DISPUTES LUTHÉRIENNES
occasioa de condamner, les réformés^ disant que s'ils claicnt animes de l'esprit du Seigneur^ ils seraient tous d'un inéme sentiment. ' Ce qu'il y eut de plus triste , c'est que cette division fut entretenue et fomentée par les théologiens^ tandis que d'autres personnes de distinction y et même des princes^ cherchaient à réunir les Eglises^ comme on le verra dans la suite.
Mclanchton^élait encore alors zélé partisan de la pré^ sence réelle du corps du Seigneur^ selon les idées de Luther; et comme Oecolampade lui avait écrit que le sentiment des Eglises de Suisse n'était contraire ni à l'Ecriture Sainte^ ni aux sainls Pères ^ Mélanchton fit un recueil de passages des Pères qu'il crut lui être favorables^ et l'adressa à Frédéric Myconius^ avec une lettre fort vive où il parle de Carlostad avec beaucoup d'aigreur^ le regardant comme le chef des sacramcntaires^ ^ (c'est ainsi que les Luthériens appelaient les sectateurs de la doctrine des Suisses), et ajouta d'un air méprisant, que ses adversaires ne savaient alléguer que deux passages des Pères en leur faveur. ^
Oecolampade repoussa cette fanfaronade par un dialogue qu'il publia^ où il ramassa quantité de passages' des Pères, même de quelques-uns que Mélanchton n'avait pas vus, pour prouver que le sentiment de nos Eglises était le même que celui des anciens chrétiens. Et sur ce que Mélanchton avait écrit, « qu'il ne faut pas mépriser les tcmoifi;nages des anciens , et qu'il n'est pas sûr de s'éloigner de l'ancienne Eglise, » Oecolampade répond : «lorsque nous suivions ci-devant cette voie.
' Hospiiiian. II. 186. b.
* Id. 189. b. 190. b.
= Id. 197. b.
354 ŒCOLAMFÀDB EirOTB MBLAKCHTOM.
on nous traduisait de la manière la plus odieuse, conmie si, uniqueroeni altaches aux traditions humaines^ nous eussions abandonné la Parole de Dîeu, de laquelle cependant nous faisions toujours le principal appui de notre doctrine. » * Il reprocha à Mélanchton l'aigreur avec laquelle il écrivait, lui représentant qu'en cela il agissait contre les promesses que lui et ses partisans avaient faites dans ta conférence de Marpourg. II réfute la calomnie des adversaires^ qui nous accusent de faire du sacrement un signe tout nu^et vide de réalité ; et soutient « qu'il est efficace par l'opération du S. Esprit dans l'assemblée des fidèles, afin qu'il soit fait comme un corps plus noble et plus saint, pour nous qui nous sommes unis en un corps à Jésus-Christ notre chef. Quand nous disons cela, nous ne prétendons point que Jésas- Christ soit absent de la Cène. D'ailleurs nous n'dtons pas à la Cène l'aliment de la vie, la chair et le sang de Jésus-Christ et Jésus-Christ lui-même. Car si nos aroes ne sont pas nourries de celte nourriture^ elles n'auront point la vie. De plus ^ nous n'avons jamais nié que la Cène ne sefve aussi à la foi^ soit a l'exciter, soit à l'augmenter, etc. »
Il soutient que la dispute entre les deux partis ne rouler point sur la présence ou l'absence du corps du Seigneur, mais sur la manière de sa présence, a Car, dît-il, qui est-ce qui est assez hébété pour assurer que le corps du Seigneur soit en toutes manières présent ou absent? » Il conclut son livre en déplorant la funeste aigreur survenue entre les Eglises à l'occasion d'un sacrement que le Seigneur a établi pour enlretenir l'union et l'amour entre ses disciples.
' Id. 196. b.
CONFÉRENCS DK l'eMPIRBUR AVEC LB TAPE. 232»
Ce Kvre d*0ecôlampade fil beaucoup de bien y el ra» mena plusieurs savans. ' Il adoudi aussi resprit de Mélanchton, qui en fui ému. Ce grand homme commença à ouvrir les yeux et à revenir un peu de la force de ses préjugés ; tellement que dès lors il se mit à étudier de nouveau Tantiquilé ecclésiastique, et ne fit presque autre chose, pendant dix ans, que de consulter les Pères sur cette matière. ^ Bucer trouva cet ouvrage d'Oecolanipade excellent, et souhaitait que toutes les personnes intéressées dans cette querelle voulussent se donner la peine de le lire et de le méditer avec soin. ^
Cependant il aurait été fort nécessaire que les deux partis se fussent bien entendus, pour résister ensemble aux forces des catholiques, et particulièrement de Tempereur Charles V et de Ferdinand, roi de Hongrie^ son frère, qui menaçaient de tout désoler.
