‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 2 sur 257 · XI. Cette année l'académie de Berne fit une perte · texte numérisé non relu

XI. Cette année l'académie de Berne fit une perte

* Bern. irch. Rom

considérable par la mon du savant cl pieux Wolffgang MuBculuSr professeur en. ihéologit!, qui dcccda le 3 août, âgé de 66 aoa. ' Il élait ne l'an 1497, à Dieuze, petite ville de la Lorraioe allemande, de parens de médiocre. Gondilioo, mais gens de bien. Son père s'appelait, Ad-, toine Alusli, tonnelier de ea profession, et sa mère. An-, çêle Sarlori, femme vertueuse et prudente. Dès sa tcn-n dre enfance il fit paraître beaucoup de génie, et une grande inclination pour l'étude, ou plutôt une ardeur extra ordinaire à apprendre; de sorte que bien loinqu'iV fût nécessaire de l'exhorter à étudier, il fallait plul6|^ l'avertir de se ipodérer. Son père, voyant en lui celta inclination si marquée, jointe à de grands talens, lu{ laissa suivre son penchant, et l'envoya avec une petite somme d'argent dans les écoles clrangêres pourèiudieri gagnant sa vie à chanter de porte en porte, devant les maisons. C'était alors l'usage en Allemagne, usage que les plus riches même ne se faisaient point de peine de suivre. On prétendait par cette mélhode, les former àa bonne heure à la patience, à la tempérance, à la friiga-, lité et à l'humilité, et en même temps les faire h la fatigue, el les porter à étudier avec plus d'ardeur, pour trouver de quoi se mettre à leur aise ; outre qu'on craignait que s'ils étaient mieux entretenus el nourris délicatement, ils ne se livrassent à la mollesse, à la paresse et à la débauche, plutôt qu'à l'étude ; de sorte que cette pratique n'avait rien de honteux, el que les plus honnêtes gens ne s'en faisaient point de peine. Celait là encore un reste de la simplicité, pour ne pas dire, de la barbarie des siècles précédens,

mai« pour revenir à Klusculus, (car c'est ainsi qu'i}

voulut êlrc appelé, en tatÎDÎsanlEODDOiD iVu5/0 il paroourulde cette œaDière quelques villages d'Alsace, cl alla en^n àllapperswyl.Do là il fut àColoiarelàSchteltstad, cultivant toujours les études dea belles- lettres, et particulièrement celle de la poésie latine, pour laquelle i^ avait un penchanl singulier, de sorte qu'à force de s'yexercer, il acquit une facilité extraordinaire à faire des vers latins. A l'âge de 15 ans, il entra dans un couvent de bénédictins, situé près du village de Lixheim, dana la terre de Lutzetstcin, et il y demeura 15 ans, toujours occupée l'étude, et fuyant avec borrcur les excès d'în^ tempérance qu'il voyait dans les frères du couvent. A t'â^ de vingt ans, il se rail à étudier la théologie. Il y Ht bientôt des progrès, et comme il surpassait tous les moines de la maison en savoir et en éloquence, on l'employa à prêcher. Un bon vieux moine du couvent l'ayant ouï prêcher, lui dit que s'il voulait devenir un bon pré-, dicateur, il devait étudier avec soin l'Ecriture, et se Im rendre ramilièrc. il fui frappé de ce conseil, qu'on n'au^ rait pas attendu d'un moine; il le suivit, et s'en trouva bien. Il prêcha dès lors avec plus de succès encore, et ses prédications lui avaient attire une réputation avantageuse. Après avoir prêché souvent dans Ica villages qui dépendent du couvent, il fut appelé dans les églises voisines, pour y prêcher. '

Environ l'an 1518, les livres que Luther écrivait sur les matières de religion se répandirent par toute l'Allemagne, avec une promptitude merveilleuse. Notre Musculus les ayant eus par le moyen d'un ami , les lut avec empressement, et les goûta tout-à-fait. Il ouvrit les yeux à la lumière, il connut la vérité, il l'embrassa

a Mnsc. p. 3-10.

