LIVRE xxn
instruction. Monseigneur de Bourges présidait la séance: Je néophyte n'était pas disposé à faire une opposition systématique, mais il ne pouvait décemment se déclarer convaincu sans faire quelque résistance. Or, dans ce moment, le Henri IV, gausseur et gascon, que nous connaissons, fut lui tout entier, il prit un malin plaisir à riposter en huguenot à ses convertisseurs officiels, plus embarrassés qu'émerveillés de sa science. « Il appliquait si bien, dit l'Estoile, les passages de la Sainte-Écriture, qu'ils y demeuraient étonnés à empêcher de donner solution valable a ses questions, tant qu'un des principaux d'entre eux dit le lendemain à quelqu'un, qu'il n'avait jamais vu hérétique mieux instruit en son erreur, ni qui la défendit mieux et y rendît meilleures raisons. ■» '
Le Béarnais se rappela ce jour-là les leçons de sa pieuse mère.
On passa tout en revue : quand on arriva aux prières pour les morts, ((laissons le Requiem, Messieurs, dit le roi aux docteurs , je ne suis pas encore mort , et n'ai pas envie de mourir. >
On n'insista pas.
Le dogme du purgatoire est l'un de ceux qui exigent une foi aveugle. Il fut cependant proposé à celle du Béarnais.
Quant à celui-là , leur répondit-il , je le croirai , non comme article de foi, mais comme croyance de l'Église de laquelle je suis fils. Il ajouta « et aussi pour vous faire plaisir, sachant que c'est le pain des prêtres.»
Le trait était mordant... Les catéchistes firent semblant de ne pas comprendre.
La discussion sur l'adoration du sacrement fut plus longue. Le candidat trouvait chose rude à croire que le pain et le vin de la Sainte-Cène fussent changés au corps et au sang de .lésus-Christ; cependant comme il ne pouvait devenir bon catholique sans croire à la transsubstantiation, il leur dit : «Vous ne me contentez pas bien sur ce point et ne me satisfaites pas comme je désirerais. Voici, je mets aujourd'hui mon 5me entre vos mains, je vous prie, prenez y garde; car là où vous rae faites entrer, je n'en