‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 5)Chapitre 31 sur 60 · SIS COUVENT DE S. CATHERINE EN THURGOVIE · texte numérisé non relu

SIS COUVENT DE S. CATHERINE EN THURGOVIE

La Thurgovie élail mêlée y mais beaucoup moins qu'elle ne Test aujourd'hui. La ville de Diessenhofen ^ qui est auprès du Rhin, avait embrassé la reformations de même que toutes les autres communautés du pays et les seigneurs dejurisdiction. * Mais les religieuses du Val Ste.-Catherine, près de Diessenhofen, étaient tel^ lement attachées à la religion romaine , qu'après que leurs prêtres les eurent quittées pour embrasser la réformation , elles célébrèrent elles-mêmes la messe et établirent une d'entr'elles pour prêcher. Elles firent tant de folies, que les habitans de la Thurgovie, irrités contr'elles, auraient mis le feu a leur couvent, si les Zuricois ne les en eussent empêchés. ^ Biles étaient incitées à cela par les lettres qu'elles recevaient de quelques gentils-hommes qui demeuraient au-delà du Rhin.

Cette année, les sept cantons , seigneurs de la Thurgovie, firent part aux villes de Berne, de Soleure et de Friboiirg du droit d'avoierie sur les couvens du pays ; lirais sous certaines conditions. ^ Zurich, Lucerne et Schwytz écrivirent, au nom des cinq autres cantons, aux magistrats de Berne et de Soleure, les priant de se joindre à eux pour arrêter la fougue des gens du pays , ce qu'ils firent. ^ Il y avait peutrêtre un peu de politique dans la ccmduite de ces religieuses. Elles craignaient apparemment que si elles embrassaient la réformation , on ne les fit sortir de là maison avec une pension arbitraire; c'est pourquoi les Bernois étaient d'avis qu'en les exhortant à embrasser la réformation ,

' Hottini^. K97. 8S8.

' Bern. Instr. A, A46.

* StetU. n. 39. b.

* Bero. Arch. Instr. A. 1. c.

DIFFICULTÉS SUSCITÉES AUX CANTONS EÉfORMÉS. 215

oa promît de laisser dans la maison celles qui voudraient y finir leurs jours ^ pourvu qu'elles quittassent rhabit de Tordre^ et qu'elles eussent soin de se pour-* voir d'un ministre. *

Il y eut encore d'autres difficultés qui exercèrent tes Cantons. Les communautés leur présentèrent divers articles de plaintes contre Jeurs seigneurs de jurisdict iion^ qui s'opposaient à la réformatioB. * Les princi-* paux de ces seigneurs étaient l'évéque de Constance, l'abbé de TAu et les chanoines d'Uberlingen , qui de plus exigeaient d'eux certains sermens^ et refusaient de faire des pensions honnêtes aux ministres , dont ils étaient colla teurs. L'évéque de Constance fit encore arrêter un bourgeois de Diessenhofen pour avoir lu dans la Bible, et fit vendre ses biens qui étaient situés au-delà du lac, nonobstant l'intercession de quatre cantons. ^ Des députés de Zurich, de Berne, de Claris et de Soleure allèrent (vers le milieu d'avril) trouver les religieuses dont on vient de parler, pour les exhorter à la modération et à quitter leurs cérémonies superstitieuses. On conféra même avec elles dans une assemblée. Enfin Ton en gagna quelques-unes. Hais quatre des principales s'évadèrent de nuit^ passèrent secrètement le Rhin, emportant avec elles les titrés, les rentiers et le trésor de la maison, et se retirèrent è Engen, d'où elles firent saisir, par la régence de Stockach^ tous les biens de leur couvent situés dans le pays de Hegau. ^ Les autres couvons firent la même manœuvre> tellement

* Ib. page ft37.

' Id. kU. ' ' Hottiog. 5^.

^ Id. ibid.

