SS LA NEGOCIATION
pays de Savoye dans l'altiaDce hclvciique , comme leura autres anciens pays et sujets. '
Les députés médiateurs ne voulurent pas prendre sur eux ces deux conditions , cl prièrent les parties de convenir entr'eltes au plutôt, afin que cela ne retardât pas daTBDlagc la paix, et leur marquèrent pour cet cSèt une journée à Nyon ; mais les Savoyards dirent que cela n'était pas nécessaire qu'il Bafilsail que les Bernois fîs« sent leurs propositions, et qu'ils en feraient leur rapport au Duc, et qu'ils auraîenl bientôt sa réponse. * Les Bernois le firent ; les députés médiateurs en donnèrent incessamment avis aux agens du Duc, qui attenduienl & IHorat le résultat de celle nègocialion. Ces agens envoyèrent à Berne Jeao De Real, con^eigneur de Morrens, pour donner les assurances qu'on y souhaitait , tant pour la religion que pour la sûreté de Genève. Ainsi, on s'attendait à voir celle grande affaire inces- Gamment lîiiie. Mais le duc de Savoye ayant été dans ce temps-là attaqué d'une grosse maladie, cet incidetA rompit la négociation , ses agcns ayant dît qu'ils ne pouvaient lui parler d'affaires dans l'étal où il était. ^ Ainsi tout fut suspendu pour quelques mois. En septembre et décembre il y eut de nouvelles négociations entre Berna et les députés de Savoje , pour savoir comment on vicn^ drait à une conclusion. Berne demandait '. 1° , à l'égar4 de la religion , que les sujets des terres qu'on rendrait su Duc fussent en pleine liberlc de conscience. 2° Pour la sAreic de Genève , q je leur bourgeoisie perpétuelle subsistât en sa force, à moins que le Duc ne les en déboulât par
la voie de droit ou de juslicc, que le duc ae se servicail aucunement de la violence et oe ferait aucune hostilité, contre Genève pour ses préleations de vidomnat et autres. Enfin, ils inarquèreol jour à Nyon au 11 février 1564. '
Mais pendant que les Seigneurs de Berne s'occupaient du soin de faire une bonne paix avec le duc de Savoye, peu s'en fallut qu'ils n'eussent la guerre chez eux. Cette négociation fut une source de querelle et de méconteolemeat parmi les bourgeois , dont la plupart étaient en fureur de ce qu'on voulait céder quelque chose à ce prince. Ils disaient tout hautement qu'on ne devait rien rendre et que le Duc ne tiendrait rien de ce qu'il promettrait. ' Pour dissiper ces nuages et rétablir la concorde etl'unanimîtc, les Seigneurs trouvèrent à propos de communiquer à toute la bourgeoisie les raisons pour lesr quelles ils embrassaient la voie d'une négociation amia- ' ble; remontrant que les ducs de Savoie auraient perpé- |.uellement une prétention contre Berne ; que la voie de ' Ia ^crrc contre lui était fort dangereuse et difiUcile, et celle du droit fort incertaine^ puisque les cantons avaient, peu à cœur la gloire de Berne , parce qu'ils avaient plus pria que le Pays-dc-Vaud ; que d'ailleurs le Pays-de- Vaud avait été hypothèque et non pas donné en propriété; sur quoi la pluralité l'emporta. ^ Zurkinden fait cette remarque à ce sujet : nx^iSo^ov erat apud nie , sana consilia passe placere.
