IV
NOTES
d'être enterré au plus près de feu ma bien-aimée première femme Claude Desnoze, qui m'a laut d'nnnées accompagné et fidèlement assisté, et fait tout devoir de i. . une vraiment chrétienne. L'endroit est assez près de l'entrée de l'iaiupalais , tournant à main droite, auprès du coin qui fait un détour, ou à un jardin.
Quant aux biens (jue Dieu m'a prêtés en cette vie^ je déclare : (Suit le dispositif.)
Et ayant tout ce que dessus bien tu, lu et considéré, d'autant que c'est ma dernière disposition faite de ma franche volonté , et sans induction quelconque, n'y voulant ajouter ou diminuer, pour le présent, aucune chose, je l'ai signé de ma propre main et cacheté de mon cachet accoutumé, et fait signer audit Jouenon, notaire, et pour plus grande confirmation de ma dite disposition et dernière volonté, à Genève, le 18 du mois d'octobre 1595. — Théodore de Besze.
Cy est la fin du susdit testament, à savoir, ime ratification dudit testament par ledit sieur de Bcsze , le 1 6 de novembre 1 59 9 , en présence des témoins soussignés, outre ledit sieur Théodore de Besze et le notaire Jouenon, les sieurs Dulac, de Tournes, Eslienne Lemelays, François Lefeure, Gabriel Cartier, Kéhémie Carat, Anastase-Jean Martin. Je, Théodore de Besze, atteste par cet écrit de ma main, que le contenu dans les feuilles de papier ici encloses , est mon testament et ma dernière volonté, que moi-même ait minuté el diclé à Egrege-Jeau Jouenon, notaire juré de cette cité de Genève, l'ayant prié de l'écrire, et avec lequel moi-même ai collationné le tout sur ma dite minute, de mot à mot, et finalement signé de ma main, avec quelques apostilles aussi ajoutées et dictées par moi, en certains endroits, et finalement j'ai apposé le sceau des armes de la famille dont je suis né, ce que je certifie à fous ceux qu'il appartiendra être véritable ; suppliant mes trèshonorés seigneurs de vouloir approuver, nonobstant les solemnités ordinaires non observées; fait, écrit et signé de ma main. Ce 25 octobre, l'an de notre salut, 1595. Théodore de Besze. Et au-dessous : Et moi, Jean Jouenon, bourgeois et notaire jiu'é de Genève, me suis soussigné, requis par ledit sieur de Besze pour plus grande confirmation de sa dite dernière volonté. Jouenon.
(Tiré des pièces justificatives deV Histoire de l'Église de Genève, par Gaberel, t. II, Genève 1558, p. 261 et suiv.)
Note XII , page 245.
Hort de Théodore de Bèze.
Séance de la compagnie des pasteurs et du conseil, le 14 octebrei605.
« Nous venons, dit le Modérateur, nous affliger ensemble de la perte que l'Église a faite. Vous êtes comme nous. Messieurs, saisis d'un profond regret, en songeant à tous les services que M. de
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Besze a rendus à la ville. Il n'était pas seulement un brillant flambeau en la maison de Dieu ; mais un rempart pour la sûreté de Genève, et personne n'oubliera que si nous trouvons secours et faveurs auprès des princes étrangers , c'est à l'enti-eprise de M. de Besze que nous le devons. H nous sera difficile de trouver son égal pour faire régner la bienveillance et adoucir les discordes. Mais nous rendrons honneur à sa mémoire, en nous eucom'ageant tous dans une bonne et sainte intelligence au bien de l'État et de l'Église. De notre part, nous protestons d'une afTection sincère et chrétienne envers les magistrats , comme le défunt nous en a toujours donné l'exemple. »
Le syndic Lect répondit: «Messieurs, nous sommes vraiment touchés de deuil et de tristesse par la mort de notre fi'ère de Besze. Kotre grand désir est de réparer sa perte en conservant son esprit de paix et de conciliation entre nous. Kous espérons que toujours l'union et la bonne correspondance seront entre l'Eglise et l'État, pour le bien du pays. A cet elTet, suivons les traces de ces deux grands personnages qui ont si heureusement servi en cette ville. »
Kote xm,page 250.
De ce qui se pa§§a en sa maladie et l'heareox trépaa
de François de !Sales.
Donc le 27 du mois de décembre, jour dédié à l'honneur de saint Jean l'évangéliste, après avoir diné, son valet de chambre rin\"itant à prendre de la botte, parce qu'il fallait partir avec le sérénissime prince de Piémont : «Prenons-la (lui tit-il), puisque vous le voulez, je ne pense pas pourtant que nous allions guère loin. » Cela étant fait, il se sentit tout engourdi et demeura assez longtemps appuyé contre la table sans sonner mot; puis, reprenant un peu ses esprits, U écrivit deux lettres, l'une pour les révérends pères récollets qui lui demandèrent certaines recommandations, l'autre à madame l'abbesse du monastère de la Déserte de Lyon, qui l'avait supplié instamment de 1 accepter en qualité de sa très-obéissante fille. Environ sur le midi, coup sur coup, il fut visité de plusieurs reUgieux et ecclésiastiques, lesquels vinrent humblement recevok sa bénédiction. Ses domestiques ayant remarqué que ni à leur arri'vée, ni à leur sortie, il ne s'était point levé de sa chaise pour les saluer, contre son ordinaire, jugèrent incontinent qu'il se trouvait mal. C'est pourquoi M. Roland, surintendant de sa maison , lui dit : « Monseigneur, l'heure se fait haute, il me semble qu il sera bon d'attendre de partir jusqu'à demain;» à quoi il répondit; « Vous croyez possible que je sois malade. » Peu de temps après il lui survint un grand manquement de cœur, et dans demi-heure l'apoplexie le saisit, laquelle, quoique elle l'assoupit extrêmement, si est-ce qu'elle ne l'empêcha
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pas de proférer de temps en temps des paroles et des sentences dignes de lui, selon que nous verrons tout maintenant. On lui voulait apporter le très-auguste sacrement , par manière de viati(jue, toutefois on s'en départit à cause de son continuel vomissement, joint qu'il avait célébré la messe ce jour-là. Comme le bruit fut divulgué par Lyon qu'il s'en allait mourant, grand nombre de personnes s'émeut et accourut , tant pour le consoler qu'afln de recevoir la consolation; car il n'est pas croyable combien la seule vue de ce bienheureux prélat édiUait et touchait les consciences.
