‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 164 sur 235 · Kote xii · texte numérisé non relu

Kote xii

2. Par vices l'auteur eutend sans doute les écarts des contre - Tersistes.

2i'6 HISTOIRE DE LA RÉFORMATION FRANÇAISE.

tion de religion ; en général , il fut plus savant qu'original, il avait plus d'imagination que de génie.»'

Ce jugement porté sur de Bèze par un écrivain qui fut, à son égard, moins un historien qu'un critique, est aujourd'hui celui de tous les hommes honnêtes et consciencieux. Si de Bèze n'eût été que l'homme dont les Audin et les Bolsec nous tracent le portrait, depuis longtemps le silence se ferait autour de sa tombe.

Quelques années après la mort du réformateur, le prêtre qui, jeune, avait voulu le tenter, achevait à Lyon son pélérinage terrestre. Devenu évèque, il n'était pas demeuré oisif: écrivain, orateur, missionnaire, directeur de consciences, administrateur, il avait suffi à tout; jusqu'à sa dernière heure il travailla et ne trouva le repos que dans sa tombe. Il était à Lyon, venant d'Avignon et se rendant à Annecy, quand sur le point de partir, il sentit les premières atteintes de la maladie qui devait l'emporter. Elles se mnnifcslèrent par une attaque d'apoplexie qui effraya ses amis.

Le coup qui l'avait subitement frappé, avait amorti ses facultés, sans lui en ôter l'e.xercice. Dans le sentiment du danger qui menaçait sa vie, il élevait son âme à Dieu et s'écriait: «Mon Dieu, lave-moi de mon iniquité, purifiemoi de mon péché.»

«l'.Ionseigneur, lui dit un prêtre, quant à votre conscience, vous y avez mis bon ordre pendant votre vie.» «Ah! non pas cela», répondit-il en poussant un profond soupir. Il faisait l'expérience que l'homme en face de Dieu n'est qu'un frêle roseau, un lumignon que le moindre souffle de vent peut éteindre.

Un autre prêtre le pria de dire à Dieu: «Seigneur, si jé suis encore nécessaire, conserve-moi à mon peuple.»

Il ne le voulut pas. «Je ne suis, dit-il, qu'un serviteur inutile.»

Sur un lit de mort, les grands docteurs ajiprennent plus de vraie théologie que dans leur cabinet. Là, ils deviennent

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