XIII. Ces négociations alarmèrent les Genevois. Ils y étaient oxirèmement intéressés. Ils envoyèrent à Berne leur syndic, Michel Roset, qui pria instamment
' liiilr. G, S73. 376. Mal
LL. EE. , le 27 septembre , de prendre leur inlérél à cœur et de ne paa ouvrir uii chemin au duc de Savoye pour plaider contre eux au sujet du vidomoat, dont il avait cLe dépouillé par la guerre de l'an 1536. Ils revînreat encore à la charge, vers la fin de novembre, par une nombreuse dcputalion, qui préseola onze articles à IiL. EE. , par ccril le 24 novembre. Ils leur reprcseniaicnt : « que de restituer quelques bailliages au duc de Savoye , était une alTaire de grande conséquence et qui méritait bien qu'on y pensât mûremenl; que c'était donner un grand avantage au Duc ei lui faciliter le moyen de s'emparer dans leur voisinage de ce qui l'accommo derait, de tenir Genève serrée et d'introduire de la soldatesque étrangère dans le pa^s. En particulier, par rapport à eux, ils priaient leurs chers alliés de Berne de vouloir les protéger et défeudre et soutenir dans l'étal de liberté où ils étaient, et ne pas permettre qu'on mtt en compromis leur bourgeoisie qu'ils avaient contractée ensemble, remontrant les inconvcniens qui en pourraient revenir, u Sur quoi LL. EE. répondirent qu'après avoir examine le traité perpétuel fait entr'eus , ils avaient trouve qu'eux, les Bernois, avaient cédé à Genève le vidomnal et autres choses qu'ils avaient acquises sur le duc de Savoye, et qu'en échange Genève leur avait cédé quelque chose; mais que cette cession ne portait pal engagement de maintenir et de protéger par la force contre ceux qui voudraient redemander leurs biens par voie de droit; car cela , surtout à l'égard du vidomnat, serait contre la sentence do Payerne , qui réservait expressément l'action du droit au sujet du vidomnat , sentence que le Duc avait exécutée en partie en payant les 20,000 ccus qu'elle lui imposait; quequaul au secours, leur traite ne les y obligeait qu'au cas qu'ils reconnu»-
sent qu'oD leur fît tort et violence , et qu'on les attaquât injuBtemeDt ; qu'ils croyaient l'avoir rempli en gens d'honneur, qu'ils étaient toujours dans l'inienlioD de le faire, mais qu'ils ne se croyaient pas obligés de défendre Genève par la force contre le duc de Savoye ou tout autre qu'il filt, qui aurait des prétentions sjir Genève et qui les rechercherait par voie de droit et Bans violence; que d'ailleurs dans tout le coutb de la négocialton, LL. EB. avaient travaille pour leur sûreté comme pour leur propre intérêt , mais qu'ils n'avaient pas pu encore en venir à bout; que cependant la nécessité les obligeait a embrasser la voie amiable de négociation qu'on leur oITrait, '
A la lin de celte année, 1563 , il arriva un incident surprenant a Genève. Un jeune homme , natif de cette vilIc-Ià, mais qui, à cause de ses débauches et de ses paillardises, avait été obligé depuis plusieurs années d'en sortir, se lia avec quelques-uns des bannis de Genève, qui firent un complot pour s'emparer de celle ville par surprise te jour de Noiil , pondant qu'on ferait la sainlc-cène. Ce jeune homme entra d'abord dans ce complot. Mais dans la suite il en eut horreur et ne put s'empêcher de le témoigner. Le* autres, appréhendant qu'il ne les découvrît, le tirent enlever et conduire prisonnier ftu château de Itlonlmeillan , en Savoye. Il eut le bonheur de se sauver de là en se glissant de dessus une haute tour, et courut à toutes jambes jusqu'aux portes de Genève. Comme il ne lui était pas permis d'y entrer , il demanda à parler à quelques maL;istrals , qui étant venus vers lui , il leur découvrit tout le complot ; Ol eux là-dessus le coaduiâirent dans la ville pour s'assurer de la
• Initr-G. 131 I3Ï
rscraii aise de le prouver. Ce serait déjà Irop de quatte, répondit le cardinal, quand les vingt autres n'y seraient pas. ' Cette couvcrsalion sert à faire voir quel était le caractère de ce roisérable dcfroquc.