Monseigneur le révérendissime Robert Bertelot , évôque de Damas et sufTragant en l'archevêché de Lyon, se transporta des premiers à son logis, et, entrant dans sa chambre, lui cria, modérément néanmoins : « Francisce, quœ mutatio dexterœ excelsi ? Vous me Tintes dire adieu la veille de Noël, à présent je suis contraint de vous venir dire adieu. » Alors notre pauvre agonisant le regarda attentivement et lui tendit la main en signe de bienveillance. Ledit seigneur évêque de Damas reprenant la parole lui témoigna qu'il était venu pour l'assister et usa de ce qui est écrit aux Proverbes de Salomon : «Frater qui admiralur a fratre quasi civitas munita; » à quoi répondit le malade : « et dominus salvabit virnmgue.» Quelques minutes s'ctant écoulées, le susdit révérendissime évêque de Damas lui dit ce beau verset de David : « Jacta cogitatum tuum in Domine ; » et notre patient poursuivit et ipse te enutriet, ajoutant sans beaucoup de délai : « Meus cibus est ut faciam voluntatem patris mei. «
Le révérend monsieur Ménard, vicaire général, substitué à l'archevêché de Lyon, le vint pareillement exhorter. Il lui demanda s'il n'agréait pas qu'il instituât en l'éghse de Sainte-Marie l'oraison des quarante heures , à ce qu'il plut à Notre Seigneur de lui rendre sa santé? Le saint évêque lui répondit : "Je ne le mérite pas. » «Eh quoi, répliqua le sieur Ménard, ne voidez-vous pas qu'on prie pour vous?» «Ahl de cela, oui, répartit-il. » «Oubliez-vous point de prier la sainte vierge Marie? lui fit-il. » « Je l'ai priée tous les jours de ma vie, répondit-il. » Ce dévot ecclésiastique, qui J« chérissait tendrement, ayant envit- de lui ouvrir le sujet de quetnme pieux discours, comme ausst rie le réveiller davantage, l'exci'ta par tels propos: «Monseigneur, que sentezvous de la foi catholique? seriez-vous point devenu huguenot?» « 0 la lie, ne le fus jamais ; « et faisant un grand signe de croix : « Ce serait une étrange trahison, dit-il. » Le même lui représentant que les plus signalés en sainteté avaient appréhendé la mort, il répliqua : « Ils avaient bien raison. » Et comme on lui mit en avant cette sentence du sage : 0 mors quam amai-a est mcmnria tua; il poursuivit : « Bomini pacem habenti in substanliis sîds.»
Les révérends pères de la compagnie de Jésus l'assistèrent jour
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et nuit, tour à tour, dès le commencement de sa maladie, jusqu'à ce qu'il eut rendu l'esprit, avec une affection très -intelligente et une cordialité non pareille, notamment le révérend père Jean Fourier, provincial, le révérend père Louis Jlichaelis, recteur du collège de Lyon, le révérend père Pierre Bernaud, recteur de la maison de la troisième probation de Saint-Joseph, le révérend père Gaspard Marguilier, le révérend père Reymond Sauvian, le révérend père Amerez, et le vénérable frère coadjuteur Guillaume Armand; qui lui rendait service d'une façon, qui d'une autre, qui le soutenait, qui le faisait promener par la chambre, qui s'essayait du mieux qu'il pouvait, en le frottant, de divertir l'apoplexie; ils allaient à l'envie, ces charitables serviteurs du roi Jésus, à qui plus apporterait de soulagement au pamTe patient, que la pesanteur du mal allait, petit à petit, accablant. Ils lui firent produire, de temps en temps, à force actes de foi, d'espérance et de charité, de patience, d'humilité, de résignation, de contrition; Us raoyennèrent qu'on lui donna l'extrême onction; ils firent iaiie pour lui de particulières oraisons chez eux, et en somme se monti-èrent fidèles amants de celui qui les avait toujours tant aimé et chérL L'un d'eux lui ayant ouï réciter ce verset de David : Amplius lava vie ab iyiiquitate med et peccato meo munda me, lui dit: n 0 Monseigneur, quant à votre conscience, grâce à notre bon Dieu, vous y avez mis l'ordre qu'il fallait durant votre vie ; » il répondit : « Ah 1 non pas cela. » Un autre le conviant de présenter à notre Seigneur, la prière de saint Martin, Domine si adhuc populo tuo sum necessarius non récusa laborem, U n'y voulut jamais acquiescer, assurant qu'iï était servus inutilis. Quelque autre l'invitant à dire le