SAR6ANS. LB CURÉ MBNNHARD. S
roissiens qu'il ne voulait plus dire la messe ^ mais pré«cher TEvangile. * Pour Ten empêcher^ Louis Tschoudi, de Glaris^ zélé catholique^ qui prétendait avoir le patronat de cette église^ de concert aveciËgididsTschoudi^ alors baillif du pays pour le canton de Glaris^ lui défendit de prêcher jusqu'à l'assemblée des sept Cantons, sous prétexte qu'il avait enfreint -le traité de paix des Cantons , et établit un autre curé à sa place. Mais la communauté résolut^ à la pluralité des suffrages^ de conserver son pasteur, et envoya des députés à ses seigneurs de Zurich > pour leur demander secours, priant que le traité de paix fût observé à leur égard. Les ca^^ tholiques soutenaient au contraire, que la pluralité avait été en leur faveur. Les Zuricois y envoyèrent deux députés pour s'informer de la vérité. Ils firent rassembler les paroissiens, et il s'en trouva plus de la moitié qui tenaient pour leur pasteur Mennhard ; c'est pourquoi ib lui rendirent le pouvoir de prêcher. Mais pour ne donner aucun lieu de plainte aux catholiques, ils laissèrent subsister la messe et les prêtres , à condition que le service des réformés n'en souffrirait point. Les catholiques ne s'en tinrent pas là. Ils recoururent aux autres cantons catholiques leurs conseigneurs, qui les appuyèrent. Dans une assemblée des sept Gantons seigneurs de ce pays-là , Zurich et Glaris prétendirent que la pluralité l'ayant emporté à'Flums, en faveur de Menn* ^ hard et de l'Evangile et contre la messe, les choses devaient en demeurer là. Mais les cinq autres Gantons répondirent à cela, <k qu'il ne s'était point alors agi de religion^ mais seulement de deux curés, savoir, à qui aurait la cure. » Il arriva encore une autre occasion de
* Houing. 50&. 505. 506.
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susciter de oMiiivaîses affaires à Meimhard. Précbani un joor sur b généalogie de Jésus-Chrisi , il fil celle remarqve : « qœ Ton comptail dans celle généalogie Tliamar, Rahab el Balhséba, qoi avaîenl été des femmes débauchées ; mais que .cela serrail a noire consolaiion , etc. » Les calholiques ne manquèrenl pas de tordre ces paroles, les expliquant comme s*il avait dît que Jésos^^hrist était descendu d'une race de paillardes. Les cinq CanUms calholiques ordonnèrent au baillif de chasser du coralé ce minisire , à cause de cet horrible blasphème et d'autres infâmes discours, et en même lemps de foire repasser à la pluralîlé des voix l'affaire de la religion el que ce qui y serait ainsi réglé à la pluralité subsisterait. Les' Zuricois s'y opposèrent el firent savoir au baillif qu'ils ne le permettraient pdnt. La chose fut porté À la diète de Bade , assemblée en mai , qui laissa pleine liberté à ceux de Fluras d'embrasser la réfor-
mation.
Quelques autres Eglises du même comté firent, aussi quelques pas vers la réformation. Martin Segher, prêchant à Ragalz ^ y fit du fruit , et la messe fut abolie. ' Jos. K.ilchmeyer prêchait à Mels avec succès, quoique avec beaucoup de traverses. Wartau témoigna aussi do zèle pour l'Evangile. H n'en fut pas de même de Wallenstatl. On y voulut aussi soumettre aux suffrages la religion ; mais la chose ne s'y passa point avec ordre , à cause de la vivacité des opposans. Les sept Cantons y envoyèrent leurs députés, pour assister à cette action ; mais ce fut la même chose. ' Les paroissiens étaient si divisés entr'eux , qu'il s'en fallut peu qu'ils n*en vins-
' Hotting. £KX).
* Id. ibid.
Pa0GftB3 DB LA RÉFORME DANS LS B.BBIKTHA&. 2ii
sent aux niains. Quelques-iu» même traitereiit arec insolence les dépotes des tianïlooB réformés, et s'attiiè* rent le châtiment qu'ils iBeritaieiit. Dans la suite , Si j eut plus du tiers du pays, à ce qu'on firébead , qui embrassa la réformation» Et dans une dieie des sept Cas* tons, assemblée à Sargans, tes gens du pays représen*tèrent a leurs sdgneurs les grandes incommodités auxquelles ils étaient exposés pendant qu'ib étaient sounm au tribunal ecclésiastique de l'érÀ{oe, ies priaiit de leur permettre d'établir entr'cux un tribunal ecdésiastique pour terminer les affiftires qui seraient de son ressort, comme cela arait déjà été ctaUi à C!oîre et ailleurs. '
Les choses étaient beaucoup plus avaiicées dans te voisinage de ce pays , je veux dire dans le Rheiédial ; car dans toutes les églises il n'y avait plus ni messe m images, excepté àOberried et à Griesseren. ' Ces deux paroisses, qui avec le reste du Bheinthal, dépendent, pour ie temporel, de l'abbé de S. 4SaU, sous la souverain neté des Cantons , ne voulaient point obéir au capitaine du pays, qui i«sidait à Wyl, ni à sa régence , et de phis refusaient de payer les droits seigneuriaux, usant de plusieurs discours brutaux et insoleas. Le capitaine du pays y conduisit quelques cents hommes aimés, qui attaquèrent inopinément ces deux viUages ; mais ils ne purent pas aaistr les auteurs de la sédition qui s'éiatent sauvés de bonne heure. Les soldats ayant contraint les fiayaans de se soumettre et de ae rainer à leur devoir, se «eti* rërent sans y avoir fait d'autne suai que dse bien manger et boire et d'enlever les images des églises. ^
' Id. ibid.
* Id. 528.
' Hfiaii. 71/1