21& RBGUIMBN5 POUR LES BIENS DES COVYBKS.

que^ soil par un effel de leur mauvais ménage^ soit par ce piKage^ les bien» de ces couvens se trouveresl dimitttfeés de la jûtnAtié. 11 s'agissait de savoir quel mage on en ferait, et de quelle manière on les adiDÎnisIrerait. Quelques-uns preposaieni de les convertir en collées* On e« avail besoin dans le pays pour Tiiistruelion de la jeunesse^ surloot pour celle des écoliers qui se destinaient au ministère de TEvangile. Maia il fui ^tigé que la nombre en serait trop grand. Et lea Can* tons convinrent que le synode du pays cfaoîstraii un certain nombre de jeunes gens, en qui Ven remarquerait de beaux talens , pour les envoyer dans les co&égea et dans les aoadénies , el qu'on leur assignerait cer-* taines pensions, à prendre- sur les biens des couvens. Du reste, les cantons réformés appuyèrent la réforma» tion de tout leur pouvoir dans ce pays-là^ et convinrent d*y établir un consistoire , qui se servirait des lois de Zurich ; avec cette réserve, que les .amendes appartiens draient auK di:i( cantons. * On convint aussi de donner le poavc»r k ce consistoire de bonifier tes cure» chétives, et d'y établir des pensions honnêtes aux dépens des seigneurs collateurs qui refuseraient de le faire, et cela après un mois de terme qu'on leur donnerait pour ce sujet. Les cantons catholiques voulurent bien se charger de ce soin ; mais ce fut là une nouvelle pomme de discorde et une source de mécontentemens. * La plupart de ces cdiateurs éuient des prélats soit étrangers, soit naturels du pays. Quand on voulut prendre ces pensions sur les dîmes qu'ils tiraient dans ces paroisses, ils s'y opposèrent de toute leur force > prétendant

* Bern. Arch. Iiutr. A. p. 447.

Md.

RéFORHB I>ANS LES BAILLIAGES LIBRES. 21^

n'élre poini oJbligés à réparer la dimînolioo que la ré« forme avait apportée aux bénéfices; et demandaient qu'on rétablît les choses sur l'ancien pied^ conformément à rintention des fondateurs. ' Bnfin les eantons réformés consentirent que les habitans du pays prélas^ sent serment à leurs seigneurs de jurisdiction que j'ai désignés ci-dessus , mais seulement pour les affaires civiles^ comme cela s'était pratiqué de tout temps. ^

Il y eut encore une autre difficulté particulière à ré^ gler avec .l'évéque de Constance , qui a droit d'appel sur divers lieux de la Thuigovie et du comté de Bade. Son tribunal d'appel n'était point fixe , et il fallait que les pauvres gens Taliassent chercher bien loin au-delà du lac^ tantôt à Mersbonrg, tantôt- à Geyerhofen, ce qui leur causait de très-grands frais. Ils s'en plaignirent aux Cantons^ leurs seigneurs, qui en écrivirent à Tévé^ que, afin qu'il établît un tribunal fixe et composé de gens du pays ; ce qu'il fit , et il établit ce tribunal à CreutzKnguen. ^

Dans les Bailliages Libres, la réformation avançait lentement. Cette année, la paroisse de Hermenschwyl, près de Bremgarteo, embrassa l'Evangile et pria les seigneurs de Zurich de leur donner un bon minisire. On leur donna le vieux doyen Bullinger, et on l'y envoya accompagné de deux dépotés de Zurich, qui furent chargés de dire à l'abbé *de Mouri et au bailUf du pays, qu'on ne voulait rien faire qui fût contre le traité de paix. Et comme certaines gens. du voisinage avaient menacé d'empêcher Kinslallation du doyen , quelques

^ Hottiug. 522.

*B. Arch. l.c.hn '' Hotliii|T. «29.

