‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 116 sur 235 · n s'appelait Miron · texte numérisé non relu

n s'appelait Miron

172 HISTOIRE DE LA nÉFORMATION FRANÇAISE.

blique lui avait tellement représenté la fille du tisserand comme possédée qu'il voulut arriver à une conviction plus forte du fait.

Apportez-moi, dit-il tout haut à son sommeiller, le cérémonial où se trouvent les exorcismes, et s'élant habilement fait donner à la place un Virgile, il se mit à lire.

Marthe, croyant qu'on lui lisait les paroles du cérémonial, tomba en convulsions au premier vers qu'elle entendit lire, criant qu'elle était tourmentée par l'esprit malin.

Convaincu de la tromperie , l'évêque réprimanda sévèrement cette fille et son père, et leur ordonna de quitter son diocèse et de ne plus abuser le peuple par de pareilles jongleries. Brossier, qui avait pris goût à son rôle de fripon, au lieu de retourner à son métier de tisserand, se dirigea vers Paris, où il espérait trouver des partisans parmi ceux du parti ligueur, sans cesse à l'affût de prétextes pour inquiéter le gouvernement. Il ne se trompa pas; à peine arrivé, les mille trompettes de la renommée firent de sa fille un personnage considérable; les capucins se constituèrent ses patrons. Les expériences qu'ils firent sur elle eurent un plein succès; le peuple se porta en foule aux séances des moines; — or, comme on faisait dire à Marthe tout ce qu'on voulait, ils se firent de ses

faroles une arme contre le roi et contre les protestants, aris était agité comme si on eût été à la veille de quelque grand événement. L'affaire parut sérieuse au cardinal Gondi, archevêque de Paris, qui crut devoir intervenir officiellement ; il fit venir chez lui cinq des plus célèbres médecins de l'université de Paris: Jean Riolan, Nicolas Ellain, Michel Marescot, Jean Haultin, et Louis Duret.

La possédée fit, en présence des docteurs, des bonds, des sauts, tomba dans des convulsions et tira de sa poitrine des sons extraordinaires.

Marescot et l'un de ses collègues, lui ayant parlé en grec et en latin, elle leur dit qu'elle n'était pas en lieu propre pour leur répondre.

Les médecins déclarèrent après examen qu'il pourrait bien y avoir dans le cas de Marthe Brossier un peu de maladie, mais qu'il y avait certainement beaucoup de friponnerie.' ï. Relations des médecins de Paria.

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