Histoire de l'édit de Nantes, liv. VI, p
ue le roi avait cédé à une nécessité et non à un penciiant e son cœur, et qu'il n'aurait pu le refuser sans recommencer une nouvelle guerre qui eût été plus funeste aux catholiques qu'aux protestants.
La colère (lu pape ne fut pas stérile. Le roi, pour l'apaiser, donna aux catholiques du Béarn un édit, qui était pour eux ce que celui de Nantes était pour les protestants. '
L'abrégé' de l'assemblée de Chatellerault, qui avait continué à siéger pour travailler à la vérification de l'édit de Nantes, s'opposa énergiquement aux changements qu'on voulut y apporter. Elle ne réussit pas toujours, mais elle empêcha au moins qu'on le dénatura; elle nota minutieusement toutes les infractions et présenta au roi ses cahiers dans lesquels elle consigna ses observations. '
L'édit de Nantes fut un acte de justice et de bonne politique. Il soldait des services rendus et retirait la France des dangers des guerres civiles. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un regard rapide sur l'état de la France avant et après la date mémorable du 13 avril 1598.
Avant l'édit, le royaume présentait un aspect désolant; la campagne était abandonnée aux ronces et aux herbes parasites ; faute de culture, le royaume était visité par des famines et des disettes périodiques; les maisons, les châteaux, les villes et les villages n'offraient que traces de ruines; les fossés des villes fortes étaient comblés, leurs remparts renversés, leurs portes brûlées, les monuments publics mutilés, les revenus publics réduits à néant, ceux des particuliers compromis, le commerce anéanti, le clergé même, pour lequel tant de sang huguenot avait été versé, avait vu ses dîmes impayées et ses biens usurpés par l'État. Le roi était le plus pauvre de ses sujets : au siège
1. Élic Benoit, Histoire de l'édit de Nantes, liv. VI, p. 284-585.
2. C'est-à-diro commission cliargcc de l'cprcsonter l'assemblée, •t. Hi!5toire de l'édit de Nantes, !iv. ^fl, p. 2S5 et suiv. — Élie
Benoit, selon ."in rontinnc, entre dans de grands détail.';.