OU. G. I7S
* HallH HS.
* K>r. Ep. in«d. 939 330
U MORT D'ADRIEN ni flOt'BI
lÔQOB, doc de Itongu avilie, el comte de Neuchfitel, LL. BE. lui prêtèrent le 19 novembre, 15,000 i5cus d'or «u Soleil, pour le païernenl de ta seigneurie de Colonf bier, s condilion : l''<jiie ce sérail pour nu an ecul9 nenl. 2" Que la seigneurie m^me serait hypoifa^quéé avec le droit de souverainelc. S" Que le eomlc de Neo'^ châtel tout entier, geraii aussi hypothéqué; et que s'il etDprunlail d'ailleurs pour le paiement, il ne pourrait pas hypothéquer le comià de A'euchâlel, parce qu'ils il^ caulionDaieni d'aillcurB pour 30,000 écus.
Nicolas De Dîessbach qui, comme on l'a vu l'an 1562^ avait quitté l'emploi de conseiller de Berne, pour étr^ colonel en France, su service du prince de Cond^, ta quE, pour celle raison avait été déposé. Fui rélabli danj Bâ première dignité, le mardi après Pâques, 4 avrllj avec Germain Jentsch, qui étail dans lo même cas. ■
Le 16 septembre, mourut à Berne Adrien De Bott benberg, sans cnTaDS milles. Ainsi avec loi fut élcinU une famille noble et illustre , qui avait toujours tenu u' rang dislingiié dans ta ville, depuis sa fondation ; étant la postérité d'un autre, Conrad Adrien de Doubeiï berg, qui avait été lô direcleur de cette fondaiion, i honoré de cet emploi par le duc de Zocrîngue, Bei thold V, qui fonda ta ville de Berne, lan 1191.
XIX. La mort d'un autre grand homme , mais d'un condition toulc dilTérenle, fut une perle beaucoup pit considérable pour l'Eglise de Genève. Je vpus parler di Jean Calvin, qui décéda le 37 mai, à l'âge de 54 an 10 mois et 17 jours, étant né à Hoyon en ficardÎBj
* Inalr. G. 3S3.
* llaller llfl.
■ Id. lia.
DHNIIKI HCniRM M CALVIN.
10 juillet ttOd. Il était naturellemeni d'une constitution faible ^ ei cette faiblesse fut considérablement aug* meotée arec le temps par le travail prodigieux qui l'a- TBÏt continuellemeot occupe, durant une longue suita d'années; ce qui lui attira diverses maladies violentes, migraine, fièvre quarte, coliquo, douleurs de goutte ei de la pierre; de aorte que ce fut une espace de miracle qu'il n'y succomba pas plutôt. Pendant «epl ans avant sa mort , pour prévenir ces maux qui venaient en partie de la faiblesse de son estomac, il ne faisait qu'un repas par jour, quelquefois même dans l'espace do 36 heures. * Au milieu de ses maux, il conservait toujours la liberté do son esprit , cl s'appliquait sans relâche Aux affaires, jusqu'à ce que ses forces furent épuisées. Il prêcha pour la dernière (ois le 6 février 15fi-t, quoique tourmenté d'un asthme, et dès lors il ne fit plus de leçons publiques. Cependant il voulut encore peratlre en con* fleîl, le 27 mars, pour présenter un nouveau recteur de facadémie; mnis il claii si faible, qu'il se lit soutenir par deu.T personnes. Il lit ses adieux aux magistrats d'une manière fort touchante, et quelques jours après son testament. Il souhaita aussi de paraître encore une fois devant le conseil, avant que de mourir, pour iuî représenter ce qu'il croyait qu'il fallait observer pour Continuer d'attirer la bénédiction de Dieu sur la république. Le conseil, jugeant qu'il ne pouvait pas sorlir tans risquer sa vie, eut cette déférence pour lui, qued'aller en corps dans sa maison. Il leur fit un discours asSeï ciendu qu'il commença par les remercier des, bootca qu'ils avaient eu pour lui, ajoutant que s'il avail eu bien des contradictions h essuyer, ce n'avait pas éiô
• IloMiii([. 8i)0,
tS DEBNIEKS HOMBHS
leur faute; mais une suiic naturelle de l'clal de ce^ inonde, etc. Il les assura qu'il avait toujours eu l'atlachemenl le plus siacère pour la république, qu'il aurait souhailc de pouvoir lui procurer plus de bien qu'il no l'avait fait, quoiqu'il reconnût avec plaisir que Dieu avait béui son miDislèrc. Il les pria de lui pardonner la trop grande vivacité qu'il avait eue en diverses occasions;, comme il espéraitaussi que Dieu la lui aurait pardonnée. Il prit Dieu à témoin, qu'il leur avaîl prêché puremenl l'Evangile , cl qu'il le priait de ne pas permettre que la eainte doctrine fùl jamais corrompue, etc. Passant ensuite à eux, il les pria de bien considérer l'clat de leui république, qui paraissait si chancelante que sa conser-. vation tenait pour ainsi dire à un filet; de rccon naître toujours qu'ils la devaient, cette conservation, UDÎque-t ment à la protection de Dieu ; qu'ainsi, dans la prospoi rite ils ne devaient pas s'en enorgueillir, ni se laissée abattre dans l'adversité. Il les exhorta à s'acquitter fidèt lement de leurs emplois, et à faire toujours justice 1 tous, avec une entière impartialité, etc. Il finit en 1m priant de nouveau de lui pardonner ses faiblesses, et cA priant Dieu pour la prospérité de l'état. Son discours fini, il loucha à la main tous les conseillers, qui se retî< rèrent fort affligés. '
lie même jour tous les ministres allèreul aussi le trou^ ver pour recevoir de lui les exhortations et les avis qu'il avait témoigné souhaiter de leur donner. Il les exhorta à s'acquitter de leur devoir avec courage cl avec ddét lîlé, et à vivre ensemble dans une union constante conserver la réformation et la discipline qu'il avait obtenu de faire établir dans l'Eglise, etc. Il les prit
' SpoD. not. p,309. SIO. SU.
moins àc la tendre affeclioD qu'il avait toujours eue pour - eiut , les assuraDt qu'il luourail dans les mêmes senlimene. Il les pria de lui pardonner les manicrcs cbagrinea qu'il pouvait avoir eues avec eux pendant sa maladicj et les remercia de ce qu'ils avaient biea voulu partager eolr'eux les travaux de sa charge. '
Farel ayant appris sa maladie, souhaita de le voir encore une fois avant sa inort^ et lui écrivît son dessein. Calvin lui ccn vil le 9 mai pour l'en dissuader : a Je ne veux pas, lui disait-il, que vous vous fatiguiez pour l'amour de moi. Je puis à peine respirer et j'ailenda à tout moment que la respiration me manque. C'est assez que je vis el que je meurs à Jôsus-Chrisl qui est gaîa pour les siens dans la vîo el dans la mort! * s Nonobstant cela, Farel, tout vienv qui) claii,peu éloigné de SO ans, prit la peine d'aller de Ncuchâiel à Genève pour voir son ancien amï el collègue, et après avoir eu ud long entretien avec lui, il repartit le lendemain pour Neucbâtel.
Calvin mourut, comme on l'a déjà remarqué, le 27 mai , et fut enseveli tout simplement au cimclîcre commun de Plein-Palais , hors de la ville , comme il l'avait souhaité , et si simplement qu'on ne sait pas aujourd'hui où esi son tombeau.
