‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 100 sur 235 · LIVRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXIV

publique d'avoii élé , par menace , réduite à la religion romaine. »

L'éducation chrétienne qu'elle avait reçue, rafîection

f (refonde qu'elle avait pour le duc de Soissons, son cousin, a garantirent des pièges dans lesquels elle serait probablement tombée. Elle se conserva pure et chaste. La médisance même la respecta.

Jamais princesse n'eut plus de prétendants. Peu après sa naissance, Henri II la demanda pour celui de ses fils qui fut Henri 111; Philippe II, Charles III, duc de Lorraine, Charles, duc de Savoie, et plusieurs autres se mirent sur les rangs; mais le duc de Soissons fut le seul qu'elle aima.

En 1593, la princesse, alors âgée de quarante ans, n'était pas encore mariée. Elle aimait toujours Soissons, quoiqu'il se fût jeté dans le parti de la ligue et se fût rendu indigne de son affection.

Toutes les instances qui lui furent faites pour changer de religion furent vaines; elle demeura ferme dans sa foi et devint de jour en jour plus chère aux protestants, auxquels elle rappelait sa mère toujours vivante dans leurs souvenirs. Quand il fut question de son union avec le duc de Bar, les réformés manifestèrent une grande répugnance pour cette alliance avec un prince catholique et zélé pour sa religion jusqu'au fanatisme. Dans le synode national de Montpellier', ils déclarèrent, pour lever les scrupules de la princesse, que ce mariage n'était pas licite; mais Catherine donna son consentement ; ce fut une faute qui devint pour elle une source d'amères déceptions.

xxin.

Avant l'accomplissement du mariage , les docteurs catholiques firent de grands efforts pour l'amener à une abjuration. Des conférences nombreuses eurent lieu en sa présence, entre des théologiens des deux partis; du côté des protestants envoyait un ministre encore jeune, qui se distingua parmi ses confrères; son instruction était solide et variée, son argumentation serrée et semée de traits vifs et piquants. Il prononçait quelquefois des mots qu'un

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