‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 107 sur 257 · L'Eglise semble ^uelqu^ois éteinte · texte numérisé non relu

L'Eglise semble ^uelqu^ois éteinte

XIII. Il arrive ménie quelquefois que Dieu, par juste jugement, permet que la vérité de sa Parole, la uaiverfielle et son vrai culle, soient tellement obscur*cis et ébranlés, qu'il semble presque que l'Eglise est éteinte, et qu'il n'en reste plus, comme nous voyo qu'il arriva du temps d'Elie et dans d'autres temps.

* Tri l'utMelchiscdec, raideSalemelsacriGcaleurdD vraiDiaO» du temps d'Abraham. Genèie XIV. TeU lurent Job et ses amî. temps quo le peuple d'Israël était en Ef;yple. Tels étaient aus. mages, qui vinrcot adorer le Sauveur lorsqu'il fui né. Mallli.ll>

* 1 Roii XIX.

cou FISSION HELVETIQUE. 205

JMaia Dieu ne laîsEc pas d'avoir dans ce monde, ' et au milieu de ces ténèbres, ses vrais adorateurs, qui même nasont pas en pelit nombre, mais jusqu'à sept mille et au-delà. Car l'apôtre nous crie : a Le fondement de Dieu demeure ferme , ayant ce sceau , le Seigneur connaît ceux qui sont siens. * » C'est pourquoi l'Ëgtise peut être appelée invisible, non que les personnes qui composent l'Eglise, soient invisibles, mais parce que cette multitude do fidèles, cachée à nos yeux, n'est connue que de Dieu seul, ei que les hommes n'en peuvent pas juger.

14. Tous ceux qui sont dans l'Eglise ne sont pas de l'Eglise.

XrV. D'un autre côlé ceux que l'on compte dans l'Eglise, ne sont pas tous des saints, ni des vrais membres vivaus de l'Eglise, Car il s'y trouve plusieurs hypocrites qui écoulent cxtérieuremenl la Parole do Dieu, qui participent eu public aux sacremens, qui paraissent invoquer Dieu seul par Jésus-Christ, confesser que Jésus- Christ est leur unique justice, servir-Dieu, pratiquer les devoirs de la charité, et endurer les calamités aveé patience pendant un temps ; mais au dedans ils sont desti- ' tués de la vraie illumination de l'Esprît et de la foi, leur cœur n'est point droit et sincère, et ils ne persévèrent pas jusqu'à la fin. Aussi découvre-t-on bientôt pour l'ordîuaîre quels ils sont. C'est ainsi que Sainl-Jean dît de certains hérétiques : n Ils sont sortis d'entre nous, mais ils n'étaient pas d'entre nous ; car s'ils avalent été d'en-

' Apoc. VII, H, 9, 13.14.

» 2Tim. II. 19.

20ï COKFBSStdN HSLVËTTQUE.

irc nous, ils seraient demeurés avec nous. ' » El néaninoioG, pecdant qu'ils font semblant d'avoir de la piété, quoiqu'ils ne sont pas de l'Eglise, on ne laisse pas de les. compter dans l'Eglise : tout comme dans un état les traîtres, avant qu'ils soient découverts, sont comptés entre les citoyens ; cl comme l'ivraie et la paille se trouvent avec le froment dans on champ; ou comme les goitres el les tumeurs ou excrescences se trouvenj dans un corps, el en sont réellement des maladies et des difformités, plutôt que des véritables membres. C'est pourquoi l'Eglise de Dieu est comparée avec raison à un filet de pécheur, qui tire et amène toute sorte de poissons, bons el mauvais, et à un champ où il se trouve de l'ivraie e( du froment ensemble. '

^â.Ii ne fautpas juger témérairement et aoant letempsA

XV. Ici néanmoins il faut bien prendre garde de ntm pas juger avant le temps et de ne pas entreprcadi d'exclure, de rejeter ou de retrancher ceux que le Sâ-â gneur ne veut pas qu'on exclue ou qu'on rejette, oBg ceux que nous ne pouvons pas séparer de l'Eglise sans qu'elle y perde. Mais d'un autre côte, il faut veiller de peur que les impics ne gagnent du terrain pendant que les gens de bien dorment, cl qu'ils ne fassent du mal î| l'Eglise.

tO. L'unité de l'Eglise ne consiste pas dans les ritef^ extérieurs.

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