‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 189 sur 257 · PRECEDENTES SUR · texte numérisé non relu

PRECEDENTES SUR

Il 'advoj'Cr et conseil , clc. Combien que nous entièrement contions que nul entre vous fut clé ai hardi et présomptueux de contrevenir !i nous remontrances que par notre rescripIîoQ de dis-seplièmo jour du mois de novembre dernièremenl voua avions faites ; si nous est-il venu à notice que aueuns d'entre vous , non contens de cela encore toujours soient après , et ne cessent d'craoïivoir questions , parties et de prétendre innovations contraires à nos ordonnances, statuts et cérémonies jusque» à présent en nos Eglises observées; voire aussi suivant et se adjoignant à certaines fausses et subtiles doctrines, opinions cl traditions des hommes; principalement tous haut la matière de la divine prédestînaliou ; cbosc

qui nous semble n'clrc nécessaire , aias plus servante à factions, soUes erreurs et débauchcraenl, que à édifie»- ! tioD et consolation; à cette cause de rechef et três-J certes vous admonestons de vous déporter de telli choses, et saus contradiction; suivre et observer aolf susdite rescription et avertissement, en tant que désïn d'éviterla punition en icelle exprimée; à savoir déposilioi de vos ministères, baonisscmeot et autre plus grièveM selon le déraérite du cas ; car sommes d'entière voloalQ de dcmenrer en Vus des cérémouies , stations el ordondonnanccs de nos Eglises, du commencement depuis lees dispuis ici et à Lausanne tenues , observées et usî. lées; et icelles, ensemble la doctrine évangélique avec l'aide de Dieu , de tout pouvoir maintenir. Sur ce vow sachez conduire et entretenir. Datum, 26 janvier 155à.

lU.

PKOJET DE CO^STITCTION ECCLKSlASTIQOi

Proposé à Leurs Excellences de Berne par yirett par les minisires de Lausanne, en mars 1558.

( Extrait. )

Magnifiques cl très-redoulcs Seigneurs.

Pour satisfaire à ce qu'il vous a plu nous commandi de faire un recueil de la forme et manière de la dts< pline ecclésiastique, telle que nous la demander! onsjj nous désirons devant qu'entrer en matières que vos I cellences soient averties de deux points.

Le premier est que nous oe prétendons avoir autre rondement de notre dire que la Parole de Dieu.

Le second est, que nous ne trouronE point qu'il y ait autre principal remède et moyen par lequel on puisse . éditier l'Eglise, que le synode légitimement assemble, conduit et autorisé par les princes qui sont les gardiens et prolecteurs de l'Eglise. (Il le prouve l' parce que c'est le seul moyen dont tes Apôtres avaient laissé des exemples; 2° c'est le seul moyen de bien commencer, en faisant une entière et vraie réformalîon des ministres ; 3** faute d'y pourvoir , Satan est entré au troupeau deçà, el a tellement besogné, qu'il y a déjà par trop grand dîscord entre les miaislrcs touchant les fondemens de la religion, savoir le péché originel, le franc arbitre, la prédestination et la descente de Christ aux enfers. )

Ces choses considérées, nous mettons ici notre petit avis par écrit, vous suppliant au nom de. Dieu vouloir octroyer à nos Eglises ce qu'elles vous demandent en leur très-grande nécessité.

Chapitre I". Il traite de la différence qui est entre le magistrat et la police ecclésiastique.

Cdapitre II. Du droit détection. Les articles II et VI montrent que ce droit appartient à tout le corps de l'Eglise. Mais quant à nous, à dire en conscience, vu la rudesse des peuples et la confusion qui pourait advenir si toute la communauté était appelée à faire les élections ; vu aussi la tyrannie que les fsus cvèqucs ont amenée en l'Eglise ; nous ne saurions quant auK ministres trouver autre meilleure manière d'élection que celle qui a clé dressée aux Eglises de par deçà; c'est à savoir, 1° qu'il y ail une école ordonnée où il y ait certains personnages, diligemment enseignés et sur la vie desquels on ail grand regard, comme avez établi en votre ville de Lau-

TXn A?Psiu>ica.

ssnne; 2" que les miQiftres de la classe cd crainte de Dieu et après boa exarnea choisissent du nombre susdit, celui qui se trouvera le plus propre: 3" que cet a^is soit signilic à vos E:(celleiices. Finalement, que l'clcciion soit communiquée au peuple qui ait à recevoir l'élu «vec prières et actions de grâces. Réservé loutcfoig à chacun la liberté d'alléguer les raisons qu) pourraieoL empêcher cette élection.

