IV
puisse faire , lui écriv!' -i' , c'est de remettre à ia commission une liste de cinq c nls passages falsifiés.»
Mornay se rendit le 28 du même mois à Fontainebleau où Du Perron était arrivé la veille. Le lendemain, il présenta au roi une requête dans laquelle il demanda que les passages cités dans son traité fussent vérifiés les uns après les autres, attendu que Du Perron soutenait publiquement (}u'il n'y avait pas un seul de ces passages qui ne fût inexact ou faux. «Je passerai condamnation, disait-il, sur ceux qui seront tels; mais je demande que ceux contre lesquels on ne pourra formuler les mêmes reproches soient tenus pour authentiques et vrais. »
Du Perron comprit tout ce que l'acceptation de la demande de son adversaire contenait de dangers, si à côté de quelques passages faux, inexacts ou mal cités, il fallait admettre ceux qui auraient tous les caractères de la vérité. Que deviendrait alors la messe, si elle étaitbattue en brèche par ces saints-pères que Mornay citait à profusion? Ne faudrait-il pas faire l'humiliant aveu que les Augustin, les Athanase, les Théodoret, les Éoiphane, lesirénée, lesCyprien, tout ce que l'antiquité chrétienne compte d'hommes instruits, pieux, interprétaient à la manière de Genève les célèbres paroles : Ceci est mon corps , ceci est mon sang? Du Perron ne devait vouloir à aucun prix de la demande de Mornay : elle fut rejetée. Le tort de celui-ci fut de ne pas insister; car sa demande était juste, et si, comme auteur du traité de Ylnslitulion de l'Eucharistie, il était en cause, le protestantisme y était encore plus que lui, quoique à cet égard il eût formellement fait ses réserves. Il n'obtint ni une favorable réponse à sa demande, ni même la liste des cinq cents passages incriminés; «je les remettrai au roi, lui dit Du Perron, chaque jour nous en tirerons cinquante que nous examinerons en présence des commissaires.»
Ici encore apparaît la déloyauté du prélat qui veut ôter à l'accusé tout moyen ae tiereiîse. et le forcer à répondre immédiatement à ses accusations, sans lui donner le temps ni de consulter les auteurs auxquels il a emprunté ses citations, ni de se faire aider par ses amis dans cette tâche ingrate et laborieuse. Mornay comprit la ruse de son adversaire qui lui avait l'ait signifier que les choses devaient se passer ainsi, «puisque telle était la bonne volonté du