AU ROY DE NAVARRE
8 juin I5S8.
Sire, Combien qu'il serobleroil que durant cçs troubles qui
«PMtinict.
se sont eslevés depuis nagueres je tous deusse espa^ goer ; toutcsfoîs je ae craindray point en lelle neces«ilè vous prier et solliciter au nom de Dieu a vous eniploier en ce que Dieu requiert de vous, esperanl que vous ne prendrez poiol a importunilc si je procure la cause du Hoy souverain . auquel nous ne pouvons rendre la cenliesme partie de ce que no'is debvons , encores que chacun s'efforce de toutes ses facultés a s'emplojer envers luy Car CD telle occasion
qu'il vous présente il est certain qu'il veull esprou^et
quelle affection vous avez envers luy
Le hault degré ou vous estes ne vous exempte pas, comme vous scavez, delà loy et reiglequi est cominase a tous fîdeles , de maintenir ta doctrine de nostre Seigneur Jésus en laquelle gist toute notre félicite, et sâlot; mais selon que vous estes eslevé par dessus les aullres, sire, d'à ul tant plus vous fauU-il efforcer de monstrer le chemin a ung si grand peuple qui a les yeux jetés sur
TOUS Je ne scay pas jusqu'où TOUS
avez desia esté tiré, mais je vous prie, sire, sî vous aviez commencé trop debïlement comme souvent In premiers combats ne nous trouvent pas si bien disposéi comme jl scroit requis , de maintenant prendre courage.
An reste confiez vous en Celuy, etc
Quand vous y procéderez ainsi franchement ne doublez pas, sire, qu'il ne prenne la cause en main. . ,
Ce S juin 1558.
APVlMDlCft. SSK
A nonsisuR dandelot.
12 juillet iSS8.
Monsieur ,
Depuis avoir reçea vos letres^ j'ay aossi enlendo les
tristes nouvelles de ce qui se machinoit conire vous.
. ...... Mais quoj qu'il en soit , aous
avons a nous consoler en glorifiant Dieu de oe qu'il continue a vous tenir la main forte
Et aussi je croy y comme il dispose tout par son conseil admirable^ ainsi que vous le considérez très bien ^ qu'il vous a relénu pour une occasion jusques a ce que vous eussiez accomply la ckarge a laquelle il vous avoil ap* pelé^ et vous fussiez acquitté de vosire debvoir ^ aQGn que si ayant respondu de vostre foy , vous prenez le congé qui vous sera permis , cela ne soit imputé a lege-
relé ne défiance Parquoy si
les hommes murmurent conire vous, c'est bien assez que vous soiez absents d'eahault
Ce 12 de juillet 1558.