‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 202 sur 257 · A MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR

Il juillet 1561

Monseigneur ,

. . . . Celuy qui devait estre le premier est si froid que rien plus : Les ennemis sont plus enrages que jamais a tout ruiner, si Dieu ne les tenoit la bride courte. Mesme ce sot insensé qui vous a fait quelquefois la guerre, en a prins nagueres environ 300 prisonniers a Chinon : mais il luy a este commande estroilement de tout lascher et de

APPINDI

venir iDcoDlÎQcnl en cour, avec bonne menace, s'il fai- Boil de t'asne rétif. Pour ce inoinE c'esl quelque soulagB-

mcni que Dïeu donne a ses eofans

Genevoli juillet 1561.

> nOnSBICNKCR.

nionseigoeur ,

. . . . Ce vous est une bonne instruclion, quand il n'y a ne fond ne rire en ceuK qui sont agites de la crainte du monde, de ficher tant plus profond nostre anchre au ciel : comme nous en sommes c:iliortes par l'apostre.

Or, monseigneur, il me semble que pour

les delîans qui s'eslonnenl seulement de leur ombre , et tremblent quand quelque péril les menace, voici le vrai point pour rompre le choc du concile : c'esl que le Roy sans faire plus ample déclaration de vouloir changer de religion se joignlst tant avec la Reyne d'Angleterre qu'avec les princes allcmans et le» Souisscs qui tiennent nostre parti, pour protester de la nullité de ce concile de Trente, tant a cause du lieu auquel il n'y a point seur accès, que pource qu'il n'est point libre ni oubrc pour traiter en liberté les articles qui sont aujourd'hui en différent : ... Je scay que les princes d'Allemagne requerront qu'on spécifie plus distiactemenl les causes d'oppositions, mesme qu'il vouidroni entrelacer Viir confession d'Aiigsbnurç; t Biais le Koy niirn bien ce

3Se AppcKDtei.

crédit de les faire coDlenler d'une déclaration plos simple, quand elle ne leur portera aucuD préjudice. Surtout je TOUS prie, monseigneur, tenir la main que ta confession d'Augsbourg ne vienne au jeu : laquelle ce seroit qu'un (lambeau pour allumer uo feu de discordes. Et de fait elle est hÎ maigrement bastie, si molle et si obscure, qu'on ne sy sauroil arresler. Or quant à ce qui est des Souisscs il seroit bon que le Roy les e^thortasl tous en gênerai de se joindre avec luj en telle protestation qui ne tend a aultre fin que de reformer les abus qui sont en l'Eglise : veu que pource faire il est requfs que les difTerens soit bien cognus et débattus, et que toutes les deux

parties soient ouies et leur cause ( Non pas

que cela vaille si lost , mais s'eslre despiles je vous asseure que cesto offre servira beaucoup un demy an après. ) J'ay aussi, monseigneur, a vous prier, qu'ayant esgard a la nécessite laquelle vous presse fort, il voiis plaise donner couge alH. de Mouron. Car depuis qu'il est parti nous en avons perdu trois de nostre compagnie. 24 septembre 1561.

A MADAME L ADMIRALLE.

Miepfernbre tûfil.

Madame,

Madame, je vous prie ainsi , quoyqu'il advienne ne vous lasser jamais de vous employer fidelleracnt au service d'un si bon père et maistrc

ft

Page 1