Élie Benoit, Hist. de l'édit de Nantes, liv. IX, p
Le cîerçé s'assembla dans le courant de l'année 1608, à Paris. Cinq cardinaux et un nombre considérable d'évèques étaient présents, tous revêtus de leurs plus éclatants costumes. Malgré cet appareil pompeux, qui accusait un état ' de grande prospérité, Fremiot, archevêque de Bourges, portant la parole au nom de l'assemblée, fit au roi un tableau piteux et lamentable de la situation misérable dans laquelle l'Église était tombée, et lui demanda pour cicatriser ses plaies, la publication du concile de Trente qu'il avait promise au pape par ses procureurs, lors de son absolution.
Le roi désavoua hautement ses procureurs et déclara nettement qu'il ne ferait pas ce que François I", Henri H, Charles IX, qui n'avaient pas comme lui des engagements solennels avec les réformés, s'élaient refusés de faire. «Je ne veux pas, leur dit-il, renouveler les troubles du royaume.»
Le fermeté du roi fut une espèce de consolation pour les réformés , du déplaisir qu'ils avaient de voir l'éducation du dauphin confiée au père Coton.'
Il y eut une autre affaire, dit Élie Benoît, dans laquelle le roi donna agréablement le change au clergé. Ce corps immensément riche, suppliait depuis longtemps le roi d'établir un fonds pour des pensions en faveur des pasteurs protestants qu'on solliciterait à changer de religion; > or, comme jusqu'à cette époque, les gages qu'il donnait aux apostats étaient très-minimes, les conversions étaient rares; il pensa donc qu'un moyen infaillible de les attirer vers Rome, ce serait de leur présenter l'appât d'une bonne pension. Il lui eût été facile de le faire, disposant de ressources immenses ; mais plus habitué à recevoir qu'à don- 1 ner, il s'adressa au roi qui n'y fit aucune objection, et eut l'idée de lui imposer cette charge II s'adressa au pape qui, répondant à ses désirs, fit un bref par lequel il exhorta ce corps à faire ce fonds lui-même. Le cardinal de Joyeuse présenta le bref à l'assemblée du clergé qui fut contrainte oc l'accueillir et vota une somme annuelle de trente mille
a. Élie Benoit, Hist. de fédit de Naates, liv. IX, p. 4âl.