• XV. Celle année mourut à Fribourg, en Brisgau, le
I cétèhre Henri Lorit, surnommé Glareanus, soit parce
I qu'il était du canton de Glaris, ou plutôt, ce me sem-
ble , du nom de la maison de sa famille qui était dans le village de Mollis, appelée Am Sleinacker, en lalîn I Glarea. 11 fut dans son siècle un des Suisses qui se fît le
' plus remarquer par son savoir. Il était historien, ora-
\ leur, critique, géographe et poète couionné; mais au-
tant qu'il s'acquit de gloire du côté du savoir, autant en Bcquit-il peu du c6tc de la religion. Il étudia quelque temps à Vienne, en Autriche, au commencement du XVI° siècle , avec Zivîngle , Vadîan, Jean Fabri et Eckiua , et quelques autres qui , tous , se rendirent illustres. A Claris, il enseigna les langues à diverses personnes. L'an 1510, on lui olTrit la cure de I . Mollis , sa patrie. Mais soit qu'il ne se sentît pas du goût
pour le ministère de l'Eglise, soîl qu'il eût envie de voyager encore, il la refusa el s'en alla à Luccrne. Comme son savoir était généralement connu en Suisse , . on lui ofTrit une profession à Bâic; mais comme il ne
put pas s'y accommoder avec quelques professeurs, il EOdhaila un canonicat à Zurich , maïs il ne put pas l'obtenir. Il s'en alla à Paris avec quelques-uns de ses disciples, entre lesquels il y en avait de son canton, et il y fit connaissance avec Jaques Le Fèvrc,d'EtapIes, qui lui fil beaucoup d'amîtïés, à lui ei à ses compatriotes. Il y prit des leçons do grec de Lascaris, docteur grec,
' Hotling 875. J
venu de Crête ou Candie , pour se perfectionoer dans cette langue. Il assista aussi, avec Conrad Grebel , de Zurich , à des leçoos qu'un évéquc donnait sur la langue hébraïque. De retour à Bàlc, il y épousa la lille d'un riche bourgeois, l'an 1522, et tt y fut fait professeur l'aa 1529. Il parut dans les commeocetnens avoir do bons sentiincus pour la RéformatioD. Il était ami de ZwÏDgie et l'encourageaii à prêcher sans se rebuter, et tciDoignait être indigne des mauvais traîlemens que quelques misérables moines lui faisaient. Lorsque l'an 1!^33 on ordonna une dispute de religion a Zurich , Zwingle souhaita qu'il y vint pour y tenir sa partie , mais il s'en excusa sur son peu de sanlé ; mais il e:ïhor(a Zvringle a résister vigoureusement à Faber et à Eckius , ao cas qu'ils vinssent. Olais la suite ne répondit pas & ces beaux commencemcas. L'amour du monde, comme autrefois chez Dumas , l'emporta dans son cœur , et l'on vit bientôt qu'il n'avait point de solide piété. Il devint ennemi de Zvringle autant qu'il avait clé son ami cl son panégyriste. ' On raconte un trait de lui qui suffit seul pour faire coonatlre le fond de son coeur vain, léger et sottement esclave de la fumée do la gloire. Ayant été couronné poëie par l'empereur Dlaximilien I lorsque les étrangers lui faisaient visite, il les recevait dans uue salle msgnilique, assis dans un fauteuil qui lui servait de Irânc, la couronne sur la tcte , sans leur faire l'honneur de leur dire un seul mot- ' La couronne de
• Tichad. &&S-&SS.
' Journ. do P«ri». jaDv. 1716, p. S*. — Noire auteur fait un
crUne à Gloréan de ce qui était uu jeu , ImagiDÔ par lai , non pour
ta irapojcr au» étranjjcrs , mata pour proirger les mœurs ilo ae»
rODlpilriotc* eans nuire à leur glîlé. L'ajsemblée , coinpoiéc de
I Suîuoi, figurait le lénal romiin , cl Ici lentencu qu'elle portait
^m MrM«meinl)rr« clniriii lonjours daii> l'îiitcrfi iIp la morale et do
H rbMMar. -(RfUlfiir).