sacré Trisagion; Sanctus, sanctus, sanctiis Dominus Deus Sabaoth , il poursuivit : Pleni sunt cœli et terra majestatis g/oriœ tuœ , continua le reste du Te Deum lavdamus et fit une action de grâces de tous les bénéfices qu'il avait reçus de la divine bonté. Une autre fois, lui remémoriant le psaume: Miserere mei Deus, il le poursuivit jusqu'à la fin. Le susdit révérend père Marguilier l'exhorta à proférer ces paroles que l'amoureux Sauveur poussa hors de sa poitrine angoissée au jardin des Olives ; Paler si possibile est transeat à me calix iste. Ce débonnaire prélat ne le voulut pas prononcer, seulement il se contenta de dire ce qui suit : «iN'ow mea sed tua vohmtas fiât. « Le même père l'anima doucement à sacrifier son âme à la très-glorieuse Trinité. Alors le saint évèque, redoublant ses forces, jeta d'un grand cœur ses embrasés élans : « Je sacrifie tout à Dieu : je sacrifie ma mémoire et mes actions à Dieu le Père; mon entendement et mes paroles à Dieu le Fils; ma volonté et mes pensées à Dieu le Saint-Esprit; mon corps, mon cœur, ma langue, mes eentiments et mes soulfrances à l'humanité de Jésus-Christ, lequel a livré pour moi son corps aux tourments en l'arbre de la croii. »
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Le rérérend père FûUrier, provincial, son ancien ami, qui avait ouï sa confession générale lorsqu'il se préparait pour se faire sacrer évêqué et qxii lui avait jadis servi de directeur spirituel, S'approchant de lui, cria bellement : « Monseigneur, vous ne vous souvenez plus de moi?» «Si fait, bien, mon père, répondit-il fort gracieusement, je ne vous oublierai jamais. » Et voyant que le zélé frère coadjuteur Guillaume Ai-mand ne se pouvait souler de le servir, il lui dit amiablement : « Mon frère, vous prenez beaucoup de peine avec moi, que ferai-je pour vous? » « Vous prierez s'il vous plaît pour moi. Monseigneur, lui répondit-il, quand vous serez arrivé au ciel. »
Le révérend monsieur Pernet, docteur en théologie, demeura pendant sa maladie presque toujours attaché au chevet de son lit et mâiutefois U lui entendit répéter ces trois excellents versets du prophète royal David. Le premier : Misericordias Domini in œternum ccmlaho; le second : Cor meum et caro mea exuUaverunt in Dêum Vivian ; le troisième : Renuit consolari anima mea, memor fui et Dei delectatus sum. Et il proférait ces versets tacitement, ainsi qu'une personne qui récite ses heures en oyant la messe.
Ce bienheureux prélat apercevant ses serviteurs pleurant amèrement et fondant en larmes, il leur dit : « Ne faut pas pleurer, il se faut conformer à la volonté de Dieu. » Le pauvre M. Roland, prêtre et smintèndant de sa maison, était plus mort que vif; il ne savait quelle contenance tenir; enfin se violentant, il s'approcha de -son bon maître avec ce peu de paroles: «Monseigneur, parlez -nous un petit, dites quelques paroles. « «Vivez en paix, lui fit-il, et en la crainte de Dieu, »
Le révérend père Charles de Saint-Laurent, feuillant, lui dit: « Courage, Monseigneur, peut-être que Dieu vous réserve encore pour vous faii'e asseoir sur votre trône à Genève." «Je n'ai jamais désiré le trône, répondit-il, je n'ai souhaité que leur salut. »
Un certain, pensant le réjouir, lui A'int faire fête de l'arrivée du révérendissime Jean-François de Sales, évêque de Calcédoine, son frère , mais U le tança doucement en lui répUquant : « U ne faut jamais mentir. « On lui demanda s'il voulait laisser les filles de Sainte-Marie orphelines, U répartit: « qui cœpitopus ipseperficiet, perficiet , pei-ficiet ; » continuant à perte d'haleine ce prophétique perficiet jusques à trois fois.
Le ti-ès- illustre prince et duc de Nemours le vint visiter et se mit à genoux la larme à l'œil pour recevoir sa bénédiction, il la lui donna par deux fois, sur quoi il lui dit: « U y en am'a donc une pour moi, et une pour le duc de Genevois, mon fils.» Et comme on se fut enquis de lui voir s'il reconnaissait quel était ce seignem', il répondit: «Oui, c'est Monseignem- le duc de Nemours.» (Extrait de La vie de François de Sales, par le révéread pèra De la Rivière, p. 665 et suiv.)
NOTES
Note xrv, page 272.