Je n'entreprendrai pas de faire ici son éloge. Assez d'autres, plus habiles que moi, l'ont fait avant moi. Mais je ne saurais m'empèchcr de copier ici ce qu'en a écrit l'illustre autour des notes sur l'histoire de Spon : « Oa ne peut, dit-il , lui refuser l'éloge d'avoir été d'ua savoir très-vaste , d'un jngenient exquis, d'une péné-
Spon. Not. p. 511. St2
Iralîon d'esprit peu commune, d'une [empérancect d'une sobriélé admirables. Pasaant sa vio dans un travail conti* nuel, il ne dormait presque poioi. AfTaires publiques, particulières, ecclésiastiques, politiques l'occupaient lea unes après les autres, et souvent toutes a la fois. Consulté de toutes parts, et par ceux du dedans, et par ceux du dehors ; en commerce de lettres nvec toutes Ica EgliâCB et tous les savans de l'Europe, avec les princes et les personnes do la plus baute distinction de la religion réformée ; il est presque incroyable comment ua seul homme a pu suffire à tant de choses et comment il n'a pas plutôt succombe sous le poids d'un travail si accablant. Ennemi de tout ce qui ressentie faste, modeste dans toutes ses manières, méprisant les richesses, d'uD désiotéressemcot et d'une générosité parfaite, il ne sa faisait pas moins considérer et respecter par ces qualité» du cfflur, qu'il se faisait admirer par celles de l'esprit. Le conseil ayant voulu lui faire un prcaont de viogt-cia(| écns au sujet de sa maladie , il oc le voulut pas accepter, parce, disait-il, qu'il ne rendait point alors de service à l'Eglise ; bien loiu de mériter de récompensa extraordinaire, il se ferait conscience do recevoir sei ^ages accoutumés. Et peu de jours avant sa mort , il refusa absolument une partie de ses appointement qui était échue. *
lie peu de bien qu'il laissa et qu'il légua par son te^ lament à Antoine, son frère, est une bonne preuve àt son désintéressement, puisque selon l'estimation qu'il faisait de tout ce qu'il avait soit en livres , soit en mCublés, il UQ laissait que la valeur de 225 écus d'or.
« On Da saurait assez louer (continue mou îlIuGlre «ateur) sa fermeté à combattre lo vice et les vicieux. Il s'en déclara l'ennemi irréconciliable. II maintint contr'eux l'autorité du consistoire cl réprima le libertinage avec un grand courage. La craiulc de déplaire aux plus accrédiléa de la ville, parmi lesquels les débauchés ns manquaient pas de prolcctcurs, ne le fit point varier. Aussi eul-il il combattre pendant plusieurs années la cabale de ces gens-là qui était considérable ; mais il eut aussi le bonheur de la dissiper entièrement. De si gran^ des qualilcH effacent suflisamnient les défauts que pouvait avoir Calvin , et desquels il ne disconvenait pas luimême. Il était extrciaenaenl vif, comme il le reconnaît dans le discours qu'on vient de rapporter. DeBèze, dans sa vie , ne craint point de dire que son tempérament le portait à la colère , et que la vie dure et laborieuEC qu'il menait avait même augmenté ce penchant. Il est cer« laia qu'il souffrait avec {leine qu'on pensât autremenf que lui en matière de religion. ' d
Voilli ce que dit de Calvin un savant cl illustre magistrat de Genève qui a enrichi et redressé par quantité de notes amples et excellentes l'histoire de sa patrie écrite par Spon. Je dois ajouter que Calvin faisait effort sur ' lui-même pour vaincre ce penchant dont on vient de parler. Il disait lui-même a ses amis : « Je suis colère de ma nature. Je combats sans cesse contre ce défaut ; jusqu'ici je n'ai pas tant profité que je voudrais, d II aurait «lé à souhaiter qu'il eût écrit avec plus de modération contre l'Eglise romaine. Mais s'il dit des injures à ses adversaires, il faut l'allribuer à son siècle autant qu'i son teroporamcnt; car dans ce temps-là on ne se piquait
< Cal. Ep. |. 315 t>
JOIB DES -CATHOtHJceS
pas autanl de politesse qu'on le fait aujourd'hui. Du reste, il clail clair dans ses sermons, profond dans ses leçons de théologie et éloquent dans tous ses ouvrages. Son latin était comparable à celui des plus habiles auteurs de l'antiquilé. C'est le jugement que Spon en porte dans son histoire. Je puis ajouier que les Institutions de la Religion Chrétienne qu'il lit imprimer à Bâie pour la première fois , l'an 1 535 , à l'âge de 26 ans , seront un monument perpétuel de sa science et de sa capacité. Il n'y a que ceux qui ne les ont pas lues qui les méprisent. Ses commentaires, au jugement des plus bablloa théologiens, seront toujours regardés comme des chefsd'œuvre d'un écrivain judicieux pénétrant, et qui va droit au but, sans donner dans le verbiage.
Ses ennemis, ou plutôt les ennemis de la religion, regurdèrcnl sa mort comme le triomphe de leur Eglise. Lorsque l'an 1556, le bruil se répandit qu'il était mort, le clergé de Noyon fit une procession solennelle, pour en rendre grâce à leurs eainls ; ' et lorqu'à Rome on eut avis de sa mort, on en eut une grande joie ; et plusieurs prélats s'imaginèrent que les Genevois, retenus par la crainte des persécutions de Calvin, reviendraient, du moins en partie, à la religion romaine. L'évi^que d'Aaneci en était si fort persuadé, qu'il crut que le pape n'avait qu'à envoyer quelques missionnaires à Genève, et que cette affaire irait a souhait. Le cardinal Borromée, il qui l'on en lit la proposition, se donna des mouvemens, pour faire nommer à Rome sept missionnaires, charges de celte commission. Maïs la suite fit voir combien les Romains étaient loin do leur compte- *
* Btt. Tii.Cilv.
I coutrb CAiviir. (i7
Les ennemis de Calvin (lublièrcni après sa morL mille GOUiscs et caloronies sur son sujet. Eatr'autrcs, Jérôme Bolsec, 13 ans aprt^s sa mort, l'an 1577, publia en français ua infâme libelle, sous le titre de Vie de Calvin, qui fut d'abord traduit en latin cl en allemand ; et divers moines, jésuites et autres, copièrent et répandirent les calomnies abominables dont il était rempli, avec autant de hardiesse que si c'eusscnl élè des vérités bien coustalées; mais deux habiles ihcologiens français, ' Andrô Rivet, el Charles Drelincourl, sans parler de ceux des autres nations, ' ont si bien démontré l'innocence de Calvin dans des ouvrages exprès, et prouvé si clairement la fausseté des calomnies répandues contre lui, que les écrivains catholiques qui sont venus après eux, (au moins ceux qui avaient quelque honneur à ménager) Dont pas osé les répéter dans leurs ouvrages, el lui ont rendu jusiico à cet égard. Sur quoi on peut consulter l'apologie de Calvin, par Pierre Juricu, dans son apologie pour la rcformalion el les réformateurs, au Tome I. Cbap. XV.
Simon Goulard de Senlis, qui arriva à Genève, peu de temps après la mort de Calvin, fut mis en sa place. ^
Calvin avait toujours présidé dans la compagnie des pasteurs; ses collègues lui avaient vu occuper ce poste sans jalousie, à cause de son rare mérite, qui l'élevait au-dessus d'eus. Depuis ses frcqucnies maladies, qui l'empêchaient souvent d'assister aux assemblées, la com-
• Rivcii, Calvinu) Orltioiloiui. Charles Drelincourt, Apologie de Calvin.
* HoUingtr, le Père. Hlslor, Eccleiiutica, T. IX. Holtinger, la " I. Iliiloire Ectlciiasliqiic ie Suiiie, crrite ta alleniari). T. T -
' Spon 309.