SI ACCOH MODEM «HT D
rent. ' Eotîn, à la dièle ordiaaîre de la Si. Jean, les cantoDs mcdialcurs ajoulèreni quelques nouveaux arlîcles pour faire plaisir aux cinq caolons, dans !a pensée que les reformes de Claris pourraicDl b'cd accommoder. De ces cinq cantons il y en eul qualre qui les agréèreol, savoir : Lucerne, Uri, Unlerwald el Zog. Celui de Scbwylz seul les rejeia. Les dépulcs de Claris les acceplèrenl. Ainsi, malgré l'opposilion de SchvTylz, on leur rendit leur place et leur séance dans la diète , dont ils avaient été privés depuis quelques années, et l'animann Schorno, de Schwytz, n'ayant pas voulu siéger avec eux, se vil obligé de demeurer dehors. ' Il ne s'agissait plus que de faire l'accommodcmenl de Claris avec Schvvytz, qiiiseroidissaitavcc une opiniâtreté étonnanie contre le sentiment des onze autres. On eut à ce sujet une assemblée à Bade le 12 août, mais inutilement. On renvoya celte afTairc à une nouvelle assemblée, à Bade, en Octobre. Ceux de Schwytz parurent alors portés à des scntimens plus doux, et consentirent à faire la paix avec Claris, mais sous une certaine condition. Enfin , pour couper court, car le détail de ces négociations serait souverainement ennuyeux , dans une septième diète, qui se tint a la fin d'octobre, le canton de Scbwylz se rendit ara sollicitations des autres, pour ne pas altérer plus longtemps le repos et l'uoïon des Suisses, et accepta le traité qui ayaîl été dressé par les cantons médiateurs, et accepté par les autres.^ Ce traité contenait les articles suivants :
1° Tous les traités ei les recès faits depuis l'an 1531,
' HalIcrtlS.
' Ibid.ll?.
• SiïiLler 212, H3.
AVBC Lia CINQ CAHTOHS, 53
demeureront en leur force el vigueur, OKcepté que d'aulanl qu'à SchwaDdeu il n'y a personne qui soubaile la messe , ceux de ce lieu seront dtspensôs d'avoir nn prêtre ; niais un prêtre ira assister les deux de Claris , à la raesse et aux autres cérémonies, et Schwanden lui fera une pcDgion annuelle de 52 ccus d'or au soleil. Et s'il arrive qu'a l'avenir il y ait à Schvpandea quelques personnes qui souhaitent la messe et on prêtre, ceux qui suivent à Glaris la vieille religion , seront maîtres de décider si ce prêtre doit y aller ; auquel cas on lui remettra la maison qui a servi autrefois au logcraenl du curé , et en ollendant , à tout événemenl , on aura sma d'entretenir celte maison honorable ment. Lesoraernens d'église qui sont nécessaires seront pris sur le bien de l'église; mais s'il ne peut pas suffire, le reste sera payé de la bourse commune du paya.
2" Si quelques églises, mentîoDnêeB dans le précédent traité , ont clé profanées , et qu'elles n'aient pas encore été consacrées depuis, elles devront être consacrées de nouveau aux dépens du pays, mais su meilleur marché qu'il sera possible.
3" Il y aura deux savans et habiles prêtres à Claris , avee un ministre, et si les revenus de cure ne euflisent pas pour tous les trois , on leur payera leur pension de la bourse communa du payait Le» parlisaQ.s de la vieille religion auront toujours les premiers l'usage des temples, pour y faire leur ser- •ice avant les autres , les dimanches, les jours de fêle et el les jours ouvriers ; mais de telle manière que leur service soit Kni , cl qu'il* cèdent la place aux réformés, en clé , les jours de dimanche cl de fêle à huit heures du matio , cl on hiver à neuf heures , et les jours ouvriers demi-heure plus tôt.
S)'> Les deux parties (reformés et catholiques), s doDneront rcci^iroquemeot tout ce qui s'est [lassé , cl ne s'insulteront dÎ se s'injurieront point au sujet de leur religion. Les prêtres et les ministres doivent auEsi prendre garde de ne pas le faire en chaire : celui qui fera sera sévèrement puni.
6" Au lieu que jusqu'iin c'a toujours été un ininisld qui a prêché à la procession de Nœfels , ' à l'avcnT ces sermons devront cire faits allernativemcnt, par i prêtre une année, et par un ministre une antre anaéd mais toujours sans aucune parole injurieuse.
7" La dépense des cierges ou des lampes qu'on tiod à EÎDsidJen doit être fournie aux dépens du pays.
8" Et pareillement les frais que les catholiques ont siH portes à ce sujet,
S** Dans la distribution des emplois, les réformes ddl vent traiter amiablenicnt les catholiques et les y laîssfl parvenir.
10" Les cantons deLucerne, Uri, Schwilz, Unlerwald cl Zug, esptîreni que les réformés de Glaris se soumettront aussi au concile de Trente.