Déjà dès l'année passée Teropereur Charles V, débarrassé de la guerre avec la France et avec le pape , avait pensé à terminer dans l'empire tous les différens de religion. II était naturellement porté à la douceur^ et d'ailleurs il avait de la religion ; mais dans une conférence qu'il eut avec le pape à Sologne, le S novembre 1529, Clément Vît le gagna tellement, qu'il lui fit promettre que s'il ne pouvait pas ramener les Luthériens à Tobéissance de l'Eglise romaine par la douceur, il le ferait par la voie des armes. ^ Dans cet esprit, il écrivit, le 21 janvier 1530^ aux états et princes de TAIlemagne de s'assembler à Augsbourg pour le 8 d'avril; leur ordon-
* Bttllinger apud Hotting. 5&i.
' Hospinian. II. 198. a.
' Id. ibid. 197. b.
* Id. 1*7.
236 CONFESSION d'augsboorg.
nant d'y apporter une confession de lear foi, en allemand ci en lalin , et leur déclarant qu'il avait dessein d'examiner avec douceur les sentimens des uns et des autres, et de faire ses efforts pour les ramener à une bonne intelligence et à une solide paix. ^ D'autre côte , les protestans eurent avis que dans le traité fait à Barcelone, le 29 juin de Tan 1529^ entre l'empereur et le pape, ils étaient convenus des conditions suivantes : «Que Tempcreur et. le roi Ferdinand s'efforceraient de ramener les hérétiques au bon chemin. Que s'ils étaient opiniâtres , ces deux princes les y contraindraient par la force ; et que le pape n'épargnerait rien pour engager les autres princes chrétiens à leur aider dans ce dessein. » ' D'ailleurs les menaces et les rodomontades des princes et des prélats, aussi bien que des autres catholiques d'Allemagne , qui triomphaient déjà à l'avance, dans la pensée que l'empereur allait terrasser tous leurs adversaires, étonnaient les princes protestans.
Tous ces princes ordonnèrent à leurs théologiens de dresser un abrégé de leur doctrine, et lorsqu'ils se trouvèrent tous à Aùgsbourg, Mélanchton fut chargé d'examiner tous ces écrits , -et d'en extraire tout ce qu'il y trouverait de meilleur, pour en composer une bonne confession de foi, qui pût être reçue par tous les protestans ; ce qu'il fît avec beaucoup de soin et de circonspection , mais aussi avec beaucoup d'angoisse, craignant de faire quelque chose qui^ d'un côté, fût contre sa conscience et son honneur, et qui de l'autre pût trop choquer l'empereur et les autres princes catholiques , tellement que Luther, qui était demeuré à Kobourg, fut obligé de lui
* Seuil, p. m. 262. Sleid L. VII. p.in. 181.
• Fra-Paolo. Lib. I.
CARLOSTADT. 257
écrire par deux fois pour lui reprocher sa pusillanimité et lui relever le courage. ' Quand la confession fut faite, Jean^ électeur de Saxe^ l'envoya à Luther, à Kobourg, pour la revoir et ta retoucher. Luther l'approuva dans tous ses points , et n'y changea rien. ^ Cela n'empêcha pas que Mélanchton n'y changeât encore quelque chose, avouant lui-même dans une lettre, du 20 mai, a Luther : a Qu'il fallait de temps en temps changer les articles de foi et les accommoder aux occasions. » ^
Dans le même temps , Luther ayant appris que Philippe, landgrave de Hesse, penchait vers la doctrine de Zwingli sur le sacrement « lui écrivit une longue lettre contre ce docteur et contre sa doctrine, ^ et entr'autres choses' il y témoigna que la bonne réception que les Suisses avaient faite à Carlostadt lui déplaisait beaucoup plus que tout autre chose. ^
Le pauvre Carlostadt s'était attiré la haine et l'inimitié de Luther, parce que durant l'absence de Luther, caché dans le château de Wartbourg^ en Saxe, lors de sa proscription^ et sans le consulter, il avait fait enlever les images des temples de Wittemberg et aboli divers autres abus, non pas à la vérité seul , mais de concert avec Mélanchton et les autres docteurs de l'université. ® Luther en fut outré de dépit, et ne lui pardonna jamais d'avoir voulu réformer quelque chose dans l'Eglise sans sa participation. ^ H se trouva encore qup Carlostadt ne
* Hospinian. l. c/lft7. el Scult. 1. c. 276. 277.