ItS BEZE BJT nOMIVB PBBStDEHT.
pagnie des minielres avait prié Bèze de présider. IHaU après U mort de Calvin , daas une asBemblée du 2 juin, Bèzc demanda d'être déchargé de cette présidence, et proposa en rai^me temps de ne pas perpétuer à l'avt dans une seule personne, un emploi si imporlaot, pour ne paB courir risque de retomber dans loa mêmes incon* venions qui étaient arrivés a l'ancienne Eglise, par Ii grades où l'on avait élevé quelques ecclésiastiques au* dessus des autres. Il ajouta que l'on avait pu, à la vérîlô^ laisser exercer cet emploi à Calvin pendant sa vie, t cause des obligationE que lui avait rÊglisc, des dons ex> traordinaires qu'il avait reçus du ciel, et parce qu'aussi on savait bien qu'il n'abuserait pas de son auloritc, per< sonne n'étant pluï persuade que lui de l'égalité qui doit être entre les ministres ; mais que les choses pourraiool changer à l'avenir, si cette charge tombait entre loi' mains d'un homme ambitieux ou turbulent; que, poui' prévenircesinconvénieas.ilélaitd'avisquelacorapagniA: choisit toutes les années un nouveau modérateur, qui m serait que le premier entre ses frères. Celte proposili fui généralement approuvée de tous les pasteurs et les professeurs , qui , sur le champ , élurent Bèze lui-même pour cet emploi, nonobiitaut ses excuses, comme ayant toutes les qualités nécessaires pour s'en bien acquittevi Cette cleclion ayant été portée au conseil , y fut «p^ prouvée, '
XX. L'année 1654 est mémorable dans l'bisloir* par le fléau épouvantable de la pe^te , qui désola une bonne partie de l'Europe, particulièrcmeot la France, l'Allemagne et la Suisse , et qui y fit un ravage oxtraordinaire. Elle régnait avec tant de violence que les hom-
' Spon. tiot. 333. 3M.
mes tombaient comme les feuilles des arbres tombenl en automne, lorsqu'elles ont clé touchées do la blauchegetée, ou agitées par le vent. Les lieux même les plus élevés , les montagnes les plus hautes qui paraissaient inaccessibles n'en furent pas exemples. La mort fauchait dans les plus hautes mootagncs des Grisons comme dans la plaine. A Chiavennes , petite ville, il mourut 108 personnes dans peu de semaines. On fulobligc de faire le service divin elmémelaSaînte-Ccne en plein air, et quoique les communiants bussenl tous d'un même vin, cependant chacun apportait son propre verre pour le prendre, afin de ne se pas infecter les uns les autres, en buvant d'un même calice'
Dans le canton d'Appenzell , à Appenzell , Troguen , Herisau, etc., tes vivans ne pouvant pas sufTire à ensevelir les morts, on se contentait de faire de larges fosses dans les cimetières, et on y portait les morts dans des chariots, et on les jetait dedans pêle-mêle. Il mourut, plus de 3,300 personnes à Herisau. pans le Tokenbourg el ailleurs, il y eut des villages entiers qui furent rendus déserts: et le pays demeurant sans culture, faute de gens pour le cultiver, il s'en ensuivit un autre mal, qui n'était guères moins redoutable, la famine. ^
A Mulhonse il mourut dans l'espace d'une année 800 personnes. ABdIe ce Qéau emporta environ 7,000 personnes, entre lesquels étaient treize conseillers, huit ministres, et cinq professeurs, entr'autres le savant Borrbaus, autrement nommé Cellarius , qui mourut le II d'octobre, à l'âge de 65 ans. ^ Jacob Rucggcr, ministre
* Holting. 888.
■ Waiier à»9. tgO. Ticboiidi A9A.
* Dins le canton il monrul environ
rU9 FISTI TEHKIBLt. I
de ScbafTouse, eo mourut te |6 mars. AmbroUe Blaarcr, , cet excellent serviteur de Dieu, qui, après avoir exercé le miDislère à Biennc, avait passe à celui de Winierthour, deux ou trois ans auparavant, en inourul aussi^ le 6 décembre, âge de 73 ans. ' ^
Ce terrible fléau se fit aussi sentir à Berne. II con^l mcDça en juillet ; maïs il devint plus violent dès le mois d'octobre, ei sa violence redoubla en décembre; de sorte que l'on y enterrait jusqu'î) 30 personnes par jour, et que depuis la fin as septembre jusqu'au carémo de l'année suivante 1565, il y mourut environ 1200 personnes. Ce fléau commença un peu à diminuer vers les félcsdeNocl. Et comme dans ces trisles conjonctures, les ministres no pouvaient pas suffire à visiter les pefiti> férés, LL. EE. firent venir no ministre de ThouD, savoir Abraham Muslin, ou Musculus, lils du défunt professeur IVIusculus, pour les aîder dans ces tristes, maïs nécessaires fonctions. A l'occasion de ce fléau qui semblait menacer la ville d'une ruine totale, LL. EE. augmentèrent le nombre des sermons qui se faisaient, et en firent faire a trois heures après-midi, quatre jours de Ja semaine, lundi mercredi, jeudi et vendredi. ^
Ce terrible fléau se fit aussi sentir à Zurich, et emporta beaucoup de monde. Entr'autres on y perdit, le 24 septembre, le savant Théodore Bibliander, qui avait succédé à Zwingic, dans la profession de théologie.
I C'était un théologien doux, sage et modéré, qui n'ai-
mait pas la dispute. 11 n'était pas du sentiment de nos Eglises sur la matière de la prédestin a Lion. Il ne s'en était même éloigné, qu'à cause de l'abus qu'en faisaient
* Hotline. 889. Stelller ÏIS.
* H.llM-119-m. ■
certains docteurs, qui en parlaîcnl d'une manière trop crue, et qui la préscnlaicnt sous une face choquaote cL odieuse, qui allaîl presque jusqu'au blasphème. Cependant il ne fit jamais de querelle h personne sur ce sujet, il n'en disputa jimais en public, ni de la bouche ni par écrit. Il se contentait de communiquer ses pensées à ses amÏ6. Il serait à souhaiter pour le bien de toute t'Eglîse, que les théologiens chrétiens de tous les siècles eussent eu.ta même retenue et la même modération. Mais sur la fin de ses jours, se voyant dans un âge avancé, il crut pouvoir proposer plus librement sa pensée, et eut quelque dispute avec Pierre Martyr. C'est pourquoi, pour prévenir l'éclat qu'une pareille contestation aurait pa produire, on lui donna, l'an 15G0, une démission honorable de son emploi, sous prcle^tle de son grand âge et de ses infirmités, en lui laissant ses appoinlemens et le T«Dg de professeur jusqu'à sa morl ; ' et on chargea Jo- ■ias Simier, alors diacre de l'Eglise de St. Pierre, de faire les leçons pour lui; et Simicr ayant succédé à Pierre Martyr, l'an 1563, on en chargea Jean Wolff, ministre au grand temple, qui s'acquilia de ces fonctions jii&qu'à l'an 1571, qu'on donna cet emploi à Guillaume Slucki. *
Bullinger eut aussi sa part de ce iléau; soit en sa personne , soit dans sa famille. Il en fut attaqué le 15 septembre, el en fui a l'extrémité; de sorte qu'on n'espérait plus de le revoir en vie. Il s'attendait luimême à mourir; et dans cette pensée il fil venir les ministres auprès de lui> et leur adressa une exboriation grave ei louchante à prendre bien soin de l'Eglise,
• Hoilins. P. Vlir. Hoilins. F. T. III ( ' HollinB. F, !.. c.
I St TMTt tu SUTME. ■
cL à s'acquitter fidèlemeat de leurs devoirs. 11 fut ms-^ lade pendant trois mois. A la Tm il plul au Seigneur de le rendre aux prièresde l'Eglise; ei il fut rétabli vers la fin de l'année. Mais il eut la douleur de perdre sa femme, Anne Adiischwyler, avec qui il avait vécu 35 ans, dans une tendre union, et une de ses filles, inariée au célèbre ibéologien Louis Lavatcr. Ce qu'il y eut de plus douloiyeux pour lui fut que sa femme fut attaquée de ce mal ea même temps que lui ; de sorte qu'ils ne se purent donner aucun secours l'un à l'autre. Et l'on rapporte, que cette vertueuse femme, pendant tout le cours de son mal, s'oublia en quelque sorte elle-même, pour ne pcn* ser qu'à son épous, n'étant en peine que pour lui, et priant uniquement pour lui , pour qu'il plût à Dieu de le rétablir. '
La peste fit aussi du ravage dans le Pa;ys-de-Vaud, et dans le comté de Neucbàtel ; mais moins dans ce dernier pays que dans le premier, ' te mal se fit sentir principalement le long du lac Léman ; ce qui fut cause que les Seigneurs de Berne contremandèreot les montres (revues) du bailliage do Lausanne, qui devaient sa faire, suivant l'usage établi alors, à l'entrée du nouveau baillif, Petermann de Waiteville. '
XXL Les fléaux les plus terribles de Dieu ne sont pas capables d'arrêter le mouvement des passions des hommes. Malgré la peste qui désolait la Suisse en tant d'endroits, les négociations des princes étrangers avec les cantons allèrent toujours leur train.
