‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 8 sur 257 · LIS COMTES DB TORNIEL ET DE .MADRUTZ · texte numérisé non relu

LIS COMTES DB TORNIEL ET DE .MADRUTZ

en verta da dernier testament de son përe^ et l'en mirent en possession. En conséquence de cette sentence et de celte prise de possession, le comte d'Avi se rendit à Berne, en décembre, et demanda le renouvellement de la bourgeoisie, pour le comté de Valangin, qu'il tenait an nom de sa femme et en vertu du dernier testament du feu comte, son père, et de la sentence prononcée par les états de Valangin , qui l'avaient mis en possession ; on lui accorda sa requête. xMais ensuite le comte de Torniel, mari de Philiberte, fille aînée du comte de Chalant, prétendant au comté de Valengin, en vertu du premier testament du feu comte de Chalant, se plaignit de son beau-frère et de sa belle-sœur, de ce qu'ils s'étaient mis en possession de Valangin, à leur préjudice^ et pria LL. EE. de vouloir en connaître par droit, ou par voie amiable. LL. EE. répondirent qu'ils le voulaient bien, pourvu que le comte d'Avi s'y soumit aussi, (le dernier décembre); et en effet, ils en écrivirent à ce comte, en ces termes, le même jour. ^

La difficulté de ces deux seigneurs dura quelque temps, çt ne fut terminée que l'année suivante. Je n'en sais point les particularités, et d'ailleurs elles ne sont pas proprement de mon sujet. Je me contenterai donc de dire, que le comte d'Avi et de Madrutz demeura paisible possesseur du comté de Valangin; et qu'en conséquence il se rendit à Berne» en décembre 1566, pour renouveler le traité de combourgeoisie des comtes, ses prédécesseurs, avec cet état. La cérémonie s'en fit le 22 du même mois, et les Bernois le régalèrent, et lui firent de grands honneurs.

Cette année le duc de Longueville , comte de Neo-

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ZÈLE RBLIGIEUX A LAUSANNE. 79

châiel^ eut une difficulté avec les bourgeois forains, au sujet de certaines contributions d'aides et de subsides, qu'il leur demandait et qu'ils refusaient. Le comte prétendant que ces bourgeois lui devaient de droit celte contribution^ chargea Jaques de Bonstetten^ gouverneur du comté, de porter cette affaire à Berne, devant les Seigneurs de l'état, qui^ par les anciens traités des comtes de Nenchâtel avec Bèrne^ étaient juges des différends de ces princes avec leurs sujets. De Bonstetten alla donc à Berne^ le 26 novembre^ avec quelques autres officiers du prince, pour faire décider cette question. Les bourgeois forains s'y trouvèrent aussi, assistés de quelques bourgeois de Neuchâtel, dont quelques-uns mêmes étaient conseillers. Les Seigneurs de Berne ayant oui les parties!^ rendirent leur arrêt, le 28 du même mois ; par lequel ils condamnèrent ces bourgeois forains à payer cette contribution. Ceux-ci se soumirent à cette décision, et reconnurent le droit du prince.

X^UX. La peste qui régnait à Lausanne, depuis Tannée précédente^ et qui y régna tout du long de Tannée, comme dans le reste du canton de Berne, y réveilla la crainte de Dieu et le zèle de la religion. Le jeudi 15 avril, le conseil fit publier ordre, de fréquenter les assemblées religieuses, tant pour les sermons que pour les catéchismes, mieux qu'on n'avait fait jusqu'alors, et chargea le consistoire de redoubler ses soins pour Tinstruction des ignorans, et sa sévérilé contre les réfractaires.

Par un édit du 11 du mois de juin suivant, LL. EE. de Berne abolirent Tusage établi a Lausanne et dans tout le Pays-de-Vaud, de tenir les cours de justice le dimanche, surtout le dimanche des Bordes, pour certains faits pécuniaires. Cet édit fut lu en conseil à Lausanne,

le 15 du même mois; et il fui résolu de s'y coofoi mer. '

Quelques mois après, on vît à Lausanne un acle ( discipline assez rare. ' Un certain homme de la villi nommé Jaques Perrïn fui accusé d'acoîr proféré diverses paroles profanes, impies et blasphématoires contre sa mJîre et contre une autre personne. Le consistoire trouva le fait trop grave potir on juger, et le renvoya au conseil. Le conseil le fil d'abord saisir et conduire en prison; et le 21 décembre il condamna cet homme â faire amende honorable an grand temple, le dimanche suivant, à payer tous les dépens, cl à être banni an sortir de la prison, jusqucs au bon vouloir de la seigneurie. La sentence fut cornniuniqucc aux ministres, qui l'approuvèrent, et au baillif de Watteville, qui l'approuTS aussi, et donna son consentement, au nom du souveraÏD, pour qu'elle fût exécutée au grand temple. Le dernier dîroanche de décembre, Ferrin fut conduit de la prison au grand temple, à huit heures du malin, qui était l'heure da sermon, et place devant la chaire, oii il fut obligé de se tenir debout, tcte nue, et les bras plies, pendant tout le sermon. Apres le sermon, qui fut fini à neuf heures, le ministre, Samuel Martorct, fit un petit discours, pour apprendre à l'Eglise assemblée les causes, pour lesquelles cet homme était là, el le finît par une vive et forte exhortation, adressée cl au peuple en général, el à Perrin en particulier, a se garder de semblables impiétés. Ensuite, le ministre demeurant en chaire, Ferdinand Lojs, lieutenant du bourgmatire, fît un petit discours sur la dcteotïon cl la condamnation de Perrin, cl ordonna an