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Bans balancer, et la propagea et la soutînt avec zèle. Non coulent d'en parler dans le couvent, il la prêchait coarageusement partout où on l'appelait; de sorte que dans ces quarliers-là on ne l'appelait que te nioino luthérien. Ses prédications ne furent pas sans fruit ; car il convertit plusieurs de ses auditeurs, et gagna même plusieurs religieux, qui, ayant quitté le couvent embrassèrent la doctrine évangélique, dans laquelle ils persévérèrent jusqucs à la lia de leur vie. Il coqverlit aussi quelques gentilsbommesdu voisinage, entr'aulres, Reinhard de Rothcnbourg, gouverneur de la forteresse de Lulzelslein et patron du couvent, qui le protégea vigoureusement contre les tnachinalions des évéques de Metz et de Strasbourg et de leurs émissaires. *

Ce fut ainsi que IHusculus passa 15 ans dans ce couvent. Enfin so voyant perpétuellement expose à de grands dangers , ennuyé d'ailleurs de la vie monastique, qu'il se repentait d'avoir embrassée, il résolut de sortir do couvent. Il ne s'en cacha point. Il dit adieu à ses confrères, qui n'étaient plus qu'au nombre de six, et même au prieur, nommé Brisâcli , qui , loin de le vouloir ar* réter, lui lit un repas d'adieu, et lui donna pour sod voyage 4 florins d'Atlemagnc, qu'il joignit à i autres qu'il avait. Avec celte petite somme il se mit en chemin de nuit, pour éviter la rencontre de ses persécuteurs, accompagné d'un seul parent, nommé Hicolas Wagner, et prit le chemin de Strasbourg, où il arriva vers la fin de l'an 1527, 4gé de 30 ans, et peu de jours aprfes il s'y maria avec une fille de Liiheim, nommée Itlarie Bart, parente du prieur Brîsach , qu'il avait fiancée avant que de quitter le couvent. II se trouva d'abord dans un

' Vita Mme. p. 10-18.

ffOUFCARS MUftCOLtlS. Il

gnnd embarras. Son ar^at ne pouvant pas suflire pour on nouveau ménage, il ne pul pointavoir d'emploi ecclésiastique à Slrabbourg, qui fourmillaîl de gens savans. Il prit donc la parti de mettre sa femme en service chez DO ministre de la ville, nommé Tbéobald Nigri, qui l'a- Tait recueilli à son arrivée , cl pour lui il se mit en ap> prentisssgc chez un tisserand anabaptiste, pour pouvoir gagner son pain. Mais au boul de deux mois^ l'anabaj^ liste te mit hors de chez lui, ayant pris de la haine contre (ui, parce qu'il disputait vivement avec un docteur anabaptiste, qu'il nourrissait dans sa maison sans rien faire, et qu'il lui reprochait son hypocrisie et sa faiatv anlîse, lui repréaenlant ce que dit Si. Paul : « Que celui qui ne veut pas travailler, ce doit pas mander non plus. D Ne sachant donc plus oii donner de la léte, il était déterminé a se mettre manouvrier, pour travailler aux fortifications de la ville, lorsque les magistral» le chargèrent d'aller prêcher tous les dimanchee à Dorlizbeim, village à 3 lieues de Strasbourg, du c6té de Moitzheim, Il accepta cette vocation avec joie, quoiqu'on ne lui assignât aucun gage. Bucer le prit chez lui, pour lui servir de copiste, parce qu'il avait un très-beau caractère, ootre que Bucer peignait très-mal, et îl lui donna pour sa peine, le logement el la table. Il servit cette Eglise de celle manière, pendant quelques mois: mais comme sa femme était prêle à accoucher, les minisires de Slrasboug irouvèrenl à propos, qu'il allai occuper avec elle la maison do curé de ce village. H y alla et y vécut une année entière, dans une grande pauvreté, tandis qu'il aurait pu vivre bien grassement et à son aise, s'il était demeuré dans le papisme. Mais sa foi el sa piété lui faisaient préférer cet étal, quoique si dur, à loules les dé- Uces qu'il avait abandonnées. La raison pourquoi il ne