Leduc de Savoie continua celles qu'il avait commencéei
* Mis. Fig. T. I.p.f ' Far. Ep. 187.
* Man. de Uui.
COnFtKEKCI Dl NTOn. G5
depuis quelques années avec l'élat de Berne. On était convenu d'avoir une conférence à Nyon, pour régler deux articles împorians, la religion des terres que Berne céderait, et la sûreté de la ville de Genève. Maïs dans le temps qu'il fallait y envoyer des députés^ la bourgeoisie de Berne témoigna hautement tant de méconlentement de cette afTaire, qu'on refusa d'abord absolument à ce prince d'envoyer à celle journée. ' Cependant les autres cantons et les ambassadeurs d'Espagne elde Savoie gollicitcrent si vivement LL. £E., qu'à la lin elles consentirent a renouer la négociation pour régler ces deux articles, et à tenir une conférence à Hyon, pour ce sujet, le dernier avril. ' La conférence se tînt, et les Bernois demandèrent deux choses : 1" que les sujets des terres que l'on rendrait au Duc demeureraienl en pleine et paisible possession et libre exercice de la religion, que LL. EE. y avaient établie; et 2° que l'on donnerait à la ville de Genève une assurance parfaite pour sa liberté et son indépendance; que le Duc n'entreprendrait jaaiaiB aucune boslililé contre Genève, ni par lui, ni par les siens, ni ne permettrait à d'autres d'en entreprendre. Cette résolution fut prise par les Savoyards, pour la rapporter à leur maître. ^ Au mois de juin les Genevois envoyèrent des députés k Berne, demandant, (le 23 juin) que l'on fît quelque changement à l'article qui les regardait. Quelques jours après, ils demandèrent une garnison à leurs alliés de Berne, étant en peine du côié de la France. Hlais les Seigneurs de Berne ne jugèrent pas à propos de faire des mouvcmcns
* Ualler lit
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qui pouvaient donner occasion à une guerre. Ils se coa> . tenlèrcDt d'cavoyer ordre à leurs baillifs de prendre bien garde à toul ce qui se passerait dans leur voisinage, ei de leur en doooer avis. La suite {it voir qu'ils avaient pCDsé juste, et l'on fui tranquille dans le pays.
Le duc de Savoie accepta la cession des trois baillû ges de Gex, de Ternier ei de Tlionon, avec les deur ^ conditions de la religion des sujets, et de la sûreté de Genève. Le conseil souverain de Berne, assemblé le 18 juillet, accepta aussi le même traité, sans demander que tes terres que l'on gardait, fussent reçues par les cantons dans la coorédéralioii du L, corps helvétique; et l'ambassadeur de Savoie étant arrivé à Berne, le 28 du même mois, avec des créauces, on marqua une dernière journée à Lausanne, pour le 22 octobre, pour y terminer cette grande aiTaire, et conclure la paix, en présence cl avec l'approbation et le concours des cantons médiateurs. ' Cependant, avant que de prendre une dernière résolution, LL. EE. trouvèrent bon de communiquer la chose à leurs sujets, par toutes les communautés, pour savoir ce qu'ils en pensaient. Il s'en trouva quelquesunes qui n'approuvaient pas qu'on rendit rien au duc de Savoie ; mais le plus grand nombre fui d'avis de remettre ia chose à la prudence de leur souverain. ^
Peu de jours après, le maréchal de Vieilleville, et l'évèque de Limoges, ambassadeurs de France, vinrent en Suisse, pour proposer aux cantons un renouvellement d'alliance avec la couronne de France. Ils aliércnl d'abord, le 10 d'août, à Fribourg, où ils furent reçus fort
Ri[|fr HS.SlellIer 31t.
honorablement, et où ils dislribuèrcDt beaucoup d'argent. ' Arrivés à Berne le 15 d'août, ils y furent reçus fort froidement. Ils soUicil errent LL. EE. à entrer avec les autres cantons dans le renouvellement de l'altiaoce, en leur faisanl sonner fort haut les avantages qui leur en reviendraient. Ils ne s'j arrêtèrent que quatre jours, et allèrent de ta de canton en canton, et y répandirent beaucoup d'argent, pour gagner les EulTrages. ' Ils ne purent absolument n'en obtenir à Zurich, oii ile arrivèrent le 3 septembre. Ils conférèrent sur ce sujet avec Bullinger, et firent tous leurs efforts pour le gagner, sachant que son sentiment aurait beaucoup d'influence sur les délibérations de l'clat ; niais il rejeta constamment tout ce qu'ils purent lui dire. Et dans tous les conseils de Zurich ^ il ne se trouva pas un seul honime qui agrciU, ou approuvât cette alliance. Les ambassadeurs de France trouvèrent plus d'accès auprès des autres canlons. Ils obtinrent qu'on tiendrait une assemblée des cantons à Fribourg, à la fin de septembre pour délibérer sur ce sujet. Les députés des cantons furent chargés simplement, d'entendre les propositions des arabastadeurs de France, pour en faire le rapport à leurs Seigneurs. Plusieurs d'entr'eux furent d'avis de ne riea écouler, qu'on ne leur eût auparavant payé leurs pensions arriérées, et l'argent qu'ils avaient prêté, tant capilsl qu'ÎDtérèi. Les ambassadeurs^ à cette occasion, distribuèrent dos sommes prodigieuses. ' Elles adoucirent les coeurs, et firent ouvrir les oreilles. On dressa une capitulation, ou projet d'alliance, pour le rapporter agx.
' Hjllrr <19-
canloDs, Zurich et Beroe avaient aussi leurs députés ^y cette diète ; mais seulemenl pour être înslruils de ( qui s'y passerait. '
Les Seigneurs de Berne avcrlirenl le 15 septembre' ' les conseils de Lausanne de la conférence qui se devait tenir dans leur ville, le 22 d'octobre suivant, entre les députés des cantons et ccus du duc de Savoie, les chargeant de donner ordre à leurs cabaretiers , de faire de bonne heure de bonnes provisions pour les bien re-
La conférence fie tiut au temps marqué et dura jusqu'au 31 octobre. Berne y envoya six députes , les deux avoyors, les deux trésoriers, deux banderels, avec la commission générale et un secrétaire. Les Genevois y envoyèrent aussi leurs dpputés.