11° Ceux de Wesen et de Gasler demeureront dans leurs libertés comme Ils en ont joui avant la guerre , el les deux cantons de Schwytz et de Claris gouverneront ensemble les deux bailliages d'Utznach et de Gasler, comme par le passe.
12" Tous ceux qui sont ressorlissans de Gasler, de Wesen el d'Utznach seront compris dans l'amnistie ou pacification générale.
13" Ceux de Schwylz se sont réservé l'autorilc poor
CeUe proceasion ae fait toutes lei années dans [qui les endroilt du canton.
A»SC tB» CINQ CANTONS. 55
1rs afîaîres de religion daas le pays de Gaster, ci ceux de GlarisdcvroDt toujours; envoyer des baillifs qui n'cn- Ireprenneot rica coDlre la rcligioii.
i" Les cinq cantons rendront leur amitié aux rcformcs de Glaris , et les laisseront ea paisible possession de leurs droits, selon les traités perpétuels de confédération el de paix.
15' Par contre ceux-ci s'acquitteront , à leur égard, de lout ce qu'exigent d'eux les traîlcs mentionnes et leurs promesses.
Que si, à l'avenir, il s'élève quelque diUîcultô entre les parties, au Eujcl de quelques-uns de ces articles, cette diflicuUc sera terminée et vidée par le droit, selon le devis des traités de conCédéraiion.
Ce traité, qui avait été mis par écrit à Bade, le 3juillet, el rejeté d'abocd par ceux de Schwylz, fut enfin accepté par toutes les parties , à l'assemblée d'octobre, et scellée par les députés médiateurs. '
Telle fut l'issue d'une violente querelle qui avait été suBCÎtce, entretenue el fomentée pendant huit à neuf SDs par un faux zèle, et qui aurait pu aboutir à une nouvelle guerre civile en Suisse, si les cinq cantons zélés eussent trouvé les autres cantons caibotiqucs aussi fougueux qu'eux , el disposés ii seconder leur deasein sangainairc. Dleis ces autres cantons furent assez sages pour reconnaître l'injustice qu'il y avait à vouloir donner des lois à un étal libre , sur lequel on n'avait aucun droit, cl pour sentir les funestes suites que pouvait avoir un zèle mal placé; car, du reste, ils n'étaient pas moins enneans qu'eux de la religion réformée.
Deux ministres du canton de Berne , l'un du pays al-
' Tichudi 489-105. lloliinf; 880, 887.
"fl
lemand, el l'autre du pays romaad, éprouvéreat Cl Bnncc-lâ la vivacitô de ce zèle. Jean JenUer, miaistrA d'EriEW^I, étanL au mois d'avril à Willisau, pciile ville du canlon do Lucerne, il lui arriva de lâcher quelques paroles qui irriteront ies bigots. Il fut incessaminenl saisi et conduitcn prison à Lucerne, où l'on n'aurait pas manqué de lui faire son procès, comme à Lialz; mais les Seigneurs de Berne y envoyèrent incessamment Béat Louis de lUuliuen pour le réclamer ; à force de sollicitations il obtint son élargissement, mais il fui obligé de payer le» frais desa détention. '
Itlichcl Remonct, niinislre d'Yvonaa, fut enisi un sujet tout semblable, le 8 mars, h Font, villsg^e canlon de Fribourg , et conduit ans prisons d'Estavayi ville du même canton , au boni du lac de Ncuchâtel Seigneurs do Berne , instruits de cette affaire, dcpui renl nuBsi h Fribourg pour demander son clargiasemei ell'obiinrent. Mais cola ne pul passe faire sitôt. Le pai vre homme ne sachant point les soins que ses Seigneurs Mfi donnaient pour lui, ni le succès de ces soins, se sauva d'une façon merveilleuse le 25 mars, en gaulant du haut de la tour, qui cstau bord du lac, en bas. Comme il y aurait eu du danger pour lui de le laisser dans son Église d'Yvonan, parce qu'il aurait clé toujours exposé au ressenliment des Frî bourgeois , seigneurs de ce pays-là, conjointement avec Bcrnej LL. EE. lui procurèrenl, le ÎO avril suivant, le ministère de Courlelary, dans la Prévôté. ' XVII. Cette innée la réformalion lit quelque petit
• HaMcrlle.