L'impopularité d'un parti toujours occupé de cette œuvre sanglante et qui ne semblait respirer que poiu- l'assassinat d'une fenune, ne pouvait que s'accroître. Le mariage, réputé quelque temps inévitable d'Elisabeth avec le duc d'Anjou, fit éclater la défiance universelle qu'excitaient les catholiques, et ne servit qu'à donner la mesure de cette impopularité. Une lettre de Philippe Sidney, rendue pubUque, excita contre ce mariage les senlijnents de la nation avec assez de fermeté pour obtenir l'approbation générale, avec assez de mesm-e pour ne point ii-riter Elisabeth. Les puritains furent plus hardis et moins heureux; leur Mvre, intitulé L'abîme où le mariage français eyitraine l'Angleterre , parut à la reine un appel à la révolte, digne de la répression la plus sévère. Il lui importait peu qu'elle y fût appelée la fille de Dieu. Le duc d'Anjou, flétri du nom du fils de l'Antéchrist, ses conseillers accusés d'avoir ^alii la religion nationale devaient être à ses yeux recouverts de sa propre inviolabilité, et la dignité de la couronne était intéressée à leur défense. Le respectable John Stuhb, auteur du livre, le libraire Wilham Page, qui l'avait propagé, eurent la main droite coupée par le bourreau sur la place de Westminster. Le véridique historien de ce règne (Camdeu) fut témoin de leur supplice, du silence désapprobateur de la foule, plus inquiète du mariage catbohque que de l'offense reçue et vengée par Elisabeth, de l'admiration pleine de piété avec laquelle on vit John Stubb mutilé élever son chapeau de la main gauche en criant : Vive la reine!
(Extrait de l'ouvrage de M. Prévost -Paradol, intitulé : Elisabeth c^ffenri /F [15«5-1 598], p. 97-98.)
Note XV, page 294.
Serment fait par les dépotés présents à liouduu (20 Juin 1S96).
Nous soussignés, promettons et jurons garder, inviolablement, l'union des Églises de France faite à Mantes le 9 décembre 1593 , et, en conséquence d'iceUe, nous soumettre à toutes les résolutions des assemblées générales , et notamment de celle tenue à Loudun, en la présente année, observer les règlements y dressés pour l'ordre de notre conservation, pour à laquelle parvenir, nous promettons de maintenir de tout notre pouvon- ce que nous avons délibéré de conscience , ne permettant pas que l'exercice de la reUgion soit ôté d'aucuns lieux où il est maintenant, ni la messe reçue ès lieux où elle n'est point de présent, de garder nos sûretés, ne relâcher aucune des places que nous tenons , saisir les deniers pour les payements des garnisons, selon qu'il a été déjà
ordonné par ladite assemblée, employer vie et biens pour la défense de celui, ou ceux, qui seront recherchés pour cet effet, garder lidèlemeut les places pour la manutention des éghses, n'en transporter aucune pour quelque cause que ce soit, ès mains d'un autre, sans le consentement et expresse permission du conseil de la province; bref, exécuter, fidèlement, et de point en point tout ce qui est, et sera ordonné pour Tentretenement du ministère, récusation des parlements, qu'autres choses concernant le bien général ou particulier de toutes les Églises réformées de France, le tout jusqu'à ce que par lesdites Églises en ait été autrement avisé.
(Extrait des Actes des assemblées générales.)
Note XVI, page 300.
lia Tache à Colas.
Au mois de janvier (1615), le sieur de la Force se trouvant à la cour, arriva la quereUe du marquis de la Force et du comte de Grammont, laquelle se passa de cette sorte:
« Le marquis de la Force était de quartier auprès du roi comme capitaine des gardes; un jour qu'il accompagnait Sa Majesté dans la forêt de Saint-Germain; voilà que tout à coup un taureau furieux court par un sentier droit à la personne du roi; la Force se jette aussitôt entre Sa Majesté et le taureau, lequel il fit tomber raide mort d'un coup d'épée. Le roi se divertissait fort à faire battre des taureaux contre des dogues d'Angleterre ; il avait même un homme exprés pour en faire venir des pays étrangers et les dresser à ce genre de combat; un de ces animaux, échappé du heu où il était renfermé, avait mis en péril la vie du roi. On loua extraordinairement l'action du marquis de la Force, et tous ceux qui étaient présents en parlèrent beaucoup le soir, au retour de la chasse.
«Ayant entendu ce récit, le comte de Grammont, impatienté des louanges qu'on donnait au marquis de la Force , qu'il n'aimait pas, jaloux du mérite qu'on lui attribuait, et railleur de son naturel , comme tous ceux de sa maison , se plut à tourner la chose en ridicule, et même fit, sur un air alors en vogue, le couplet suivant :
Le marquis de la Force A tué par sa force La grand' vache à Colas, La la, deri dera.
f II voulait dire par là qu'on faisait grand bruit de peu de chose, et se moquait, en même temps, de ceux de la religion que les raiholiques désignaient sous le nom de vache à Colas , fle qui était re^ 'a'dé comme une injure.
NOTES
« Cette boutade fut racontée, le jour même, au marquis de la Force, qui, trouvant le sieur de Grammont dans l'antichambre du roi, lui dit : «Je viens d'apprendre que vous êtes poète; eh tient moi , je le suis aussi. Vous avez fait ce couplet :
Le marquis de la Force, <it&
«Moi, j'ai composé celui-ci sur le même ait i
Des cornes de la vache Je fais faire un panache Pour Grammont que voilà, La la , deri dora.
«Et puis le marquis de la Force lui faisait les cornes avec ses doigts, et finit par lui relever le bout du nez. D'abord Grammont ne dit que : pourpoint bas ! qui était le terme dont on se servait quand on voulait se battre. Cette querelle, se passant si proche du roi, fut aussitôt rapportée à Sa Majesté, qui envoya, à chacun d'eux, un exempt des gardes du corps, avec ordre de les garder en leur maison jusqu'à ce que cette affaire fût accommodée.