Dans celle conférence la paix' fut conclue entre I duc de Savoie et l'état de Berne, sous la médiation d£l onze cantons désintéressés, aux conditions dont on é convenu et avec cette double addition : a Que la r lion des trois bailliages de Gex, de Ternier et de Tt» non, iie ferait le 1°' mars de l'année suivante 1565, que les rois de France et d'Espagne garanliraîenl ( traité et le signeraient avant que la restitution se fil. S Le 29 octobre les députés de Berne régalèrent tous l autres, Le député de Zurich y perdil un de ses officiel qui mourut de la peste. ^ Le traité fait avec le ducd Savoye portait cntr'autres : 1" Que le Duc ni ses satsH cesseurs ne formeraient à l'avenir aucune prétention stf les terres qu'il abandonnait aux Bernois par ce Iraîltt
S° Que tes sujets des trois bailliages resliiués au Duc seraieat laissés en paisible [)ossessioa el libre exercice de la religion réformée que l'élat de Berae y avait inlroduïle. 3" Que le traité de combourgeoisle entre Berne el Genève subsisterait. 4" Que les prétentions du Duc cootre Genève seraient réglées à l'amiable ou par viùe de droit. 5° Que le Duc renoncerait à tout droit d'boinmage qu'il pourrait prétendre sur les terres du comte de Gruyère acquises par les villes de Berne el de Frîbourg. 6° Que, pour éviter un voisinage incommode , aucune partie ne [lourraii aliéner les terres de sa portion attribuées par ce traite, ni par rente, ni par échange, ni bâtir des forts à une lieue l'un de l'autre. 7* Que la borne de la souveraineté des deux états, du côté du lac, serait le milieu du lac, etc. '
XXII. Dans cet intervalle de lemps tous les cantons conTiorent , à l'exemple de Zurich , de s'assembler de BOUveau à Fribourg, le 28 novembre, pour délibérer Bur le renouvellement de l'alliance de France. Les Bernois y envoyèrent deux députés, avec ordre de remercier les agens de France de leurs amiables propositions; mais de leur dire que pour plusieurs raisons, fortes el pressantes, on ne pouvait pas les accepter: que cependant on observerait avec une parfaite exactitude le traité de paix perpétuel. ' Mais celte résolution ne tint pas long-lemps- Le prince de Condé et l'amiral de Chatilloa , les Genevois et les ministres sollicitèrent vivement LL. EË. à ne pas refuser celte alliance, la leur faisant
* Les docs Je Savoie oiU unireint lei articles S et G; le 3*. en b*nnîiiant la religion rétormée, dés l'^i 1398, des bailHaj^cs île Tfaonon et de Ternier : et le 6*, vu cchaujfcanl lo P>ys-de-Gex au roi de France, avec d' autres terres, cmitre le marquisat de Saluce.
» SlellIerHJ.
3S OPINION D« JEAK WMBK
envisager comme pouvant êLre d'an graod usage aux réformés do rovauine. ' D'un autre côté, les agcns dci France ioLéressèrent eocore l'élal de Berne à enlren dans cette alliance par des raisons de politique, en leur promenant que le roi comprendrait Genève daos ccll» allJBDce , ei le pays de Savoie que le Duc venait de leur abandonner. Ainsi le conseil souverain , frappe par ces ' deux endroits si coosidcrables , el de religion ei de politique, résolut d'accepter celle alliance le 10 décembre; mais qu'auparavant on la communiquerait aux sujets qui étaient lies comme eux par un même serment à n'accepter aucune alliance mercenaire avec les princes étrangers. '
Celte résolution déplat à quantité de gens de bien à Berne; el Jean VVeber, le plus ancien des ministres, consulté sur ce sujet, la déconseilla enlièremeat. ^ Ses raisons élaîcnl: 1" Qu'il était défendu de faire alliance avec les méchans et les adversaires de la pure religion, lorsque noire saînle et bonne religion pourrait cire cop>l J rompue et noire bon gouvernement et police gâté par: I une telle alliance. Ses preuves étaient : l'' Les dérenses, A réitérées do Dieu défaire alliance avec les CananéeDB»> I de peur qu'ils ne les enlraÎDassent dans l'idolâtrie ,,- 4 Exod. XXIII, 34. Deui. VII. 2" Que Dieu l'avait puni * ou censuré en Josapbat, Il Chroo. XIX, 2; dans les Israélites, Jug. III; en Achaz, qui avait rccberchc l'alliance de Tiglath, roi d'Assyrie, II Chron. XXVIII; en Asa, roi do Juda, qui iii la même chose avec le roi de Syrie; II Chron. XVI, par Esaïe, CXXX et
= lbi<l.$ie(Ll«raiô.
• Sltirl.r 1. t. (Sti )
Il" Que cependant il éuil permis de faire alliance avec des gens de diffcrenle religion, pourvu qu'ils la recberchasseni par considéralion pour la bonic de Dieu envers nous, et parce qu'iU prennent plainir à notre bon gouverncmcDl. Ses preuves élaîenl: Les exemples d'Abrabain etd'Isaac qui lîrent alliance avec Abimelcc, Cen. XXI et XXVI. ; de David avec Saiil , U Sam. III; avecTohi, roideHamalh, Il Sam. VIU, !X. X.
Mais (ajoutait Wober) ces alliances étaient légitimes , parce que du côté des Saints il d'j avait : 1° point de conliaoce au secours des bommes, mais en Dieu seul; 2" point de condition mauvaise et criminelle qui entraînât effubion de sang , oisiveté, etc. ; 3° point d'occasioa à l'avarice, ni à rinlérèt particulier qui produit les divisions et les factions dans un état. Quant à la première espèce d'alliance, les Bernois y avaient formellement renonce par la réformaiion , et avec bien de la justice , par ua serment général qui se renouvelait tons les lundis ■ de Pâques , et qui était soutenu par un mandat particulier , publié contre les pensions et les services étrangers. »
Et le 19 décembre on envoya des députés à Fribourg dire qu'ils ne pouvaient conclure aucun traité qui portât eogagemcnt de donner du monde sans en donner avis par avance à leurs bourgeois et sujets, pour savoir leur, pensée là-dessus , et qu'ils les feraient assembler le plulà! passible dans ces temps de peste. '
En conséquence de celle délibération, LL. EE. en- Toyèrenl le 8 janvier 1565 des députes dans toutes les villoa et les communautés de leur pays allemand et du
' Ui. Gr. L. i'S. 16.
* liulr. G. 531.
gouvernement d'Aigle, pour leur donner avis de l'unioo a faire avec la France, leur représentant toutes les conditions et les avantages de celte alliance ; que cependant ils s'étaient fait Ap, la peine de l'accepter, mais qu'ils penchaient chUb à l'embrasser, dans l'espérance de poi»voir par là procurer quelque paix a»x réformés de Praa> ce, et faire comprendre leur uouveau pajs, aussi bien que la ville de Genève, dans te traité de paix perp»* tuelte et dans celle nouvelle alliar)ce; et qu'en cas qn» les réformés de France fussent persécutes, ils seraienl libres de garder l'alliance, ou de la quitter; que d'ailleurs les plus grands seigneurs réformés de France, el les minisires de l'hvaDgile, souhaitaient celte alliance, e'imaginant que cela leur ferait du bien auprès du roi. Sur quoi ils souhailaicnt, de savoir leur sentiment. ' H y eut plusieurs villes et communautés qui furent d'avii qu'on devait absolument refuser celle alliance, comme Tlioun, Inlerlacken, Unierseen, Haste, Spictz, Bourgs, dorf. Emmenthal et Zoffingue. Le plus grand nombrefulde celles qui n'approuvant nullement celte alliance, dirent cependant d'avis de remettre la chose à la pro* dence de leurs Seigneurs. Il n'y en eut qu'un Irès-petib nombre qui approuvassent la chose. '
L'affaire étant de la dernière importance el digne paf conséquent d'être examinée avec toute l'atlenlion po8> > sible, et par tous les membres de l'état, on fit venir toutles baillîfs du pays à Berne, pour cire prcsens à la dclt^ bcralion cl donner leurs suftrages. La question mise sur^ le tapis, le 18 février, lessentimens furent partagés : lesuna voulaient qu'on acceptât l'alliance, à cause des araii-
' Inilr. G. 355.536.