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tirait rien, était l'opiDiâtrclé de l'abbé de Hobeaforst, qui recueillant les dîmes et les autres revenus de celte c§;lise, DC lui en voulut faire aucune part. Ënliii, la sei-. gneurie de Strasbourg lui fit compter quelque argent de son trésor public, pour subvenir à ses plus prcssans besoins. Pendant qu'il y fut, il y ouvrît une école dans sa maison, pour instruire les eofang, ce qui lui attira la bienveillance cl l'aETcction de ses paroissiens. '

Après avoir été là l'espace d'une année, pendant la^ quelle sou mérite fut mieux connu, il fut appelé à Slrasr bourg, pour être diacre de la grande église. Il fut deux, ans dans ce poste. On l'envoja prôcber une fois à Dozen, village de la seigneurie, où le peuple avait persévéré jusqu'alors opiniâtrement dans le papisme. Dans le seul premier sermon qu'il y fit, il persuada si bien ses auditeurs, quedansl'iuslanl ils renoncèrent à la messe, et rcn-, voyèrenl un moine du voisinage, qui avait accoutumé de la leur célébrer. Il y demeura six semaiaes, pour afTermir. ceagens-là dans la doctrine évangélique; après quoi oa lui substitua un autre prédicateur, et on le rappela en ville.

Pendant le séjour qu'il fil à Strasbourg, il alla régui lièremenl écouler les leçons de Capiton et de Bucer, et, ayant compris que pour bien entendre l'Ecriture Sainte, il était nécessaire de savoir l'hébreu, il étudia cette, gue avec une si grande application, ayant méma écrit de sa main un dictionnaire hébreu fort propre-i ment, qu'il vint à bout, d'entendre non seulement la Bible, mais aussi les commentaires des rabins et les pa-t raphrascscbaldaïques. ^

WOLrrOAKG BUJCDLtiS.

h,D commencement de l'année 1531, le sénal d'Auggbourg qui avfiit embrasée la religion évangéliquei ' ayant besoin de bons etdesavans miniBtrcs, pria celui de Slrasbourg , de lui accorder j\luaculus pour quelque! années.

ITIusculus se fît exirémement presser pour y aller, ne se croyant pas capable de ce posle. IHaîs le sénat d6 ' Strasbourg le lui ayant commandé, il obéit. Il fît beau- { coup de fruit à Augsbourg, et servit par son rare savoir, accompagné de beaucoup de douceur, de prudence ( de cliaritc, à gagner bon nombre d'Anabaptistes et dé , catholiques. Il ne se bornait pas à travailler à Tinstruction des autres; il s'instruisit aussi lui-même, et apprit i la langue grecque de Xytus Betuleuy, recteur du col- { lége d'Augsbourg. Il fît tant de progrès, qu'il traduisît i en latin plusieurs ouvrages dee Pères Grecs, St. Chry- J sostome, St. Basile, St. Athanase et Cyrille d'Alexandrie, item, les historiens ecclésiastiques, Eusèbe , So- 1 craie , Sozomène, Théodore le lecteur et Evagres, enlïà 1 un abrégé de Polybc, historien proTanc. Il ne s'en tint ] pas là; animé d'une ardeur incroyable à apprendre^ jointe à une application infatigable au travail, il apprît 1 les principes de la langue arabe, sans le secours d'aucun ] maître, par le moyen d'un psautier, imprimé en 5 la» gués, que loi prêta Boniface WoliThardj ou Lycosthe- □es, son collègue , et à l'aide des langues hébraïque et ' chaldaïquc, qu'il savait déjà * et qui lui facilitèrent ' celle étude.