* Seuil. 271.
^ Hospin. i&8. a.
* Id. U9.
* Id. 150.
^ Seuil. T. I. p. m. 89. 90. cl 106. 107. ' Id. 107. et scq. usq.'ad 110.
23B CA&LOSTADT.
fui point de soû sentiinent sur la prësence réelie^ autre sujet de haine. It ne cessa donc de l'inquiéter jusqu'à ce qu'il Teûl fail chasser de Saxe. Carlostadt se retira à Strasbourg, et n'y trouvant point d'emploi^ il en alla chercher à Bâie, traînant après lui sa femme et ses en* fans, el de là il fut à Zurich, muni de lionnes lettres de recommandation que Bucer, Capiton ei Occoiampade loi donnèrent auprès de Zwiogli. ' A la recommandation de ce réformateur, qui le recueillit charitablement^ le magistrat de Zurich lui donna l'emploi de diacre ou vicaire dans le grand temple^ et ensuite celui de pré* dicateur de l'hôpital. Mais comme son langage saxon , fort éloigné de celui de Zurich , faisait que ses auditeurs ne l'entendaient pas bien; on l'envoja de Zurich à Akstelten^ ville du Rheinthal, à la place de Fort- Multer, ^ dont j'ai parlé ci-dessu8« ^ Ëniin l'année suivante ^ 1531 , en automne, il alla à Bâle, où il fut reçu dans l'exercice du saint ministère, et il y passa tranquillement ie reste de ses jours , vivant d'une manière irrépréhensible. ^ Voilà quelle fut la fortune de ce docteur. Luther donc poussa l'aigrebr contre lui jusqu'à trouver mauvais que Zwingli l'eût recueilli. Et des écrivains luthériens ont répandu diverses calomnies contre lui, dont la fausseté parait par ceux qui oai écrit l'histoire de Zurich et de Bâle.
Pour revenir à la diète d'Augsbourg, le samedi 25 juin, Jean électeur de Saxe, accompagné de Jean- Frédéric son fils, de George margrave de Brandenbourg,
* HoUiiig. P. T. VIII. 152. et seq.
' HollinR. F. «39.
' Page 223.
'^ Hospjnian. 1. c. 199. a.
BB LA MESSK D*APRBS LA GOMFBSSIOïC d'AUGSBOURG. 839
d'Brnesi et François^ frères^ ducs de Brunswik el de Luaebourg y de Philippe laadgprave de Hesse , de Wolf* gang prmçe d'Anhalt, et des députés de deux seules villes impériales^ y porta la Confessioa de foi , dressée par ftlélanchton el approuvée par Luther^ la présenta à l'empereur^ et lA fit lire à haute voix par son propre chancelier^ eo présence de tous les Etats de TEmpire. ' C'est pour cette cause que, depuis ce temps^là, cet écrit fui appelé la Confession d'Augsbourg.
L'article 10 de cette Confession étail conçu en ces termes^ selon qu'elle fut imprimée pour la première fois à Wittemberg , en langue allemande : ^ « .Touchant la Cène du Seigneur, nous enseignons que le vrai corps el le sang de Jésus-Chrisl esl vraimeni présent sous l'espèce du pain et du vin , el y est distribué el pris ; c'est pourquoi Ton rqetie la doctrine contraire. »
Dans Tarticle de la messe, elle parle ainsi': ^ « C'est a tort qu'on accuse nos Eglises d'abolir la «esse ; car on la retient parmi nous, et on la célèbre avec un profond respect. On conserve aussi à peu près toutes les cérénionieB accoutumées, excepté qu'en quelques en^ droits on joint aux cantiques Utins des cantiques allemands, qu'on a ajoutes pour enseigner le peuple. » Et a la^ de l'artide, on dit encore .:
» Puis donc que la messe, telle qu'elle est parmi nous, est fondée sur l'exemple de l'Eglise, tiré de l'E^ criture et des Pèresi nous nous assurons qu'on ne saurait la désapprouver; surtout puisque les cérémonies publiques qu'on obserre, sont pour la plupart sembla-
^ Scult. T. II. p. 275.
* Hospinian. i5tf. b.
' Hospîn. 156. a. Osiand. 163 et 161$.