« La précaution fut inutCe, car les deux adversaires s'étaient échappés; le duel eut lieu au Pré aux Clercs, et le marquis de la Force ayant blessé le comte de Grammont, le força de rendi'e les armes et de demander la vie. La reine dut ensuite travailler à une réconciliation plus apparente que réelle. «
{Mémoires de la Force, publiés par M. le marquis de la Grange, en 1843. — Voy. aussi Bulletin de la société de l'histoire du. protestantisme , 7« année, p. 365, 366.)
Note xvii , page 305.
£xécation du jésuite Ciarnet. — Ses déclarations sur l'échafand»
Le trois mai, Henri Garnet subit le dernier supplice. . . Lorsqu'il fut sur Féchafaud, il s'arrêta comme étonné, laissant voir, sur Bon visage sa crainte et ses remords — Il dit aux assistants que ça avait été une entreprise horrible, que le crime qu'on avait voulu commettre était énorme , et de telle nature que s'il efit été achevé, il lui eût été impossible de ne pas en avoù* horreur. D ajouta qu'il n'avait su la chose de Catesby qu'en général; qu'il était cependant coupable de l'avoir célé et d'avoir négligé de l'empêcher , parce qu'il avait su en particulier, il ne Favait appris que sous le sceau de la confession. Le Magistrat chargé d'assister à l'exécution l'avertit de se ressouvenir de ces quatre articles, que le roi, entre plusieurs autres, avait entre les mains signés de la propre main
NOTES
!• Que Greenwell lui avait déclaré le fait non comme un péché, mais cômmé une chose dont il avait déjà ouï parler, et cela pour le consulter.
2" Que Catesby et Greenwell l'étaient venu trouver, atin qu'il les confirmât dans le dessein d'exécuter le crime qu'ils avaient entrepris.
3» Que Tesmond lui-même avait eu avec lui, dans îe comtâ d'Essex un entretien assez long sur les particularités de cette conjuration des poudres.
4" Que Greenwell avait demandé à Carnet, gui est-ce qui serait protecteur du royaume? et que Garnet avait répondu: qu'il ne fallut pas s'embarrasser de celà, jusqu'à ce que la chose fût faite et consommée:
Toutes ces choses prouvent que vous avez eu connaissance de ces crUnes autrement que par la confession, et elles sont signées de votre propre main.
Garnet répondit que tout ce qu'il avait signé était vrai, et qu'on l'avait condamné tiès-justement à mort, pour n'avoii' pas découvert à Sa Majesté ce qu'U avait su.
(Extrait du procès de Henri Garnet de la Société jésuitique ea Angleterre, et autres, — traduit de l'anglais en latin par G. Camden. — Londres, imprimerie de Jean Morton, hnprimeur du roi, l'an 1607.' — Voir aussi àlapage 46G-467. — Extraits des assertions dangereuses et pernicieuses en tout genre que les soi-disant jésuites ont, dans tous les temps et perséverammeut soutenues, enseignées et pubhées dans leurs livres avec l'approbation de leurs supérieurs et généraux. — Vérifiées et coUationnées par les commissaires du parlement ea exécution de l'arrêté de la cour du 31 août 1761. — Paris, chez Pierre-Guillaume Simon, imprimeur du parlement, rue dé la Harpe, à l'Hercule. An M.DCC.LXn.)
Note xvra, page 327.
Assassinat du roi.
Le Roi sortit peu après pour s'en aller à l'Ai'senal. 11 délibéra longtemps s'il sortirait, et plusieurs fois dit à la reine : « 5!a mie, irai-je , n'h-ai-je pas? » Il sortit même deux ou ti'ois fois , et puis, tout d'un coup, retourna en disant à la reine : «Ma mie, irai-je encore ? « et faisait de nouveau doute d'aller ou demeurer. Enfin il se résolut d'y aller , et ayant plusieurs fois baisé la reine , lui dit adieu , et entre autres choses que l'on a remarqué , il lui dit : n Je ne ferai qu'aller et venii'^ et serai ici tout à cette heure même. » Comme il fut en bas de la montée où son carrosse l'attendait , M. de Praslin, son capitame des gardes, le voulut suivi-e, iTlui dit: «Allcz-voi.is-ça, je ne veux personne, aliez à vos affaires. »
NOTES
Ainsi n'ayant autour de lui que quelques gentilshommes et des valets de pied, il monta en carrosse, se mit au fond à sa main gauche, et fit mettre M. d'Espernoii à la droite; auprès de lui, à portière, étaient M. de Montbazon, M. de la Force; à la portière, du côté de M. d'Espernon, étaient M. le maréchal de Lavardin , M. de Créqui; au-devant M. le marquis de Mirabeau et M. le premier écuyer. Comme il fut à la Croix du Tiroir, on lui demanda oii il voulait aller; il commanda qu'on alla vers Saiut-Innocent. Étant arrivé à la rue de la Ferronnerie, qui est à la fin de celle de Saint- Honoré pour aller à celle de Saint-Denis, devant la Salamandre, il se rencontra une charrette qui obligea le carrosse du roi à s'approcher plus près des boutiques de qiiincaillers qui sont du côté de Saint- Innocent, et même d'aller un peu plus bellement sans s'arrêter toutefois, combien qu'un qui s'est hâté de faire imprimer le discours, l'ait écrit de cette façon. Ce fut là qu'un abominable assassin, qui s'était rangé contre la prochaine boutique, qui est celle du Cœur couronne percé d'une flèche, se jeta sur le roi et lui donna, coup sur coup, deux coups de couteau dans le Côté gauche; l'un prenant entre l'aisselle et le tétin, va en montant sans faire autre chose que glisser; l'autre prend la cinquième et sixième côte, et en descendant en bas, coupe une grosse artère de ceUes qu'ils appellent fezneî^ei. Leroi^ parmaHieur, et comme pour tenter davantage ce monstre, avait la main gauche sur l'épaule de M. de Montbazon, et de l'autre s'appuyait sur M. d'Espernon, auquel il parlait. Il jeta quelque petit cri et lit quelques mouvements. M. de Montbazon lui ayant demandé : «Qu'est-ce, Sire? » Il répondit : « Ce n'est rien I ce n'est rien! » par deux fois; mais la dernière, il le dit si bas qu'on ne put l'entendre. Voilà les seules paroles qu'U dit depuis qu'il fut blessé.
