‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 141 sur 235 · UVRE XXVI · texte numérisé non relu

UVRE XXVI

Bucer à Strasbourg, Bullinger à Zurich, s'étaient dévoués comme les plus humbles ecclésiastiques, et que Calvin, pendant son séjour à Strasbourg, lors de son exil, avait visité, soigné et consolé les pestiférés.

Pendant la discussion, une députalion du conseil se présenta , et demanda que de Bèze fût exempté ; « sa personne, dirent les magistrats, est trop précieuse, par son puissant crédit auprès des cours protestantes, pour que nous puissions consentir à le voir exposé sans utilité réelle pour la république.»'

Devant la volonté du conseil, Théodore de Bèze dut céder.

Le sort désigna le pasteur Legagneux qui tira de l'urne le billet d'élection sur lequel étaient écrits ces mots : Qtie la volonté de Dieu soit faite.

Il demanda au Seigneur de le soutenir dans la mission que Dieu lui confiait par le sort et alla se loger à la Couleuvrenière au milieu des pestiférés. Pendant trois mois il demeura dans le lazaret, calme et intrépide devant la mort. Il ne fut pas le seul pasteur qui alla s'installer au lazaret; d'autres montrèrent le même dévouement, et la Compagnie, pendant ces jours de grande détresse, s'honora, aux yeux de ses (idèles , par un courage sans ostentation.

Plus tard, en 1570, le fléau sévit de nouveau avec une grande force; les pasteurs furent fidèles à leur poste. Parmi ceux qui se distinguèrent, l'histoire a conservé les noms de Colladon, de Perrot et de Chausse. La contagion sévissait et décimait la population; les malades n'entraient sur des brancards à l'hôpital que pour en sortir, bientôt après, dans des cercueils. Les bras ne suffisaient plus pour enterrer les morts. L'épouvante était dans la ville menacée de devenir un désert. Le pasteur Chausse , animé de cette paix chrétienne, qui donne le calme au milieu de la tempête, devint l'ange consolateur des infortunés atteints par le fléau.

Neuf ans après (1574), la peste reparut, et les Genevois revirent l'intrépide pasteur de nouveau à son poste , se multipliant à force de zèle et se dévouant, comme le bon berger, pour ses brebis. Il quitta sa maison pour vivre au

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