Il servit l'Eglise d'Augsbourg pendant 18 ans; et pendant les deux dernières années, il eut pour collègue, cnlr'aulrcs, Jean Haller, qui, comme on l'a dit ailleurs.

VilaMuc$. (1.2S-3I.

WOLIFCANG HUJCUI-US

y fut appelé de Zurich, l'an 1545, el avec lui it vécut dans une clroitc el lendrc union ; de maaière, que lorsque Haller quitta Augsbour^, pour retourner à Zurich, eo octobre de l'an 1547, il lit promettre à Itlusculus, de le venir joindre à Zurich, avec sa femme et ses enfaas, dès qu'il ne se verrait plus en eùreio à Augsbourg. * Ea effet MuEculus y fut dans do grands daugere, dès que l'empereur Charles V y eut rétabli le papisme, l'an 1â47. Mais plus encore, dès que ce monarque eut engage le •: grand conseil de cette ville à accepter son formulaire de l'Intérim, à quoi lUusculus s'était opposé de toutes ees forces, et de bouche, el par écrit. Il sortit donc d'Augsbourg ce jour-là même après souper, 26 juin 1548, laissaol sa femme et ses huit enfansj avec ordre de le suivre au plutôt possible. Il alla d'abord à St.-Gall, y ayaot été appelé par Valeolin Fortmiller, pasteur de la ville, do la part du sénat, gui le recueillit avec beaucoup d'bumanité, pendant six semaines avec sa famille. De là il alla séjourner à Zurich, dans la maison de Haller, que cet excellent ami lui prêtait, eu attendant qu'il plât à la divine Providence de lui procurer quelque vocation. II y passa six mois dans cette attente. Cranmer, archevêque de Cantorbéry, l'appela en Angleterre; mais Be trouvant accablé de travaus et d'inFirmités, plus que de son âge, voyant d'ailleurs sa femme d'une santé chaacelaote, ei plusieurs de ses eofans dans un âge encore leudre, il jugea, que le voyage d'Angleterre ne lui coovenail point, elil le refusa honoctement. EnBa l'cnaplcH de professeur en thcologie à Berne étant venu vaquant, par la démisBion volontaire d'Eberhard De Rumelang, Jean Haller, charmd de procurer da bien à sob ami et

' Rcrn.Maui. lI.P4rl.tg7.

a son aacieo collègue, cl de l'altirer auprès do lui, travailla avec chsleur auprès des Seigneurs de Berne, pour les engager à conférer cel imporlanl emploi à Mubculus. Il Tut donc appelé le 3 d'avril 1549. Il accepta cette vocaiioD avec joie, el se rendit iacessamment à BeroCf où il commença ses fonclious le 25 du même mois. ' Il remplit digoemenl cet emploi pendant M aos; toujours occupé à répandre 1b saine doctrine , et par ses inslrucliont de vive voi-v, el par ses ôcrils. Il y composa un système de théologie, sous le nom de Lieux Communs ; des commentaires sur les Psaumes, sur la Genèse, sur Esaïe, el sur les Epttres de St. Paul, qu'il expliqua de suite ; et il en était à la première à Timothcc, lorsqu'il mournt. Ajoutez divers petits ouvrages en allemand. Il recul diverses vocaiiouB de dehors. Il fui appelé irois fois en Angleterre. L'Eglise d'Augsbourg, ayant recouvre sa liberté, l'an 1552 par la paix dePassau, le redemanda. L'électeur palatin lui adressa aussi une vocation honorable. Mais soit parce qu'ileelrouvailbienàfierne, soit par une juste reconnaissance pour celle puissante république, qui l'avait recueilli avec lantdebonlc, dans le temps de sa misère; il ne voulut jamais laquilter.il fut généralement regretté, à cause de ses belles qualités et de ses vertus véritablement chrétiennes. Sa veuve, toute infirme qu'elle élait, lui survécut 12 ans, el mourul l'an 1575. Il laissa qualre fils ministres ; Abraham, qui fut ministre de Berne et doy en, après Jean Ualler ; Jean Fréderich, ministre a Metz ; Jean Henri, ministre è Zoffîngue; et Elie, qui fut fait ministre à Arbourg, l'an 1 576, et qui y mourut de mort prématurée, l'année suivante.

