‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 147 sur 235 · Drion , Histoire chronologique, 1. 1". IV · texte numérisé non relu

Drion , Histoire chronologique, 1. 1". IV

l'aurore sur une colline du haut de laquelle il l'aperçut. A

la vue de cette paroi<^se qui îui était si chère, et des ruines du temple dans lequel il av si souvent annoncé le conseil de Dieu, son cœur ballit avec force. Agité d'impressions diverses, ses larmes coulèrent, sa voix éclata en • sanglots. 11 eût voulu, comme Josué, arrêter le soleil afin de pouvoir plonger plus longtemps ses regards sur ces lieux si vivants dans ses souvenirs. Mais la ville se réveilla : : il reprit alors son bâton de voyageur et retourna à Genève ] pour y mourir'. Revenons aux réfugiés. ,

Dès qu'ils apprirent qu'ils pouvaient rentrer dans leur , patrie , ils se réunirent à Saint-Pierre où un service so- , lennel fut célébré. Des milliers de voix entonnèrent le ■ beau cantique 1 La voici l'heureuse journée , Qui répoud à notre désir. J

Le pasteur Chandieu, au nom de ses frères, prit la pa- ^ rôle et s'adressaiit aux divers corps de l'Etat, leur dit: , « Messieurs les conseillers. Messieurs les pasteurs, lorsque ] nous arrivâmes dans ces murs, brisés de fatigue et de , douleur, ignorant le sort de nos plus chers amis , nous j trouvâmes diez vous l'accueil le plus fraternel , des con- ^ solations chrétiennes et des secours qui sont de véritables | sacrifices, vu la rigueur du temps et la difficulté de pour- ' j voir aux besoins de tous les misérables. Votre charité a i ] donné sans compter, ni calculer; elle a considéré les mal- | heureux sans jamais s'effrayer de leur nombre; elle n'a | pas laissé une seule souffrance sans l'adoucir. Nous ne pourrons jamais assez reconnaître ces grâces. Nous consi- , dérerons toujours l'église de Genève comme notre bienfaj- ■ trice et notre mère, et de tous les temples réformés ^ français s'élèveront chaque dimanche, des paroles de béné- j diction, en souvenir de votre admirable bienfaisance à ^ notre égard. »

Quand Chandieu eut achevé de parler, il y eut une scènç qui émut profondément l'assemblée et fit couler d'abondantes larmes, moins amères que celles qui coulèrent dans le même temple le 3 septembre 1572. Chandieu et

1. On a montré à l'auteur de cette histoire le lieu d'où le pas- j | teur plongea ses regards sur Saint-Antonin.

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