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serait les jésuites en les comblant de biens; ceux-ci, forts de ses craintes, lui faisaient chaque jour de nouvelles demandes; c'est ainsi que dans le courant de l'année 1608 il les établit dans le Béarn, malgré l'opposition des États et des députés de cette province qui lui représentèrent que ce serait un fléau pour le pays, et firent valoir, mais en vain, un arrêt du parlement de Pau qui défendait de les recevoir. La même année ils établirent un noviciat à Paris et jetèrent les fondements de leur célèbre collège de Clermont.

Le roi cependant n'oubliait pas les huguenots, il les savait fidèles à sa cause et à sa personne, il ordonna qu'on examinât les cahiers de leur dernière assemblée; quelquesunes de leurs demandes furent répondues favorablement; on abolit certaines solennités que les catholiques avaient établies en souvenir des succès qu'ils avaient remportés sur les réformés, et dont la célébration était de nature à raviver les haines que le roi s'efforçait d'éteindre.

Il se tint peu à peu un synode national' dans la petite ville de St. Maixent (Poitou)' on n'y traita que des afîfaires de discipline; le seul fait qui mérite d'être mentionné, c'est la présentation aux membres de l'assemblée du livre que Vignier avait composé sur la question de l'Antéchrist soulevée au synode de Gap. Après examen, on décida que l'académie de Saumur veillerait suf son impression; le livre parut sous le ,titre de Théâtre de l'Antéchrist. Il le dédiait à la saincte Église réformée, séparée de la Babylone spirituelle pour embrasser l'Évangile.

«Je te présente, lui disait l'auteur, ce mien labeur (chère espouse de nostre Seigneur Jésus-Christ) comme t'estant consacré de tout droict selon la vocation que j'ai en toi et pour toi. Tu y verras le portraict de cette paillarde qui t'a si longtemps persécutée, chassée au désert, foulée aux pieds et s'est enyvrée de ton sang. Laquelle te poursuit cncor et ne peut souffrir que tu te pares pour les nopces de ton Espoux. Tu y verras aussi sa condamnation et ruine

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