‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 189 sur 235 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

l'opinion que le mieux serait de renvoyer cette nCfaire au parlement; c'est ce que ne voulaient pas les partisans du rappel, sachant que le corps qui avait banni les jésuites, maintiendrait son arrêt.

On se sépara sans avoir émis un avis.

Le lendemain, Rosny se rendit chez le roi et lui raconta ce qui s'était passé. «Puisque nous en avons, dit Henri IV, le loisir d'en discourir, dites-moi librement tout ce que vous appréhendez de cette affaire, et puis, je vous dirai aussi ce que j'en espère, afin de voir de quel côté penchera la balance.»

Le conseiller, qui n'était pas gêné par la présence de ses collègues, signala au roi sept raisons qui lui paraissaient s'opposer au rétablissement de la Société.

La première: les jésuites étaient trop dévoués à l'Espagne et à la maison d'Autriche pour se rallier franchement à la France ;

La seconde: ils étaient trop brouillons, trop intrigants, trop ambitieux, pour ne pas amener avec eux des fçrments de discorde;

La troisième: ils pourraient s'insinuer par leurs flatteries dans la confiance du roi et éloigner ainsi de lui ses meilleurs serviteurs;

La quatrième : leur obéissance aveugle au pape était un danger permanent pour le royaume «tant que le roi d'Espagne tiendrait le souverain pontife dans ses ceps et dans ses menottes»;

La cinquième: la crainte qu'ils n'entraînassent le roi dans une guerre contre les protestants , et n'épuisassent ainsi la France d'hommes et d'argent;

La sixième : la cramle que la facilité qu'auraient les pères de s'approcher du roi , ne leur donnât le désir de donner au monarque un boucon' ou quelque malheureux coup;

La septième : l'association secrète à la tète de laquelle se trouvait le pape , ayant pour but de lui faire abandonner ceux de ses amis et de ses alliés , ennemis de la religion catholique. '

Rosny développa chacune de ses raisons avec une

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