* nJI<rlSS.Sto(llcrSI5. 316.
iQgcs qu'ils y voyaient pour leur rtoureau pays, cl pour la religiOQ reformée en France. D'^iutres voulaienl qu'at8dI que de prendre une dernière rcsolulion, on priât la cour de France de s'expliquer nellemcnl sur ccrtaioB articles obscurs. Les troisièmes, qui llrenl le plue grand nombre, opinèrent à rejeter absolument celle alliance, te fondant sur les lois de l'éial, faites depuis le temps de la réformation, qui défendaient sévèrement toiito alliance avec les princes clrangers ; que d'ailleurs le roi de France voulait réserver dans le traité , le pape, sous le litre de saint Père, et la cour de Rome, sous celui de saint siège apostolique, et eniin le collège des cardinaux : Ce qui ne leur convenait point d'admettre; du moins sous ces qualifications. '
On écrivît celte resolution à Lyon, à l'évéque do Limoges, par UD exprès. Le mois suivant, le sieur d'Oiw bais, ambassadeur ordinaire de France, Cl à Berne de nouvelles sollicitations, pour engager l'état à ne pas se séparer des autres cantons par rapport à cette alliance. Les Genevois les en sollicitèrent aussi, parce qu'ils y trouvaient leur propre compte. Mais les Bernois pereiâtcrent dans leur refus. '
XXIIL Par le traité de Lausanne il avait été réglé que le duc de Savoie terminerait à l'amiable, I Toie de droit, les prctealions qu'il avait contre Genève. I Suivant cela, il y eut une conférence à St. Julien, cnlre I les parties, au commencement de février; mais le Duc I porta tant de plaintes cl forma tant de prétentions contre Genève, que celte journée n'eut aucun succès. Il demandait la restilulion du vidomnat hl des terres qui
avaient élc délacbces des scignoiriea de Gex cl de Gaillard, l'an 1536, et même la souveraineté de Genève; déclarant qu'il dc ne désîstcrail point de ces trois arlicles. Les Genevois envoyèrent incessamment à Berne le syn- , die Michel Roset, qui se plaignit hautement du Duc, le--! 13 février, et produisît les titres authentiques de liber^ 9 tés et de franchises qu'ils avaient, et demanda conseil sur la conduiie qu'ils devaient tenir. On lui répondit, que comme on ne pouvait pas savoir quel tour prendraient les affaires, il fallait que les Genevois prissent J patience, cl qu'ils ne lissent rien seuls, et sans la me* I diation des cantons. ' I
Cette année fut une année d'alliance. Ijee cinq can- I tons catholiques zélés, Lucerne, Uri, Schwytz, Untet-^ I vratd et Zoug, en firent une avec le pays de Valais, dont i le grand objet était le maintien de leur religion. '
Dans le même temps les canlons rcnouvelcrenl aussi leur alliance avec le pape. Il y eut une dicte assemblée pour cela enlr'eux , à Lucerne. Le sieur d'Orbais, ambassadeur de France, qui travaillait alors à unir les Bernois avec la France, leur donna avis en février, de celle trame, et leur envoya même copie des articles de celte alliance projetée. '
L'ambassadeur ne s'en tint pas là. Il travailla forle* i lement a détourner ces canlons do celle alliance ; mai^i 1 sans succès. Loussi, Landammann d'Untcrvvald, quiavaï^ I Clé à Rome, pour ce sujet, poussa si \ivemeDL à la roue, [ que la chose fut cnlia résolue. Celle alliance papale fut J publiée à Lucerne^ le 3 spplerabre, par le nonce du papt^l
' Slelller2l7. I>.
* Hnlling. 893.
' Wel, Mi»s. p. 561.
r un ihcàtro dressé dcTanl l'Hôlel-de-Ville,
par I
lemps d'orage et de pluie. Le irailc commence par ces TDOta :
n A la gloire de Diej, de la sainle Vierge, et de toute l'armée cclesle, et paniculièremenl eu égard à ce siècle, afin que la nacelle de St. Pierre, l'Eglise romaine et sa doctrine soit enlrelenue et soutenue, et que les ordoQoances du concile soient pleinement observées, etc. » Le traite conlicnt dix articles. Le V qu'au cas que ces cïnq L. cantons, ou les autres catholiques, leurs confédérés, soient attaqués pour la religion, ou pour le pBya qu'ils possèdent préseniemeni, le pape devra, à leur rcquisitioo, leur envoyer 20 mille écus, qu'illeur livrera à Milan ou à Corne. 2° Que tant que la guerre durera, il leur donnera un secours de mille arquebusiers italiens, auxquels ces cantons donneront des capitaines et autres oflicicrs; cl que pour leur entretien il leur cnvoyera cinq mille cens par mois. 3. 4. Que si la guerre était longue, et qu'elle leur donnât beaucoup de peine , ils pourraients'attendre à recevoir un plus grand secours du saint Père; el au bout de trois mois, que la guerre aura dure, il donnera à chaque canton mille ccus au commencement de chaque mois, etc. Par contre, si le pape est attaqué, pour le maintien de la religion, ou des pays qu'il possède, ces cinq cantons devront à sa réquisition, lui accorder une levée de troupes ; non toutefois plus de 6,000 hommes, ai moins de 4,000, etc. daté du 14 décembre 1565. *
Pie IV n'eut pas la satisfaction de voir le succès dé ses soins pour celte alliance. Il mourut le 9 décembre, el eut pour successeur Michel Ghisleri , qui prit le nom de Pie V.
' \Viiakir<kT H. p ftlS
6t 1IEKNB ET LA FRANCE.
L'ambassadeur de France continua ses Eollicitations El vivement auprès des Bernois pour les faire entrer dans l'alliauce projetée avec les autres cantons, qn' enfin le Conseil souverain, assemblé le 9 avril, résolut de l'accepter. Mais avec cette réserve qu'ils seraient en pouvoir d'y renoncer si le roî maltraitait quelqu'un pour cause de religion Celte résolution ne fut rien moins qu'unanime , et il y eut plusieui's disputes fort vives à ce sujet. Mais Charles IX ne voulut point admettre celle réserve. Ainsi l'alliance n'eut point lieu. '
Les Bernois n'avaient pas sujet dans ce temps-là d'être fort conteus de la cour de France , ni disposés à lui faire plaisir. Un secrciaire de Berne, nommé Jean Roi , qui avait été soldat aus gardes et qui ensuite était entré dans l'état, fui faussement accusé par l'ambassadeur de France , en e^écution des ordres du roi , de lui avoir détourné une grosse somme d'argent par un faur écrit, en conséquence de quoi il fut saisi et enfermé dans l'Ile, sous la garde de quelques huissiers. Il se justifia parfaitement et prouva qu'il n'avait fait que prêter son nom à François De Lettes, ancien évéque de Illontauban, qui s'était retiré au Pajs-de-Vaud pour cause de religion, neuf ou dis ans auparavant, cl qui avait acheté la baroaif d'Aubonne, et lui avait servi à tirer son bien de France. Dès-tà il fut relâché et rétabli dans son honneur. '
A propos d'Aubonne , qui a été la première Eglise on j'ai exercé le saint ministère et dont le souvenir sera toujours doux pour moi, je mettrai ici tout de suite un changement qui s'y f!t l'année suivante dans les emplois
de police ; à ta requête de la bourgcoUie ei avec le con- Benlemenl du baron François De Letles, LL. EE. y al>oliront le conseil des viogl-quaire ; ordonnant le 1" février , que les afîaires devaient demeurer entre les mains des douze comme du (>assé. '
XXIV, Pendant tous ces mouvemens la peste contî- Diiait à faire du ravage dans la ville de Berne et dans loul le canton. LL. EE. interdirent toutes les réjouissances publiques et particulières qui se faisaient ordinairement au commencement de l'année ; et pour que les malades fussent tant mieus secourus par le spirituel , ils augmentèrent d'un diacre le corps de leur cierge et appelèrent Samuel Schnewii, ministre de lUuusingen. * Plusieurs personnes de l'état s'étaient éloignées de Berne et s'étaient retirées dans des campagnes pour éviter la peste. Cela fut trouvé mauvais par les autres membres de la régence qni étaient restés courageusement dans la ville sans craindre le danger pour servir leur patrie dans le besoin. C'est pourquoi, lorsqu'à la saison de Pâques II s'agit de faire , selon la coutume , la revue de tous les Seigneurs de l'état, on exclut du conseil souverain tous ceux qui s'étaient absentés de la ville pendant la peste, pour une juste peine de leur lâcheté. '
La peste avait paru diminuer à Berne dans ta saison du printemps , mais elle se fit sentir avec une nouvelle fnreur dès le mois d'août et tout le reste de l'année, tant dans la capitale que dans le canton. 11 y eut dans le pays allemand une vingtaine de ministres qui en moururent, outre une quinzaine que la peste précédente
66 Uk VESTB a *ir.Lii. au p*ts-dr-vacd,
avait déjà emportés. On fil le comple des morts que cette pestG et celle de l'année précédente, 1564, avait fait périr , tant dans la ville que dans le canton , el l'on en trouva irente-sept-mille et quelques centaines, outre ceux qu'on ne put pas remarquer. '
Jean Haller , mioistre de Berne , en fut aussi allaqué; mais le Seigneur lui Bt la grâce de l'en tirer au bout d'une quinzaine de jours. J'ai déjà remarque sur la peslo de l'année précédente, 1564, qu'elle pcaclra même dans les Alpes et y porta une désolation extraordinaire. Dans la paroisse du Bas-Ormont une famille, composéoi d'une mère et de quatre enfans , fut éteinte dans ving^ qoatre heures ; et comme les gens du lieu .craignaient extrêmement la contagion , il fallait pour enterrer les morts que les parens, leurs survivans, payassent six ccus pour chacun en argent comptant, et qu'ils s'engageassent encore à payer vingt écus avant la fin de l'automne. Mais ce fut encore pis dans le reste du gouvernement d'Aigle. Les gens s'enfuyaient dans les montagnes, abandonnant leurs enfans, parens, amis, etc. ,~ atteints de cet horrible mal, sans consolation et sans secours. LeB Seigneurs de Berne en étant informés , leur envoyèrent ordre , le 20 juillet , de retourner en leurs maisons pour avoir soin des malades, et d'abolir la coutume qu'ils avaient d'enfermer les pestiférés durant six semaines,
La peste se fit aussi senlir dans tout le Pays-de-Vaud, de sorte que, pour ne pas répandre davantage la contagion, on fut obligé de contremander diverses foires, entr'autres celles de Lausanne , de Villeneuve et d'Aigle. '
* Hkller H8. et Stelller 218. b. 219.
