‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 208 sur 235 · LIVRE XXVltt · texte numérisé non relu

LIVRE XXVltt

apportant tant de restrictions que les réformés ne pouvaient en retirer de biens grands avantages. On leur indiqua Jargeau pour le lieu de la réunion, parce que cette ville était voisine du duché de Sully, dont Sully était devenu titulaire en 1606.

L'assemblée s'occupa d'abord de la vérification des pouvoirs de ses membres et entendit le rapport de La Noue et Ducros, et dressa ensuite ses cahiers dans lesquels, entre autres choses, elle demanda que la députation générale fût limitée à deux années, et que le roi répondît à plusieurs demandes particulières qu'elle lui avait faites par l'intermédiaire de Sully.'

Sully était présent à l'assemblée. De jour en jour il devenait plus suspect à son parti qui le croyait sur le point de changer de religion. Le roi, pour s'y disposer, lui avait offert pour son fils une de ses filles bâtardes, sous la condition qu'ils se fissent tous deux catholiques J e père Cotton, qui partageait avec Du Perron le titre d-^ convertisse'ir de la cour, avait essayé d'ébranler le favori de Henri IV dans ses croyances, il échoua; Sully permit cependant à son fils de changer de religion ; on crut assez généralement parmi les protestants, h une intrigue entre le roi et son ministre, afin de réhabiliter ce dernier dans l'esprit de ses coreligionnaires qui n'oseraient plus s l'avenir mettre en doute son attachement à son parti, en lui voyant préférer sa foi religieuse à une alliance que des maisons princières n'eussent pas dédai^ée. La réception que lui fit l'assemblée fut froide, elle lui fit sentir qu'elle voyait en lui moins un coreligionnaire qu'un négociateur du roi. ^éanmoins, à force d'habileté et d'insistance . il parvint à la ranger à la volonté royale ; elle abandonna plusieurs de ses places de sûreté et renonça à la nomination directe des deux députés chargés de la représenter à la cour; elle dressa une liste de six candidats au nombr^ desquels étaient Mirande et Villarnoul. Le roi les choisit pour députés, montrant ainsi que ce qui lui avait déplu dans leur précédente nomination, ce n'était pas leurs personnes, mais les formalités de leui élection.'

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