> Rcrn. Mau). Il Part. SJO. (

HÊCOCIATION nu i:

L'emploi de professeur en théologie, que Musculuâ . laissa vacant par sa luort, foldonncà Bcnédict Aretius. '

XII. Un peu avant la mort de Husculus, on ftt à Berne un acte de discipline ecclésiastique, à l'égard d'un charpentier, nommé Elienne Hunscbi, qui ayant scandalise l'Eglise par des juremcns étranges, Tut condamné à faire amende honorable dans le grand temple, le dimanche 20 juin; à demander pardon publiquement à Dieu, à LL. ËE. et à toulc l'Eglise ; après quoi il fut relâché. Mais ayant ensuite proféré des paroles injurieuses contre le souverain, il fut banni. *

Lo duc de Savoie continua cette année ses sollicitations et ses ncgocîalions en Suisse, pour se faire rendre les pays qui avaient été pris à son père, ou en tout, ou en partie. II employa d'abord le comte de Cbaland, qui étant son sujet et en même temps comte de Valangin, et, en cette qualité, allié de Berne, paraissait tout-â-faït propre pour une pareille négociation. Il alla donc à Berne le 24 janvier, et offrit ses services comme de luimême, pour chercher la moyen de procurer une bonne paix entre le duc et la ville de Berne. On goûla ses propositions à Berne ; il en partit le 27, et le 10 février suivant, on envoya les deux avoycra, N^guelî et Steiguer, auprès de lui à Valangin, avec ordre de le sonder, pour savoir quelle sûreté on donnerait aux sujets, pour la liberté do conscience, et l'exercice de la religion réformée, au cas qu'on rendît quelques terres au duc ; et a GepèvA aussi pour sa liberté. Il répondit d'une manière salU^ faisante sur la religion et sur tout le reste. ^ ,

' Holting, 874.

' H«ller)07.

' Id.lOl. Instr, G. Ï50.

FOUR RBCOUVKEK 3BS trtTS. 17

Le Duc fil aussi intervenir dans celle afTairc le roi l'Eâpagne, dool l'ambassadeur co Suisse, Marc AuIoïdc losfio , pria les canloDS assemblés le 14 mars , de marner une journée pour acconinioder ce prince avec l'état « Berne.

On ta marqua à Bile pour le 35 avril, ^ Les dépulcs do 4rne furent charges , à celte occasion , d'avoir soin des ilérèls de Genève, el d'intercéder auprès de i'ambasideur d'Espagne pour faire lever la défense du commerce *ec Genève, que le parlement de Dole avait publiée.* Les dépuLcs des cantons désinlércssés , qui se portéïnt pour arbitres dans celle affaire, après avoir écouté vdeux parties a>ec attention, leur proposèrent de s'actmrooder , en cédant chacun quelque chose de son rté. Travaillant sur ce plan , ils réglèrent que les Ber^ ois garderaient le pa^s de Vaud, y compris le bailliage BlHorgcs, jusqu'à la rivière de l'Aubonnc, el qu'ils ndraienl au Duc tout ce qui est au-delà de celle rivière au-delà du lac, ce qui comprenait les baronnics d'Au- Kioe, de Rolleet de Monl, les bailliages de Nyon, de îx , de Ternier el de Thouon, avec les gouvernemens ■Bonmont et de Ripaille; que de plus ils lui rendraîenl ' vey , La tour , Chillon et Villeneuve, qui avaient été la dépendance du Cbablais. Mais ils ne voulurent rien çler sur l'article do la religion , remettant aux parties s'accommoder entre elles sur ce sujet, el réglèrent 'elles déclarcraienl leur sentiment sur cette pacilïca- .0, le Duc le premier et les Bernois ensuite. Le Duc cepla cette décision, mais les Bernois la rejetèrent. '

• Stettltr SlO.adill ' Instr. G. S03.