210 KÉrOlLKE DANS LES BAILLIAGES LIBRES,

bourgeois de Bremgarten se joigoirent aux dépulés do Zurich pour les escorter^ ce qui donna occasion aux mal inienlionnés de mal parler de Zurich. ^ La plupart des religieuses du lieu abandonnèrent aussi la messe , pour embrasser la réformation. ^ ' La réformalion causait aussi des mouvemens dans le comte de Bade. On a vu ci-dessus^ ^ que la ville de Zurzach Ta vait embrassée y et aboli la messe à la plu*» ralilé des voix ; mais les chanoines du chapitre de Ste- Vérène ne voulurent point se conformer à VEglise du lieu , et demeurèrent dans le papisme. Les paroissiens voulurent les obliger par force, non pas à embrasser la réformation contre les mouvemens de leur conscience, mais du moins à vivrç d'une manière bien réglée, conformément aux édits de Zurich , et a chasser leurs con-^ cubihes. * Ils demandèrent encore que les biens d'église et les ornemens fussent remis entre les mains des Cantons leurs seigneurs. Les cantons évangéliquea firent exhorter ces chanoines à recevoir la réformation, avec promesse de leur faire une pension viagère ; mais aussi avec menace de les chasser, s'ils voulaient s'obstiner à dire la messe et a faire ménage avec leurs concubines. ^ Le prévôt, nommé Pierre Attenhofer, ne s'accommodant point de ces conditions^ se retira au-delà du Rhin , et les autres chanoines demandèrent de l'argent pour le suivre et se retirer.

La ville de Kaiserstouhl fit paraître beaucoup de fer-i

* Id. B06.

' Il y a dans le vilbge de Hermenschwyl un monastère fort auçien de Tordre de S. Benoît.

' Page 134. à l'an i529.

^ Hotting. 823.

* B. Instr. A. A47.

. A KLXRGNAU ET A WYL. 217

melc pour l'Evangile. Les habitans demandèrent longtemps la permission de r^ler la religion chez eux^ a la pluralité des voix. Ils l'obtinrent enfin avec bien de la peine; et dans leur assemblée générale, qui se tint le 3 janvier 1531 en présence du baillif de Bade, la messe fut incessamment abolie par les suffrages des paroissiens; mais ce zèle ne se soutint pas. ^

Les choses prirent une autre face a Klingnau^ petite ville du même bailliage. On s'y assembla aussi pour délibérer sur la réformation ; mais la'confusion s'étant mise dans l'assemblée, leur délibération n'aboutit a rien. Les réformés soutinrent que la pluralité avait été de leur côté, et s'adressèrent aux cantons réformés pour obliger les catholiques a s'y soumettre. Ceux-ci au contraire demandèrent qu'on fît une nouvelle délibération sur cette affaire. Les cantons réformés appuyèrent la demande de ceux de leur religion , et pressèrent l'observation des articles 1,.8 et 15 du traité de paix. ^ Mais les troubles qui survinrent bientôt rompirent leurs mesures et firent évanouir leurs espérances. Ils assignèrent des pensions aux moines de Wettinguen , qui s'é^ taient mariés, et ils donnèrent à l'abbé le titre et l'emploi d'administrateur.

La même année 1530, la bourgeoisie de Wyl (rési-r dence ordinaire de Tabbé de StrGall, et capitale de ses terres) embrassa la rtformation par les soins du ministre Conrad Schrevogel , qui y prêchait depuis quelque temps. La résolution en fut prise vers la fin de janvier, dans une assemblée générale des conseils et de toute la communauté. On députa deux personnes pour aller conférer

' Hotting. 523.

^ B. Instr. A. 447.

21 s DTSCIPLIKE BCCLÉSUSTIQDB.

à Zurich sur la manière de se conformer a l'EgKse de ce lîeu-Ià dans l'exercice de la religion , et pour s'assu* rer de la proleçtîoa de la seigneurie. Enfin ce grand changement j (ut exécolé le mardi V mars. On abolit la messe avec toutes les cérémonies de l^glise romaine. * Mais il en fol de cette Eglise, comme de celles de Bremgarten ^ de HellinguMi , à» Kaiserstouhl et de quelques aotrea; elle ne se soutint pas dans son zèle pour la pureté de la religion.

