‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 5)Chapitre 32 sur 60 · ILS RBFUSEMT DB PAYER LES DIMES · texte numérisé non relu

ILS RBFUSEMT DB PAYER LES DIMES

eux de la question du baptême ; mais qu'ils voulaient être affranchis de censés et de dîmes, et même de leurs dettes; et qu'il avait remarqué de grandes semences d'anabaptisme à Soleure^ même parmi les principaux. *■ Comme ce sont les plus riches qui ont ordinairement le plus de terres, c'était aussi eux qui étaient les plus intéressés à Tabolition des dîmes. Sans doute ce fut là , du moins en bonne partie, la cause du peu de succès que la réformation eut à Soleure. Car voici comme Oecolampade écrivait le 17 juillet aZu^ingli : ^ (^ Le commencement a été si bon à Soleure, qu'ils devraient désormais être unis à nous en Jésus-Christ. Mais j'apprends que les Anabaptistes y gâtent tout par la ruse des papistes, qui les tolèrent avec plaisir ; et il arrive qu'à cause de ces gens-là les ministres de l'Evangile n'y sont point estimés. » Les Bernois donnèrent avis quelques jours après , le 2 février , à leurs alliés de Soleure des pratiques secrètes des Anabaptistes d'Arwangen , de Wangen et de Bipp (trois bailliages bernois qui sont au voisinage de Soleure)^ les exhortant à se tenir sur leurs gardes. ^

Il ne faut donc pas s'étonner si les états réformés les traitèrent durement et les punirent de mort, puisque*ce n'étaient pas de simples sectaires, mais des gens qui^ sous prétexte de religion , se rendaient coupables d'une rébellion formelle ; pour ne pas dire ici que par le même endroit ils faisaient un tort infini à la réformalion. Une diète des cantons réformés , assemblée à Zurich , (it ce décret sur leur sujet, le 13 janvier de celte année. *

* Msc. Grooss.

' Hottinfr. 5&2.

* Msc. Grooss.

* IToUinfr. loco cil.

SSC DiCRKT PUBLIÉ CONTRE SUX.

« D'aulanl que la misérable el erronée secte des Anabapiisies se répand de plus en plus en tons lieux ^ ce qui cause un grand préjudice à notre vraie foi chrétienne et donne lieu à des divisions ^ à diverses calamités, aux troubles et à l'effusion de sang; particulièrement qu'on dit qu'à^Gemund, en Souabe, il y a eu des Anabaptistes qui avaient établi entr'eux la communion des femmes, pour laquelle cause les gens du roi Ferdinand ^ et ceux de l'empereur veulent opprimer la vraie doctrine.de TEvangiie, disant, «qu'on voit la à quoi » aboutit la doctrine de Luther; que ce sont là les cho- » ses à quoi ses sectateurs s'adonnent. x> D'autant donc que cette secte et cette conduite des Anabaptistes est hornble , insupportable et contraire à l'Evangile de Jésus-Christ , il a été résolu que chaque député rapportera la chose à ses principaux, afin qu'on délibère k la prochaine assemblée de quelle manière il faudra se conduire avec ces esprits erronés et opiniâtres. En particulier il a été résolu que chaque ville donnera a ses députés des copies des édits et des règlemens qu'on y aura faits sur cette matière, afin qu'on en puisse composer, de concert, un règlement commua contre les Anabaptistes. » Il Ait aussi résolu dans cette diète d'écrire fortement sur ce sujet au canton d'Appenzeil.

Cette résolution ne fut exécutée que vêts la fin de l'année. En attendant, les Zuricois déclarèrent^ dans redit de réforme rapporté ci-dessus , qu'ils étaient résolus de punir de mort soit les Anabaptistes, soit ceux qui les protégeraient, et de bannir même, comme des parjures, ceux qui ne les décèleraient pas. '

* Frère de l'empereur.

> Hotting. 2(28.

MOi:V£MENS A TAVANEA BT A LAUFFftN. fOff

II parut quelques semences de cet esprit dans quelques endmts des terres de l'évéque de Bâle. Oo e tu ci-dessus * avec quelle proniplitudo la comiuiuie de Tavanes avait embrassé la réfarmatioa. Dès là les paysans prélendireot être affranchis de toutes les redevances Auxquelles ils étaient obligés à la cure* Le ministre s'en plaignit aux seigneurs de Berne, qnî écrivirent, le 14 scpteoibre, à cette commune » a qu'ils trouvaient une ielie conduite^ fort étrange; que TËvangile ne donnait qu'une liberté spirituelle, et non pas charnelle; qu'ils eussent donc à rendre tons Jeurs devoirs à leur ministre, s'ils ne voulaient s'attirer la cassation du droit de bourgeoisie qu'ils avaient avec Berne. » ^ Mais ce fut bien pis dans le gouverneintent de Lauffen , au oMis d'octobre, les habitans ne voulurent plus prêter serment de fidélité à leur {nince, l'évéque titulaire de Bâle, disant qu'ils voulaient avoir un prince séculier. ^ Gomme ik étaient alliés à la ville de Bâle par un ancien Ijraité de conabourgeoisie, quelques filloîs se j<ligntrent à euxelt voulurent les appuyer. Mais le conseil de la ville s'opposa aux uns et aux autres , et se saisit des auteurs de ce tumulte. Les paysans assiégèrent le château de Zwi»geu sur la Birs^ et une autre petite place nommée Birseck ; mais ils ne purent pas la prendre. Ou en vint à ua accommodement» et l'évéque fit un traité avec eux, au<iuel intervinrent ausfd le chapitre et la ville de Bâle. U y fut stipulé entr'autres choses : « Que les peuples des 4iettxgouverAeaiens, Lauffen ei Zwingen, demeune-

« Pa^e 194.

s Bcm. Ut. Miss. 897. b.

3 Wurslis. Lib. VIII. C. 5. p. 588.

* HoUing. 553..

Page 1