FONDATIONS PIEUSES
et ses rentes. Ils rasèrent le vieux hôpital , ils vendirent une partie de la place ^ et firent de l'autre un cimetière. Us firent encore dans la suite divers établissemens charitables^ si avantageux pour les pauvres^ qu'on disait communément, qu'il n'y avait point de gens plus pauvres à Berne que ceux qui se nourrissaient de leur travail. Ils firent aussi a leurs sujets diverses donations de biens ecclésiastiques pour des usages pieux ou utiles au public. Ils assignèrent a la ville de Zoffingue une rente perpétuelle de cent malters * de blé, à prendre sur les revenus du chapitre ^ la moitié applicable au soulagement des pauvres , et l'autre à l'entretien des bâtimens de la ville et du collège. Us \ donnèrent aussi quelques biens du couvent d'Interlacken a la ville de Thoune pour son collège ; et de ceux de Kœnigsfelden à la ville de Brouck pour le sien. ' Les chevaliers de Tordre de Thôpital de Jérusalem^ qu'on a appelé dans la suite Tordre de Malte, possédaient une commanderie à Bouksi. Les Bernois écrivirent, Iç 26 juin, a Philippe 'de Yilliers, de Tlle- Adam, leur grand maître, que puisque les chevaliers avaient perdu l'île de Rhodes^ et pour d'autres raisons^ ils ne voulaient plus leur laisser payer les rentes de Bouksi , mais convertir a Tusage des pauvres tout ce que leur ordre possédait dans le canton. ^
VHI. Avant que de sortir de ce canton , la vérité de Thistoire veut que je rende ici à la bourgeoisie de Mou-
* Le malter est une espèce de mesure dont on se sert dans l'Arf»ovie , et qui comprend , à ce qu'on m*a dit , seize boisseaux, mesure de ce pays-là.
' Scult. I&l. G. Megandri in Ephes. p. 131.
' Lat. Miss. Î8Î. b.
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don la justice qui lui est due. Pendant que les ecclésiastiques , qui auraient dû édifier les peuples par une vie exemplaire , les scandalisaient par une conduite déréglée; les laïques^ plus religieux qu'eux^ prenaient soin de la réformation des mœurs. Les bourgeois de IHoudon^ assemblés le 1*^ novembre , firent divers règlemens de police^ entr'autres ces deux : ^
1^. « Tous ceux qui joueront les jours de fêtes durant l'office divin , paieront dix sous d'amende. Ceux qui joueront de nuit y soit aux cartes y soit à d'autres jeux^ au-delà de neuf heures , paieront soixante sous d'amende^ monnaie de Lausanne^ et les cabaretiers^ qui les laisseront jouer chez eux^ seront aussi mis à Tamende.
2^. x> Quiconque aura blasphémé le nom de Dieu^ jurant par la chair ^ par le sang et autres blasphèmes^ devra baiser la terre. S'il ne le veut pas, il demeurera trois heures au carcan , et cela pour la première et pour la seconde faute. Mais pour la troisième^ il sera d'abord mis au carcan^ sans baiser la terre. Et si quelqu'un l'entend^ et ne le rapporte pas^ il paiera cinq sous d'amende. »
Suivant ces règlemens ^ quelques jours après ont mit un cordonnier à l'amende de soixante sous pour avoir joué toute la nuit aux cartes dans sa maison.
Il arriva encore une autre affaire à la ville de Moudon^ qui mérite d'être rapportée. -L'an 1519^ Jaques Cornas^ autrement Cheires^ banderet de cette ville ^ lui demandait certains biens meubles et immeubles qu'il prétendait lui appartenir, et comme on les lui refusait, il fit venir de Rome un monitoire apostolique, portant
^ Regislr. de Moudoa.