L'Estoile, auuée
sortirai que par la mort, et de cela je le vous jure et proteste'.» Or, comme il pleurait à volonté, quelques larmes jaillirent de ses yeuX.
Ses catéchistes crurent à sa sincérité : un roi qui pleure ne peut être qu'un roi sincère ; cependant, quand on voulut lui faire signer une confession de foi dans laquelle on lui faisait admettre toutes les traditions romaines, il refusa.
Le lendemain, il manda le premier président de Paris et celui de Rouen. «Messieurs, leur dit-il , je vous ai fait venir pour vous dire que j'ai fait tout ce qui est possible pour contenter les prêtres par le fait de ma conversion et mon retour à la foi catholique. Mais je ne veux pas qu'on m'astreigne à des serments étranges et à croire des badineries que le plus fou d'entre eux ne croirait pas; et vous, Messieurs, ajouta le roi en se tournant vers eux: «Croyezvous qu'il y ait un purgatoire?»
Les deux magistrats essayèrent d'esquiver la question. Voyant leur embarras, le roi ajouta : «Dites leur, Messieurs, que je veux qu'ils se contentent hardiment, que j'en ai assez fait et que s'ils passent outre, il y pourra advenir pis.»
L'archevêque de Bourges eut peur de tout perdre en voulant tout gagner. Sur ses conseils, on modifia la confession de foi , qu'on rendit le plus raisonnable possible , afin que le roi pût y apposer sa signature.
L'instruction du catliécumène était faite: elle ne fut pas longue, elle dura cinq heures, pendant lesquelles le néophyte n'eut pas faute de science, mais de conscience.'
Le 25 juillet, sur les huit heures du matin, un brillant cortège de gentilhommes et de grands dignitaires réunis à Saint-Denis, attendait le roi à la porte de son logis. Quand il parut, il fut salué par d'immenses et joyeuses