Quant aux diacres et anciens, que l'assemblée des anciens choisira d'entre la communauté, avec prières, (foa celle cleclioD, étant autorisée par les supérieurs, soit H ceplée par la commuDaulc.

Chapitre III. Déposition des ministres. Le no] qu'on doit tenir ici ne sera fâcheux si le magistral ci fait son office à bien maintenir la police ecclésia&tiqiil sans rien anticiper sur elle; si les anciens, auxquelt ' avons dit que les ministres étaient sujets plus que nais autres, font leur devoir d'enquérir pour en juger en dîtîgcnce. IVlais tout ainsi que les élections doivent être présentées à nos Seigneurs, puis k la géoéraUlé des Eglises, aussi doit être fait aux dépositions.

Chapitre IV. Des synodes. Le gouvernement ecclésiastique étant spirititel, it assert deux choses; 1° qu'il ne faut nullement confondre ce qui est distingué par di* versile de nature ; 2° que les deuxgouvernemçns ont ■ mutuel regard. Car il faut que, sans exception toni .âme soit sujette au magistrat en ce qui est de la charg d'icelui; d'autre part aussi, il n'y a prince si grand qat se puisse exempter du gouvernement ecclésiastique fl ce qui a été ordonné de Dieu.

Des parties et membres du gouvernement eccléaiat

que. Tout ce gouvernement ne peut être commis à I

gcnéralîlé de l'Eglise, car tous n'y sont propres ; et n'a

ordonne de Dieu que la gcncralilc ait autorilé sur les membrCB. Par quoi il est nécessaire, qu'ainsi qu'aux affairea civiles, il y ait outre la goDéralîté, certains dépuiés autorisés de toute l'Eglise en la charge qui leur Bcra commise.

Or trouvons-nous par l'Ecriture-Saïute qu'il y a trois choses générales à gouverner : la doctrine, les biens et les afTaires jonroalières.

Quant à la doctrine, c'est jine charge à part, laquelle comme il apert par Act. VI, doit être commise aux ministres de la Parole.

Quant aux biens ecclésiastiques, il est certain par Ad. VI et par la coutume de l'Eglise ancienne, que cette charge doit être séparée du maniement des biens temporels de la république, pour éviter abus, et être tels personnages appelés diacres en l'Ecriture.

Quant aux affaires journalières , concernant l'ordre et la police de l'Eglise, telle charge appartient aux anciens, l'assemblée desquels nous appelons consistoire.

Chapitre V. Les devoirs des ministres. Il est démontré qu'il est de notre devoir de donner l'instruction par les maisons, ce qu'il n'a plu aux Seigneurs nous octroyer. Voyez Ezéch. VII. Act. XX: les Actes du synode. Considérez l'espérience de vingt-trois ans et plus. Observez que les pères ne sont instruite ; que de les enseigner avec les petits enfans au catéchisme public, Vos Excellences peuvent penser comme cela serait pris. Les catéchismes sont négligés; combien d'enfans n'y sont point envoyés aux villes comme aux villages. Quand il n'y aurait que l'expérience faite en ces deux dernières Cènes, c'est une raison suffisante pour praliqner la dite inslniction particulière ; car nous avons trouve une ignorance de laquelle on ne se fût jamais douté ; cl bien

que on o'ait ouï que peu de gens et seulement saone, nous pouvons assurer que cela a plus servi amener quelques-uns à noire Seigneur, que tous mandcniens.

Suivent les devoirs des diacres, puis ceux des anciens.

CuAPiTRE VI, Lois consistoriales. L'exécution de» cdîls n'appartient qu'à Vos Excellences et à vos oHicieis,. cl dcaîrons bien fort d'èlre déchargés, lanl s'en faut qi nous voulions nous faire magisirals. Nos raisons soni les suivantes : X" Les lois civiles n'appartiennent à glise ; or les lois consisloriales sont entièrement civi puisque les peines en sont pécuniaires ou corporelle».'' Nolez qu'encore qu'un homme ail pajé le ban ou qull ail été mis en prison, il ne sera pour cela plus homme de bien, 2" Les infectés sont par là séparés d'avec les saints pour n'abuser des sacremens de Dieu. El au cod- Iraire, il n'y a poinl d'inconvénient que l'Eglise reçoive k merci celui que le magistrat ne laissera pas pour cela de punir juslemcnl, jusques à la mort ; ainsi qu'on voit qu'il advient à ceux qu'on exécute pour leurs méfaits.