Sietilcr KO llalicr

lilsi

104 Mém partical.

lA BERNI CAdEHA QUKtqi^ES TErtREs.

Cependant les BCntîmens a'claient pas unaaimcs àant les conseils de Berne. Quelques Bénaleurs disaîcnl qui ce qu'on avail acquis Icgîlimement par 1 cpce, il fallait aussi se le conserver par l'épce avec le secours de Di et ne pas s'engager davantage dans une négociation qok paraissait dangereuse. D'autres étaient d'nn sentiment! oppose. Ils disaient qu'il serait bien plus avantageux plus honorable à la ville de Berne, de se contenter d'i pays qui lui serait cédé volontairement par un traité a tbentique, approuvé par le duc de Savoie, que de vouii loir en garder davantage, avec bien des inquiétudes ei des dépenses perpétuelles. Ce dernier sentiment l'em^ porta enfin dans le grand conseil le 25 juillet, et en coii*l séquence on convint de céder au duc de Savoie le» deux bailliages du Cbablais, savoir Ternier cl TltonoDj) avec Ripaille, et de garder tout le, reste; 2" défaire cette cession au Duc sous ces deux conditions , qu'il dB' serait fait aucun changement à la religion ctabliri dans les bailliages qu'on céderait, et qu'on accom-modérait la ville de Genève avec le duc de Savoie» pour lui procurer une sarclé parfaite. ' Suivant cette r^ solution, Jean Sleiguer, arojer, et Jérôme Alanuelj. trésorier, députes à Bade , furent chargés de représenter aus cantons que pour bien de paix, on voulait bïoai céder au duc de Savoie les terres qui sont au-delà du lac, Ternier, Tbonon et Ripaille, sous les deux conditions donl on vient de parler, maisqu'onnepouvaitpointabsolument accepter leur décision, de rendre au duc les bailliages de Njon et deGes, puisque si on lui cédait ces terres-là, on se fermerait à soi-même le passage; qu'on ne pourrait pas aller sftreraent en France, ni secourir Genève en cas de b&^

' Stelllc. 810, h.

LES CANTORS 1.

BSCOBBASBUT.

Eoin ; que d'ailleurs , quand on serait convenu de uiut, il n'y avail pas moyen de rien accepter si l'on ne réglait rien pour l'atTaire de religion, et si on ne pourvoyait pas à la sûreté de Genève. '

Les cantons arbitres prenant à cœur de terminer amîablement cette afTaire, qui sans cela ne pouvait manquer tôt ou tard d'allirer la guerre en Suisse, députèrent quatre niagÎGtrals de quatre cantons pour aller à Berne faire devant les conseils les représentations nécessaires, pour les porter à s'accommoder avec le duc , de bonne grâce. Ces députes étaient : Itel Jean Dummysen , conseiller de Zurich , Jost FfeifTer , avoyer de Luccrne , Georges Reding, ancien landammann de Scbwytz, et Caspar Rrong, bourgmestre de Bâie. Ces députés paraissant devant le grand conseil de Berne, le jeudi 13 août, après lescomplimeos ordinaires, leur reprcsenlèrent : a Qu'on avait déjà tenu quelques journées à Neuchâtel au sujet des terres que le duc de Savoie redemandait, et ensuite trois à BâIe; qu'il avait enfin été fattun appoîntcment par les cantons arbitres, qui avait éléacceplédu Duc sans tergiversation, mais qu'eux, les Bernois avaient rejeté; qu'il leur semblait cependant que dans cet appointement, on avait eu assez d'égard à l'avanloge et à l'honneur de Berne, puisque les arbitres ayant été informés qu'il importait extrêmement aux Bernois de garder Vevey, La Tour, Villeneuve et Chillon,qui étaient membres du Cfaablais, ils leur accordaient ces places; mais aossi qu'ils avaient fait une compensation d'un autre côté, en faveur du duc de Savoie; qu'en conséquence ils les priaient Irès-iastamment de faire réflexion ii ces choses , et de

