‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 184 sur 235 · Idem, p · texte numérisé non relu

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sur son nouveau costume. Elle demanda bientôt à lady Howard elle-même s'il n'était pas un peu court, et en effet il convenait mal à la grande taille de la reine, lady Howard l'ayant avoué., « S'il ne me va pas, parce qu'il est trop court, reprit Elisabeth, il ne vous va pas, parce qu'il est trop beau; il n'est donc fait ni pour l'une, m pour l'autre.» Le mauvais goût des courtisans et leurs modes n'étaient pas à l'abri de son contrôle. «Je me souviens, écrit Harrington, qu'elle a craché sur l'habit frangé de sir Matthew; puisse Dieu m'épargner de semblables plaisanteries.» Enfin ses filles d'honneur ne la mécontentaient pas impunément; la belle miss Bridges fut un jour cruellement frappée ; il est vrai qu'elle passait pour être aimée d'Essex'. Mais ces violences n'avaient pas toujours une cause aussi grave. Elle levait volontiers la main sur ce charmant entourage, et, au mois de mai 1597, un courtisan écrivait à Harrington qu'on entendait ces belles jeunes filles crier et supplier d'une façon pitoyable. «En vérité, disait Robert Cecil, elle était plus qu'un homme et parfois moins qu'une femme. »

«Son avarice n'était pas moins célèbre et était mieux justifiée. Les ambassadeurs français qui raillent cette avarice oublient qu'ils venaient sans cesse lui emprunter de l'argent, et qu'ils ne le rapportaient pas toujours. Leur réputation de débiteurs insolvables était aussi bien établie en Angleterre que l'avarice incontestée de la reine, et on en faisait un trait de caractère national.»'

Dans Éiisabeth la femme est petite, la reine grande, mais la reine, en excitant notre admiration, ne provoque pa,s notre sympathie. Ses haines sont implacables, son orgueil immense, son despotisme brûlai; elle fait décapiter ses amants ; et cependant cette reine , qui aujourd'hui serait impossible dans la Grande-Brelagne, fut son salut au seizième siècle. Elle tint d'une main ferme les rênes de l'Éiat avec un instinct merveilleux de ses besoins; son coup d'œil vif et pénétr.mt la trompa rarement, et au milieu des plus violents caprices de la femme ardente et passionnée, elle ne leur sacrifiajamais les intérêts de son peuple;

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