Tout aussitôt le carrosse retourna vers le Louvre. Comme il fut au pied de la montée, où il était monté en carrosse, qui est celle de la chambre de la reine, on lui donna du vin. Pensez que quelqu'un était déjà couru devant porter cette nouvelle. Le sieur de Cérisy, Ueutenant de la compagnie de M. dePraslin, lui ayant soulevé la tête , il fit quelque mouvements des yeux, puis les referma aussitôt sans les plus rouvrir. 11 fut porté en haut par M. de Montbazon, le comte de Curson en Quercy, etmis sur le lit de sou cabinet, et, sur les deux heures, porté sur le ht de sa chambre, où il fut tout le lendemain et le dimanche, un chacun allait lui donner de l'eau bénite. Je ne vous dis rien des pleurs de la reine, cela se doit imaginer. Pour le peuple de Paris, je crois qu'U ne pleura jamais tant qu'à cette occasion.
(Extrait des Lettres de Malherbe, p, 142-144. Paris, Biaise, 1822, in-8«.)
NOTES
Stanees de HUe Anne de Rohan sot la mort dn roi. — Lyon, François Yvra, 1610.
Jadis pour ses beaux-fatcts nous élevions nos testes ,
L'ombre de ses lauriers nous gardait des tempestes,
La fin de nos combats finissait notre effroi,
Nous nous prisions tous seuls, nous méprisions les autres
Estant plus glorieux d'être sujets du roi
Que si les autres rois eussent été les nogtres.
Maiûtenant notre gloire est à jamais ternie. Maintenant notre joie est à jamais finie , Les lys sont attérés et nous sommes avec eux ; Daphné baisse, chétive, en terre son visage. Et semble par ce geste humble autant que piteux, Ou couronner sa tombe ou bien lui faire hommage.
France, pleure ton roi, qu'un noir cachot enserre. Roi florissant en paix, victorieux en guerre. Qui conservait des tiens les biens, les libertés; Jettes saus fin des cris et des larmes non feintes; Jusques au bout du monde , aux heux plus escartés Où resonnaient ses faicts, fais résonner tes plaintes.
Regrettons, soupirons; ceste sage prudence, Geste extrême bonté, ceste rare vaillance, Ce cœur qui se pouvait fléchir et non dompter, Vertus de qui la perte est à nous tant amère. Et que je puis plustôt admirer que chanter, Paisqu'à ce grand Achille il faudi'ait un Homère.
Ua NOUS ou OVATRlilU T0l(7tUi
TABLE DES MATIÈRES
I. Siège de Rouen. — Ardeur des assiégeants. — Intrépidité des assiégés. — Farnèse se prépare à faire lever le siège. — Henri IV se porte à sa rencontre. — Sa fausse bravoure. — Il court un grand danger. — Mot sanglant de Farnèse contre lui. — Levée du siège de Rouen. — Farnèse blessé devant Caudebec , remet le commandement à Mayenne. — II. Mayenne continue le siège de Caudebec. — Son imprévoyance le" jette dans un extrême péril. — Farnèse. par une habile manœuvre, délivre Mayenne. — III. Mayenne humilié et découragé, se retire à Rouen. — Des négociations sont ouvertes entre lui et Henri IV. — Les exigences de Mayenne les font échouer. — Discours incendiaires des prédicateurs de Paris. — Mayenne ne pouvant lutter contre le déchaînement des passions, des bourgeois ligueurs de Paris, se décide à convoquer les États généraux. — Henri IV essaie de savoir par ses agents, si dans le cas d'une abjuration , le pape lèverait l'excommunication qui pesait sur lui. — Mécontentement des ligueurs et des protestants. — IV. Lesdiguières. — Détails biographiques sur ce chef huguenot. — Son portrait. — V. Mort de Farnèse. — Ouverture des États. — VI. Mayenne. Ses prétentions à la couronne. — Intrigues au sein des États. — Craintes de Henri IV. — Il essaie de jeter la division parmi les députés. — Sur son conseil, les seigneurs royalistes proposent une conférence aux principaux chefs de la ligue. — Vive opposition de la part des Seize et du légat du pape. — VII. La conférence est acceptée. ' — VIII. Opposition violente des prédicateurs. — Jeu de mot de Boucher. — IX. Les commissaires des deux parties se réunissent à Sùresnes. — Crainte des Espagnols.. — Le duc de Féria fait la proposition à une commission des États de donner le trône de France à l'infante Isabelle Clara-Eugénie. — Indi-
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gnation patriotique de Rose, évêque de Senlis. — La proposition est écartée. — X. Féria fait de nouveau ses propositions.