Y. Une bonne réformation , pour répondre à l'origine de ce mot^ consiste à corriger et à retrancher Tabtts d'une chose ^ et à en rétablir le bon et tégitia»e usage. Ce ne serait pas» par exemple , réformer un gouYeme* ment> que de Tahcdir tout à fait> de le dépouiller de son autorité^ et de ne lai permettre jamais de l'exercer. Il faut avouer que les papes et les autres praat8.de l'Eglise ronkaine avaient fait un abus horrible et criant de la discipline ecclésiastique et de rexcommunicaliott , et cela en diverses manières^ que Ton peut voir dans lliis* toire^ et qu il n'est pas nécessaire de rapporter ici. Afin donc de faire une entière et parfaite réformation de TEglise, il falkit aussi la réformer à cet égards non pas en abolissant l'exercice d'une discipline sainte dans son origine, et pratiquée constamment sans interruption dans l'EgKse universelle pendant mille cinq cents ans ; mais plutôt en réglant exactement fosage qu'on en de« vrait faire. Cest à quoi Oecolaropade travailla cette année à Bâle 'et avec succès. ' il obtint des magistrats qu'on y établît une discipline ecclésiastique , suivant la* quelle tous ceux qui menaient une vie scandaleuse de-

* Slurapf, Lib. V. HoUing. j\i.

^ Holliiig. 325. 526. 527.

. LS STMODE D*ARAU LA RSJBTTB. 219

vaieat ctre excommuniés. Mais il n*eal pas te même succès auprès des autres éiftts réformes , quoiqu'il appuyât sa proposition de très^forles raisons. Des ministres, députés des villes réformées, s'assemblèrent à Arau pour en délibérer.

Car dans les temps de la réformation , les évangélisles avaient la louable coutume d'entretenir entr'eus une sainte correspondance et de prendre des mesures ensemble pour le bien de l'Eglise, autant qu'il était possî^. ble. (hi ne se bornait pas à consulter les théologiens des capitales, mais on assemblait des synodes pour conférer ensemble sur les questions qui se présentaient. Dans ce synode d*Arau, les ministres représentèrent : «I. l'abus qu'on avait fait de l'excommunication dans I*Eglise romaine, particulièrement par trois endroits. V. Qu'elle n'avait été exercée que par le pape et par les évdques, selon leur caprice, et sans le concours des magistrats. 2*. Qu'on avait excommunié pour des dettes , pour im-^ poser des ordonnances humaines et sur de faux avis. 3*. Qu'on avait «xercé une vexation insupportable sur les gens, par des citations, en leur causant des dépenses excessives, et par d'autres voies inhumaines. H. Que d'ailleurs leurs Eglises étaient sous des magistrats chrétiens , qui avaient déjà publié divers édits pour abolir les vices. » C'était effectivement a cela qu'il fallait réduire la question , savoir si Texcoromunication est nécessaire ou non dans des états chrétiens, où le magistrat est lui-même membre de l'Eglise? Car d'alléguer, pour la rejeter, les abus qu'on en avait fait dans l'Eglise romaine, c'élail un raisonnement faible qu'un enfant pou^ vait réfuter. Que deviendrait le monde s'il fallait abolir, je ne dirai pas tout ce dont les hommes ont abusé autrefois, mais tout ce dont ils abusent aujourd'hui ? Il fau-

220 DIBTE évANGÉLlQUE A BALE.

drait interdire tous les soutiens de la. vie. Il faudrail abolir Tautorite même des princes et des magistrats. Mais je reviens à mon histoire. L'assemblée d'Arau ne décida rien. On convoqua une autre assemblée à B&le, pour lo mois de novembre^ composée des députés des villes évangéliques. Les Bernois ne donnèrent aucune instruction à leurs députés sur ce Sujets disant qu'ils ne pouvaient pas en délibérer que les troupes qu'ils avaient envoyées à la guerre de Genève , ne fussent de retour. ^ Dans cette assemblée de Bâle^ après que les députés se furent communiqué réciproquement leurs instructions^^ la conclusion fut, et c'était le sentiment de la plus grande partie^ « que chaque ville ayant fait des ordonnances et des lois pour punir le vice, qui avaient été maintenues jusques-là, on pourrait croire, si Ton établissait ainsi l'e^icommunication (quoiqu'on le fît chrétiennement, comme on disait) que Tune de ces choses empêcherait le succès de l'autre ; et qae pour cette cause, il fallait en suspendre encore l'établissement. Permis cependant à chaque ville de pirendre sur ce sujet tel parti qu'elle trouverait à propos , selon l'état des choses, et de recevoir l'excommunication ou de la laisser. s>

Oecolampade ne se rebuta point, et ne cessa de représenter à ses amis les raisons qu'il avait de presser rétablissement de cette discipline. ^ Peu de temps après on convoqua un synode' à Bâle, composé de cinquante tant pasteurs que vicaires , où l'on convint de supplier le magistrat par des députés , comme on l'avait déjà fait

* Bern. Imtr. 23.