SÉViRITi H

t HotNs gbanhb â

* Becrétaire substitue, de lire la sentence du conseil. Cela fait, Fcfrin à geuoux au pied de la chaire, et tèle nue, et niaÎDS jointes, lit amende honorable, prononçant à haute voix les mois que le secrélaire lui lisait, par lesquels il Confessait ses péchés, en demandait pardon à Dieu, au souverain, aux inagistrals, à l'Eglise, et enfin aux personnes particulières qu'il avait olTensces.

Peu de jours après, au commencement de l'année 156G, on eut occasion à Berne d'exercer une discipline toute semblable contre un meunier, nommé Schtegel, qui dans la chaleur de la débauche, ayant pris ' , querelle avec un autre homme, avait proféré des paroles I profanes et impies contre la sainte Vierge Marie. Bien [ des gens croyaient qu'il serait condamné à la mort ; mais I à la sollicitation de ses parens, de ses voisina, et de sa

i femme, il en fut quitte à moins, On le condamna à faire amende honorable , en face de l'Eglise, dans le grand temple, le dimanche 13 janvier; à rétracter les paroles ' impies qu'il avait prononcées , à confesser son péché, à I demander pardon à Dieu et à l'Eglise ; après quoi il fut

banni de la ville. '

' Dans ce temps-la , la peste qui régnait continuelle-

' ment, remplissait les cœurs des hommes de crainte et

t de frayeur. A la vue desjugcmcns de Dieu, l'on était

' sévère à Berne, et l'on ne pardonnait point des excès

qui ec commettent aujourd'hui impunémcnl. Un anciea

baitlif fut déposé de ses dignités, au commencement de

Van 1567, parce qu'il s'était chargé de vin ; et quelques

mois après, un homme du pays de Hasie, fut saisi à

Boargdorf, mis en prison pour des blasphèmes qu'il

avait prononcés, et condamné à perdre la lètc. Lasco-

' Hallcr (30, 151. Id. Hl.

tence fut conlirmée à Berne. Le bourreau était déjik parti [loiir l'aller exécuter; mais ses compatriotes et femme sollicitèrent sa grâce avec tant d'empresscmenl qu'ils l'obtinreal, et sa peine fut commuée. '

XXX. Dans ce temps-là on mettait aussi certaines hérésies grossières et choquantes, dans le roèroe rang que les blasphèmes, et on les punissait sur ce pied-là. Servet l'avait éprouve à Genève, l'an 1 553, et Valenti Gentil vraisomblablement y aurait éprouve la nicra0i:' chose, s'il n'eût prévenu ta sévérité de ses juges par uni double rétractation. Mais il l'éprouva à Berne, l'an 1 5G8. On peut se rappeler ce que j'ai dit de lui, sur l'f 1 55S. Malgré sa rétractation, dès qu'il fut arirvé de Ge^ nève à Gex, auprès de son ami Gribaidi, qui était ii pciH prés dans ses senlimens, il y composa une confession foi pleine d'invectives contre St. Albanase et son syi bole, et contre Calvin ; et la dédia a Simon Woursl»» bcrgucr, baillif do Ges, comme s'il lui eût donné ordrs) de récrire. De là étant passé à Lyon, pour la faire ii primer, il y fut mis en prison ; mais ensuite élargi, Ait qu'il, se fut fait connaître pour ennemi de Calvin. Dfl Lyon il passa en Pologne, d'où ayant été chassé avec' les autres Ânti-Trinitaires, il erra quelque peu par tfti> Traussylvanie, la Hongrie et la Moravie. Après la morif de Calvin, croyant n'avoir plus rien à craindre, il revint] en Suisse et passa à Farges, dans le pays de Goxfj croyant d'y retrouver son ami Gribaidi ; mais il claù^ mort de la peste, quelque temps auparavant. 11 eut incmai la téraéritë d'aller à Gex, trouver le baillif, pour le prier^ de permettre une dispute publique à Gex, dans laquelii tous les ministres du voisinage fussent invités ; et d|

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