[ * Uottinf! 887
^^^^%re8 I
I aux deux bouls opposée de la Suisse, vers le Rhio et dans le bailliage de GraDdbon. Sai osl uoe belle bAroanie, cnlre le csntoD d'Appenzct ei le Rbin, qui spparlcnail alors à un seigneur, bourgeois do Zuricli, nommé Ulricb Philippe. Le curé do Sa\-, ayaut engrossé a« cousine germaine, déserta god Eglise pour se sauver, el quitta le paye. Les paroissieDSj à cetto occasioa pritreol leur baron, collatcur et patron de l'Eglise, de leur donner un pasteur réformé. Ce seigneur, né catholique, avait été amené à la connaissance el à la profession de la doctrine chrétienne, par les soins cl les conversabons de sa femme, qui était une dame d'une grande ptélé. Il fit venir à Sax Jean Wonlicb, ministre d'jï^l- ■tetlen, dans le Rheintal, qui y fit le premier sermon, le 9 aoâl 1563. Les catholiques do manquèrent pas de faire courir le bruil que le curé avait été chassé de son Eglise, cl les paroissiens contraints par la violence tt professer la religion réformée; et ils cbercbèrcnt b engager ce seigneur, par des menaces, à rcmotiro les ebo»es sur le vieux pied. Mais le baron , ferme dans sa foi, el lêté pour la vérité qu'il avait connue et embrassée, no se laissa point intimider. Il appela ce Wonlicb ii Senoivild, et un autre ministre, nomméJean Hauser, i< Salœtz, autre paroisse de la baronnic; et ils firent les premières fonctions du service divin, suivant l'usage do relise rcformco, à la fête de JXoel qui, suivant l'usage de ce temps-là était le commencement do l'an 1564. Les instruclions de ces ministres amencrenl peu à peu les paroissiens à embrasser la réformalion. Au mois d'octobre 1564, ceux de Sennwald résolurent de leur propre mouvement, à la pluralité des suffrages, d'enlever de leur église les autels qui n'avaient pas encore été démolis. Jean Hauser , de son c6lé , prêchait à Sax, aussii
bien qu'à Salœlx, jusqu'à l'an 1 5GG . sans que personne i'yop[io8ât, uî ne demandai un curô : nu contraire, il avniL toujours bon nombrci d'audilours ; oi ceux qui nvBÎcnl d'abord été les plus inauvai» devinrent Ira meilleurs; et l'annéo 1567, llauflor fut ctoblî plcinemeni ■ Sa<, RU (|ual)té do premier parleur do In religion r<^ formée. Jj'en 1615, l'état do Zuiicli acheta celle baroniiie, cl elle fut pleinctnont reformée l'an 1637, (28 mai.)
l'arcillement cette nti^ine année le village do Bonvil- Inrn, nu bMillIogo do Graudson, introduisit la réformalion, et en bannit le papiamo a \a pluralité dcH voix, après avoir obtenUf selon la coutume, le conHOnlemoDt cl U dcputation dos deux villes. ' Mats d'un autre c&lé, 1^^ ministre de Grondson se plaignit, que la réformalïoii 4 loB minislrca étaîcnl fort méprises daui son Kglise. ' mépris pouvait venir do l'ignorance et de la stupidité-i| peuple, et do son attachement ix ses superstitions et Ij SCS vieilles pratiques. Il pouvait aussi venir do la innuvaiso conduite do quelques ministres. Il y en avait efTec livement qui ne faisaient pas honneur h la relin^ioa qci'iUpri^ehaiont, et qui lu dérilionoraicntpnr leurs déréft ' glemens, ou qui la corrompaient par dos doctrines er^l ronéos. Ce fui co désordre qui engagea les Seigneurs ét^ Home il envoyer cette année, 25 avril, des députes dans leur pays nllomand, pour y tenir les chapitres, faire la censure do tous les ofriciers, hauts et subultorne. eell<' des ministres, avec pouvoir de casser les minisl qui ne s'acquitloruienl pas do leur det trouvés coupables, ou do fuui^so doctr