/ 240 LA COlfFBSSION D*AUGSBOURG.
bles à celles qui sont en usage; seulement il y a de la différence dans le nombre des messes ^ lequel il faudrait assurément modérer, à cause des grands et manifestes abus qu'on en fait. »
Tout esprit non prévenu peut sentir sans peine que par de semblables expressions les auteurs de celte Confession ont voulu s*accommoder^ autant qu'il leur a été possible , au goût du grand monarque à qui ils la présentaient. Sa puissance était alors formidable. Il faisait trembler toute l'Allemagne y et il avait déclaré lui-même <c qu'il pouvait bien souffrir sans peine que les Luthériens trouvassent a redire au papisme dans toutes les autres choses; mais que pour la messe, la messe était son cœur^ et qu'il ne souffrirait point qu'on la lui ôlât.' » Mais quand, Tannée suivante^ les princes protestans furent un peu revenus de cette première consternation , on corrigea cet article 10^ qui regarde l'eucharistie, et il fut conçu en ces termes : « Touchant la Cène du Seigneur, ils enseignent que le corps et le sang de Jésus-Christ sont vraiment présens, et sont distribués avec le pain et le vin à ceux qui participent à la Cène du Seigneur. » ^ Ce fut avec cette correction que celte Confession fut imprimée et publiée à Wiltemberg, par autorité des princes protestans, qui déclarèrent qu'ils voulaient que cette nouvelle édition fût regardée comme la seule véritable^ se plaignant de la précédente, qui avait été faite à leur insu.
Pour revenir à l'histoire .de cette Confession , l'empereur l'ayant reçue en allemand et en latin, l'envoya aux plus grands rois de l'Europe, leur demandant leur
* Id. 155. a.
* Id. 157. a.
CONFESSION DE STRASBOURG. StM
opinion ci leurs conseils sur celle affaire. Et les ambassadeurs des princes étrangers^ qu'il y avait a sa cour^ renvoyèrent à leurs maîtres traduite chacun en sa langue ; ^ et ainsi dans peu de temps elle fut répandue par toute TEurope y et servit à répandre la lumière de TEvangile en divers'pays.
D'autre côté^ comme les principales Eglises de la Hau te -Allemagne j c'est-à-dire de l'Alsace et de la Souabe^ n'étaient pas alors dans les idées de Luther, sur la matière du sacrement, elles ne purent pas se résoudre à souscrire en tout à la Confession dont on vient de parler. Le magistrat de Strasbourg ordonna donc à ses théologiens, Èuccr et Capiton, d'en dresser une particulière; ce qu'ils firent.. Elle fut lue dans la Compagnie des ecclésiastiques et approuvée unanimement, et de-là portée au sénat, qui la fit lire par toutes 4es assemblées des tribus ou corps de métiers, où elle fut approuvée et autorisée. ^ Voici ce que portait la seclion XVin, qui regarde la Cène : <k Que par ce sacrement, Jésus-Christ ne donne pas moins aujourd'hui^ que dans son dernier souper, à ses vrais disciples, lorsqu'ils célèbrent ce souper de la manière qu'il l'a établi, son vrai corps et son vrai sang pour le manger et le boire véritablement, pour servir d'aliment et de breuvage à leurs âmes , afin qu'elles, en soient nourries pour la vie
éternelle Nos pasteurs ont un soin particulier de
détourner les esprits du peuple de toute dispute et recherche superflue et curieuse, pour les ramener à la seule chose qui est utile et approuvée de Jésus-Christ
* Seuil, p. m. 27&.
' Ilospinian. iG2. iG5.
S4S COirPISSIOH DB ZWIHGLl.
noire SauTeur^ savoir qii'élaot noarris dé lai^mérae nous vivicMis en lui et pour lui. » '
Dans la section XIX, on parlait de la messe en larmes très-forls. Dès que celte confession eut été connue <}e8 autres Eglises de ces quartiers , elle fut reçue par les Eglises de Constance , de Memminguen et de Lindau. Et ces trois villes^ se joignant à celle de Strasbourg , présentèrent cette confession à l'empereur par leurs députés.' Ce qui fit qu'on l'appela la Confession des quatre villes.
Celte confession fut pendant cinquante ans la livrée de la foi de l'Eglise de Strasbourg, ^ qui était alors étreilement unie avec celles de Suisse, comme on le verra ci-dessous. Elle y fut confirmée Tan 1535 avec ordre de la lire toutes les années une fois dans les assemblées des tribus.