D'autre part tout vice qui sépare l'homme d'avec Dieu, s'il est conjoint avec scandale, mérile admonition de l'Eglise, el quelquefois correction bien rigoureuse quelles choses toutefois, comme si quelqu'un est avar^ cieux, ou oisif, ou prodigue, le magistral n'aura que

Ces choses considérées, nous désirons non -seuil mCQl que les mandcmcns consislorianx demeurent, mais aussi que l'exécution nous en soit entièrement ôlée; et encore vous suppliant qu'une vraie discipline ecclésiastique Eoit étabhc au consistoire.

Suivent les degrés des corrections ecclésiastiffui i" L'admonition. 2° La distinclion entre les fautes crelea et les notoires, entre vice ol crime; le regard

'fi

APPEtiniCE.

avoir a la malice, à la rcbcUioD, à ceux qui font mélier de mal faire. 3° Vient le dernier degré de correction ecclésiastique, ou l'excommunication. Sa nécessité. Elle est ratifiée au ciel, IVIaltb. XVIII. Les hommes n'en font que la déclaration ; de sorio que celui qui est excomi iBunic dans une Eglise l'est dans toutes. On ne doit manger avec lui, ni le saluer, nî le recevoir en sa maison, I Cor. V; m Jean. — Suit fa manière de procéder a l'cxcommuoicaiioD, Il n'appartient d'excommunier Dt aux ministres, ni aux magistrats, ni au peuple, mais à l'assemblée des anciens. Dans les villages, que rapport aoit fait au consistoire de la ville, pour plus grand avis. Tant s'en faut que voulions en exempter les ministres et couvrir l'ordure qui est par deçà en plusieurs, ^ Aux anciens il appartient de recevoir celui qu'ils ont forclos et de signifier à l'Eglise la joyeuse nouvelle de sa coa- ▼ersion.

Il est bon que les anciens soient de tous les ordres , afin que chacun leur obéisse plus volontiers et qu'ils rcprésenlcnt mieux le corps de l'Eglise. Il convient qac les ministres assistent avec eux comme étant les anges du Seigneur des armées. '

OBfiOnNAHCE ADRESSÉE AUX MINISTRES DE LAUSAMSE,

L'avoyer, etc. Notre, elc. Avoir aujourd'hui bien au

* Ici s' arrête le manuscrit que nous venoai d' extraire. F,al-i omplct? nom en doutons.

loDg OUÏ et entendu la relation à nous par nos miaisin de la Parole de Dieu, sur les articles à nous de voire pari) ces jours passés, envoyés : louchent les désordres el scandales qiiî sonl en nos Eglises de par-delà, Nous avons là-dessus, en suiv.tnl les remontrances à nous sur ce par plusieurs fois faites de voire part, avisé d'y mettre le meilleur ordre général qu'il serait possible. El voyant tels désordres et scandales provenir principalement de ce que nos ndils et ordonnances, ci-devant émanées, sur le faÏL de nos consistoires et chrélienne réformalion , n'ont clé jusques à présent si bien et duement gardées, ni les tran agresseurs d'icelles punis et châtiés selon leurs mérites, comme bien serait élc requis. Mous avons, pour extirper et refraindre tels désordres et scandales, fait commandement à tons nos baillis de notre pays de Savoie, de, suivant notre coucoutume de par-deçà louchant ces choses dressée et observée , outre les consistoirea déjà établis el ordonnés es villes de noire dit pays, conslitucr et ordonner encore un consistoire en toutes cl chacunes paroisses de leur bailliage; ensemble certains gardiens et observateurs jurés de notre réformalion, à prendre et choisir des plus anciens, étant do bonne vie el conversation, aussi bonne famé et rcpulalion ; lesquels par leurs sermens , qui pour ce leur sera baillé , seront tenus de si veiller," s'enquérir diligemment de tous et chacttns sordrcs et scandales qui se feront en chacunes paroisses et villages , pour d'iceux faire due relation audit loire ; lequel , ensemble le ministre du lieu qui sers assis avec ledit consistoire , aura charge de faire conv^ nir par devant lui toutes el chacunes personnes qii' mèneront vie scandaleuse et désordonnée, pour trés-i certes leur remontrer leurs vices et offenses, el les ad-