SO tfOUVELLSl INSTAtICES

bien considérer le bien ou le mal qui pouvait arriver, si celle négocialion amiable venait à se rompre; qu'èlaal déjà d'ailleurs maîtres d'un beau pays, ils ne devaient pas se faire de peine de céder quelques-unes des places de leur conquête, el enfin qu'ils devaient faire quelque chose pour eux, leurs alliés des XI cantons.» Mais louieft les sollicitations de ces députés furent inutiles. Le* Bernois leur répondirent qu'ils ne pouvaient pas céder la terre de Gex à cause du passage ; qu'il leur imporlaïl absolument de se l'assurer pour pouvoir aller au secours de Genève; qu'ils ne pouvaient rien conclure sî l'on ne pourvoyait elà la religion el à la sûreté de Genève. Ainsi on les remercia de la peine qu'ils se donnaienl, et on leur déclara qu'on s'en tenait aux instructions qui avaient été données à leurs dé|iutcs à la diète de Bade. '

Ces quatre députés des cantons médiateurs ne se robulèrent point. Ils revinrent encore à la charge le mardi suivant, 17 du même mois, et prièrent les Bernois de leur dire en confidence jusques où ils voulaient se relâ'^ cber à l'égard des terres en question. Ils leur dirent ea> core que les Savoyards n'étaient pas encore bien disposésà céder les terres de Vevej, La Tour, Chillon et Villeneuve; qu'ils en ofîraicm 100,000 écus, en bonne créance, payables à terme avec l'intérêt, qu'ils offraient de raser le château de Chillon jusqu'aux fondemens et de compter à Berne 50 à -tO^DOO écus pour acquittemeot d'une partie des dettes pour lesquelles les pays de Savoie avaient été hypothéqués; et qu'après qu'où leur avait faitcomprendre qu'il était inutile déparier de ces places, ils avaient déclaré qu'ils demanderaient de nourellcs in-

SiaiitiM-210 B.2lt. A.

ilructiotiâ , pour céder NyoD et Rolle , et pour se contenter du Pays-dc-Gex cl des terres qui eoDt au-delà du Rhône el du lac ; qu'il D'étaîl pas possible , pour le présent , d'oblenir rien de plus ; qu'on Ic^ priait de nouveau, de considérer, que si le duc de Savoyc se relâchait du bailliage de Nyon , cl que la ville de Berne ae voulAt se prêter à aucun accommodement amiable, à quel danger elle s'exposait; qu'ils ne devaient pas préférer la lerrc de Ges à la douceur d'une pais durable el d'une enlière eùrclc ; qu'ils devaient do plus conlidcrer, que si la chose vcnflit à être décidée par le droit, elle tournerait peut-être d'une manière qui les •nrprendrait , et qu'avant que d'entreprendre une guerre , dans les conjonctures critiques où l'on ec trouvait , il } avait bien à penser, comme on en voyait un exemple à la guerre civile de France. '

Celle cxhorlalioa des députes des canlons médialenrs détermina le grand conseil à prendre enfin la résolution , à la pluralité des suCTrages, de céder au duc do Sa»oye le Pajs-de-Gcx , avec les autres terres d'au-delà da lac et du Rhône ; au cas que le Duc se relâchât de sa prétention sur le baîlKage de Mjon et de ses appartenances, el des parties du bailliage de Morges qui sont au-delà de l'Aubonne, qui lui avaient élc cédées par l'appointement de Bàle; mais toujours sous ces deux conditions expresses, qu'on y laisserait subsister la religion sur le pied qu'elle y était établie, et qu'on pourvoirait convenablement à la sûreté de Genève- Ils donnèrent celte déclaration aux députes médiateurs, en i qu'ils espéraient que les cantons, quand tout lit fait par celle négociation , prendraient leur er

Uler SU.

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