— Belle conduite du procureur général Molé. — Heniarquable arrêt du parlement qui déclare nulle toute nomination au trône de France d'uii priticé étranger. — Désappointéiiient et colère de Féria. — XI. Les alarmes de Henri IV redoublent. — Dans la crainte que les États ne nomment un successeur à Henri III, il se décide à abjurer. — Page curieuse de Davila sur l'entourage du roi. — ScéplicîStne du roi. — XII. Chauveau, ancien curé de Saint-Gervais. — Ses attaques contre les traditions de son église. — Le roi le protège contre ses dénonciateurs. —XIII. Préliminaires de la conversion. — Le protestant Rosny. —XIV. Curieux entretien entre Henri IV et Rosny.
— Causes de la conversion. — XV. DOiileur des réformés en apprenant le dessein du roi d'abjurer. — Théodore de Bèze.— Sa lettre au roi. — Les Vaudois des vallées du Piémont. — Leur belle supplique. — XVI. Lanoue. Sa mort.— XVII. Othman. Sa mort. — XVIII. Le roi ne veut pas abjurer sans se îàirè instruire. — Sa cathéchisation. — Curieux détails. — XIX. Cérémonie de l'abjuration à Saint-Denis. — XX. Jugement porté sur l'abjuration. — XXI. Le roi écrit à toutes les bonnes vdles du royaume pour leur apprendre la nouvelle de son abjuration. — Sa lettre au pape. — XXII. Abattement et douleur des réformés. — Leurs plaintes. — Indignation de la reine d'Angleterre. — Sa lettre au roi. — XXIII. Désappointement et fureur des ligueurs. — Fameux sermons de IV^ Boucher sur la simulée conversion de Henri de Bourbon, prince de Béarn. — Mayenne fait ses préparatifs de défense. . . Page o.
I. Barrière veut attenter à la vie du roi. — Procès de Barrière. — Sa condamnation. — Son exécution. — Les chefs ligueurs continuent à se vendre. — II. Nouvelles alarmes des protestants. — Bruit d'un projet de mariage entre Henri IV et l'infante, fdle de Philippe II. — Les protestants pensent à se chercher un protecteur et à séparer leur cause de celle du roi. — Ils envoient des députés à Sîantes pour exposer leurs plaintes. — III. LettredeDuplesois-Mornayauroi. — IV.L'ntrevue de Mornay et du roi à Chartres. — Embarras du roi. — Les catholiques font courir le bruit que Jlornay veut faire une Saint-Barthélemy de catholiques à Sauraur. — Indignation de Mornay qui porte plainte au parlement. — Efforts des catholiques pour empêcher le roi de recevoir les députés protestants. ~ ils échouent. — Henri IV les reçoit à Mantes, et leur fait
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dès concessions. — Difficultés pour la rédaction dé ces concessions qui ne satisfont pas les protestants. — Les députés renouvellent à Mantes le serment d'union des églises. — Intrigues des catholiques pour séduire les députés. —Le ministre Rotan accusé de s'être laissé séduire. — Conférences théologiques commencées avec Du Perron. — Elles sont interrompues. — L'évêque d'Évreux se proclame vainqueur. Des commissaires sont envoyés dans les provinces pour défendre aux ministres de se prononcer avec trop de force contre la conversion du roi. — On obtient de quelques prédicateurs ligueurs de modérer leur langage. — Plusieurs protestants passent à la religion catholique. — V. Célèbre guerre de plume entre les catholiques royalistes et les ligueurs. — La aémonologie de la Sorbonne l'a nouvelle. — Accusations portées contre la Sorbonne. — \I. Dans le banquet du comte [d'Arête Louis d'Orléans défend les ligueurs et attaque les protestants. " VII. Dialogue du Maheustre et du Manant. Nouveau pamphlet des ligueurs contre les royalistes. — Les royalistes iépondent aux ttgueurs. — La satyre Ménippée. — Détails et citations. — Inlluence considérable de ce pamphlet pour la cause de Henri IV. — VIII. Situation difficile du roi. — Il se décide à acheter les chefs ligueurs. — Les gouverneurs de Meaux, de Bourges et d'Orléans font leur soumission. — Le roi se fait sacrer a Chartres. — La sainte Ampoule. — Le roi jure d'exterminer les hérétiques. — IX. Les réformés se plaignent. — Réponse jésuitique du roi. — Il achète Paris de Brissac. — Réduction de Paris. ■ — Stupéfaction des ligueurs. Te Deum chanté à Notre-Dame. — Bons mots du roi. — Le roi et la duchesse de Montpensier. — X. Le parlement et la Sorbonne font leur soumission. — Revirement subit dans les opinions de la Sorbonne. — Guincestre et Henri IV. — XI. L'université attaque les jésuites. — Plaidoiries célèbres. — Discours d'Arnaud, avocat de l'université. — XII. Discours de Dollé, avocat des curés de Paris. — Réponse de Duret, défenseur des jésuites. — Arrêt du parlement qui suspend les poursuites. — XIIL Attentat de Châtel contre le roi. — Détails biographiques! — Condamnation et exécution de Châtel. — Les jésuites impliqués dans le procès de Châtel sont bannis du rovaume. — Le père Guignard est pendu en place de Grève. — XIV. Indignation générale contre Châtel et les jésuites. — M' Bouchè'r fait l'apologie de Châtel et des jésuites. — XV. Les disciples de Lovola supportent stoïquement leur malheur. — XVI. Les adversaires des jésuites vexent les protestants. — Ils organisent un système de persécution.— Mauvaise plaisanterie de^Henri IV en réponse aux plaintes des protestants. — Principaux chefs protestants. — Lesdiguières. — Bouillon.— La Tré-