ser- ■

àéM

inoneslci' par la Parole de Dieu a s'en déporier; el cas advenant, que telles pcrsonnoa ne tinssent compte de ces remonlrancca, poursuivant toujours en leur mauvais train de vie scandaleuse, de lors en faire plaintifs à nos baillis et ufliciers, IcsqneU, jauste leur devoir, seront tenus de telles personnes |)unîr et châtier selon leurs démérites , au contenu des nos dits édits el ordonnances consistons les, et autres par nous sur l'observatioDs de notre sainte réformation établies, el à chacun d'eux envoyées, desquelles à chacune desdites paroisscx par eux sera donné un double , pour selon ce tant mieux se savoir conduire. Espérant que moyennant observation étroite de nos dites ordonnances (comme telle est notre volonté), toutes choses seront (à l'aide de Dieu) si bien réglées et conduites . que le Seigneur Dieu en sera loué, les vices et scandales corrigés et abattus, et le pauvre peuple édifié. Voilà en général ce qu'avons pu aviser être expédient et nécessaire pour l'avancement et enlretcnement de nos dites Eglises , el abolisecment des vices et désordres y étant. Itlats touchant l'excommunication par vous requise être sur nos dîtes Eglises établie , pour ce que ne pouvons bonnement entendre quelle est votre intention en cet endroit, ou comment vous entendez icellc devoir être dresiice et exercée, est notre vouloir, afin que tant mieux puissions là-dessus aviser et résoudre d'une réponse , qu'ayez à voir les articles de notre rétormaiion, el au plus près d'icelle faire et conclure un projet, fai;on et manière, qui vous semblera être convenable et nécessaire sur le fait de dite excommunication ; icellc nous envoyant par écrit, pour là-dessus donner notre avis et avertir de notre bon vouloir et plaisir. El pour conclusion , louchant l'inquisition cl examen particulier par vous pré-

510 Ai'PEMItCI.

teadu devoir élrc exerce , Laot envers les ignoraas cl idioU ea la religion chrctieDne , que des suspects de doctrine autre que la rei^uc eotre vous et autres miniâtrès de nos Eglises , nous n'entendons cela être expédient ai nécessaire , et ne saurions cela permettre, fu que par les catéchismes et instruction des enfans, l'ignorance sera , à l'aide de Dieu , par succession de brief temps abattue, et la postérité des présenlement vivans bien instruite. Toutefois quant à ceux qui seront trouvés tant avant ignorans, qu'ils ne savent les prières ordinaires, comme l'Oraison de Notrc-Scigneur et les douze articles de la foi , ou qui tiendront manifestement fausse cl réprouvée doctrine ou soit religion , nous voulons et entendons iceux devoir être dccclés à nos baillis, afin que punission coodignc et ordonnée, scion l'eiigence des cas proposés et rapportés. Dalo, 27mai 1S58.

A P]£RBE VJBET.

Du 43 DDvcmbrc ltiS8.

L'avoyer, etc. Avoir entendu le contenu de vos lel très à nous écrites du 6 de ce mois, touchant les poînl et articles, pour raison desquels vous faites diflicults d'administrer la Cène de Notre- Seigneur à celle fête de Noël procbaiucment venante, en notre ville de Lausanne, si un autre ordre par nous n'y était Vous mandons pour réponse, que sommes fort mai et déplaisans de voir et entendre les désordres en diles lettres mentionnées, et que l'Eglise n'est mien

