‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 5)Chapitre 20 sur 60 · MOVVBIIENS DE GUERRE . IIS · texte numérisé non relu

MOVVBIIENS DE GUERRE . IIS

s'était faite sans leur aveu. Cependant pour ne pas manquer à leurs alliés^ ils leur envoyèrent du secours : d'abord six mille hommes, commandés par Sebastien de Diesbach, avoyer, et ensuite qnatre mille sous la conduite de Jean d'Erlach^ ancien avoyer; et pour leur propre sûreté, ils postèrent divers petits corps le long des frontières de Lucerne et d'Unterwalden. Les villes de Baie, de St-Gall, de Mulhouse et de Bienne, les pays de Tockenbourg et de Gaster, et de Wesen leur donnèrent aussi du secours. ^ Les cinq cantons catholiques se mirent aussi en campagne, le 8 juin, ayant à leur secours quinze cents Valaisans. Comme l'armée de Zurich et celle de ces cinq cantons étaient prêtes à en venir aux mains, Jean Aibli , landamm^m de Glaris^ sollicita si vivement les commandans des deux armées de suspendre tout acte d'hostilité , qu'ils consentirent a une trêve de quelques jours. ' Berne convoqua une journée à Arau, pour le 12 juin, afin d'y traiter de la paix. Les cinq cantons qui étaient restés neutres , savoir Claris, Fribourg, Soleure, Schaflliouse et Appeozell, y envoyèrent des députés pour faire la fonction de médiateurs. ^ Les Grisons, les villes de Strasbourg, de Constance, de Rothwyl et de Sargans y envoyèrent aussi les leurs pour le même dessein. Dès que la suspension d'armes fut publiée dans les deux camps, on vit les officiers et les soldats renoncer, du moins en apparence, à toute inimitié^ et se faire réciproquement des honnêtetés, comme s'ils ne se fussent portés qu'à regtet a combattre les uns contre les autres. ^ De sorte que Jacob Stourm »

* SteUl. 5S. a.

* Sletll. 51. a. HoUinf^. 471. Rhan 70o. ^ SlcUl. 32. a.

* Houing. 471.

il6 miGOCIATION DB PAIX.

dépalé de Strasbourg^ disait : « Voua autres Suisses, ▼ous êtes d'étranges gens ; quand même vous êtes divisés^ vous êtes néanmoins unis, et vous n'oubliez pas • votre ancienne, amitié. » Un si beau commencement donnait lieu d'espérer qu'on aurait la paix. Effectivement^ elle fut bientôt conclue, et la guerre se termina sans que personne eût eu besoin de tirer l'épée.

La négociation de la paix dura près de quinze jours. ' Ce qui en arrêta le plus la conclusion, furent deux articles que les cantons réformés demandaient avec chaleur, et que les catholiques rejetaient avec la même fermeté, savoir : 1*^ Qu'il tài permis de prêcher l'Evangile dans les cinq cantons ^ de l'y embrasser et de l'y exercer librement. 2® Que Ton y renonçât solennellement et par serment à toutes les pensions des cours étrangères, et qu'on punit ceux qui en prendraient, comme on l'avait fait dans toutes les villes souveraines et réformées de la Suisse. Car on jugeait que puisque la première difficulté était venue de l'affaire des pensions étrangères, il n'y avait point de paix solide a espérer, à moins qu'on n'y abjurât partout ces sortes de pensions, et qu'on ne châtiât ceux qui en prenaient. Enfin , après bien des débats, on convint d'un traité de paix, qui fut conclu et signé le 26 juin, et conçu en dix-sept articles. Comme il a été le fondement et le modèle de tous les traités de paix de religion qui ont été faits entre les Cantons, j'en rapporterai ici fidèlement la substance : ^

I. Quant à la Parole de Dieu , comme la foi n'est pas une chose à laquelle on doive porter les hommes par la

^ Id. ibid.

' Ex Actis publicis. Voyez le traité entier tout au long eHtre les Pièces justificatives. 19^. II.

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