de Luther, les assurant qu'il était fort ra= douci ete. Ils se justifièrent de même sur Ils reproches de Luther, faisant voir que’ sa conduite ét ses écrits ne répondaient pas à leurs paroles ; que pour oux ils avaient toujours déclaré qu'ils voulaient demeurer attachés à leur confession dressée à Bâle; que si Luthér et les siens l'approuvaient, l'union était faite ; que lorsque Bucor leur avait apporté les articles de la concorde de Witteberg, ils avaient répondu comme ils l'avaient fait én+ core dans une autre occasion : qu'ils no refusaient point la réunion, pourvu que Luther approuvât l'éclaircissement que Bucer leur avait donné sur co6 articles. Enfin qu'on avait envoyé à Luther, à Smalcnden un éeltircissement sur la confession de Bêle. Qu'ils étaient résolus de s'en tenir là,"et qu'ainei ils n'apportaient rien de nouveau. Ce fut là ce qui se fit la première journée.
Le lendemain 30 avril, Bucer prolesta sintement qu'il ne se proposait rien qui ft contraire à l'Ecritare Sainte, ou éloigné de la confession de Bâle, et de la dispute de Berne; qu'il ne cherchait point à en imposer à porsonne par des mots équivoques ou obscurs, mais seu Joment si on était d'accord sur ce qu'il faut croire Len scigner au sujet du sacrement, il était bon de voir la manière de l’exprimer et de le proposer au peuple en termes clairs et conformes à l'Ecrilure. Après ce préambule, il fit ua long discours sur les écits de Zwingli et de Luther. I dit, qu'il arrive souvent que des gens qui sont réellement dans les mêmes idées sur ane mplière, ne conviennent pas à l'égard des 1ermes, faute de s’en
FOUR LA RÉGKION AVEC LETRER. Lo tendre; que c'était ce qui était arriré à Duthonä Zsringli ; et qu'il voulait perdre la vie, s'ils avaient été sutrement que de paroles;-que lon et l’autre avnient chorebé la vérité, qu'ils avaient reconnu l’un et l'autre quedésus-Christ esk présent à la Sto. Cène, mais que s'exprimant différemment ils n'araient pas bica compris la pensée l'un de l'autre; que Luthice avait entendu les écrits de Zwiogli, comme s'il enscigaait qu'on ne reçoit auttoÆhoso que du paimet du vin dans ln Cène; au lieu queZwingli a toujours enseigné qu'il faut y reconnaître quelque chose de plus que les simples symboles du pain <bdu vin, et même que la Cène n'est point Cène, si Jésué-Christn'y est véritablement présent; que Zwiaglid'an “autrecdié a cru que Lather enseignoit que le pain est le
ps de Jésus-Christ, d'ine manière grossière et char
olle,ét qu'ilattachait Le corps au pain ou qu'il l'y en fermaityaa lieu que Luther a toujours enscigeé, que le corps de Jésus-Christ est dans le cicl à la droite da Père, et qu'ainsi il ne peut point ac faireque le pain soit le vrai corps de Jésus-Christ, D'où il concluait qu'on concilier de celte manière los scntimens de l'an et
de l’autre; savoir, que dans la Cène du Seignear on ne donne pas seulement du pain et du vin, mais le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Christ, de telle façon pourtant qu'il n'est poiotcbangé en une nourritore corruptible du ventre; qu'il n'est point lié naturellement avec le pain et le vin, ni enfermé localement dans le pain, ni et attaché substantiellement à des symboles corrüptibles: et que c'est In foi seule, qui reconnait ces dons célestes el celte nourriture ; par les paroles du Seigaeur, qui les reçoit et qui les sent. Par ces considérations eL plusieurs autres, qu'il ajoutait, il conclusit, qu'il était raisonnable d'embrasser la réuaion et de n'a-
76 GOnTÉRENCE DE ZURICIN
voir Een stat opinion de Luther et de 505 DE es. !
Les théologiens de Zurich répliquèrent qu'il nos laïentrpoint s’éloigner de l'Ecriture Sainte, ni | qu'ils avaient enseigné + suivant la dispota de la confession de Bâle, à moïns qu'on ne les d'erréur par l'Ecriture Sainte. Ensuite’ ils firent. voir qu'ils ne pouvaient pas ajouter foi à ce que Bucer disait, pour concilier Luther avec Zwingli, parce que Büther avait parlé trop clairement pour qu'on püt prendresses expressions.dans un auire sens; d'autant plus queue ther ayait toujours nié qu'on füt d'accord pourle fond}, et qu'on ne différât que pour les manières de s'exprimer: que d'ailleurs il agait déclaré que si jamais il de langage, ce serait le diable qui le ferait, e1,non, pas lui, et qu'il serait ridicule d'admettre l’explication des discours d'un homme, laquelle il n'aurait point donnéelui-mêmo; que quand mêmo Lulhor avait donné charge et pouvoir à Capiton et à Bucer dfuraiter de la réunion, cependant il y avait lieu de craindre qu'il ne les désavouâtetne les accusât de s'être trop avancés ete; ; d'où ils coneluaïent que pour établir une concorde solide, ils voulaient agir rondement et parler patins pas s'en mêler, # «
Les seigneurs députés interrompirent alors es théo. logiens. El lour parut qu'on s’éloïgnait du but pour loquel on était assemblé, qui était de répondre à Luthenset qu'il fallait y revenir. Là-dessus les théologiens du Zu rich conférèrent avec ceux de Strasbourg sur ces paroles du Seigneur, n ceci est mon corps, qui est rompu Pour
4 Hospin. 280, 384.
3 Hospin. 284. a.