DIFFICULTÉS AU SUJET DE
pris que l'abbé d'Engelberg et ses moines avaient été les principaux promoteurs de ce tumulte y qui dura environ neuf mois ; que l'abbé lui-même prêchait aux rebelles jusques aux derniers jours.
Vn. Les Bernois eurent aussi quelques autres difficultés à essuyer au sujet de quelques biens ecclésiastiques. Comme ils voulaient réformer le monastère de S. Jean, près d'Erlach ou Cerlier, les cantons catholiques^ qui possédaient alors avec eux le comté de Neuchâtel , s'y opposèrent , soutenant que ce monastère était de la souveraineté de Neuchftlel , prétendant pour le moins y avoir la moitié du droit de protection. * Mais les Bernois^ qui avaient eu depuis long- temps la souveraineté de ce couvent sans aucune opposition de la part des princes die Ncuchâtel, n'eurent aucun égard a cette opposition. Ils y brûlèrent les images , prirent entre leurs mains les ornemens de Téglise^ et défendirent a l'abbé du lieu et a ses moines d'y dire plus la messe. ' D'autre côlé, le baillif de Neuchâlel, qui était de Fribourg^ fit saisir toutes les rentes du couvent qui se trouvaient dans ce comté. Il y eut aussi d'autres puissances hors de la Suisse , entr'autres les régences d'Ensisheim, de Spire et d'Inspruck^ qui firent saisir tous les biens qui appartenaient aux villes de Zurich , de Berne et de Constance, à cause du changement qu'on avait fait dans les monastères. Les Bernois envoyèrent des députés, le 10 août,^ à Zurich pour écrire de concert a ces régences, que si elles ne voulaient pas relâcher ces biens , on userait de représailles. Ils eurent
* B. luslr. A. p. 130 145.
' B. Lat. Miss. 282.
' B. Instr. A. I9i.
QUELQUES BIBHS BCGLÉaiAftTIQUBS 59
aofisî des difficultés avec le canioii de Soleure pour le même sujet. * Quelques communautés de ce canton^ qui devaient des dîmes à Tabbaye de Gottslat et au diapilre de Zoffingue, refusèrent de les payer ^ comme Selsach et Trinkenbach» et même ceux de Trinkenbach menacèrent le collecteur des dîmes de Zoflîngue de Tassommer. Les Bernois s'en plaignirent à leurs al* liés de la ville de Soleure, mais ils n'en reçurent aulïune réponse; ce qui leur fit soupçonner que les magistrats voulaient soutenir les paysans dans leur refus. Ils leur envoyèrent donc des députés^ le 4 juillet, pour demander réponse ; mais la réponse fut : « "Qu'on ne souffrirait point que les paysans payassent ant. Bernois les revenus de leurs maisons religieuses. » ' Les Bernois en furent fort irrités, et déclarèrent aux députes de Soleure, que s'ils ne voulaient pas leur relâcher les dîmes et les censés qu'on leur avait fait arrêter, on userait de représailles à leur égard. La menace opéra, et TafTaire fut terminée.
Toutes ces difficultés ne les rebutèrent point. Ils disposèrent des biens ecclésiastiques , comme ils jugèrent le plus convenable. Ils établirent la fondation pieuse qu'on appelle Mousshafe, en faveur des pauvres écoliers. ^ Ils transférèrent au couveht des Dominicains l'hApital d'en bas, qui nourrissait sept prêtres et qui tombait en ruine, et lui donnèrent le nom de Grand- I16pîtal, et y annexèrent divers biens considérables, entr'autres la jolie île qui est dans le lac de Bienne, d'une lieue de circuit ou environ, avec tous ses fonds
* Ibid. 163 et 171.
' Celte réponse fui envoyée par «les députés le 17 iuiltet.
'Steltl. aOb.