réformée qu'elle n'est, el que le tout ne peut être réduit ea si boD ordre que le voudrions bien. Mais voyaot que tel ordre ne peut être mis, siagulîërement louchant radministratîon des sacremens , comme le désirez, pour raison de plusieurs iaconvéaiens qu'en sourdraient, si aucuns étaient refusé* de se présenter à la Cène ; joint qu'il n'est à espérer que jamais il puisse y avoir une telle perfection en l'Eglise de Notre-Seigneur , qu'il n'y ait rien à redire, et jamais n'a élc. Nous ne savons penser ni aviser à point d'autres moyens plus convenables et meilleurs, pour châtier les vices et tollîr les désordres qui sont en nos Eglises, que ceux qui sont contenus es ordonnances de notre Réformation, laquelle désirons, à l'aide de Dieu , garder et observer le plus étroitement qu'il sera possible. El à cet effet , avons enjoint ci exprcssémenl commandé à tous nos baillis et autres officiej-s, de tenir main à ce que les vices soient , au contenu d'icclles, châties et les rebelles cites devant les consistoires par nous avisés et établis , sous peine d'clrc prives et démis de leurs offices ; lesquels étant défaillang à cela , nous en sommes forl marris , et si en étions à la vérité informés, ne faudrions à les châtier , comme la nécessité le requerrait, et ne tient a nous que les désordres , desquels vous vous plaignes, ne soient ôtés et tollis, comme de recheE nous offrons de ce faire, et nous y employer si bien qu'il sera possible, à ce que notre sainte Réformation soit gardée et observée, et continuer en ce bon désir qu'avons a l'avancement de la gloire de Dieu , et le salut de nous et nos sujets , vous priant de même vouloir continuer en la charge que Dieu vous a donnée et commise, en faisant votre devoir, comme par ci-devant , ou sans qu'il soit besoin en faire autre conférence avec les Eglises de nos Irès-chers alliés des

Ligues , qui oot reçu la rcformatioa ; des points desquels vous vous senlcz pressés. Et nous espérons qu'étant notre réformalioa si êtroîterneDl gardée, comme l'eotendoas et l'avons commaDdé, Noire-Seigneur y besognera si bien par sa grâce , que lo tout reviendra à son honneur et à sa gloire ; lequel prions vous augmenter ses grâces et vous tenir en sa sainte garde. Dalum , 18 novembre 1558.

AU BOURGIDAITRE ET CONSEIL DB LAUSABRE.

Du 20 décembre ISSS.

Notre amiable, etc., ayant entendu ce que par vos commis et députes présens porteurs , nous a été à votre nom proposé, pour le fait de notre ministre, matire Pierre Viret et ses coadjuteurs, nous avons en cela pria plaisir, el, par ce, comme la bonne affection que portef aux ministres de la Parole de Dieu el à son Eglise qu'esichose louable, et à nous fort a>;réable. Or quant à l'af-. faire que par vos dits commis nous avez fait proposer, à la faveur dudit maître Pierre Vïret et ses compagnooB, nous avons averti tant lui que ses dits compagnons el coadjuteurs, ensemble la classe, de notre bon vou*. loir; espérant , s'il ne tient à eux, que le tout ira bieD>^ et que nos Eglises seront maintenues en bon état^ car noos n'avons jamais été cl ne sommes d'opinion de lenr donner congé, en tant qu'ils voudront continuer leurq charges, ainsi qu'il s'appartient, selon les remontrauceit que sur ce leur avons faîtes , et qu'ils oc demanderoal

APPBNUICE. S(3

congé eux-mêmes ; car nous ne désirons autre , eidod que nos Eglises soient eulretenues sous leur ministère , en bon étal, paix et -tranquillité, et q^'iIs y exercent leur office, au contenu des paternelles admonitions, que, pour ce, de notre pari leur ont été faites, lesquelles selon notre espoir leur seront acceptiibles. Mais voyant et connaissant d'autre part, que la principale cauee de ces fâcheries et perplexités dont est question, procède en partie de ce que jusques ici les vices et désordres étant entre vous , n'ont été si bien châties qu'il appartient, aibsi que le sont de jour en jour empiré, vous avons bien voulu de rechef très à certes admonester, comme par icestes admonestons et enjoignons de tenir main à notre Kéformation , et si bien châtier les vices, en vous acquittant de votre devoir, en suivant nos dernières lettres, que nous ayons occasion de vous en contenter, alio que Dieu en soit glorifié et l'Eglise entretenue en bonne tranquillité. Ce faisant, espérons que le tout ira bien, et que les ministres auront tant meilleur courage de continuer et poursuivre leurs charges. En ce ferez votre devoir, et à nous singulier et grand plaisir. Sur ce vous sachiez conduire. Datum, 20 décembre 1558.

L'aeoyer et conseil de Berne.

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