Amyrault. Vie de Lanoue
3. Sayous, Études littéraires sur les écrivains de la Réforme, article OQunau.
UISTOIRE DE LA RIÎFOnMATION FRANÇAISE.
Je plus noble îleurori de leur couronne. Othman, harcelé par ia pauvreté, mendiait des gratifications et recevait un salaire pour ses épîires dédicatoires ; à part cette tache dans sa vie, et qui oserait lui lancer la pierre, il est l'une des grandes et belles figures de la Réforme. Jusqu'à son dernier soupir il demeura fidèle à la cause à laquelle il sacrifia le plus brillant avenir; tous ceux qui ont parlé de lui sont unanimes à lui décerner une grande place parmi ses contemporains. Bériat Saint-Prix le met à côté du célèbre Cujas, l'homme qui tira le droit de la barbarie, et poussa un cri de liberté quand la France était dans les chaînes, a un droit incontestable à notre admiration et à notre respect. Dieu lui épargna une gi"ande amertume en le retirant à lui avant que le roi de Navarre eOt abandonné ses frères; s'il eût vécu , la littérature protestante aurait quelques belles pages de plus; en présence de cette grande apostasie, Othman n'eût pas gardé le silence; son âme, saisie de tristesse et d'indignation, eût trouvé des accents dignes de lui et de la cause dont il fut l'un des plus nobles représentants.
Les plaintes des protestants troublaient cependant le roi ; il savait tout ce qu'il y avait de volonté indomptable chez ces hommes qui depuis si longtemps, ne combattaient que pour la défense de leur foi. Ne pouvaient-ils pas se choisir un autre chef, quand celui qui les avait conduits à tant de batailles, les abandonnait. Pour conjurer une crainte qui pouvait devenir une réalité, il leur fit déclarer ar les seigneurs catholiques «que rien de ce qui se déliérait dans ses conférences de Suresnes ne serait fait au préjudice de la bonne union et amitié qui est entre les dits catholiques qui reconnaissent Sa Majesté et ceux de la dite religion. » "
Le sort en était jeté. Henri IV était décidé. Il ne voulut pas cependant abjurer sans donner au moins à sa conversion les apparences de la sincérité. Il convoqua à cet effet V. Ëciint-Denis des théologiens catholiques pour faire son
1. ï".ipeiigue, t. VI, p. 319. — Foutauieu, l'orlefeuilles, auuée