' SrEttlerSIBb. SI9. Wcl. MUj.p. St
Ce fléau lerrible se (ît aussi seotir dans le caoloo de Zurich cl dans la capiLalc, et y lit périr une quantité incrojable de monde. En particulier dans la capitale il emparla trois savans hommes, célèbres par leur crudilioo et par leurs ouvrages : Jean Fries , chanoine et principal du collège du Grand-Temple, qui mourut le 38 janvier ; Sébastien Guldibek, principal du collège de l'Abbaye, qui fut emporté par un coup d'apoplexie foudroyante, le 15 mars; elenlîn Conrad Gcsner, docleurmédccia , qui s'est rendu recommandable dans la république des lettres par ses ouvrages , qui sont utt monument perpétuel de son application infatigable au travail, aussi bien que de sa rare capacité , enlr'aulres sa Biblio- Ibcque des Auteurs et son Traite de Botanique, auquel il avait travaillé dès sa jeunesse, joignant sa propre expérience à tout ce qu'il avait ramassé des anciens auteurs- ' Il avait été le premier professeur en langue grecque à Lausanne dès l'an 1537 , lorsque les Seigneurs de Berne commencèrent à y fonder une académie. On rapporte qu'une année avant sa mort il avait songé qu'un serpent le mordait , et qu'il avait expliqué cela de la peste qui le devait emporter. Pendant le cours de sa maladie, il ne se mit point an lit, mais fut toujours ou assis , ou à se promener , travaillant jusqu'à sou dernier soupir. * Il ramassa les matériaux de son Traité de Botanique et voulut les mettre CQ ordre; mais sentant approcher sa fm , il les remît à ses deux amis, Caspar VVolfT et George Keller, qui lui succédèrent dans ses emplois de lecteur et de médecin de la ville. La pesle lit an si furieux ravage dans Zurich, qu'il y eut diverses
• Htfc. Tig. T. I. p, 80. 82. [IoUin(;. 83.
■ Hatting. 89S. Mise. TLg. T. i. p. »7. Ilall. itS,
ti-
TnaieoQg où il ne resta personne. Btillin^er eut encore la douleur de perdre deux de ses lïlles , l'une loarice au jeune Zivîugte, et l'autre à Josiati Simier. Il soupirait CD rnisanl réflexions sur tant d'excclleus hommes qui mouraient avant lui et s'écriait trislemenl : « O mise* rura me ! qui semivivus loi fimera sequi cogor! >
Ce fléau terrible fut accompa«^né au commpacemeot de l'année d'ua froid cxtrcrne qui Kt geler les vtgnes en plusieurs endroits, tant on Suisse qu'on France et eo Allemagne , et qui avait été précédé d'une quantité pro* | digieuse de neige.
XXV. 11 y eut cette année de grands troubles dans le pays des Grisons pour deux sujets difTércns : pour réieclion d'un évêque et pour lo reDouvelleœent de t'atr liance de France.
Thomas De Planta , évêque de Coire, étant mort I0 28 avril, les chanoines se divisèrent pour l'éleclioii ds son successeur. Cinq d'entr'eux donnèrent leurs siir-< frages à Beat de Porta , de Davos , curé de Feldkîrch ; quatre autres élurent Barlhclemî de Salis, de Prégaglia, arcbiprctre de Sondrio, dans la ValtelÎBC, qui était sur tes rangs pour cette dignité pour la troisième fois. Celui-ci s'empara d'abord du chfileau épiscopal , reçut les hommages des sujets de l'évêché et en prit l'administration. Il avait un suffrage de moins que son compétiteur , mais il se fondait sur le 18* article dos rè> glemens d'éleclioa , qui portait : que les chanoines étrao* gers n'auraient pas droit de suffrage dans réieclion, ei qu'entre ces cinq qui avaient donne leurs suffrages k Béat De Porta, il y en avait deu.x qui étaient étrangers. . D'ub autre cùtc Beat avait obtenu du pape la confirmation à la recommandation de l'empereur, qui lui avait aussi conféré les régales, et à celle des cinq petits can-
TBOUDtSS D*SS IBS GRISOBI. C9
Ions ; et les juges de la Ligue Haute, el celle des Dix JunsdiciioDE, avaient décide en sa faveur. Ceux de la Ligue de la Caddce s'en plaignirent aux cantons rérorniés, et ceux-ci conininlemetil avec les cantons catholiques iolerposèreot leur médiaiion, pour accommoder celle affaire, qui causa de vives querelles .dans le pays. Ce Salis a*aît eu déjà le malheur, que le feu avait pris au château épiscopal, de nuit, dans le ïemps qu'il y élait, -et qu'il y avait fHil un tel ravage qu'il fut ohligc de sortir brusquement de Bon lit, (sans avoir le temps de s'habiller), et de se sauver en chemise. Celte querelle fut tcrmioce l'année suivante 1566, dans une assemblée qu'ils eurent à Bergun, comme je le dirai dans son lieu. '
Une autre affaire et d'une toute autre nature, qui mil la division parmi les Grisons, ce fut le renouvellement de i'alliancc de la France. Car comiue ils eu eurent accepté et raiilié le traité, conjointement avec les cantons et leurs autres alliés, les émissaires du roi d'Espagoe et de son gouverneur à Milan, qui s'y élaient opposés de toutes leurs forces, continuèrent leurs intrigues, pour exciter et fomenter ta division entr'eux, en animant leurs partisans, sous des prétextes spécieux, contre ceux qui avaient été d'avis d'accepter l'alliance. Ces mouvcmens passèrent bientôt des plus grands du pays au petit peuple, et furent si violens, qu'il s'en ensuivit une sédition. Car comme les senlîmens étaient parlagés, les une voulant garder l'alliance, les autres au contraire favoriser l'EspRgne; ceux-ci coururent en armes en divers lieax, et entr'autres s'emparèrent d'un fort château de l'Engadinc, apparlcnaul à l'évêque de Coirc, le pillèrent, le farùlcrcot ,-ei le réduitiront en cendres.
