ANABAPTISTES I>AVS LE CANTON DE BAIE
raient en paisible possession de la réformalion , pour se faire prêcher la Parole de Dieu , l'Evangile de Jésus- Christ^ etc.^ et que tant eux que leurs ministres pourraient aller et venir par toutes les terres de S. A. Révcrendissime , sans être inquiétés en aucune manière pour cause de religion. » Ce traité fut ohservé jusqu'à Tan 1582 9 qu'un nouvel évoque^ nommé Jacob Christophe^ ^ pour contraindre ces gens-là de renoncer* à la réformation, les opprima en diverses manières, nonobstant la conflrmation qu'il leur avait donnée à son installation de leurs droits, de leurs libertés et de leurs privilèges ; et au bout de sept ans il en vint à bout.
Mais pour revenir aux Anabaptistes, il s'en trouva quelques-uns dans le bailliage de Homberg , au canton de Bâie, qui flrent bien connaître de quel esprit ils étaient animés. Le bailli f ayant fait saisir quelques-uns des principaux, l'an 1529^ le conseil de Bâle y députa quelques conseillers avec un ministre. ^ Ce ministre leur parla amiablement et avec douceur, leur remontrant que s'ils enseignaient la vérité ils avaient tort de se séparer de l'Eglise , et de prêcher dans les bois et dans d'autres lieux écartés. Ensuite il leur exposa en peu de mots la doctrine de l'Eglise. Un des Anabaptistes l'interrompit pour lui dire : «c Nous avons reçu le S. Esprit par le baptême, nous n'avons pas besoin d'instruction. D Un des seigneurs députés leur dît : a Nous avons ordre de vous dire qu'on veut bien vous laisser aller sans autre châtiment, pourvu que vous quittiez le pays et que vous^ promettiez de n'y plus revenir, à moins que vous ne vous amandiez. » L'un des Anabaptistes
^ Hotting. 918. 919. 902.
* Wurslis. Lib. Vm. C. K. p. 580.