‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 157 sur 235 · De superventu allobrogum in urbem Genevam · texte numérisé non relu

De superventu allobrogum in urbem Genevam

2. Archives de Turin, Genève, 1"= catégorie, paquet 19. — Moyens proposés à Son Altesse pour la prise de Genève.

On aurait construit un char dont on aurait déguisé la nature en plaçant sur des barils de poudre des volailles et des légumes. Au jour convenu , un paysan l'aurait conduit dans la ville où soixante soldats déguisés en paysans l'auraient précédé; arrivés à la porte de Rive, cinq hommes auraient mis le feu aux poudres; au bruit de l'explosion, cent arquebusiers savoisiens cachés aux environs se seraient emparés de la port^ et l'auraient gardée jusqu'au moment ou quatre mille hommes, partis dans la soirée des villes voisines , seraient arrivés pour leur prêter main forte et préparer par la prise de la ville une entrée triomphale à leur souverain.

Les Genevois qui , en quelques mois, avaient failli devenir deux fois la proie de leur implacable voisin, redoublèrent de vigilance et lui firent comprendre qu'à l'avenir avec eux la ruse serait impuissante. Le duc ne renonça pas à ses projets, et recourut à la force. Il fit préparer à Turin tous les engins nécessaires pour une escalade. On construisit sous ses yeux des échelles longues et solides garnies à leurs extrémités de drap noir et de crampons; par un mécanisme simple et ingénieux, elles s'emboîtaient comme dans un étui, en sortaient avec facilité et atteignaient une hauteur calculée sur celle des remparts de Genève. On construisit également des claies portatives qui, posées sur l'eau, servaient de bateaux plats et pouvaient porter chacune un certain nombre de personnes. C'était au moyen de ces engins qu'une escalade devait être tentée. Quelque bien gardé que fut le secret, le bruit en vint aux oreilles des Genevois qui plus que jamais se tinrent sur leurs gardes; mais leur vigilance fut endormie par un traître et par un conseiller du duc de Savoie. Le premier était leur syndic, Blondel, qui s'était lâchement vendu à l'ennemi de sa patrie; il se moqua hautement des craintes de ses concitoyens qu'il traita de chimériques; le second était le président de Rochette qui, par une conduite irréprochable, avait conquis la confiance des Genevois. Le duc, par ses promesses, était parvenu à le rendre complice de ses fourceries. L'honnête homme, devenu fripon à l'école

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