' Hottinfr. tm.

' Kpislolte Occolamp. et Zwinglii. p. 42. 175. 184.

LA DISOPUNE EST CONTIRMÉE A SALE. 221

auparavanl^ «d'employer le remède de rexcommuni^ cation pour guérir les maux de l'Eglise. » Ce qui fut accordé. La seigneurie de Bâle publia une déclaration, le 14 décembre, dans laquelle ces pieux et vraiment louables magistrats disaient : « Que par un zèle chrétien , ils avaient pris à cœur l'introduction d*une vie pieuse et la destruction des vices ; et que quoiqu'ils eussent établi la discipline ecclésiastique et l'excommunicatioii par leur édit de réforme publié le 1*' d'avril 1529, avec ordre aux ministres de l'exercer, ils avaient^ cependant con-r sidéré qu'il était extrêmement nécessaire de chercher avec plus de soin que Ton n'avait fait jusque-là les moyens de l'exercer d'une manière utile et salutaire ; que pour cette cause, ils avaient ordonné unanimement que l'excommunication fût pratiquée désormais , en excluant les pécheurs de l'EgUse romaine, selon le contenu d'un long règlement, fait pour ce sujet, qui était joint à la déclaration. » * Oecolampade en eut une joie extraordinaire, et ne pouvait se lasser de la témoigner à ses amis.

La même qmestion fut aussi mise sur le tapis à S. Gall, et débattue avec chaleur» Quelques-uns pressaient vivement l'excommunication, et croyaient que les excommuniés ne devaient pas seulement être exclus de la sainte Cène, mais aussi de tous les autres exercices de l'Eglise, et même de tous emplois. D'autres s'y opposaient. Les sentimens étaient aussi partagés dans la Thurgovie et dans les quartiers voisins. Quatorze ministres de la Thurgovie s'assemblèrent à Bischofszell , par les soins de Christophe Landenbei^er, et convinrent entr'eux de renoncer à l'excommunication , et de

^ HoUing. 896.

22S KLLB EST EBIBTÉS A S. GALt.

prier ^ en échange , les magistrals de punir exademcni les vices , eide faire bien attention à ce que leur emploi exigeait d'eux à cet égard. ^ Ge Christophe Landenberger était natif d'Ober-Buren , seigneurie de Vabbé de S. Gall ; et peu de temps avant cette asfterablée il avait é\é crueUement tourmenté , apfdiqué méaie a la torture a Lucerne et à Wyi. D'autres s^assemblèrent à Roschach^ au nioi« de novembre, pour le même sujet.

Enfin le capitaine et le conseil général du pays do* pendant de Vàki^ de^. Gall , sollicitèrent la convocation d'un synode, pour examiner celte matière, parlica* lièrement à cause des Anabaptistes qu'on Souhaitait de ramener, et en convoquèrent un à S. GM pour le dimanche 18 décembre. U fut compose des ministres de la Haute-Thurgovie, du Rheinthal et des seigneuries de l'abbé; ' Zwingli s'y trouva aussi ^ avecTabbéde Cappd et un député de Zurich. H s'y trouva aussi, sans qu'on les y eût invités, plusieurs ministres du canton d'Appenzell et du Tockj»ibourg, dans le dessein de s'instruire sur des matières qui étaient encore obscures pour eux. Les présidons de l'assemblée furent, d'entre les ecclésiastiques, Zwîagli et Jac<A Rheîner, ministre de Thaï, dans le RheiiAfaal ; et d'entre tes magistrats, le bourgmattre Kommerer, de S, Gall etFrey, capitaine du pays. Le colore Vadian y aurait présidé, s'il eût «été présent^ Mais il «e trouvait alors dams la diète des Cantons , assemblée a Payeme pour les affinres de Genève, dont j'ai à parier d^deBsevs. Tous les assistans prêtèrent mi certain serment, qui ienr fut présenté, excepté Dominique ZîUi , ministre -de S. Gall'ei Jean i^ort*

* Id. ibid.

