AV ROY ANTHOINE DE AAT
Sire,
P'autanl que la reyne esl toute résolue de bien payer ses arrérages a Dieu, et récompenser les defaulls du temps passé, c'csl a nous aussi de nous liaslcr dfia de marcher tousiours devant en nostre ordre et degré. Car c'est la meilleure de toutes vos prééminence de tous porter ei vertueusement. . . : . Or il tous plaira nous pardonner. Sire, si nous ne pouvons pas nous dissimuler que jusqucs icy vous ne voua estes pas acquitte a beaucoup près de ce que Dieu a boa droicl requiert de vous. Ce n'est pas que nous ne considérions assez. Sire, les obstacles dont tous e^tes assiégé de tous costés. Mais quand vous penserez que nous sommes procureurs de Dieu, vous souffrirez selon voslro pieté que nous ne TOUS flallioDS point en maintenant son droict. . .
Il est donc temps de courir de paour que la nuit ne vienne, et que vous soyez surprins. En gênerai, combien s'en fault-il, Sire, que vous aiez maintenu la querelle de Jesus-Chrisl selon que voslre estai et dignité TOUS y oblige plus que les personnes privées. Si quelque paorc homme et de basse condition fuit semblant de consentir a ce que le nom de Dieu soit blasphémé, la religion mise en opprobre, et la paoure Eglise foulée soubs les pieds, il fauldra qu'il se condamne de n'avoir point
su
eu la Parole de veritô en sa bouche, que sera ce de voue auprès. Sire, en ceslc nulhorilé, honneur cl haullesse^ si, sans vous Hatlcr, vous entrez en complc »vec celuy duquel vous lenez toul ? Ce scroù aussi laschele a vous de couvrir par silence l'acte particulier qui a engendré envers grans et petits un si grand scandale. C'est de cesie malheureuse harangue qui a esté faite a Kommc de voslre part, Sire, laquelle faict rougir, pleurer et gémir et quasi crever de despit tous bons zclatcurs tant de In gloire de Dieu que de la bonne réputation de vos- Ire majesté. Il est certain, Sire, que vous ne sauriez trop travailler n vous csvcrtDcr tout au rebours jusqu'à ce qu'une telle faulle soit rcparcc devant Dieu et devant les hommes. IS'ou)^ ne parlons point de ccluy qui a esté employé pour porter la Parole, pource qu'il ne se fusl pas trouve homme de bien qui nust voulu accepter telle charge. Mais il semble que luy et vos ennemis ayent voulu faire un trîumpbe du vitupère qui vous a este faict on imprimant une telle ordure, qui n'esloît dcsio que par trop divulguée. Nous voyons bien. Sire, comment vons y avez esté induit, mais soit que les perplexités ou ■vous estiez pour lors vous ayent faict plier oultre vostre vouloir, soit que vous aicz eu e.sgard a vostre seurcle pour obvier aux embusches de vos eunemys ou pour rompre des filets qui vous esloient tendus, soit que vous y aici este attire par l'espérance de recouvrer a l'advenîr ce qui vous appartient, rien de tout cela. Sire, ne sera receu devant Dieu pour vous absoudie. Et de faict que scroit-ce s'il vous esioit dict que tout le monde vous seroit donne quand vous faictes liommaîgc a celuy qui lie peult rien que mal. Vous pardonnerez n la nécessité. Sire, laquelle nous conirainct de parler ainsi d'aultaut que nous avons soing de vostre salut Mais
APPINIIICK.
combieD que les aQ'aires de ce moode se demaioenl par par longs circuite : Dieu veull qu'on proccde plus fraochcmenl a sousieoir sa querelle. Tellement que la façon de temporiser que vous avez suyvye jusques icy. Sire, ne sera jamais trouvée bonne en Bon bureau. Mesine nous pensons que Dieu pour corriger la lardivete dea graos a faicl avancer les petits voire tellement qu'il seroit aujourd'hui difiJcile de les faire reculer. Or s'il luj 8 pieu les songner en telle sorte d'aulient plus que les malins s'eiTorceronl d'y résister, lant plus debvez voui eslre aiguise, Sire, a mectre et spplicquer en usaige les insirumens débiles auxquels en la fin apparoil la vertu du Saint-Esprit
A nonsixuR m: passy.
IHoDsieur et honore frère ,
Devant qu'avoir responsc je suis sollicite par mongeigneur le comte d'Eu et l'EglisedeNevcrs dévoua prier et exhorter sommer et adjurer si besoing est de vous aller acquitter de votre debvoir envers ce peuple auquel voua, J estes redevable, et surtout de recompenser le default du temps passe monstrant que si vous n'avez este pour Ion, evesquc que de tiltre vous le soiez a ceste heure par.. effect. Toute nostrc compaignie a trouve cesle renions» trance si juste qu'il fault que je vous prie cl oblegte ai^: i^om de Dieu si vous ne trouvez le voyage de Paris utHI
pour l'edïficaiion de toute l'Eglise que toub acceptiez cesie charge. Nous savons bien qu'en ce cas il faaidroit pourvoir l'Esglisc d'Issouldun d'un snccesseor, maïs
nousy avons mis paine de noslre cosle
De Genève ce 24 janvier 1562.
Voslre serviteur et humble frère, Jehan Calvin.
Sachez que vous serez retenu pour conseiller. Or nous ne voulons pas vous perdre ne quieter. .....
L LA REVUE DE NAVAtinE.
Madame ,
La compassion que j'ai de vos angoisses me faicl sentir en partie combien elles vous sont dures et ameres a porter. Mais quoy qu'il en soit si vous vault-il beaucoup mieulx d'eslre triste pour telle cause qtic de vous anonchailHr a vostre perdition. C'est chose désirable d'estre a repos et a son aise quand Dieu faict ce bien a ses enfans de se pouvoir pleinement resîouir. Or puisque cela est ung privilège qui ne dure pas lousiours s'il luy plaist de nous examiner apprenons de le suivre parchemins
asprcsetdiriiciles Ainsi combien que tout
le monde renverse si nostre ancre est fichée au ciel combien que nous soions agîtes si arriverons nous a bon
ǫrt.
Je me liens bien asscure, madame,
ne, ^
que Dieu ciaulcera vos gérai DanlqueluyoffrioDS le sacri 32 mars 1562.
Issemens el les noslre inoyenifice d'Iiumilîte qu'il requiert.