Zwingli crut qu*il était aussi de son devoir d'envoyer sa confession de foi a l'empereur Charles Y, pendant qu'il présidait à la diète d'Augsbourg, pour dissiper, s'il était possible, les mauvaises impressions que les discours des catholiques avaient faites dans Tespril de ce monarque. ^ Comme ses senlimens sont asse^ connus , je ne m*y arrêterai pas.
Eckius trouva deux choses à redire dans la confession de Zwiogli, <k 1^ d'avoir dit que les sacremens ne confèrent point la grâce par eux-mêmes ; 2® et que dans la sainte Cène on ne mange point de la bouche le corps naturel de Jésus-Christ. » ^ Cela engagea Zwingli à lui
* Hospin. 164. a.
' Id. 165 b.
" Id. 163. I6&.
* Id. 167.
» Id. I7i.
adresser (le 27 août) une letlre apologétique^ dans la-* quelle il éclaircit et confirme sa pensée. Cette confession de Zwingli (ut portée à l'empereur par des députés des trois villes réformées^ Zurich^ Berne et Bâle^ qui y furent envoyés par lavis du magistrat de Strasbourg. * Ils le firent avec d'autant plus de raison , que les cantons catholiques y envoyèrent aussi des députés a l'empereur.
VIII. Ce monarque essaya de ramener les prolestans et de les réunir avec l'Eglise romaine ,% par la voie des conférences amiables y qu*il fit tenir entre les personnes les plus accréditée^ dans les deux partis. Mais ce fut inutilement. ^ Il tâcha de gagner les plus grands princes y comme l'électeur de Saxe et le landgrave de Hesse^ par des vues d'intérêt; mais ils furent l'un et l'autre inébranlables. ^
n eut encore avec eux plusieurs autres pourparlers qui A^aboutirent a rien. Enfin lassé de tant d'efforts inutiles, il fit publier un édit^ le 19 novembre, portant ordre à tout le monde de vivre selon les règles de l'Eglise romaine jusqu'au temps du concile, avec menaces qu'il traiterait les contrevenans comme son devoir l'y engagerait. ^
Ce fut alors que les princes prolestans furent en peine et qu'ils sentir<ïnt redoubler les inquiétudes qu'ils avaient eues auparavant. Le landgrave de Hesse et la ville à,e Strasbourg^ qui avaient déjà auparavant recherché l'alliance des Suisses pour se défendre , la conclurent en-
* Holting. 52i .
' Seuil, p. m 382. cl seq.
' Id . 283. 38{t.
* hl. 287.
214 ALLIÀSCB DES BLSrO&MBS AVEC JM LAlIDGaAYE.
tièrement. Lorsque les YÎUes réformées de la Suisse eurent connaissance de Tédil que Tempereur avait publié, pour convoquer la diète à Augsbourg, et des termes dans lesquels il était conçu, elles s'assemblèrent à Baie, te 19 mars, afin de délibérer sur les mesures qu'il y aurait à prendre pour leur commune défense, au cas que l'empereur vint à les attaquer, comme on s'y attendait, et cette alliance y fut proposée. Dans une autre diète, assemblée dans la même ville, le 27 avril, le landg^rave et Strasbourg conclurent cette alliance défensive, avec Zurich^ Berne et Bâle, contre tous ceux qui voudraient les opprimer dans leur religion. ' Mais elle ne fut scellée et ratifiée que le 16 novembre, à Baie. On y invita quelques villes de la Spuabe, comme Ulm, Memminguen, Bîberach, Kempten etfena, mais elles n'osèrent pas y entrer^ par la crainte qu'elles avaient de l'empereur. ' Ce qu'il y eut de curieux dans cette affaire, c'est que François I", roi de France, soubaita d'entrer dans cette alliance.^ Il paraissait alors porté d'assez bonne volonté pour les réformés; cependant sa proposition fut rejetée. ^
Fendant qu'on était à la diète, le landgrave de Hesse, prince sage et pieux, qui voyait avec douleur que la division des protestans ne pouvait aboutir qu'à la ruine des uns et des autres, s'efforça de nouveau de les réunir. Dans ce temps-là on répandit un écrit, dressé par un auteur anonyme, qui exhortait les protestans à l'union, et conseillait entr'autres choses que les4lieologiens luthériens reçussent les zvringliens comme frères
A Hotting. 51S.
* Sicttl. n. 99. b. Hotting. 510.
' Hotting. 510.