‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 180 sur 235 · UVRE XXVII · texte numérisé non relu

UVRE XXVII

Plusieurs grands personnages furent impliqués dans la conspiration de Biron, notamment le comte d'Auvergne' elle duc de Roussillon. Lafin, le dénonciateur du maréchal, avait désigné pour ses complices Lanoue, Constans, d'Aubigné, La Trémouille; Sully même n'avait pas échappé aux délations de ce scélérat. Henri IV fut épouvanté de ces révélations dont il reconnut bientôt la fausseté; cependant ses doutes sur le comte d'Auvergne s'étant traduits en réalité, il le fit arrêter; quant au duc de Bouillon, il se plaisait à le croire coupable, afin d'avoir un prétexte plausible pour s'emparer de sa personne et pour comprimer le parti protestant dont il était l'un des chefs les plus accrédités. Bouillon n'aimait pas Henri IV; il le croyait ingrat et oublieux de ses services.

L'attitude hostile du seigneur protestant le compromit dans l'esprit du roi qui, lors de la guerre de Savoie, le l-aissa à l'écart. Mécontent de ce procédé, qu'il regardait comme une grande ingratitude, Bouillon se retira à Lanquais oii un émissaire du comte d'Auvergne vint le trouver, et lui fit des ouvertures pour le rattacher au parti de Birou ; il ne les repoussa pas. S'il faut en croire d'Aubigné, il aurait, au mois de février IGOl, réuni dans l'un de ses châteaux du Limousin neuf des protestants les plus influents de la contrée et leur aurait déroulé le plan de la conjuration en les engageant à y entrer, sous la promesse qu'on abandonnerait aux protestants le sud-ouest de la France et le Dauphiné et qu'on leur donnerait 200,000 écustant que durerait la guerre.'

D'après d'.\ubigné , ce serait le duc qui aurait fait rejeter cette proposition absurde. Bouillon néanmoins entretint des relations avec Biron, et probablement lui promit son appui contre le roi qui travaillait visiblement à abaisser la noblesse ; mais il n'est pas prouvé qu'il se soit allié avec l'Espagne et la Savoie contre la France : cela même, disent les MM. Haag, est inadîEïssibie.'

Page 1