« Holting. 527

DIAPRES L*AYI3 DB ^^K^INGLT. 5225

knuUer, pasteur d'AItsleltei]^ dans le Rfaeinthal. ZwÎDgli leur reprcseota la nécessité de prêter ce serment. Ils répondirent^ « qu'ils avaient prêché l'Evangile non en conséquence d'un serment, mais parce que leur devoir les y obligeaient, et qu'ils voulaient continuer à le faire.» On disputa deux jours sur la matière de l'excommunicalion. ZwingK parut opposé à cette espèce de discipline. Il représenta, « que l'état présent de l'Eglise ressem- Uait mieux aux temps des prophètes qui avaient vécu sous des princes fidèles qu'aux temps des Âpfttres, où lès Eglises étaient dispersées, et ne pouvaient avoir aucun secours des empereurs qui étaient païens. » Ainsi ^excommunication fiit rejetée. Zwingli exhorta fortement les magistrats a punir les pécheurs scandaleux, et. prêcha à la fin du synode. On cita les Anabaptistes , sujets de l'abbé de S. Gall^ à comparaître devant le sy* node ; mais ils n'y comparurent point.

Il ne faut pas oublier de remarquer que dans la Thurgovie, comme les baillifs ne voulaient point 'se mêler d'affaires de religion^ l'on y établit douze inspecteurs pour être uniquement chargés de ce soin. Ces inspecteurs rendirent de très-grands services aux Eglises de leur pays, qui sans eux auraient souvent souffert, et l'Evang^ y aurait fait peu de progrès. Mais cet établissement ne dura pas. A leur place on établit des consistoires. *

VI. II y a quelque apparence que l'aversion qu'on avait partout pour les Anabaptistes donna à plusieurs personnes cet éloignement pour Texcommunication qui parut alors et qui a duré jusqu^à présent. Car ces gens-là la demandaient avec chaleur, soutenant que le gouver-

* Hotling. 527.

22& AI9ABAPTI6TBS.

nement de l'Eglise devait être entre les mains de l'Eglise y et que les amendes pécuniaires^ les emprisonnemens et autres châtimens corporels que les magistrats infligeaient aux coupables^ au lieu de l'excommunication^ n'étaient point de l'institution du Seigneur. Ainsi ceux qui demandaient Texcommunication se rendaient quasi suspects d'anabaptisme > comme s'ils eussent voulu dépouiller les magistrats de leur légitime autorité. Ce* pendant l'expérience a fait voir le contraire^ puisque* dans tous les états protestans où ^excommunication est établie et où les magistrats et les princes sont membres .de l'Eglise > comme en Angleterre > en Hollande, en diverses principautés d'Allemagne^ a Bâle, à Genève et à Neuchâtel, l'usage de cette discipline ne donne aucune atteinte à l'autorité civile. Mais, pour revenir aux Anabaptistes , leurs dogmes et leur conduite firent beaucoup de tort à là réformation. Un sentiment étrange s'était répandu en divers endroits de la Suisse et de' l'Allemagne , que TEvangile affranchissait les hommes de toute servitude, tellement que quelques-uns l'embrassaient dans l'espérance de se voir affranchis de tout joug des hommes. Et il paraît par les monumens de ce temps^là, entr'aulres par diverses lettres de Farel, qu'il fallait que les prédicateurs se donnassent beaucoup de peine pour guérir les esprits là-dessus, en leur faisant comprendre que la liberté que l'Evangile procure aux hommes est spirituelle et ne regarde que l'ame, et que la religion ne déroge en rien aux droits et aux règlemens de la société civile. Berchtold Haller étant à Soleure, pour le sujet qu'on verra bientôt^ écrivit (le 26 janvier) aux seigneurs de Berne, qu'il y avait quantité d'Anabaptistes à Wangen (bailliage bernois situé sur TAar, près de Soleurç), et qu'il ne s'agissait plus avec

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