' ItoUini; ?9». 893.
Les cantons, étant informée de ces désordres qui pouvaient entraiaer des euiles plus fâcheuses, s'assemblèrent à Bade, le 4 mars, pour chercher les moyens de rétablir la paix dans ce pajs-là. H s'y trouva un député des Grisous , chargé d'entendre ce qui y serait proposé. Il' donna avis à la dièie, que dans quelques jours it ; aurait une assemblée des trois ligues Grises à Trînlz, el pria instamment les cantons d'y envoyer quelques députée, qui employassent tous leurs soins pour terminer les troubles de sa patrie. Quatre cantons, Zurich, Lucerne, Scbvvytï et Glaris, y députèrent quelques-uns de leun conseillers, qui eshortèrent fortement les Grisons à garder l'alliance contractée avec la France de concert avec le plus grand nombre des cantons, parce que c'était le vrai moyen de vivre ensemble en paii ei en concorde. Leurs soins ne furent pas infructueux, et ces divisions s'assoupirent peu â peu. ' D'Orbais, ambassadeur de France, en remercia les cantons assemblés à Bade le 1"' juillet, par un long discours étudié : il leur représenta ieft , intrigues que faisait l'envoyé d'Espagne chez les Grisons, pour les détourner de l'alliance de la France; comme si le duché de Milan était compris dans l'union héréditaire des cantons ; ce qui ne pouvait aboutir qu'à causer de Ift division dans le L. corps helvétique, etc. El d'autaal que le duché de Milan était un bien qui appartenait par droit d'héritage à la couronne de France, le roi trèa-> chrétien les priait, pour éviter les suites fâcheuses qni en pouvaient arriver, de ne prendre aucun engagemeirt qui fût opposé à leur alUanco et à leur paix perpétuellv avec la France.
Les envoyée d'Espagne sollicitèrent de leur côté le^
* Stetllcr2l6. b. Ilallcr l'2S.
cantoQS, comme ils l'avaient déjà fait auparavant a di' terscs fois, à comprendre le duché de Milan daos leur oQion hérédilaire avec Ta maison d'Autriche; mais les cantons le refusèrent, disant que cette union ne regardait que les maisons d'Autriche et de Bourgogne, et les terres qu'elles possédaient du temps de l'empereur Malîmilien 1", par les soins duquel elle avait été contractée. '
XXVI. Danscelemps-là, ditlttezeray, toal le royaume de France était plein de factions et de tumulte. De tous côtés ïl venait au roi des plaintes de l'un et de l'autre parti. La reine-raère, désirant reconnaître les forces des Huguenots, et les diverses dispositions des esprits, ou a^anl quelque autre dessein plus caché, trouva bon de promener la cour par toutes les villes du royaume, menant avec lui Monsieur, " le plus âgé de ses frères, etc. La cour commença donc son progrès, à la fin de l'hiver de l'an 1564, visita la Champagoe, I& Barrois, la Bourgogne, le Lyonnais, la Provence, le Languedoc, la Guyenne, avec des entrées solennelles par toutes les grandes villes, et arriva à Bayonae, le 10 juin 15SS.
La reine-mère y eut une entrevue avec sa iîlle Isabelle , épouse de Philippe II , roi d'Espagne et avec le duc d'AIbe. Elle voulait, (dît Mézeray) a qu'on crût que le séjour de la cour à Bayonne n'éiait que pour divertir sa fille; mais elle pensait bien à autre chose. Car eous préteaite de l'aller voir par une galerie, qu'elle avait fait faire exprès pour joindre leurs deux logis , elle communiquait toutes les nuits avec le duc d'AIbe. £t l'événe-
* SieltlerSl?.
* C«9t celui, qui dam U bi Im IX, fnl roi do France, soo
île. tprèii la mort de j U nom de Henri 111.
ment a monlré depuis, que Ventes ces cooférences tendaient à faire une secrêie alliance enlre les deux rois, pour extirper entièrement les prntcslans. Les Hugueaots qui avaient des yeux perçants cl des oreilles fort subtiles, s'imaginèrent que le duc d'Albe avait conseille a la reine de les attirer dans quelque grande assemblée, el de s'en défaire sans miséricorde. *
Que cela soit vrai ou imaginaire, il est certain qu'ils perdirent lellemcnt le peu de conliance, qu'ils maient en elle, qu'ils ne purent jamais plus prendre de mesure avec elle; et qu'ainsi l'espagnol parvînt enfin au but qu'il souhaitait si ardemmenl, qui était d'entretenir et de fomenter en France une division irréconciliable.
Le clergé catholique de France y contribuait de son côté de toutes ses forces. A l'occasion d'un tumulte arrivé à Toulouse, ot'i le peuple se souleva contre le parlement, en telle sorte que plusieurs conseillers coururent risque de perdre-la vie; les cardinaux d'Armagnac et de Strozzi, et trois oflîciera du roi, Teraide, Rogrepelisse et Fourquevaux, ayant communiqué leur dessein an seigneur de Joyeuse, (irenl entr'cux une ligue* par laquelle ils s'engageaient à demeurer unid pour la défense de la religion de leurs ancêtres, contre les rebelles, seolaîres, perturbateurs du repos public ; el que dans chaque sénéchaussée il serait fait un ciai des armes et des biens qu'elles pourraient porter. Les articles en furent dressés du consentemenl du procureur général, et par arrcls donnes, les chambres assemblées, mis d.ins les registres de la cour, avec cette clause néanmoins : n Sous le bon plaisir du roi. » Ce fut à mon avis dit, Mozcrai
CONTRE LB5 I)i;6UBnOTS- 73
Il première ligue qui se fît à découvert entre les sujets du roi, |iour le fait de la religion. Sur cet «.temple il s'en forma drpuis plusieurs en diverses provinces ; de loulee lesquelles, au rooiDs des dispositions qu'elles avaient laissées dans les esprits, so forma cette grande ligue, qui donua la mort à Henri III, et des peines înËQicE à son succeâseuf.
Depuis ce temps-là les Huguenots ne doutèrent plus, que le pape et le roi d'Espagne n'eussent conspiré leur ruine, tedesseinparaissailévident, parce qu'on reslrcignait chaque jour la liberté qui leur avait ctc accordée par lesédits, en sorte qu'on l'availréduile presque à rien; que le peuple leur courailsQs aux endroits où ils étaient les plus faibles ; el qu'en ceux où ils se pouvaient défendre, les gouverneurs se servaient de t'aiilorilo du roi pour les opprimer. Qu'on dcmanielnit les villes qui les avaient favorisés; qu'on y bâtissait des citadelles; qu'il n'y avait nulle justice pour eux dans les parlemens, ni au conseil du roi ; qu'on tes massacrait impuoémeni, ctc. '
Telle était la situation des affaires en France, lorsque Pierre Virel prccbail encore à Lyon, avec un autre ministre, qui était neuchàielois, nomme David Chaïllet. Ils éprouvèrent tous deux la mauvaise volonté des catholiques. Le présidial de Lyon les condamna l'un et l'autre à être dégradés el bannis du royaume de France, avec ordre d'en sortir dans huit jours. Viret, quoique disgracié des Seigneurs de Berne, crut cependant que dans une afTaire qui intéressait la religion reformée, ils pouraicnt bien faire quelque chose en sa faveur. Il recourut à eux, les priant de le protéger. Ils le lirenl de bonne grâce el avec zèle. Ils écrivirent (le 2 septembre) d'a-
' MfEcr, ll'J. Wcl.Miis.S98, 1399.