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mouille. — Leurdésunion.— LaRéformemanqued'unchef.— DuplessyMornayessaie de calmer leurs craintes. — Synode général de Montauban. — Députés du nord et du midi. — Influence funeste delacoursurlesdéputésdunord. — Les sages etlesbrouillons. —
XVII. Assemblée politique de Sainte-Foy. — Physionomie de l'assemblée.' — Abaissement moral de quelques députés. — Résolution énergique de l'assemblée. — Création d'un conseil général. — Formation de ce conseil. — Règlement général. —
XVIII. Grande utilité du conseil général. — La guerre des croquants. — L'assemblée de Sainte-Foi nomme deux députés pour la représenter à la cour et décide la tenue d'une nouvelle assemblée à Saumur pour le 1" décembre 1594. — Les députés se rendent à la cour. — On les accueille bien, mais on ne leur accorde rien. — Ils perdent patience. — On se décide cependant à faire vérifier les édits rendus précédemment en leur faveur. — Les protestants sont à demi satisfaits. — Le roi qui avait refusé la tenue d'une assemblée politique à Saumur, se décide à donner son autorisation. — XIX. Les catholiques ne voient que des rebelles dans les réformés. — Courage des députés de Saumur. — XX. Affaiblissement de la ligue. — Le pape se décide à donner son absolution au roi. — Conditions honteuses auxquelles elle est promise. — Le roi les accepte.— Cérémonie de l'absolution à Saint-Pierre. — Formalités de la bnguefte. — Deux protestants mis à mort le jour de la cérémonie. — XXI. Inquiétudes des protestants. — Indignation des seigneurs catholiques en apprenant les humiliations auxquelles Duperron et d'Ossat s'étaient soumis au nom du roi. — Le roi en rit Page 58.
I. Massacre horrible des protestants à la Châtaigneraie. — Froide cruauté de la dame de la Châtaigneraie. — Les réformés demandent la punition des coupables. On les satisfait à demi. — II. Négociations du roi pour retirer lejeune prince de Condé des mains des huguenots. — Difficultés applanics. — Charlotte de la Trémouille, veuve du prince de Condé, fait réviser son procès. — Elle est déclarée innocente. — Elle et son fils abjurent le protestantisme. — III. Les réformés soutiennent Henri IV dans sa guerre avec l'Espagne. — Le pape essaie , mais vainement de l'engager dans la voie des persécutions. — Embarras du roi. — Son système de bascule. — IV. Plaintes du clergé. — Édit de Travercy. — Mayenne vend sa soumission. — Édit de Folembray. — V. On veut pousser les protestants à commettre des imprudences. — Leur sagesse et leui
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inodéralion. — Leur assemblée est transportée à Loudun. — Vulson député au roi pour lui présenter le cahier de leurs plaintes. — La cour ne répond pas favorablement le cahier. — Mécontentement des protestants. — L'idée de se chercher un protecteur, germe de nouveau dans quelques esprits. — Sagesse de Mornay. — Sa lettre au roi.— Le roi révoque l'ordre de disperser l'assemblée par la force. — VL Justes griefs des réformés.
— Leurs alarmes en apprenant l'arrivée d'un légat du pape en France. — On diminue leurs garnisons en Poitou. — Rosny paraît irahir leur cause. — Dans l'impossibilité de se faire rendre justice, l'assemblée de Loudun fait saisir les recettes royales du Poitou. — VIL Le roi se décide à leur faire quelques concessions. — Le pape se plaint. — Le cardinal d'Ossat le calme. — L'assemblée est transporté à Vendôme. — Puis à Saumur. ■ — Plaintes et récriminations des deux côtés. — Prise d'Amiens par les Espagnols. — VIIL Stupéfaction du roi. — Une pa;ie de sa vie domestique. — IX. Dangers du roi. — Son impopularité. — Bouillon et La Trémouille proposent une prise d'armes aux protestants. — Elle est repoussée. — DifiSeultés du roi. Caisses vides. — Opulence et misère. — Lettre de Henri IV à Rosny. — Énergie de ce dernier. — Le roi de France au jour du danger, redevient le roi de Navarre.
— Son courage. — Son habileté au siège d'Amiens. — Les protestants y assistent non comme corps, mais comme individus. — X. Henri de Rohan se distingue au siège d'Amiens. — Détails biographiques sur ce gentilhomme huguenot. — XI. Reprise d'Amiens. — Traité de Vervins. — Le duc de Mercœur fait sa soumission. —XII. Mort de la ligue. — Jugement porté sur elle. — XIII. Célèbre écrit contenant les plaintes des protestants. — XIV. L'écrit désapprouvé par les protestants de la cour. — Jugement sévère sur cet écrit. — XV. Justification de l'écrit. — XVI. Découragement des protestants. —